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Mai 2012
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20 - 2012, Vœu déposé par le groupe Centre et Indépendants relatif au porte-avions Charles-de-Gaulle.

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2012

20 - 2012, V?u déposé par le groupe Centre et Indépendants relatif au porte-avions Charles-de-Gaulle.

 

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Nous passons à l'examen d'un v?u qui ne se rapporte à aucun projet de délibération, le v?u n° 18 relatif au porte-avions Charles de Gaulle, déposé par le groupe Centre et Indépendants.

La parole est à M. le sénateur POZZO di BORGO.

M. Yves POZZO di BORGO. - Monsieur le Maire, mes chers collègues.

J'ai eu récemment l'occasion de me rendre à bord du porte-avions Charles-de-Gaulle avec la Commission des Affaires étrangères et de la Défense, présidée par un socialiste, M. CARRERE. Nous avons été très impressionnés par cette visite et avons vu que le Charles-de-Gaulle, fleuron des forces aéronavales françaises, comme vous le savez, a été engagé dans le cadre de l?opération "Harmattan" au large de la Libye du 20 mars au 12 août 2011.

Ce bâtiment a été décoré de la croix de guerre avec palme le 11 novembre 2011. Il a pour ville marraine comme beaucoup de bateaux français depuis le 9 octobre 2001, la Ville de Paris. Vous connaissez le dynamisme du réseau français des villes marraines présidé par le député-maire d?Issy-les-Moulineaux, André SANTINI.

Je voudrais souligner les nombreux sacrifices consentis quotidiennement par l?équipage du Charles de Gaulle pour réaliser les missions qui lui sont confiées dans le cadre du lien armée nation, je crois qu'il serait souhaitable de pallier l'absence d?hommage rendu par la Ville de Paris à l'équipage du Charles de Gaulle après les opérations militaires de l'an dernier.

Je propose donc que le Conseil de Paris et le Maire de Paris rendent un hommage solennel aux marins et aux pilotes du Charles-de-Gaulle pour leur action essentielle au sein des forces françaises et alliées durant l'opération "Harmattan", au cours de l'année 2011, sous mandat de l'ONU, en application de la résolution 1973 du conseil de sécurité de l'ONU. Merci.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Pour répondre, la parole est à Mme Odette CHRISTIENNE.

Mme Odette CHRISTIENNE, adjointe. - Merci Monsieur le Maire.

Ce v?u relatif à une intervention militaire achevée en août 2011 suppose l'absence de lien avec le porte-avions depuis cette date, et traduit sans doute une connaissance limitée des relations étroites que notre Municipalité entretient avec des composantes des forces armées.

Aussi, brièvement, je voudrais signaler d?entrée certains points. Il est vrai que les Parisiens aiment l'armée de la Nation et lui marquent leur intérêt en toute occasion, et bien sûr, quand nous organisons des rencontres entre civils et militaires. Il est vrai que la marine tient à Paris une place particulière avec le vice-amiral Jean-Louis VICHOT, commandant de la marine à Paris. Et nous avons remarqué l?attrait exercé sur les jeunes Parisiens par l'enseignement spécialisé dispensé dans trois établissements de notre ville dits lycées marine.

Notons aussi que la classe de terminale C1 du lycée municipal Suzanne Valadon dans le 18 arrondissement, lycée qui crée actuellement une classe défense, recevra le 24 mai le premier prix du concours civisme de sécurité défense organisé par la Ville de Paris.

Un attachement privilégié lie le bâtiment fleuron de la marine française et notre Municipalité. Le 9 octobre 2011 a eu lieu à bord du porte-avions Charles de Gaulle une cérémonie d'inauguration de la plaque commémorative du parrainage de la Ville par le capitaine de vaisseau Richard LABORDE, commandant du porte-avions, et Bertrand DELANOË, Maire de Paris.

