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Mai 2012
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10 - 2012, SG 146 - Aménagement des berges de Seine (4e). Signature avec le Port Autonome de Paris d'une convention d'organisation de la maîtrise d'ouvrage des études et travaux de réaménagement des berges en rive droite. 2012, SG 147 - Aménagement des Berges de Seine (1er et 4e). Signature avec Ports de Paris d'un avenant à la superposition de gestion des terrains nécessaires à la construction d'une voie de circulation sur la basse berge rive droite, entre la place du Louvre et la rue Agrippa d'Aubigné.

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2012

10 - 2012, SG 146 - Aménagement des berges de Seine (4e). Signature avec le Port Autonome de Paris d'une convention d'organisation de la maîtrise d'ouvrage des études et travaux de réaménagement des berges en rive droite. 2012, SG 147 - Aménagement des Berges de Seine (1er et 4e). Signature avec Ports de Paris d'un avenant à la superposition de gestion des terrains nécessaires à la construction d'une voie de circulation sur la basse berge rive droite, entre la place du Louvre et la rue Agrippa d'Aubigné.

 

M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons aux projets de délibération SG 146 et SG 147 : c'est l'aménagement des berges de Seine. Il y a deux projets de délibération. Il y a là pas mal d'inscrits et je vous demande de respecter vos temps de parole, qui sont de 5 minutes chacun. Soyez sympathiques de respecter vos propres règles.

Chut?! Je comprends que vous soyez tous de bonne humeur et dynamiques, et je l'apprécie.

Je donne la parole à Danielle FOURNIER.

Mme Danielle FOURNIER. - Merci, Monsieur le Maire.

Ces deux projets de délibération SG 146 et SG 147 mettent en discussion la signature avec Port de Paris d'un avenant et d'une convention dans le cadre de l'aménagement des berges de Seine, et précisément de la rive droite.

Ce projet de reconquête des deux rives du fleuve, qui est l'un des plus importants et emblématiques que porte la Ville, a été voté ici même?

M. LE MAIRE DE PARIS. - Il y a un bruit de fond et qui est pénible, y compris pour la personne qui intervient.

Mme Danielle FOURNIER. - Merci.

Ce projet a été voté ici même au Conseil de Paris et validé par un avis favorable d'une commission d'enquête. Il a été arrêté net en février, par l'ex-Premier Ministre, dans une lettre inacceptable, aussi bien dans sa méthode que son contenu et son principe même, puisque François FILLON remettait en cause la légitimité de notre assemblée, pour décider de l'aménagement de notre ville.

Alors, pour revenir sur le fond, pour les élus de mon groupe, il est primordial de ne pas réduire le débat concernant l'aménagement des berges à la seule circulation automobile, mais de raisonner en terme de mobilité globale et soutenable, notamment en inscrivant la réflexion dans une échelle métropolitaine.

Il est donc nécessaire, et c'est ce que font ces deux projets de délibération, sur la rive droite, dans l'état actuel du projet, de créer des traversées piétonnes protégées qui favoriseront l'accès au fleuve, à cette belle promenade entre l'Hôtel de Ville et le bassin de l'Arsenal, dont nous souhaitons, pour notre part depuis longtemps, qu'elle se développe sur un parcours beaucoup plus long, pour qu?à terme, entre les deux bois de Vincennes et Boulogne, soit créé un véritable corridor écologique.

La piétonisation doit aussi intégrer le réaménagement des quais hauts et le renforcement d'une offre de transports en commun diversifiée. C'est pourquoi il est nécessaire aussi que soit aménagée une desserte fluviale complémentaire de la création de lignes de bus à haute qualité de service, ou d'un tramway sur les quais hauts, ainsi que l'amélioration des transports souterrains actuels.

C'est donc avec une grande satisfaction que nous voterons ces deux projets de délibération, qui permettent de penser que le projet va pouvoir, malgré hélas le retard pris à cause de l'intervention du Gouvernement précédent, entrer dans sa phase de travaux et de réalisation.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

La parole est à Mme Danielle SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Monsieur le Maire, mes chers collègues.

Aujourd?hui, nous avons espoir, puisqu'on tourne nationalement une page importante, nous avons grand espoir que les oppositions, hier autoritaires, enfin ne puissent plus avoir lieu et que ce projet d'aménagement des voies sur berges puisse vraiment poursuivre son cours jusqu'au bout.

C'est un projet de délibération important...

M. LE MAIRE DE PARIS. - Attendez une seconde !

Que ce soit chez les invités ou parmi les élus, ne mettez pas les sonneries de vos portables !

Madame SIMONNET...

Mme Danielle SIMONNET. - Bien.

