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Avril 2009
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Conseil Municipal
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2009, Vœu déposé par M. Patrick BLOCHE, Mme Michèle BLUMENTHAL et les élus du groupe socialiste, radical de gauche et apparentés relatif à la fermeture annoncée de la FNAC Bastille. Vœu déposé par M. Alexis CORBIÈRE, Mme Catherine VIEU-CHARIER, M. Ian BROSSAT et les du groupe communiste et élus du parti de Gauche, relatif au projet de fermeture de la FNAC Bastille. Vœu déposé par Mmes Karen TAÏEB, Marinette BACHE et les élus du groupe du Mouvement républicain et citoyen relatif au projet de fermeture de la FNAC Bastille. Vœu déposé par l'Exécutif.

Débat/ Conseil municipal/ Avril 2009


 

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Maintenant, nous allons examiner les v?ux nos 43, 44, 45 et 45 bis relatifs à la FNAC Bastille.

M. DUCLOUX a la parole.

M. Philippe DUCLOUX. - Mes chers collègues, vous n'êtes pas sans savoir que la FNAC a annoncé un plan d'économie de 35 millions d'euros en trois ans, touchant 400 postes en France, soit 3,4 % des effectifs.

La FNAC a annoncé la suppression de 168 postes dans ses magasins parisiens et la fermeture, d'ici à la fin 2009, de celui de la place de la Bastille, employant 60 salariés.

L'intersyndicale de la FNAC a été reçue le 20 mars dernier par M. Patrick BLOCHE, député maire du 11e arrondissement, et elle conteste les pertes de 500.000 euros annuels du magasin depuis trois ans, un des arguments avancés par la direction de la FNAC pour justifier la fermeture du site.

Les contre-propositions faites par l'intersyndicale comportent l'ouverture d'un rayon papeterie et d'un rayon livres, la baisse des recettes liée aux ventes de Cd pouvant par ailleurs être compensée par de ventes de produits techniques.

La FNAC Bastille, seul grand disquaire de l'Est parisien, est très fréquentée par les habitants du 11e et du 12e arrondissement. Elle est le premier magasin de disques classiques de France et ses ventes résistent mieux que celles des autres enseignes. Sa disparition serait la perte d'un symbole culturel et une catastrophe pour tous les mélomanes éclairés par des professionnels hautement compétents.

La stratégie de la direction de la FNAC met en danger l'image de l'entreprise, et plus largement toute l'industrie phonographique dans toutes ces différentes composantes.

Par ailleurs, mes chers collègues, le groupe Pinault Printemps Redoute distribue 493 millions d'euros de dividendes, et parallèlement annonce la suppression de 400 postes à la FNAC.

Enfin, la FNAC est locataire des murs qui appartiennent à l'Opéra Bastille, et des locaux libres pourraient être proposés pour une éventuelle extension.

C'est pour cette raison que je propose le v?u suivant : "Sur proposition de Patrick BLOCHE, de Michèle BLUMENTHAL et des élus du groupe socialiste radical de gauche et apparentés, le Conseil de Paris émet le v?u que le Maire de Paris demande à la Ministre de la Culture et de la communication d'intervenir pour que l'Opéra de Paris étudie l'opportunité d'une extension de la FNAC Bastille dans ses locaux, permettant ainsi de diversifier l'offre commerciale de l'enseigne et de contribuer au maintien du seul disquaire de l'Est parisien".

Je vous remercie.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Merci.

Monsieur Alexis CORBIÈRE, vous avez la parole.

M. Alexis CORBIÈRE. - Mes chers collègues, c'est un sujet important, emblématique à plus d'un titre, à la fois parce que la FNAC est une enseigne connue de tous les Parisiens et aussi parce que les conditions dans lesquelles ce plan de licenciement a été annoncé le 6 mars sont assez révélatrices d'un contexte dans lequel aujourd'hui des groupes réalisent des profits colossaux, mon collègue Philippe DUCLOUX a bien décrit la situation, tout en mettant en place des plans de licenciement.

