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Mai 2006
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Vœu déposé par le groupe “Les Verts” en faveur d’une prise en compte de la question des “biffins” sur les marchés aux puces. Vœu déposé par l’Exécutif pour étudier la question des “biffins” sur les marchés aux puces de Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2006


 

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Nous examinons les v?ux référencés n° 71 et n° 71 bis dans le fascicule, concernent la présence des ?biffins? sur les marchés aux puces, déposés respectivement par le groupe ?Les Verts? et l?Exécutif.

Je donne la parole à Mme LE STRAT.

Mme Anne LE STRAT. - Merci, Madame la Maire.

Paris compte, à ses portes, un certain nombre de marchés aux puces sur lesquels, parallèlement aux marchands installés, se trouvent des marchands volants, dit ?volants? ou ?biffins?.

Ceux-ci sont pour la plupart des personnes sans ressources qui revendent des objets récupérés, leur donnent une deuxième vie trouvant là un moyen de subsistance honnête dans la tradition des marchés aux puces. Ils sont cependant souvent l?objet de verbalisations et poursuites de la part des forces de l?ordre mais aussi l?objet de plaintes de la part des riverains étant hors réglementation et sans emplacement déterminé.

Il nous semble pourtant qu?un certain nombre de solutions pourraient être trouvées pour que les ?biffins? puissent enfin trouver leur place sur les marchés aux puces. Comme le suggère un v?u du conseil de quartier Porte Montmartre-Moskowa-Porte de Clignancourt, il serait possible de leur offrir une réglementation en termes d?emplacement et d?horaires pour un euro symbolique, leur donnant des droits mais aussi des devoirs notamment en terme de propreté de l?espace.

Pour cela, nous souhaiterions qu?une véritable concertation s?engage, les tentatives menées jusqu?à présent n?ayant pas débouché sur des solutions satisfaisantes. La concertation devrait s?ouvrir à l?ensemble des acteurs, Ville de Paris, commerçant, riverains, conseils de quartier, Préfecture de Police et également s?inscrire dans le protocoles de coopération signée entre la Ville de Paris et les communes limitrophes concernées, Saint-Ouen, Vanves et Montreuil.

C?est pourquoi, sur proposition du groupe ?Les Verts?, le Conseil de Paris émet le v?u que se mette en place très rapidement une concertation sur la question des ?biffins? avec l?ensemble des partenaires concernés que nous avons déjà mentionnés et afin que ces marchands puissent trouver leur place sur les marchés aux puces selon les conditions qui auront été déterminées.

Je vous remercie.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Monsieur SAUTTER, vous avez la parole.

M. Christian SAUTTER, adjoint. - Là encore, je réponds au nom de Mme Lyne COHEN-SOLAL.

Mme LE STRAT attire l?attention sur les ?biffins? qui ne sont pas les soldats de la guerre de 14-18 mais qui sont des vendeurs à la sauvette qui déballent tous les week-end, à proximité des marchés aux puces leur marchandise qui est souvent usagée et qui provient de divers modes de récupération.

Ces personnes posent un certain nombre de questions, dans la mesure où non seulement elles devraient s?acquitter de droit de voirie mais elles devraient aussi, en principe, comme les commerçants qui sont régulièrement autorisés à exercer sur les 95 marchés non sédentaires de la Capitale, être inscrits au registre du commerce et des sociétés, ce qui implique de payer certains impôts alors que beaucoup de ces vendeurs à la sauvette ne remplissent évidemment pas cette condition.

Il est certain, et je pense que c?est ce sentiment d?humanité qui inspire Mme LE STRAT, que certains de ces vendeurs à la sauvette sont des vendeurs à la sauvette de bonne foi et, si je puis dire, de bonnes pratiques, qui sont en difficulté et qui trouvent dans leur situation de quasi exclusion une façon parfaitement conforme à la loi, mais ce n?est pas le cas de tous, la possibilité d?avoir un petit revenu complémentaire.

Je pense, c?est le sens du v?u n° 71 bis dont la philosophie est exactement la même que celle du v?u n° 71, et, comme le demande Mme LE STRAT qu?il serait bon qu?une concertation avec l?ensemble des parties prenantes, c?est-à-dire la Mairie de Paris, les mairies d?arrondissement, la Préfecture de Police, les conseils de quartier, les syndicats des puces ait lieu pour que ces vendeurs à la sauvette de bonne foi, puisqu?on a, dans un débat antérieur, fait la distinction entre les gens de bonne foi et les gens de mauvaise foi, puissent trouver une place dans des conditions parfaitement légales au sein des marchés aux puces.