Que ce soit... Excusez-moi, j'en perds le fil.

Nous allons enfin pouvoir faire aboutir ce projet jusqu'au bout et c'est extrêmement important qu'il puisse y avoir une appropriation sociale, collective, citoyenne de l'espace public pour les piétons. Nous savons l'importance de pouvoir, autour de ce projet aussi, développer les transports en commun. Les questions sociales et écologiques sont extrêmement liées ; il est toujours important de les penser de manière concertée, dans l'intérêt général.

Maintenant, nous avons, au niveau du groupe Communiste et éluEs du Parti de Gauche, une interrogation ou un regret en ce qui concerne le travail du Port autonome de Paris, par rapport aux infrastructures qui vont être développées sur ces voies.

Vous savez, nous sommes généralement tous d'accord, au niveau des groupes de la majorité, pour dire qu'il faut absolument soutenir l'économie sociale et solidaire, le commerce équitable, les entreprises d'insertion. Il me semble qu'au niveau du Port autonome de Paris, sans doute tout n'a pas été fait pour permettre que les projets de cafés-restaurants, de bars qui seront des supports de sociabilité fort utiles pour l'ensemble des Parisiens et Parisiennes, puissent tous relever de structures de l'économie sociale et solidaire, relever d'une démarche à la fois coopérative et en faveur des circuits courts. Il me semble, peut-être, que nous aurions dû plus insister dans nos exigences vis-à-vis d?eux pour que ces appropriations sociales de l'espace public ne se transforment pas en un renforcement de structures privées lucratives sur ces espaces.

Je vous remercie.

Le groupe votera pour ce projet de délibération, malgré cette remarque qui, j'espère, permettra aussi de faire évoluer le débat et les autres projets par la suite.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je vous remercie.

Madame DOUVIN, vous avez la parole.

Mme Laurence DOUVIN. - Merci, Monsieur le Maire.

J'interviendrai, bien sûr, simultanément sur ces deux projets de délibération : d'une part, pour souligner une contradiction et, d'autre part, évoquer une inquiétude.

En ce qui concerne la contradiction, Monsieur le Maire, vous présentez souvent la Seine comme étant une ressource d'avenir pour le transport des personnes, par exemple, avec un Voguéo renouvelé, sur lequel nous aurons d?ailleurs certainement à revenir après l'appel d'offres du S.T.I.F., car les problèmes apparaissent au grand jour.

Dans le même temps, différents partenaires évoquent la Seine comme le Port de Paris, et insistent volontiers sur le transport des marchandises, avec une véritable vision d'axe pour développer ce transport à une grande échelle qui dépasse, et de loin, le bief parisien.

En effet, inutile de dire à quel point toutes ces initiatives sont intéressantes puisqu?elles permettent d'éviter significativement le transport par camions et semi-remorques et également, bien sûr, d'éviter les pollutions qui accompagnent ce mode de transport routier.

Enfin, différentes expériences s'organisent aujourd'hui en bord de Seine pour effectuer des livraisons et ensuite relayer le dernier kilomètre avec des modes doux.

Mais voilà, la contradiction nous y sommes : avec ce projet de délibération, nous sommes très loin, nous allons même dans la direction opposée. En effet, que nous est-il proposé ?

Un bateau-bar qui propose de courtes croisières avec boissons. Pourquoi avec boissons ? Je ne sais pas ! Jusqu'à quelle heure ? Je ne sais pas ! Y aura-t-il des nuisances sonores pour les riverains ? Je ne sais pas non plus ! Mais ce que je sais, c?est que c'est dans un bras de Seine qui est extrêmement étroit.

Mais le principal n'est pas là : il est proposé aussi des petits bateaux de promenade destinés à être pilotés évidemment par des personnes sans aucune expérience de la navigation, là où le trafic est déjà intense, notamment en raison du passage régulier et cadencé des bateaux-mouches et vedettes touristiques. Pourquoi pas des pédalos ?

Les flux sur la Seine sont appelés à se développer, c?est ce que je disais en commençant et c'est vraiment l'intérêt de tous. Comment imaginer alors une telle cohabitation ?

J'ai donc questionné en 3e Commission les services présents. La réponse obtenue est, je cite : "Ces sujets nous échappent." Alors, quelle belle réponse ! Il y a fort à penser qu'elle risque de nous rattraper dangereusement.

Cela, c'était pour la contradiction.

Maintenant, pour l'inquiétude : je voudrais évoquer le problème de la circulation et je rappelle que nous avions proposé un projet alternatif à celui-ci. Pourquoi ? Parce que nous considérons qu'il y a des priorités. Les berges de la Seine, c?est 20 kilomètres dans chaque sens. Il y a de nombreux endroits avec des aménagements possibles ; nous les avions répertoriés, pour faire des propositions à caractère environnemental, ludique, économique, sans toucher à la circulation routière sur une artère à caractère régional.