Depuis, des échanges diversifiés ont resserré les liens entre l'équipage et les Parisiens. Rappelons l'extraordinaire exposition sur le Charles-de-Gaulle en escale à Paris entre mai et juin 2008, jusqu'à 1640 visiteurs en une journée à l'invitation conjointe du Maire de Paris et du chef d'état-major de la marine, Pierre-François FORISSIER, exposition qui selon l'amiral Alain OUDOT de DAINVILLE donnait au parrainage une force particulière.

Cette exposition nous paraissait importante, et en particulier à M. le Maire pour notre Municipalité très attachée à approfondir les liens qui unissent la Nation aux forces armées.

En 2008, le capitaine de vaisseau BOIVIN commande le porte-avions, les membres de l'équipage accueillent à l'Hôtel de Ville les visiteurs. Cette exposition n'a pas fait d'ailleurs que le bonheur des classes entières, elle a offert l'opportunité pour le lieutenant-colonel SALA, d'organiser pour 50 jeunes gens et jeunes filles de 18 à 25 ans une JAPD très impressionnante à l'Hôtel de Ville.

Ces liens de Paris se sont matérialisés en 2009 par l'installation sur la base navale de Toulon devant les sièges de l'état major de la force navale et de l?état major de l'aéronautique du modèle réduit exposé, c'était un modèle au huitième du porte-avions devenu monument cadeau de la Ville de Paris.

Le 21 septembre 2010, sur le bâtiment à quai cette fois, le Maire de Paris et le commandant ont dévoilé des plaques attribuant aux coursives du navire des noms de rues, d'avenues et de places de Paris marquant la pérennité de ces liens.

Concernant les jeunes Parisiens, par l'intermédiaire des correspondants défense, les élus chargés des affaires scolaires de chaque arrondissement sont informés sur les échanges possibles des classes avec les bâtiments de la royale dont le Charles de Gaulle.

Certes les élèves sont plus facilement embarqués sur des bâtiments plus modestes et nous savons que les opérations de la deuxième chance, telle l'armada de l'espoir révèlent l'efficacité de leur formation reçue à bord lors d'un court séjour.

Mais la visite du porte-avions Charles-de-Gaulle est possible pour les élèves même si elle est rare. Cette année, en 2012, avec l'accord du Recteur des universités elle constitue le premier prix du concours de la résistance et de la déportation. Même sans embarquement, une autre forme de relation s?établit entre les élèves et les équipages. Grâce à la maîtrise par les élèves des technologies de communication, les échanges se développent pendant les missions des bâtiments et cela est possible bien sûr avec le Charles-de-Gaulle.

En 2012, le 27 mars, a eu lieu une importante cérémonie réunissant Ville de Paris et marine avec la remise du drapeau du régiment blindé de fusillés marins au commandant de la marine à Paris. Le chef d'état major de la marine, Bertrand ROGEL, avait prévu une prise d'arme sur le parvis et, signe fort, le Maire de Paris a agrafé lui-même des fourragères sur les uniformes des élèves d'une promotion de fusillés marins.

Lors de cette cérémonie, bien sûr le Charles de Gaulle était représenté par l'un de ses anciens commandants.

En 2012 encore, en février, dès que cela fut possible, le Maire de Paris a reçu à l'Hôtel de Ville le nouveau commandant du porte-avions, le capitaine de vaisseau Olivier LEBAS - il l?est depuis le 1er août 2011 - avec lequel ont été étudiés de nombreux échanges entre l'équipage et les populations scolaires entre autres.

Ainsi vous constatez la continuité des échanges après l'opération Harmattan et vous pouvez être assurés qu'ils se poursuivront. Par ailleurs, une Opex est un tout. L'opération "Harmattan" est un tout. La conduite des opérations rend solidaire les différentes unités engagées, et surtout les distinctions et les hommages solennels pour les militaires, ayant combattu en Opex, sont du ressort du Président de la République, chef des armées et Ministre de la défense.

