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Avril 2009
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2009, DU 113 - SG 72 - Site des Halles (1er). - Approbation du bilan de la concertation. - Arrêt du dossier définitif du projet. - Autorisation de mettre en oeuvre la procédure préalable à la DUP. - Approbation du principe de déclassement de voies et d'équipements publics municipaux. - Autorisation de déposer toutes demandes d'autorisations administratives. 2009, SG 95 - Aménagement du quartier des Halles (1er). - Modalités de passation d'un marché d'assistance à la maîtrise d'ouvrage relative au développement durable. 2009, DEVE 69 - Approbation des modalités de passation d'un marché de travaux préparatoires pour l'installation des aires de jeux innovantes dans le cadre de l'aménagement du jardin des Halles (1er). Vœu déposé par le groupe "Les Verts" relatif aux orientations de l'aménagement du site des Halles. Vœu déposé par le groupe "Les Verts" relatif à la place René Cassin. Vœu déposé par le groupe "Les Verts" relatif au jardin d'aventure. Vœu déposé par le groupe PCF-PG relatif à l'installation d'équipements sportifs gratuits et parcours de santé. Vœu déposé par le groupe "Les Verts" relatif à la place dévolue aux jeunes métropolitains. Vœu déposé par le groupe "Les Verts" relatif au maintien du projet d'auditorium. Vœu déposé par le groupe PCF-PG relatif à la dimension métropolitaine des équipements publics. Vœu déposé par le groupe PCF-PG relatif à la stratégie commerciale assignée au projet des Halles. Vœu déposé par le groupe "Les Verts" relatif à la création d'une zone de fret sur le site. Vœu déposé par le groupe "Les Verts" relatif aux horaires des travaux sur le site.

Débat/ Conseil municipal/ Avril 2009


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons donc à notre ordre du jour, et aux projets de délibération concernant l'aménagement des Halles.

Mes chers collègues, à travers le projet de délibération dont nous débattons ce matin, c'est au visage de notre ville, à son paysage, à sa dynamique que nous nous attachons.

Nous devons le faire avec la plus grande précaution mais aussi avec détermination, et toujours une préoccupation majeure : le mouvement de Paris.

Car les Halles, ce n'est pas seulement le c?ur de notre cité, ce n'est pas seulement ce centre de Paris auquel sont associés bien des images, des références et des souvenirs. C'est le centre de notre agglomération, où passent chaque jour 800.000 personnes, et la station Châtelet-Les Halles est bien la première porte de notre Capitale.

Oui, la dimension métropolitaine est totalement indissociable du projet qui vous est soumis, car il s'agit aussi à travers un urbanisme innovant, d'inventer de nouvelles passerelles entre Paris et ses voisins.

D?où partons-nous ?

D'un Forum construit en 1979, qui a transformé l'un des quartiers les plus animés d'Europe en lieu de passage édifié sur les ruines d'un lieu de vie.

Ce Forum porte la marque d'une époque déjà révolue. Il n'a résisté ni aux temps, ni aux nouvelles façons de vivre en ville, et de s'approprier un espace urbain majeur.

Disons-le, le complexe des Halles a trop vite vieilli, et il était nécessaire de lui donner une nouvelle jeunesse. Dès 2001, la Municipalité s?est donc saisie de ce sujet sous l'impulsion de Jean-Pierre CAFFET que je veux remercier pour son engagement et son immense travail.

Nous avions deux priorités : privilégier la concertation et éviter la précipitation.

Il fallait en effet que chacun ait l'occasion de s'exprimer, de participer à la réflexion collective et il convenait surtout de ne pas renouveler les erreurs du passé où l'improvisation s'alliait souvent à une absence de vision.

Nous devions en somme nous mettre au travail sans attendre, tout en nous donnant le temps nécessaire à la décision.

C'est ainsi qu'en décembre 2002, la Ville a confié à la S.E.M. "Paris Centre" un mandat d'étude pour la rénovation du quartier des Halles.