Qui ne pourrait souhaiter dans l'avenir que la totalité des voies sur berges ne soient rendues à la promenade ? Personne ! Mais pas à n'importe quelles conditions, pas dans cet ordre et pas avant d'avoir procuré aux utilisateurs de ces voies une alternative en termes de mobilité : le développement des transports collectifs.

Tel n'est pas le cas aujourd'hui.

La rive droite va être transformée en boulevard urbain. Très bien ! Que va-t-on faire des 25 % de trafic qu'elle ne supportera plus ? Ils ne vont pas s'évaporer, tant qu?il n'y a pas de nouvelles infrastructures pour assurer le report. Il y a un risque indéniable d'embolisation sur les quais hauts : sur le boulevard Saint-Germain, sur le pont de la Concorde, pour ne citer que ces voies. Le fait d'installer un nombre significatif de feux sur la voie basse va évidemment ralentir fortement le trafic. C?est inévitable. Cela va provoquer des problèmes d'immobilisation des véhicules sur les quais bas et sur les rampes de remontée ; il y en déjà aujourd'hui.

Même interrogation, mais cette fois-ci peut-être encore plus critique, sur la diminution de la largeur des files. En effet, elles vont être réduites à 2 mètres au lieu de 2,50 mètres. A quoi sert aujourd'hui l'emplacement central, avec ces 2,50 mètres ? Eh bien, il sert aux deux-roues motorisés à passer entre les files. Effectivement, ils le font beaucoup et les motards ne renonceront pas à la raison pour laquelle ils ont choisi le mode des deux-roues motorisés, à savoir d'aller vite d'un point à un autre. Alors, dans quelles conditions vont-ils dépasser effectivement les files de voiture ? Au coup par coup ? Voiture après voiture ? En se rabattant chaque fois ? En multipliant les dangers ? Là encore, je n'obtiens pas de réponse, à une question de sécurité pourtant bien réelle.

Alors, ne nous trompons pas, cette intervention n'a pas pour but d?évoquer une opposition systématique mais, au contraire, d'alerter sur des dangers qu'une expérimentation de six mois, comme nous l'avions demandée, aurait permis d'éviter à coup sûr. Malheureusement, vous l'avez refusée.

Mon intervention ne vise pas non plus à tirer un trait sur tout aménagement des voies sur berges, ainsi que je l?ai indiqué. Nous sommes tous à la recherche d'espaces en ville ; nous sommes tous motivés par le désir d'organiser des lieux de rencontre et de loisirs. Mon intervention affirme, au nom de mon groupe, des priorités, dans l'intérêt de tous, tout en prenant date pour l'avenir.

Nous voterons contre ces deux projets de délibération.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je vous remercie.

Je demande vraiment à tous les conseillers?

Je laisse le temps des applaudissements, mais je demande vraiment à tous les conseillers d'écouter parce que c'est perturbant pour les intervenants d'avoir ces bruits de fond à côté, que cela vienne d'un endroit ou d'un autre.

La parole est à M. Vincent ROGER.

M. Vincent ROGER. - Monsieur le Maire, chers collègues.

Monsieur le Maire, j'ai un scoop pour vous !

Ce n'est pas l'élu de l'opposition qui vous parle, mais le porte-parole de Mme la Maire du 4e arrondissement, le porte-voix du Conseil d'arrondissement, en fait le porte-drapeau de la démocratie participative dans le 4e arrondissement.

Pourquoi une telle mission m?échoit-elle ? Tout simplement parce que les deux projets de délibération que vous nous proposez d'adopter ce matin concernant l'aménagement des voies sur berges dans le 4e arrondissement sont en totale contradiction avec les déclarations faites par la Maire de l'arrondissement lors du conseil de quartier des Îles le 18 janvier et des Conseils d'arrondissement des 30 janvier et 4 mai derniers.

Ces deux projets de délibération sont évidemment liés, le deuxième étant la conséquence du premier. Ils ont fait l'objet d'un vif débat lors de notre dernier Conseil d'arrondissement.

Quant à la délibération concernant l'aménagement des berges entre le pont Louis-Philippe et le pont Marie, lors de ce Conseil, Mme la Maire du 4e arrondissement ne l'a pas soumise au vote ; elle l?a tout bonnement retirée. Le Conseil d'arrondissement n'a donc pu se prononcer. Il est évident que notre Conseil aurait voté à l'unanimité contre cette délibération, tant elle est en opposition avec les engagements de la Maire de l'arrondissement, les positions des associations de riverains, les conclusions du conseil de quai, les souhaits du conseil de quartier et l'expression de la majorité des riverains, notamment lors de l'enquête publique.

