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Mai 2012
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71 - 2012, DPA 35 - Autorisation de déposer toutes les demandes d'autorisations d'urbanisme notamment les demandes de permis de démolir, de construire, d'aménager et de déclaration préalable pour la reconstruction de vestiaires et d'un TEP sur le stade Georges Hébert (16e).

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2012

71 - 2012, DPA 35 - Autorisation de déposer toutes les demandes d'autorisations d'urbanisme notamment les demandes de permis de démolir, de construire, d'aménager et de déclaration préalable pour la reconstruction de vestiaires et d'un TEP sur le stade Georges Hébert (16e).

 

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Nous passons cette fois aux projets de délibération rapportés par M. Jean VUILLERMOZ. Je remercie Christophe NAJDOVSKI.

Nous passons au stade Georges-Hébert, avec trois inscriptions : Yves CONTASSOT, Pierre GABORIAU et David ALPHAND.

La parole est à M. Yves CONTASSOT pour démarrer.

M. Yves CONTASSOT. - Merci, Monsieur le Maire.

Ce projet s'inscrit évidemment dans le projet global d'extension de Roland-Garros, et ce n'en est qu'un des éléments ; c'est bien ainsi qu?il faut le voir.

Or, le projet de délibération, dans son deuxième paragraphe, rappelle que sur ce stade Hébert, il est juridiquement possible de faire une opération parce qu'il y aurait une convention d'occupation domaniale approuvée par une délibération signée le 23 novembre.

Je fais remarquer au passage que cette convention a reçu un avis négatif de la Commission nationale des sites et qu'elle devra nécessairement être revotée dans des termes différents par notre Conseil municipal.

Autrement dit, on nous demande d'avance de prendre en considération une convention qui, à ce stade, et d'ores et déjà caduque.

Au plan juridique, j'avoue que c'est pour le moins curieux, et je m'interroge un peu sur cette volonté d'aller aussi vite, de passer en force, alors qu?il est évident que si le projet d'extension de Roland-Garros ne voyait pas le jour, la construction du Centre national d'entraînement sur le stade Hébert n'aurait plus aucun sens.

Autrement dit, on commence par une proposition subséquente avant même de savoir ce que nous allons faire de l'essentiel.

Curieuse manière de procéder, et qui fait penser à une volonté de passer en force plutôt qu'à une logique correspondant à des besoins réels avérés.

Deuxième élément, c'est que lors des concertations, il a toujours été dit que rien ne se ferait en matière d?évolution des équipements destinés aux scolaires tant que des solutions alternatives ne seraient pas trouvées.

Or, là encore, petit souci puisque, à ce stade, si j'ose dire, il est envisagé de transférer les activités scolaires sur les pelouses de l'hippodrome d'Auteuil. Et là, difficulté, à nouveau, puisque deux fois, des avis négatifs ont été donnés sur ce site d'accueil pour des raisons de sécurité, et il semblerait - je parle au conditionnel - qu'il sera assez difficile de trouver les solutions satisfaisantes compte tenu des contraintes patrimoniales sur ce site.

Autrement dit, on nous demande là encore de revenir sur les promesses qui ont été faites lors de la concertation et de mettre un peu la charrue avant les b?ufs, c'est-à-dire de donner satisfaction à la Fédération française de tennis sans même que les scolaires aient un point d'accueil à court terme.

Cela nous paraît un peu curieux, je dois dire, que pour 40 stagiaires qui seront accueillis au C.N.E. - ce sont les chiffres avancés par la Fédération française de tennis lors des réunions publiques -, pour 40 stagiaires, on sacrifie complètement les activités scolaires de l'ensemble du secteur.

Je dois dire que c'est une conception, évidemment, qui est celle du sport de très haut niveau, de l'élitisme, du "sport business" - on le voit une fois de plus dans ce dossier - au détriment du sport scolaire et du sport de proximité.

