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Avril 2009
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2009, I - Question d'actualité du groupe Centre et Indépendants à M. le Maire de Paris relative à l'action et au civisme en faveur de la campagne européenne de 2009.

Débat/ Conseil municipal/ Avril 2009


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - D'abord, celle de M. CAVADA.

M. Jean-Marie CAVADA. - Je vous remercie, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, comme vous le savez, les élections des députés au Parlement européen du 7 juin vont avoir lieu en France métropolitaine ce dimanche 16 juin prochain. Ces élections sont très importantes pour notre démocratie.

Pourquoi ? Parce qu'elles constituent la principale occasion pour les Français d'exercer leur citoyenneté européenne.

Je voudrais m?arrêter un instant sur ce que cela veut dire.

Si l?on admet - et c?est la réalité - que les deux tiers des lois de notre République sont élaborées à Bruxelles et votées au Parlement de Strasbourg, puis transposées dans le droit français, on ne peut pas accepter que, d'un côté, nous dépendions à 70 % de lois qui sont élaborées à Strasbourg et à Bruxelles et que, de l'autre, le taux de participation aux élections soit extrêmement faible, 42 % lors du dernier scrutin.

Tous les cinq ans, le taux d'abstention, vous l'avez constaté, dans ce scrutin, tend à diminuer : 62 % de nos citoyens avaient participé à la première consultation de 1979 ; ils ne sont plus que 42,7 %, comme je viens de le dire, lors de celle de 2004.

Le manque d'information, le peu de courage des élus pour relayer les difficultés, problèmes, décisions ou avantages de ce qui se décide dans l'Exécutif européen, le traitement sous un angle très politicien francophone, pour ne pas dire "franchouillard", que les médias apportent à ces sujets, tout cela contribue à faire croître un climat défaitiste qui n'est pas bon pour les décisions, quels que soient les choix politiques que les citoyens feront.

L'abstention constitue un danger. Nous sommes au moins trois députés européens dans cette Assemblée et je pense qu?au-delà de nos différences de famille, c'est vraiment une préoccupation fondamentale qui concerne les arrondissements de la Ville et donc les élus dans leur ensemble, de sensibiliser les Parisiens aux enjeux européens.

Je refuse de me résigner à voir les électeurs français, et donc parisiens, se désintéresser de l?échelon européen.

Je sais qu'une campagne d'information de la Mairie en direction des électeurs est en cours, mais j'aurais souhaité, Monsieur le Maire, que vous puissiez donner, aujourd'hui ou lors d'une prochaine réunion, des informations concernant les modes de communication et l'intensité du travail citoyen que les services de l'Exécutif entendent développer.

Je tenais également à rappeler que les ressortissants des autres pays de l'Union vivant à Paris peuvent prendre part à ce vote, à travers différentes institutions, comme il l?a été dit ce matin notamment pour la Maison de l'Europe, mais c'est insuffisant.

Y a-t-il eu une communication spécifique à leur intention l'an dernier et en ce début d'année ? Et a-t-on une idée du nombre d'inscriptions exact sur les listes électorales ? Ce sont autant de renseignements qui nous intéressent.

En conclusion, je voulais lancer un appel solennel à tous mes collègues, et d'abord à l'Exécutif, pour que les élus, les quartiers, les associations s'emparent de ce scrutin pour faire parvenir, pour faire prédominer leur choix politique dans l'élection européenne, et je vous en remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur CAVADA.

La parole est à M. Pierre SCHAPIRA.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

Je souligne que cette intervention, faite par un candidat aux élections européennes, m'intéresse au plus haut point !

M. Jean-Marie CAVADA. - Surtout que tu ne l?es pas !

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint. - Surtout que je ne le suis pas. Mais pourquoi parler si tard ?

Lors de nos voyages incessants entre Strasbourg et Paris ou Bruxelles et Paris, nous aurions pu en parler ! Et je vous aurais dit, cher collègue, que la Ville de Paris n'est pas en reste. Depuis le mois de septembre, nous menons campagne pour l'inscription sur les listes électorales : panneaux lumineux, zones d'affichage Decaux, ainsi de suite ; dans les mairies d'arrondissement, affichage ; certaines mairies d'arrondissement ont fait des réunions pour expliquer l'intérêt de tout cela.

Mais il ne suffit pas de parler quelques semaines avant l'élection ; c'est une éducation permanente à l'Europe.

Ce que disaient ce matin très justement Mme BERTRAND et Romain LÉVY, sur le rôle de la Maison de l'Europe, est extrêmement important. Il ne faut pas parler de l'Europe deux mois avant les élections ; on en parle tout le temps.

Vous avez raison, vous parlez d?or, quand vous dites que 70 % de nos lois sont faites à Bruxelles. Vous avez entièrement raison.

Nous organisons des débats, nous organisons des réunions, dans les mairies d'arrondissement, à la Maison de l'Europe qui est notre outil, comme on le disait tout à l'heure, mais aussi que, depuis quelques années, nous fêtons le 9 mai, jour de la Fête de l'Europe, sur le parvis de l'Hôtel de Ville, avec les associations, toutes celles qui s'intéressent à l'Europe, avec la représentation au Parlement européen, et de la Commission qui siège à Paris. Beaucoup de gens passent et c'est un succès permanent. C'est pour cela que nous le refaisons.

D?ailleurs, depuis 2001, à l'initiative du Maire de Paris, nous avons créé un label "Paris Europe" qui récompense les dossiers concernant l'éducation, la culture, qui sont déposés. Cette année encore, 80 dossiers sont déposés. Il y a 100.000 euros de prix à gagner. Et je crois que, là, nous remplissons notre rôle.

Je regrette la carence du Gouvernement qui n'a fait aucune campagne sur l'inscription sur les listes électorales.

J'espère que la future campagne électorale sera une campagne européenne, ne sera pas une campagne politicienne et amènera de l'information pour les électeurs.

Je vous remercie.

(Applaudissements).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Si je peux me permettre, j'ajouterai que, pour inciter les Européens non français à voter aux élections, les informer parce qu'ils ne savent pas, nous nous sommes aussi appuyés sur les réseaux culturels et consulaires des ambassades des pays de l'Union européenne à Paris, mais le résultat n'est pas à la hauteur, ni de mes espérances, ni de mes convictions européennes. C?est comme ça !