La Commission d'appel d'offres a ensuite choisi l'équipe dirigée par David MANGIN pour définir un projet d'ensemble. La qualité de cette équipe, son exigence et son professionnalisme ont permis d'imaginer une véritable recomposition des Halles en s'imprégnant de leur histoire et de leur identité.

Ces études ont été menées en lien avec l'ensemble de nos partenaires publics et privés dont l'implication dans ce projet est pour nous essentielle.

Je pense notamment à la Région Ile-de-France, au S.T.I.F., à la R.A.T.P. mais aussi à la Préfecture de police dont je reparlerai dans un instant et à la société "Unibail" titulaire des baux à construction du centre commercial et des parkings.

En 2006, dix équipes concurrentes ont finalement été retenues. Pour les départager, un jury a été constitué dans lequel siégeaient des architectes, des représentants du monde associatif, des élus dont le Maire du 1er arrondissement, et tout cela dans un état d'esprit ouvert et constructif

C'est à l'unanimité que ce jury a adopté le 29 juin 2007 le projet proposé par les architectes Patrick BERGER et Jacques ANZIUTTI, cette Canopée que nous avons trouvée tout simplement belle parce qu'elle allie harmonieusement les exigences de l'esthétique à celles de la modernité urbaine.

Aujourd'hui est venu le temps des actes, c'est-à-dire des décisions opérationnelles.

Je vous demande de voter les projets de délibération qui vous sont soumis afin que la déclaration d'utilité publique des Halles puisse intervenir dans le courant du mois de juin prochain. Ainsi, les travaux pourront commencer début 2010.

Je souhaite, mes chers collègues, insister sur trois aspects fondamentaux de ce projet.

Premièrement, l'exigence environnementale qui inspire et qui guide l'ensemble de nos décisions. C'est le cas en particulier pour le jardin qui sera une vaste prairie ouverte très végétalisée où s'inventera une nouvelle façon d'installer la nature au milieu de la ville.

Des critiques ont d'ailleurs été formulées sur ce jardin, je les ai entendues et certaines propositions utiles et constructives, en particulier sur la place René-Cassin, pourront être prises en compte.

Deuxièmement, l'interdépendance entre les activités multiples qui se développeront sur ce site. Les Halles du XXIe siècle abriteront par exemple un conservatoire, une bibliothèque, un espace dédié aux cultures urbaines et une surface commerciale.

La station de R.E.R. verra en outre s'ouvrir deux nouveaux accès et les parkings seront réaménagés.

En troisième lieu, je souhaite souligner l'impératif de sécurité. L'évolution des règles concernant les souterrains et l'accueil du public ainsi que l'obsolescence et la grande fréquentation du site imposent une mise aux normes. Nous y travaillons en lien étroit avec la Préfecture de police.

Les Halles devront donc être à l'image du Paris que nous voulons dessiner, une ville pour toutes les générations, et je pense notamment aux enfants à qui le jardin sera tout particulièrement destiné.

Une ville accueillante et ouverte : nous serons ainsi très attentifs à ce que les personnes handicapées puissent accéder à tous les espaces de la Canopée car ce qui est en jeu, c'est bien notre capacité à imaginer la ville du futur et à la concevoir sans exclusive, dans sa dimension universelle.

Ce projet, nous devons plus que jamais le faire avancer maintenant, dans une période de crise marquée par l'incertitude et parfois, pour beaucoup, par la crainte. Car si le contexte difficile doit nous inciter à une extrême vigilance sur les dépenses de notre collectivité, il ne doit pas nous conduire à renoncer à des investissements structurants.

Je dirai même : au contraire, et pour deux raisons. D'abord parce que l'investissement qui contribue à créer de la confiance est une des réponses à la crise, en particulier en termes d'emploi.

Ensuite parce que nous devons donner à notre ville aujourd'hui tous les moyens de rebondir lorsque l'horizon s'éclaircira.

Je vous précise d'ailleurs que la moitié du coût total de l'opération correspond aux dépenses évidemment indispensables et incompressibles liées à la mise aux normes de sécurité.