Nous souhaitons évidemment, compte tenu de toutes ces incertitudes, juridiques notamment, que ce projet de délibération soit reporté et à défaut, nous voterons évidemment contre.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci.

Nous poursuivons avec l?intervention de M. Pierre GABORIAU.

M. Pierre GABORIAU. - Merci, Monsieur le Maire.

Monsieur le Maire, mes chers collègues, il a été demandé au conseil d'arrondissement du 16e d?autoriser diverses demandes d?urbanisme sur l?aménagement du stade Hébert, demandes liées aux aménagements réalisés pour Roland-Garros.

Grâce à la persuasion du maire du 16e arrondissement, Claude GOASGUEN, et de son adjoint au sport, Yves HERVOUET DES FORGES, une partie du stade Hébert a été préservée pour la pratique sportive scolaire.

Il s?agit aujourd?hui de réaliser des travaux sur les 4.000 mètres carrés conservés par la Ville de Paris pour y aménager des équipements sportifs, la superficie totale du stade représentant 17.000 mètres carrés.

J'ajoute que ces travaux conduiraient à la démolition de deux bâtiments de vestiaires puis au nivelage du terrain : cela permettra l'aménagement du site pour créer un terrain de handball avec panneaux de basket latéraux, un anneau circulaire de course comprenant trois pistes, une aire de saut en longueur et un vestiaire d'environ 160 mètres carrés.

Ces travaux d'un montant prévisionnel de 2 millions d'euros seront pris en charge par la Fédération française de Tennis suite à la convention passée entre celle-ci et la Ville de Paris. La fin des études est prévue pour mi-2012, les travaux sont prévus pour février à août 2013.

Je veux souligner que la restitution de ces espaces sportifs permettra l'accueil des sportifs scolaires particulièrement nombreux et dynamiques dans ce périmètre.

Les arbitrages demandés et obtenus par le maire du 16e arrondissement tiennent compte de cette réalité. D'autres restitutions en cours ou à venir sur l'hippodrome d'Auteuil et l?espace Géo André compléteront l'offre sportive en matière d'athlétisme associatif, très dynamique dans l'arrondissement.

Je demande à la Ville de Paris de s'assurer de l'homogénéité de l'avancement des travaux entre la parcelle municipale et la parcelle concomitante du C.N.E. afin d'éviter la situation d'un espace sportif globalement inutilisable au-delà de la durée des travaux prévus pour sept mois.

Il est tout de même regrettable de noter que la piste d'athlétisme ne permette pas la préparation des épreuves du baccalauréat.

Le maire du 16e arrondissement note que le C.N.E. est la partie la plus difficile de cet aménagement, il est nécessaire que le permis soit déposé le plus tôt possible, afin que les recours puissent s'effectuer dans les meilleurs délais.

Un recours est prévisible, car la domiciliation du C.N.E. a déjà fait l'objet de contestations.

Aussi, le maire du 16e arrondissement souligne la nécessité d'aller vite afin d'harmoniser la construction du stade Hébert et demande qu?en aucun cas les travaux ne débutent avant que les recours ne soient purgés, tout ceci pour éviter que le chantier ne dure trop longtemps.

Je vous remercie, Monsieur le Maire, mes chers collègues, de votre attention.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci.

Nous terminons avec M. David ALPHAND.

M. David ALPHAND. - Merci, Monsieur le Maire.

Il est des rituels immuables et appréciés, ainsi au printemps les marronniers de la porte d?Auteuil bourgeonnent et le temps approche du tournoi de Roland-Garros.

Il est d'autres rituels tout aussi immuables, mais beaucoup moins appréciables. Ainsi en est-il au Conseil de Paris lorsqu?il s'agit d'évoquer les conséquences du projet actuel d'extension de Roland-Garros.

Un projet toujours aussi mal inspiré, malgré les alertes que nous ne cessons de vous répéter, depuis plusieurs mois, Laurence DREYFUSS, moi-même et quelques autres, dans cet hémicycle.