Il est donc particulièrement choquant, Monsieur le Maire, que ce projet de délibération soit maintenu à l'ordre du jour de notre Conseil.

En effet, d'un côté, votre majorité municipale se prépare à voter ce projet de délibération et, de l'autre, dans l'arrondissement concerné, elle refuse de se prononcer afin de ne pas être en contradiction avec ses engagements auprès des habitants dudit arrondissement.

De qui se moque-t-on, Monsieur le Maire ?

En adoptant ce projet de délibération, votre majorité confirmera son mépris à l?égard des riverains, des associations et des conseils de quartier qui ont cru en la démocratie participative dont se gargarise en permanence Mme la Maire du 4e arrondissement.

Au lendemain du vote relatif au lancement du projet sans concertation préalable avec les Parisiens au Conseil de Paris le 6 juillet 2010, la mairie du 4e arrondissement s'est glorifiée de la création d'un Conseil de quai.

Les conclusions de ce Conseil, Monsieur le Maire, ont été aussi simples que limpides. Premièrement, limiter à deux le nombre de barges et, deuxièmement, éviter l'installation de bars et restaurants.

Le projet de délibération qui nous est proposé aujourd'hui acte la création de cinq barges, de surcroît il annonce la création d'un bateau-bar et celle d'un restaurant biologique.

A cela s'ajoute que l'on ne connaît toujours pas le projet final concernant la Maison Rouge du quai des Célestins. Les visuels présentés par la Ville lors du lancement du projet étaient très explicites. Ils sont à nouveau dans "Le Parisien" de ce jour.

Ils annonçaient la création d'un autre bar, de même, "quid" d'une cinquième barge dont l'objet n'a pas encore été défini ? Est-ce, Monsieur le Maire, le bateau mystère de votre projet ?

Les berges du 4e arrondissement n'ont pas vocation, Monsieur le Maire, à devenir "Buvetteland". Il en va du respect des engagements de la Maire du 4e arrondissement et surtout, Monsieur le Maire, de la tranquillité des riverains.

Cette situation ubuesque n'est que le résultat d?un cafouillage permanent entre la mairie centrale et la mairie d'arrondissement, elle constitue la conclusion d'une mascarade en matière de concertation avec les habitants de l'arrondissement, elle est enfin la conséquence d'un projet bâclé, que le groupe U.M.P. au Conseil de Paris et son président Jean-François LAMOUR ne cessent de dénoncer depuis plus de deux ans.

Pour mémoire, Monsieur le Maire, le projet de la majorité municipale d'aménagement des voies sur berges n'a tenu aucun compte, ou si peu, des remarques de l'opposition, des réserves de la Préfecture de police, des recommandations de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Paris, des inquiétudes de la R.A.T.P. et des nombreuses interrogations de la Commission d'enquête publique.

En votant ce projet de délibération, votre majorité parachèverait son ?uvre de dédain en matière d'écoute et de concertation. Il faut dire, Monsieur le Maire, que, sur ce sujet, vous ne vous entendez plus entre élus socialistes, alors comment pourriez-vous écouter les Parisiens ?

Fort de ces différents constats, Monsieur le Maire, il est urgent de retirer ce projet de délibération par respect des habitants du 4e arrondissement et de leur Conseil d'arrondissement.

Au nom des habitants de mon arrondissement, par avance, je vous en remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur ROGER, je vous remercie de votre intervention.

Je tiens à vous féliciter pour la promotion que vous nous avez annoncée. Par les temps qui courent, je suggère de ne pas s'autopromouvoir, mais chacun fait ce qu'il veut. Cette remarque ne vous était pas particulièrement adressée.

Deuxièmement, je vous remercie de me demander d'être attentif aux demandes des Parisiens. Je n?avais pas l'impression que j'étais le plus coupé des Parisiens dans les temps actuels, mais on n'en fait jamais assez pour essayer de les comprendre.

Je vous assure?

M. Vincent ROGER. - Il y a des Parisiens de Droite.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Bien sûr, il y a des Parisiens de Droite.

Troisièmement, je veux vous rassurer ou vous inquiéter, je tiendrai toujours le plus grand compte de ce que pensent les habitants du 4e arrondissement et notamment de leur Maire légitime, puisque désignée par le suffrage universel.

Je veux vous dire à quel point nous travaillons bien ensemble et, bien sûr, je tiendrai compte de ses avis.

Enfin, je voudrais dire à nos collègues de l'opposition municipale que je respecte parfaitement leur désaccord (c'est normal, c'est la démocratie), mais j'avoue que je ne le comprends pas totalement.