Je précise ce que disait M. DUCLOUX, ce sont 1.850 postes qui vont être supprimés dans le groupe P.P.R. dont dépend la FNAC.

Avec ce voeu, nous demandons à la Ville de s'exprimer clairement, tout d'abord en s'adressant à la direction de l'Opéra Bastille pour que la contre-proposition faite par l'intersyndicale des salariés soit étudiée réellement. A l'heure actuelle, la direction refuse d'aller dans cette voie, à savoir une extension du magasin en développant notamment le secteur du livre, ce qui permettrait au magasin d'avoir une situation totalement bénéficiaire et de sauver des emplois.

Mais, l'objet de notre v?u complémentaire au v?u présenté par Patrick BLOCHE est de demander aussi au Maire de Paris de s'adresser à la direction de la FNAC et à M. François PINAULT pour lui dire que c'est inacceptable.

Ce cas met à l'ordre du jour la proposition de loi déposée notamment par le parti de Gauche et le parti Communiste interdisant les licenciements dans les groupes qui réalisent des profits.

La FNAC à Paris est un peu notre Continental, ces entreprises qui défraient la chronique.

Je salue les salariés de la FNAC présents dans les tribunes depuis deux heures et qui voulaient assister à cette séance.

Je demande à tous les collègues de voter ces v?ux sans préjuger d'une proposition émise par Christian SAUTTER qui est sensible à la question de l'emploi à Paris et dans le 12e arrondissement.

Tu le diras Christian, pour nous la FNAC est un symbole, mais le 12e arrondissement est aujourd'hui en danger. Le groupe "Natixis" va supprimer 170 emplois, de nombreuses administrations quittent le 12e arrondissement.

Selon la C.G.T., ce sont près de 4.000 emplois aujourd'hui qui sont en train de quitter le 12e arrondissement.

Merci de m'avoir écouté.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Mme Marinette BACHE intervient.

Mme Marinette BACHE. - Mon intervention sera brève après celles de mes deux collègues précédents, interventions que d'ailleurs je rejoins.

La FNAC en effet appartient à un groupe qui a annoncé 170 millions d'euros de bénéfices en 2008 et, parallèlement, elle annonce un plan dit d'économie qui prévoit 400 suppressions de postes en France, 168 à Paris et 60 à la FNAC Bastille qui annonce ainsi sa fermeture.

Or, personne ne doute de la viabilité de la FNAC Bastille, d'autant que sa direction justifie entre autres sa fermeture par l'exiguïté de ses locaux.

Les élus du groupe M.R.C., et en particulier Mme TAÏEB élue du 12e arrondissement, vous invitent à soutenir ce v?u.

Pour ma part, ayant lu le v?u de l'Exécutif, je me permets de répondre par avance à la question qui va m'être posée.

Oui, nous rejoignons ce v?u qui reprend quasiment au mot près non seulement notre v?u mais aussi celui des autres groupes de la majorité.

Je vous remercie.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Merci, Madame.

M. Christian SAUTTER pour la réponse.

M. Christian SAUTTER, adjoint. - Monsieur le Maire, je voudrais commencer par dire que je partage l'émotion qui est exprimée par ces trois v?ux déposés par trois groupes de la majorité, relatifs à l'annonce de la fermeture de la FNAC Bastille.

Je suis ému en tant qu'adjoint au développement économique et à l'emploi car il y a des suppressions de postes et aussi comme élu du 12e arrondissement car la FNAC Bastille en est un des fleurons.

J'ai essayé de résumer dans un v?u de l'Exécutif tout ce qu'ont dit les trois groupes, pas du tout pour me substituer à eux mais pour essayer d'en faire la synthèse.

J'y rappelle que la FNAC a annoncé un plan d'économie de 35 millions d'euros sur trois ans touchant 400 postes en France dont 168 à Paris.