Aujourd'hui, nous abordons donc la destruction d'une partie du stade de proximité Georges Hébert. Ce que l'on pouvait craindre se précise, car voilà que le sport scolaire va se voir amputé des trois quarts de sa superficie sur Hébert. Ce n'est pas rien de passer de 17.260 mètres carrés à 4.000 mètres carrés.

Hébert, en fait, ne sera bientôt plus un stade, mais une peau de chagrin.

Sait-on au moins quelles sont les restitutions ? Rien de bien précis. Or, quand c'est flou, Monsieur VUILLERMOZ, c?est qu'il y a un loup.

Que devient donc la piste d'athlétisme de 250 mètres ? Un anneau circulaire de course, comme le dit pudiquement l'exposé des motifs du projet de délibération, mais ce n'est pas la même chose du tout, non, vraiment pas du tout, car, pour le bac, une piste de 200 mètres minimum est obligatoire, d'où notre inquiétude légitime, d'autant plus qu'il y a un effet d'accumulation dans cette affaire.

Le 16e arrondissement a déjà perdu une piste de 400 mètres située sur Jean Bouin. A l?époque, la promesse de la Ville fut de récupérer cette piste "via" l'hippodrome d'Auteuil, mais maintenant nous allons perdre une nouvelle piste de 250 mètres sur Hébert et, Monsieur VUILLERMOZ, sauf à faire courir les enfants la nuit avec des lampes de poche, on ne voit pas bien comment l'hippodrome d'Auteuil peut à nouveau être appelé à la rescousse.

Il y a un mensonge dans le libellé de l'exposé des motifs de ce projet de délibération, on y prétend en effet que la superficie restante du stade Hébert est dévolue au projet de construction d'un équipement sportif municipal pour restituer l'offre sportive municipale dans ce secteur, mais c'est faux, puisque l'on ne récupérera pas la piste de 200 mètres requise pour les examens des scolaires.

Dans le fond, chacun sait bien que le projet actuel d'extension de Roland-Garros est déséquilibré par des exigences exorbitantes de la Fédération française de Tennis.

Tout d'abord, la construction d'un court de 5.000 places dans le Jardin des serres d'Auteuil, un court qui ne sera utilisé que trois semaines par an.

Et puis, il y a également l'annexion du stade Hébert par la Fédération française de Tennis au profit de son centre national d'entraînement. Cette dernière exigence relève vraiment et essentiellement du snobisme de quelques-uns qui ne veulent pas quitter la porte d'Auteuil. C'est la logique du "pousse-toi de là, que je m'y mette !"

Les jeunes footballeurs, eux, jouent à Clairefontaine, les jeunes rugbymen à Marcoussis, pourquoi les jeunes tennismen devraient-ils absolument jouer à Paris "intra muros" ? D'autant qu?on sait, Monsieur VUILLERMOZ, qu'un tennisman est mobile, par définition, il suffit de regarder tous ceux qui partent en Suisse.

Ainsi, pour toutes ces raisons, ma collègue Laurence DREYFUSS et moi-même ne voterons pas ce projet de délibération, nous voterons contre et nous réitérons notre demande d'un autre projet sur l'implantation du centre national d'entraînement de la Fédération française de Tennis au profit de la préservation de la qualité de vie dans le 16e arrondissement et dans la Capitale.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci.

Nous passons maintenant à la réponse de M. Jean VUILLERMOZ.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, au nom de la 7e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.

Je ne vais pas refaire ici les débats qui ont duré très longtemps, qui ont été très nombreux, notamment à travers la Commission nationale du débat public, très bien animée par M. TIFFON. Je sais que M. CONTASSOT est contre le projet, je sais que M. ALPHAND est contre le projet, mais je sais aussi qu'une très grande majorité du Conseil de Paris, que ce soit socialistes, majorité ou opposition, ont voté ce projet et sont favorables à ce projet.