Les projets de délibération que l'on vous soumet aujourd'hui sont la conséquence du travail avec Port de Paris qui, à ma connaissance, est un organisme d'Etat, sous la responsabilité de l'actuel Gouvernement, car je n'ai pas encore perçu un changement de Gouvernement.

Nous ne sommes pas encore sur la rive gauche, cela viendra plus tard, où j'espère qu'il y aura des changements. Nous sommes sur la rive droite où ce que nous vous proposons est strictement le résultat du travail, si j'ose dire, avec les instances de l'Etat sous la responsabilité du Gouvernement de François FILLON.

Je donne maintenant la parole à M. LEBEL.

M. François LEBEL, maire du 8e arrondissement. - Je vous remercie.

Je serai très bref, Monsieur le Maire. Je voulais simplement, pour que nul n'en ignore et que ce soit inscrit dans les tablettes de l'Hôtel de Ville, vous manifester simplement quelques points qui marquent une nette opposition sur votre projet, issu d'une concertation bâclée, permettez-moi de vous le dire, concernant également les conditions dans lesquelles vous nous avez imposé - et je ne doute pas que vous allez nous l'imposer, puisque vous avez la majorité - cette affaire qui est beaucoup plus grave que ce que l'on peut penser, même pour le 8e arrondissement, alors même qu?aucun aménagement n'y est prévu.

Il est évident que les ralentissements que vont provoquer les aménagements prévus, en particulier dans le 4e arrondissement (permettez-moi de vous dire que je suis un maire tout aussi légitime que le maire du 4e arrondissement) auront des répercussions graves?

Le maire, oui, et le maire du 7e arrondissement aussi.

? auront des conséquences graves sur la circulation, en particulier sur le Pont de la Concorde, la place de la Concorde, les Champs-Elysées et que tout ceci, cumulé avec d'autres aménagements en cours, comme celui qui est en train d'être organisé rue de la Pépinière ou place Gabriel Péri, bientôt, va définitivement bloquer le centre actif de Paris, c'est-à-dire en gros ce que l'on appelle communément le triangle d'or.

D?ailleurs, toutes les instances économiques parisiennes l'ont bien noté.

C'est donc à mon avis - et de l'avis même de beaucoup de Parisiens actifs - un aménagement destiné à conforter la place de Paris comme une sorte de Venise sans la mer, destinée aux touristes et aux bobos que l'on peut voir d'ailleurs les samedis et les dimanches, en ce moment, parce qu?il fait beau, dans le centre de Paris.

C'est faire perdre à Paris sa vocation de ville européenne, de possible capitale européenne des affaires et lui laisser une vocation touristique de ville-musée, c'est très dommage.

Finalement, c'est financièrement que nous en verrons les conséquences dans quelques années, lorsqu'il n'y aura plus, pour votre successeur, Monsieur le Maire, que la taxe d'habitation pour pourvoir aux dépenses nécessaires à la Ville de Paris et que les entreprises l'auront définitivement quittée.

Je m'arrête là. D'autres maires d'arrondissement, le maire du 7e arrondissement en particulier, sont beaucoup plus concernés que moi, mais laissez-moi vous dire que, au total, tout ceci semble être un mauvais coup pour l'avenir de Paris et, par conséquent, pour l'avenir de la France.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur LEBEL, mais la description que vous faites de la situation économique de Paris ne me paraît pas tout à fait correspondre à la réalité.

Je vous parle du présent, cela fait 11 ans que cette majorité est en place à Paris. Malheureusement pour vous, les Parisiens ne m'ont pas encore donné mon congé !

La parole est à Mme la Maire du 7e arrondissement, Madame DATI.

Mme Rachida DATI, maire du 7e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, concernant les projets de délibération sur l'aménagement des berges de la rive droite, je vais revenir vraiment sur des propos, je ne vais pas être polémique, purement technique. Cela va vous faire plaisir.

La Commission d'enquête publique notait dans son rapport l'absence réelle d'offre alternative de transports collectifs et les reports de circulation qui demeurent une question pendante.

Elle notait également que le dossier ne souligne pas suffisamment les inconvénients potentiels. Ce qu'elle a énoncé par ces mots reste vrai, même pour un projet limité à la rive droite.

En effet, la transformation de la voie expresse rive droite en boulevard urbain va réduire sa capacité de 25 % en passant de 4.000 véhicules par heure à 3.000.

Il est prévu un report de 1.200 véhicules par heure sur d'autres axes, notamment 250 véhicules par heure sur le boulevard Saint-Germain.