Dans ce cadre, la FNAC a annoncé la fermeture de son magasin de la Bastille qui emploie 60 salariés. Or, cela a été rappelé, l'entreprise a fait 170 millions d'euros de bénéfices en 2008 et dans le même temps, le groupe P.P.R. qui possède la FNAC a distribué ou va distribuer 493 millions d'euros de dividendes à ses actionnaires.

Chacun sait que la FNAC Bastille est le seul grand disquaire de l'Est parisien, qu'elle est même le premier magasin de disques classiques en France et que, cela a été dit, ses ventes résistent mieux que celles des autres enseignes.

Chacun connaît l'importance de la FNAC Bastille dans la vie et le dynamisme du quartier, pas seulement les habitants des 11e et 12e arrondissements.

J'ajoute que l'intersyndicale a été reçue le 20 mars par le Maire du 11e arrondissement, le député-maire Patrick BLOCHE et je rappelerai, pour conclure, que la direction de la FNAC justifie la fermeture de son magasin par l'exiguïté des locaux qui empêcherait la nécessaire diversification de ces activités.

Patrick BLOCHE me l'a rappelé, l'intersyndicale de la FNAC a fait des propositions tout à fait constructives en la matière, la FNAC se trouve être locataire des murs qui appartiennent à l'Opéra Bastille. Peut-être des locaux libres pourraient-ils être proposés pour une éventuelle extension ?

Sur proposition de l'Exécutif, le v?u tend à ce que M. le Maire de Paris demande à Mme ALBANEL, Ministre de la Culture et de la Communication, qu'une discussion soit ouverte sur la possibilité d'étendre la FNAC Bastille dans des locaux de l'Opéra Bastille et surtout que M. le Maire de Paris intervienne auprès de la direction de la FNAC pour qu'aucun emploi ne soit supprimé.

Je vous remercie et espère que le vote dépassera les rangs de la majorité.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Merci beaucoup.

Je présume que les groupes P.S., P.C.F.-P.G. et M.R.C. retirent leurs v?ux au profit du voeu de l'Exécutif.

M. Philippe DUCLOUX. - Tout à fait.

Je partage l'émotion de Christian SAUTTER de voir les trois groupes de la majorité présenter ce v?u et de voir que vous avez pu en faire la synthèse.

Au Conseil du 11e arrondissement, ce v?u a été voté à l'unanimité.

M. Yves POZZO di BORGO. - Monsieur le Maire, je demande la parole.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Monsieur POZZO di BORGO, vous avez la parole.

M. Yves POZZO di BORGO. - Je comprends le point important que soulèvent les groupes de la majorité.

Vous reprenez en la matière une solution que l'intersyndicale propose. Cette solution a-t-elle été également discutée avec la FNAC Bastille qui est une société privée ?

Je comprends cette émotion, c'est vrai que c'est quelque chose qui nous interpelle. C'est le seul disquaire de cette zone.

C'est la question que je vous pose. Si vous me répondez, je suis prêt à participer à ce vote. Il faut que la direction de la FNAC soit au courant de ce projet.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - M. Christian SAUTTER a la parole.

M. Christian SAUTTER, adjoint. - Si vous votez ce v?u, la direction de la FNAC et le Ministère de la Culture et de la Communication seront au courant de notre volonté presque unanime.

Faites votre choix. Il faut assumer votre vote.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Je pense que l'avis des hommes et des femmes politiques est important.

Lorsqu'ils expriment l'avis du Conseil de Paris, cela peut avoir du poids. Sinon on pense que rien n'est possible et alors on tombe dans un système qui n'est plus très favorable.

Je crois que les entreprises ont intérêt à faire quelque chose.

M. Yves POZZO di BORGO. - J'aurais préféré qu'on le fasse avant et pas après.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le v?u déposé par l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le v?u est adopté à l'unanimité. (2009, V. 93).

Je vous remercie.