Je ne parle pas des millions de gens qui, aussi bien à Paris, en France et dans le monde, sont totalement favorables à ce que ce projet puisse continuer à se faire et donc faire en sorte que ce tournoi du Grand Chelem sur terre battue à Paris puisse avoir lieu dans de très bonnes conditions.

Je veux dire à M. CONTASSOT, peut-être n'avons-nous pas les mêmes documents, que j'ai sous les yeux un document émanant de la Commission supérieure des Sites qui s'est prononcée et qu'elle nous a envoyé le 20 mars 2012, qui dit (je ne fais que citer une phrase) : "Après un large débat, les membres de la Commission se sont déclarés favorables aux propositions figurant dans le plan guide par 14 avis favorables, huit avis défavorables et une abstention" et suivent un tas de choses qui vont directement dans le sens de cette phrase dont je viens de parler.

M. CONTASSOT et M. ALPHAND font semblant, parce qu'il y a eu de nombreuses réunions dans la mairie du 16e arrondissement, où je suis allé, à la demande de M. GOASGUEN, maire du 16e arrondissement, avec Anne HIDALGO également, pour montrer que l'ensemble des équipements sportifs sont reconstitués, ceux qui existent sont reconstitués dans le 16e arrondissement, avec même un petit développement, puisque des équipements seront en plus de ceux qui existent aujourd'hui.

C'est vrai qu?il y a un petit problème que nous n'avons pas complètement réglé, qui est la petite piste d'athlétisme qui se trouvait sur le terrain de Georges Hébert, qui faisait 200 mètres.

C'est vrai que nous avons pour l'instant du mal à la reconstituer pour faire 200 mètres. Nous avons prévu un certain nombre de choses, notamment sur Géo André, où nous pourrons essayer de faire une piste la plus grande possible avec des virages penchés, qui permettent de faire un certain nombre de choses.

En ce qui concerne le bac, je redis quand même qu'il y a une piste d'athlétisme de 400 mètres avec six couloirs qui se trouve sur les pelouses d'Auteuil, qui est très bien et qui sera éclairée parce que, malgré tout, nous prendrons les décisions qui correspondent aux besoins du développement de l'athlétisme à Paris et du développement de l'athlétisme dans le 16e arrondissement, notamment pour répondre aux besoins du Stade français athlétisme.

Tout cela, vous le savez, n'a pas cessé d'être répété. D'ailleurs, je vous signale que, avec le maire du 16e arrondissement, et les réunions que nous avons faites sur le sport, sur le sport scolaire et sur le sport qui répond aux besoins des associations, la grande majorité des participants à ces réunions a été d'accord.

Ils ont souligné les efforts qui avaient été faits par la Mairie de Paris sur le 16e arrondissement pour donner satisfaction aux sportifs du 16e arrondissement, et d'ailleurs de Paris puisque ce ne seront pas forcément des équipements qui seront utilisés seulement par les enfants, les scolaires du 16e arrondissement ou les athlètes du 16e arrondissement.

Donc, c'est un plus, pas seulement pour le 16e arrondissement, mais aussi pour l'ensemble de Paris.

Voilà ce que je voulais vous dire.

Evidemment, Monsieur ALPHAND, ce n'est pas vous faire injure de penser, qu'au-delà de votre conception personnelle du tennis en France et du tennis dans le monde, et du tennis à Roland Garros, il y aussi un petit aspect politique, politicien peut-être, au sein du 16e arrondissement, puisque M. GOASGUEN, comme l'a dit M. GABORIAU, est tout à fait favorable à ce projet.

Donc votre proposition est aussi quelque part un peu politicienne, dans le contexte où j'ai cru comprendre que vous vous présentiez en plus dans le 16e arrondissement.

Voilà simplement ce que je voulais dire, sans aller trop loin dans les discussions, parce qu'elles ont déjà eu lieu.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DPA 35.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2012, DPA 35).