Or, comme vous le savez, il suffit d'un très faible nombre de véhicules supplémentaires pour transformer une circulation fluide en un embouteillage, pour ne pas dire un bouchon vraiment réel. C'est ce qui risque de se produire sur de nombreux axes parisiens, sur les deux rives du fleuve.

Aussi, je souhaite me faire le relais des inquiétudes persistantes de nombreux Parisiens qui se sentent effectivement sacrifiés. En effet, Monsieur le Maire, vous n'avez pas entendu les Parisiens même si sans doute - je vais être sympathique -, parfois vous les représentez sans doute plus que d'autres - je vous le concède - qui se sont exprimés?

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

Mme Rachida DATI, maire du 7e arrondissement. - ? qui se sont exprimés à plus de 78 % contre la totalité de votre projet, et pas seulement contre le projet de la rive gauche.

Car ce projet, à ce stade, n'est pas un projet métropolitain ni un projet environnemental, et encore moins un projet économique, comme vient de le faire remarquer François LEBEL. Ceux qui en feront les frais seront évidemment les Parisiens à travers leurs impôts, et plus particulièrement ceux des quartiers centraux des deux rives, qui supporteront en plus de la pollution, le bruit et les embouteillages.

La commission d'enquête vous avait recommandé de poursuivre la concertation avec l'ensemble des acteurs des transports collectifs de la métropole afin de renforcer dans les plus brefs délais l'offre de service.

Depuis le vote du projet en décembre dernier, rien n'a été fait sur ce sujet.

Le bus 69, qui dessert les quartiers contigus au projet, est toujours aussi peu performant. D'ailleurs je vous ai officiellement saisi en juin 2011 des problèmes que rencontre cette ligne très importante pour ces territoires, et aucune amélioration n'a été réalisée par le S.T.I.F. que vous aviez sollicité suite à mon intervention.

Ce projet n'a donc fait l'objet d?aucune évaluation économique, et c'est un peu comme si l'on souhaitait que Paris conserve éternellement son statut peu envié de ville la plus embouteillée d'Europe.

Encore une fois, la commission d'enquête publique souligne pourtant que les aspects économiques, en particulier en cette période de crise, demeurent un facteur dimensionnant de l'acceptabilité sociale du projet. Donc il y a encore des réserves.

Plus inquiétant encore : en bloquant la circulation, c?est aussi les transports publics, les bus, les taxis et tout particulièrement les véhicules d'intervention d'urgence comme les pompiers, le Samu ou la police qui en subiront les conséquences.

Je formule à nouveau le souhait que vous fassiez réellement preuve de sagesse, et même de sens de l'intérêt général, surtout si vos fonctions viennent à évoluer, Monsieur le Maire.

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Madame DATI, je ne saurais, moi, contester votre légitimité à parler au nom des habitants du 7e arrondissement : c'est normal, vous êtes légitime en tant que Maire de cet arrondissement, et nous avons des désaccords profonds sur ce dossier, je le sais.

Mais je ne peux que vous répéter, chère Madame, que ces projets de délibération que nous présentons sont le produit, et même la demande du Port de Paris, que nous approuvons évidemment, qui est une instance de l'État sous l'autorité du Gouvernement qui cessera ces fonctions demain, et dirigé par votre collègue M. François FILLON. Voilà. Je respecte notre contradiction. Elle est légitime en démocratie, d?autant que moi, Madame DATI, je ne conteste pas votre légitimité à vous exprimer au nom des habitants du 7e : c'est tout à fait normal.

La parole est à Mme GIAZZI.

Mme Danièle GIAZZI. - Merci, Monsieur le Maire.

Monsieur le Maire, mes chers collègues, les deux projets de délibération qui nous sont présentés s'inscrivent donc dans le projet de réaménagement des berges de la Seine, qui prévoit une fermeture à la circulation rive gauche entre le musée d'Orsay et la Tour Eiffel et rive droite, la transformation de la voie Georges Pompidou en boulevard urbain, avec l'aménagement de traversées piétonnes et la pose de feux tricolores.

Ces deux projets de délibération sont donc l'occasion, Monsieur le Maire, de vous redire ici solennellement notre opposition à ce projet, et souligner les graves conséquences qui pourraient en découler sur la vie quotidienne, non seulement de nombreux Parisiens, mais également et plus généralement des Franciliens, tellement l'impact de ces modifications nous semble dépasser le simple cadre de la Ville de Paris.

Ces aménagements risquent par ailleurs de porter gravement atteinte à l'activité économique en pénalisant les nombreux professionnels pour qui la question des déplacements à Paris est vitale, vous le savez, Monsieur le Maire.

