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Avril 2009
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Conseil Municipal
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2009, Vœu déposé par le groupe socialiste, radical de gauche, et apparentés à M. le Préfet de police relatif aux mesures à prendre pour la sécurité publique autour du 92, rue de Javel (15e).

Débat/ Conseil municipal/ Avril 2009


 

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Nous allons examiner en 5e Commission le v?u référencé n° 65 dans le fascicule, relatif aux mesures à prendre pour la sécurité publique autour du 92, rue de Javel, déposé par le groupe socialiste, radical de gauche, et apparentés.

Ce v?u s'adresse à M. le Préfet de police.

Je donne la parole à M. Gilles ALAYRAC.

M. Gilles ALAYRAC. - Monsieur le Préfet, je souhaite appeler votre attention sur un sujet qui nous préoccupe, j'évoque là un lieu de réunion fréquenté par des mouvances successives d'extrême droite au 92, rue de Javel dans le 15e arrondissement.

Il s'agit d'un "bar associatif" où se réunissent des ultranationalistes qui participent à des débats, assistent à des concerts ou des projections de films. Nous voudrions d'abord être certains qu'à cet endroit, ne sont pas pratiquées des activités illégales ou contraires à l'ordre public.

Nous voudrions également que les riverains soient rassurés par des patrouilles de police parce qu?il est vrai qu'il y a là quelque chose d?intimidant à côtoyer au quotidien des militants de l'extrême droite radicale.

Je demande aussi que l'on s'assure aussi que ces individus n'apposent pas dans la rue des autocollants nationalistes, xénophobes et provocateurs comme c'est le cas aujourd'hui.

Je précise que ce sujet mobilise les habitants, qui ont évoqué cette question en conseil de quartier, et que le v?u que je présente a été adopté à l'unanimité par le Conseil du 15e arrondissement.

Ce sont donc tous les élus du 15e qui sollicitent, Monsieur le Préfet, votre vigilance et le concours de la Préfecture de police.

Merci.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Je donne donc la parole à M. le Préfet de police.

M. LE REPRÉSENTANT DU PRÉFET DE POLICE. - Dès 2008, l'activité de ce groupe, qui fréquente le local de la rue de Javel, a retenu l'attention des services de police.

Effectivement, ce sont des adeptes du mouvement "skinhead" et ils se réunissent autour d'une association dont l'objet social officiel est anodin : la promotion des produits du terroir. Mais nous sommes bien d?accord : ils se cachent derrière cette raison sociale.

En dépit du fait que le comportement de ses membres suscite une inquiétude légitime des riverains, des élus et de divers groupements associatifs, aucune plainte n'a été à ce jour déposée au commissariat relative à des faits concrets passibles de sanctions pénales. Certes, l?apposition d'autocollants comportant des inscriptions tendancieuses n'a pas échappé aux services de police mais la matérialisation des infractions n?est pas forcément aisée en la matière et nous ne souhaitons absolument pas leur offrir une tribune judiciaire.

Dans l'hiver, trois rixes nocturnes impliquant des skinheads sont survenues aux alentours de la rue de Javel, et la police a procédé à deux reprises à des interpellations et à des mesures de garde à vue. Les procédures judiciaires établies à la suite de ces faits ont établi qu'il s'agissait en l?espèce de bagarres entre individus alcoolisés. Les surveillances policières répétées opérées jusqu'à ce jour on fait ressortir que l'association a des horaires d'ouverture qui restent tout de même limités et variables.

Toutefois, samedi soir, à l'occasion d'un contrôle administratif dans les lieux, l'existence d'un débit de boisson sans autorisation a été établie, qui donnera lieu à l?engagement d?une procédure.

La Préfecture de police vous garantit qu?elle restera particulièrement vigilante sur ce site et que les policiers réprimeront toute infraction qu'ils seraient amenés à constater, tout particulièrement en cas de débordements violents ou racistes.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du parti de Gauche, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Je donne la parole à M. Georges SARRE.

M. Georges SARRE, adjoint. - Chers collègues, à travers ce v?u, le Conseil du 15e arrondissement attire notre attention sur un sentiment d'insécurité que provoque le regroupement régulier de personnes au niveau du 92, rue de Javel, dans le 15e arrondissement.

Vous n'avez pas contesté l'appellation qui a été donnée à ceux qui se retrouvent là : ils sont d'extrême droite et semblent en effet créer de graves difficultés dans le secteur.

Considérant également que ces personnes, d'après le commissariat du 15e arrondissement, sont souvent alcoolisées et que leurs comportements peuvent susciter un sentiment de malaise et d'insécurité chez les riverains, je suis naturellement favorable à ce que le v?u soit présenté et voté pour que les riverains du 92, rue de Javel retrouvent au plus vite un cadre de vie paisible.

Je tiens par contre à souligner que le terme de bande utilisé dans le premier paragraphe de ce voeu ne me semble pas approprié. Je présume que lorsque les dépositaires de ce voeu parlent de bande, ils font référence au caractère collectif du phénomène observé. Mais il s'agit vraisemblablement en l'espèce, et même sans aucun doute, de personnes d'extrême droite. Or, le terme de bande est imposé aujourd'hui à Paris pour désigner aussi les regroupements, le plus souvent de jeunes gens, lorsqu'ils portent atteinte à l'ordre public et le cas échéant, se livrent à des actes de délinquance.

Malgré tout, mes chers collègues, je tiens à faire la différence.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Pour une explication de vote, Monsieur le Maire du 15e, vous avez la parole.

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. J'approuve évidemment, cela n?étonnera personne, les propos qui viennent d'être tenus, aussi bien par MM. ALAYRAC et SARRE que par le représentant du Préfet de police puisque la mairie du 15e se préoccupe de cette situation depuis bien longtemps. Elle avait d'ailleurs avisé la police du 15e d'exactions et de provocations commises par ces "skinheads" et identifié ce bar associatif au 90 de la rue de Javel.

A chaque incident, mon adjoint chargé de la tranquillité publique s'est déplacé, de jour comme de nuit et le samedi soir, où il y a des troubles particulièrement graves, la période hivernale ayant connu une accalmie.

La mairie du 15e, pour sa part, a essayé d?aider le travail de la police en recueillant, en transmettant des témoignages locaux au commissariat. J'ai également demandé une protection policière de la salle de prières au 47, rue de Javel le vendredi et l'installation d?une caméra à ses abords, de façon à protéger ce lieu.

Dernièrement, le 20 mars, une réunion entre la mairie et le commissariat a débouché sur des surveillances le week-end, en coordination avec un service spécialisé et le Parquet.

Je souhaite, pour ma part, que la police essaye, évidemment, de mettre un terme définitif à cette difficulté que nous rencontrons notamment avec la fermeture de ce local ; c'est vraiment vers cela qu'il faut s'orienter. Je crois que police, justice, mairie du 15e et Mairie de Paris coopérant étroitement dans ce dossier dont nous avons fait une priorité, nous arriverons à régler cette situation tous ensemble.

Merci.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le v?u est adopté. (2009, V. 106).