En conséquence, les propositions de ce v?u me paraissent difficilement envisageables pour une municipalité. Aussi, compte tenu de l'ensemble de ces informations, je pense que ce v?u devrait être retiré. S'il ne l'est pas, l'Exécutif votera contre.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Merci, Madame CHRISTIENNE.

Je suis saisi de deux demandes d'explication de vote, l'une de M. GOUJON et l'autre du président GAREL.

M. GOUJON a la parole, pour deux minutes.

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Je regrette, après avoir rappelé tous ces liens qui nous unissent au porte-avions Charles de Gaulle, dont la Ville de Paris est marraine, que Mme CHRISTIENNE demande le retrait de ce v?u.

Je voudrais, au contraire, au nom du groupe U.M.P.P.A. m'associer à cette excellente initiative de notre collègue Yves POZZO di BORGO et de son groupe, pour rendre hommage à l'équipage et aux pilotes de l'aéronavale sur ce porte-avions qui ont permis de rendre la liberté au peuple libyen, sans oublier bien sûr l'hommage aux aviateurs de l'armée de l'air qui, dans des missions périlleuses et sans pertes, ont permis eux aussi ce résultat.

J'ai représenté moi-même, voilà quelques années, la Ville de Paris au lancement de ce magnifique navire, qui non seulement fait honneur à notre marine mais est un outil extrêmement efficace pour la défense de la patrie.

Je pense que la Ville de Paris, même si formellement les choses sont peut-être comme le dit Mme CHRISTIENNE, pourrait rendre cet hommage à ces militaires qui, dans des circonstances extrêmement difficiles, ont permis la libération de la Libye.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Merci.

La parole est à M. le président GAREL, pour deux minutes.

M. Sylvain GAREL. - Merci, Monsieur le Maire.

Bien entendu, nous voterons contre cet amendement et ce v?u, et nous voterons aussi contre ce projet de délibération, comme chaque année. On se demande jusqu'à quand nous allons devoir cautionner un porte-avions nucléaire qui est à la fois quelque chose de dangereux, dangereux parce que son but est effectivement de faire la guerre, et dangereux parce qu'il a dans son système de propulsion des matières radioactives qui peuvent s'avérer extrêmement néfastes pour la population en cas d'accident.

Je suis aussi effaré par les discours qui sont tenus à chaque fois qu'il y a des débats sur cette subvention, et sur ce v?u qui a été rajouté par le groupe centriste. Mais je voudrais bien comprendre. Vous nous dites, Madame CHRISTIENNE, que le premier prix pour la Résistance et la Déportation, c'est une visite sur le porte-avions Charles-de-Gaulle. Je ne vois vraiment aucun rapport entre la Résistance et la Déportation et un porte-avions nucléaire.

Je vous remercie.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Monsieur le président POZZO di BORGO souhaite reprendre la parole, pour une explication de vote, puisqu'il n'a peut-être pas très bien expliqué son vote.

M. Yves POZZO di BORGO. - D'abord, je voudrais remercier Mme l'adjointe au Maire de la réponse qu'elle a fait. C'est vrai qu'il y a beaucoup de choses que l'on ignore et il aurait été bien que les groupes au moins soient informés de toutes ces activités.

Je voudrais dire aussi que je suis un peu surpris d'entendre dans la bouche de M. GAREL, qui est monsieur 2 % en France, une telle virulence envers les soldats français qui ont risqué leur vie pour défendre le pays. Je trouve un peu abusive la façon dont il se comporte actuellement. Je sais bien que c'est 2 % du pays, mais c'est quand même dommage.

Merci.

M. Sylvain GAREL. - Attendons les législatives !

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Mme CHRISTIENNE ayant donné un avis défavorable à ce v?u, nous sommes bien d'accord ?

Est-il retiré ? Je n'ai pas très bien compris. Non, il n'est pas retiré. Vous donnez bien un avis défavorable, Madame, nous sommes d'accord ? Très bien.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 18 avec un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le voeu est rejeté.