Monsieur le Maire, nous regrettons franchement que malgré l'opposition manifeste des riverains, malgré les réserves émises par la Préfecture de police et les grandes inquiétudes des représentants du monde économique, vous vous obstiniez dans votre projet.

Les études d'impact réalisées nous semblent totalement insuffisantes, que ce soit en termes d'impact sur l'activité économique, ou en termes de gestion des nouveaux espaces.

Tout d'abord, la question des reports de circulation a été traitée, nous en sommes convaincus, de façon à minimiser les effets de ce projet. Que ce soit la fermeture de la rive gauche ou l'installation des feux tricolores que vous voulez mettre rive droite.

Ainsi rive droite, les retenues de circulation qui ne manqueront pas de se créer à chaque cycle de feu ne seront pas absorbées, vous le savez bien, Monsieur le Maire, aux heures de pointe, faisant peser un risque de thrombose de ce nouveau boulevard urbain.

On nous avait expliqué en son temps, d'ailleurs, souvenez-vous-en, que les aménagements du boulevard Magenta n'auraient qu?un effet limité ou que la requalification du boulevard Saint-Marcel ne posait aucun problème. Vous avez vu le résultat, Monsieur le Maire.

Dans le même temps, la Ville concentre ses efforts, et à quel prix, sur un tramway circulant qui ne permet en rien de soulager les lignes irriguant le centre de Paris. Le projet des voies sur berges ne fera qu'aggraver cette situation.

En ce qui concerne notre arrondissement, le 16e, au-delà du risque de thrombose de la voie sur berge, nous sommes extrêmement inquiets de voir se reporter la circulation des berges sur les voies de l'arrondissement, comme toute l'avenue de Versailles ou le quai Louis Blériot. Ces axes déjà chargés aux heures de pointe risquent à leur tour l'engorgement, pénalisant ainsi toute la vie de quartier. Sans compter que de nombreux reports sont prévisibles vers des voies secondaires, créant ainsi des itinéraires dits "malins", empruntant des voies absolument pas adaptées à l'absorption de ce nouveau trafic.

Les études produites par la Ville ne nous ont pas du tout rassurés en ce point. Elles ont même montré des reports assez inattendus, jusque sur le périphérique et des axes bien éloignés des quais comme la porte de Colombie ou l?avenue Henri Martin. C'est dire à quel point vous avancez dans l'inconnu total, Monsieur le Maire, des effets possibles de votre projet. Vous le savez très bien : votre stratégie consiste en fait visiblement à créer l'irréversible en espérant que l'intendance suivra.

Malheureusement, l'intendance, ce sont les Parisiennes et les Parisiens mais aussi, une fois de plus je voudrais y revenir, les Franciliens, pour qui cet axe de circulation qu'ils empruntent quotidiennement est stratégique. C'est à ces citoyens que je pense avant tout, et je regrette que vous n'y pensiez pas autant que nous.

Quelle alternative leurs proposerez-vous ? Il n'est pas certain que la perspective d'usages ludiques de ces nouveaux espaces suffise à leur faire oublier l'enfer que vous proposez de leur faire vivre chaque jour.

Pourtant, d'autres possibilités d'aménagement plus pragmatiques, dont nous n'avez jamais voulu tenir compte, vous ont été proposées notamment par notre groupe.

C'est en ce sens qu'avec mon groupe, nous voterons contre les deux projets de délibération qui nous sont soumis.

Merci, Monsieur le Maire.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je donne la parole à Mme Anne HIDALGO pour répondre.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, au nom de la 8e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.

Merci pour ce débat et vos interventions qui reflètent les débats que nous avons déjà eus ici dans cet hémicycle.

Quelques mots pour dire que ce grand projet de reconquête des voies sur berges est un projet urbain, un projet métropolitain : travailler avec la métropole, travailler avec les habitants, avec toutes les autorités publiques, qu?elles dépendent de l'État, de la Région ou de la Ville.

C'est un projet qui s'inscrit aussi totalement dans notre vision d'une ville de l'écologie urbaine, et qui part effectivement du principe qu'il faut reconquérir des espaces, en l'occurrence des espaces magnifiques classés au patrimoine de l'Unesco, les reconquérir sur l'usage, qui est essentiellement un usage lié à la voiture.

Oui, nous confirmons le fait qu?à travers ce projet, nous souhaitons diminuer le trafic automobile à Paris, et Annick LEPETIT y reviendra : tout le développement des transports collectifs dans lequel nous nous inscrivons, qu'il s'agisse des bus, des métros, RER ou du tramway, ou encore d'Autolib', sont des alternatives à la voiture individuelle polluante qui accompagnent l?ensemble de notre politique et qui accompagnent ce projet des voies sur berges. Là, il s'agit de parler de la rive droite. Je rappelle que nous avons eu beaucoup de débats ici, qu?à la suite notamment de l'avis favorable du commissaire enquêteur avec deux réserves que nous avons levées, la question de la rive droite et de la rive gauche est traitée différemment.