Le v?u n° 71 bis est très proche du n° 71. Je demande donc à Mme Le STRAT de retirer le sien qui est rédigé d?une façon un peu moins rigoureuse.

Je vous appelle à voter le v?u n° 71 bis.

Voilà, Madame la Maire.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Madame LE STRAT, sur cette proposition.

Mme Anne LE STRAT. - Merci.

Je ne sais pas si nous avons la même définition de ce qui est généreux et rigoureux. Si je ne souscris pas totalement peut-être à la rédaction des considérants, je dois reconnaître que le v?u n° 71 bis qui nous est présenté reprend, peu ou prou, la demande que nous avons faite dans le v?u n° 71.

Donc, je suis prête à retirer mon v?u pour que nous puissions voter tous ensemble le v?u n° 71 bis.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Monsieur BARIANI, vous avez la parole pour une explication de vote.

M. Didier BARIANI. - Les problèmes humanitaires doivent être traités en tant que problèmes humanitaires. Il y a là des gens qui sont de bonne foi et il y a là, je m?adresse à M. SAUTTER, des gens, quand je me réfère au marché aux puces de la Porte de Montreuil, qui sont de parfaite mauvaise foi et qui vendent, pour grand nombre d?entre eux, des objets qui ont été dérobés.

J?ai introduit une autre logique. Je suis plutôt pour la suppression du marché aux puces de la Porte de Montreuil, et je constate que, dans les attendus du G.P.R.U. Porte de Montreuil, la pérennité, heureusement, du marché aux puces de la Porte de Montreuil, tel qu?il fonctionne maintenant, n?est pas acquise.

Il y a un vrai problème à la périphérie de ces marchés aux puces et en tout cas celle du marché aux puces de la Porte de Montreuil qui fait que cela nuit même au bon fonctionnement de ceux qui paient normalement aux placiers des emplacements qu?ils occupent.

Je trouve que tout cela est très sympathique, ce qui est dit dans le v?u n° 71 bis de l?Exécutif mais que c?est la confusion entre deux genres : problèmes sociaux et humanitaires à traiter vis-à-vis de gens que la pauvreté amène à vendre des objets dont la provenance est incertaine, et problèmes du maintien d?un marché aux puces qui est souvent appelé maintenant ?marché aux voleurs? qui nuit à l?activité générale du marché dans son ensemble et par ailleurs qui nuit à la tranquillité des riverains qui sont souvent, même jusque dans les portes d?entrée d?immeubles, sollicités par des gens qui n?ont rien à y faire.

C?est pour cela qu?une logique en valant une autre, je m?oppose, en ce qui me concerne et le groupe U.D.F., au voeu de l?Exécutif.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - La parole est à M. SAUTTER?

Oui, Madame GÉGOUT ?

Mme Catherine GÉGOUT. - Je ne pensais pas intervenir puisque nous sommes d?accord avec le voeu de l?Exécutif mais M. BARIANI me fait intervenir quand même parce que là, c?est un scoop ! Tout d?un coup, il faut faire disparaître le marché aux puces de Montreuil. Non. Non.

Dans un marché aux puces, il y a comme d?ailleurs dans beaucoup d?autres activités économiques, des catégories différentes. Ce v?u présente une volonté de cadrage pour permettre justement de ne pas se retrouver dans des contradictions avec des populations diverses qui ont des types de commerces divers. Il s?agit justement de diminuer, voire supprimer les nuisances dont vous faites état pour les riverains, notamment du fait des gens qui font des commerces en bas des escaliers. Je crois que c?est vraiment tout à fait déplacé.

Et heureusement, le travail qui est fait aujourd?hui sur la Porte de Montreuil va permettre non pas de faire un marché sophistiqué, encadré, etc. mais de faire un lieu où on peut vivre avec une diversité de gens, dans des conditions qui puissent être correctes pour tout le monde.

M. Didier BARIANI. - Ce n?est pas le cas.

Mme Catherine GÉGOUT. - Bien sûr, nous nous associons tout à fait à ce v?u.

Je vous remercie.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci.

La parole est à Christian SAUTTER.

M. Christian SAUTTER, adjoint. - Je vais simplement rassurer le président BARIANI. Avec Mme LE STRAT, nous ne nous intéressons qu?aux vendeurs à la sauvette de bonne foi et de bonne loi.

Je propose donc d?adopter le v?u n° 71 bis.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Très bien.

Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de v?u déposé par l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de v?u est adopté. (2006, V. 158).