Sur la rive gauche, vous le savez, je ne refais pas l'histoire, un ancien Premier Ministre, M. FILLON, a bloqué de façon assez intempestive le projet.

Nous espérons bien sûr reprendre le dialogue dans une confiance et un travail en commun avec les nouvelles autorités qui seront prochainement désignées, mais là, aujourd'hui, il s'agit de la rive droite. Il se trouve que la rive droite n'était pas du tout concernée, y compris par la lettre de M. FILLON.

M. FILLON n'évoquait absolument aucune réticence ni réserve sur la rive droite, et par ailleurs, ce travail que nous avons conduit sur la rive droite est un travail que nous avons fait en étroit lien avec le Port de Paris.

Je voudrais d'ailleurs remercier l'ensemble des services, notamment le Secrétariat général de la Ville, qui a coordonné ces travaux intenses avec les services de l'État, et notamment avec le Port de Paris. Il se trouve que les propositions qui trouvent place dans les deux projets de délibération que nous examinons ce matin sont des travaux qui ont été affinés avec le Port de Paris et qui tiennent compte d'une part, bien sûr de notre volonté de transformer la rive droite en boulevard urbain, c'est-à-dire en boulevard de promenade en y faisant des aménagements, notamment à partir de feux tricolores qui vont ralentir la circulation, d?autre part, du schéma stratégique de développement du Port de Paris voté en conseil d'administration du Port de Paris, qui considère comme nous d'ailleurs, que le port doit à la fois connaître une évolution et une affirmation industrielle. Le port doit continuer à être un lieu pour, par exemple, des chargements de marchandises mais aussi pour le transport de voyageurs.

Nous sommes totalement favorables et accompagnons le Port de Paris dans cet objectif, mais le Port de Paris, comme nous, dans ses objectifs stratégiques a aussi affirmé la vocation de promenade, de lieu pour le loisir, etc. de ces futures voies sur berges.

Et donc, ceux ou celles qui comme Mme DOUVIN ont vu des contradictions, je les renvoie vraiment aux conclusions du schéma de développement stratégique du Port de Paris, et à nos propres conclusions.

Vous verrez qu'il n'y a absolument aucune contradiction. Au contraire, nous travaillons ensemble.

Pour reprendre rapidement les deux projets de délibération, l'un le SG 146 vise à conférer l'organisation de la maîtrise d'ouvrage des études et des travaux du réaménagement des berges de Seine rive droite à la Ville de Paris, qui sera le maître d'ouvrage unique de l'opération. Cela veut dire que la Ville assurera pour le compte de Port de Paris, la réalisation de la desserte de tous les réseaux (l?eau, l?électricité, l?assainissement, le téléphone), mais aussi les postes d'amarrage qui seront nécessaires.

Le deuxième projet de délibération vise, lui, par un avenant, à prendre acte justement de la volonté du Port de Paris de faire évoluer ce site avec des activités sur le fleuve ou sur les berges notamment sur les espaces du domaine public fluvial.

Ces deux projets de délibération sont extrêmement importants.

Je vous rappelle que sur la rive droite, le projet comprend des interventions par exemple sur l'avenue de New York au droit de la passerelle de Billy où nous devons créer une traversée piétonne indispensable.

Aujourd'hui, vous ne traversez pas à cet endroit tant c?est dangereux et tant les voitures circulent vraiment avec une très grande vitesse. Sur le quai des Tuileries, au niveau de la passerelle Léopold Sedar Senghor, là aussi il s'agit de créer une double traversée piétonne. Sur la voie Pompidou, entre l'Hôtel de Ville et le port Henri IV, il s'agit de créer des traversées protégées par des feux tricolores.

Voilà pour l'essentiel, les opérations prévues.

Je voudrais répondre notamment à ma collègue Danielle SIMONNET, en disant que oui, il sera bien sûr proposé des activités de restauration, de café, etc.,  je crois qu'elles sont attendues.

En ce qui concerne l'économie sociale et solidaire, c'est un sujet très important. Vous savez que Paris est l'une des capitales de l'entreprenariat social, et pour nous il s'agit bien sûr de pousser aussi en ce qui concerne les aménagements rive gauche et rive droite à ce qu'il y ait une place importante pour l'entreprenariat social, ou l'économie sociale et solidaire.

Je vous remercie, mes chers collègues.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération SG 146.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2012, SG 146).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération SG 147.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2012, SG 147).