Je vous précise également que nos partenaires contribueront au financement de ce projet dont la force vient notamment des impulsions et des contributions très diverses, publiques et privées, qui ont permis sa naissance et son développement.

Un dernier mot. Je tiens à exprimer toute ma reconnaissance, en particulier à deux de mes adjointes : Fabienne GIBOUDEAUX, chargée des espaces verts, qui a fait beaucoup avancer ce dossier avec finesse et efficacité et bien sûr Anne HIDALGO qui a su concilier la patience de la réflexion avec la nécessité de l'action.

Grâce à son talent et à son travail, notre Assemblée peut aujourd'hui prendre une décision essentielle pour l'avenir de notre Ville.

Mes chers collègues, cette étape, je souhaiterais que nous la franchissions ensemble, au-delà des clivages partisans, comme un acte de confiance dans le Paris de demain.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du parti de Gauche, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").

Mes chers collègues, vous savez que notre débat général, qui a été fixé par la conférence d'organisation, porte sur les projets de délibération qui ont trait à l'aménagement du quartier des Halles.

Je vous précise aussi que le projet de délibération DU 113 - SG 72 a fait l?objet des amendements suivants :

- n° 1 dans le fascicule déposé par l?Exécutif ;

- n° 3 dans le fascicule déposé par le groupe U.M.P.P.A. relatif au rétablissement d?un bilan objectif de la concertation ;

- n° 4 dans le fascicule déposé par l?U.M.P.P.A. relatif à la préservation de la place René Cassin et au rétablissemnt du jardin Lalanne ;

- n° 7 dans le fascicule déposé par l?U.M.P.P.A. relatif à l?évolution de l?aménagement du jardin ;

- n° 10 dans le fascicule déposé par l?U.M.P.P.A. relatif à l?intégration d?un équipement à vocation métropolitaine et à la prise en compte de la sécurité ;

- n° 12 dans le fascicule déposé par l?U.M.P.P.A. relatif à l?intégration d?un auditorium ;

- n° 16 dans le fascicule déposé par l?U.M.P.P.A. relatif à la communication de l?étude d?impact des voiries souterraines à la mairie du 1er arrondissement ;

- n° 18 dans le fascicule déposé par l?U.M.P.P.A. relatif au calendrier de l?opération et au budget pluriannuel ;

- n° 19 dans le fascicule déposé par l?U.M.P.P.A. visant à associer la mairie du 1er arrondissement aux travaux.

C'est dans le débat général que vous argumentez, pour ou contre, ces amendements et ces v?ux.

Je donne tout d'abord la parole à M. POZZO di BORGO.

M. Yves POZZO di BORGO. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, je laisse à ma collègue Anne TACHÈNE le soin d'exprimer les réflexions de notre groupe sur les détails de votre projet.

Je voudrais aborder ce débat en replaçant cette question du réaménagement du Forum des Halles et de ses abords dans les débats qui se déroulent ou vont se dérouler au sein de nos Assemblées parlementaires et régionales.

Ce site constitue la plus grande gare de transports urbains en Europe, il voit passer 800.000 visiteurs par jour. Il implique plusieurs exigences.

La première exigence est que ce projet, vous l'avez dit, est un accompagnement du plan de relance initié par le Gouvernement.

C'est un projet d'urbanisme majeur de 760 millions d'euros, situé au coeur de la Capitale de la France.

C'est un projet structurant, vous l'avez dit, ce qui ferait que notre groupe pourrait le voter. Je vous rejoins en ce sens.

La deuxième exigence est que vous leviez nos inquiétudes sur le financement de ce projet.

Ces inquiétudes sont fortes. Lorsque nous nous replongeons dans votre budget 2009, vous annoncez déjà un manque de recettes provenant des droits de mutation de 240 millions d'euros pour 2009.

Vous déclarez que vous ne toucherez ni au projet des Halles ni à celui du stade Jean Bouin. Il faudra que vous nous expliquiez où vous comptez faire des économies. Ce n'est pas seulement en supprimant quelques expositions, pour reprendre vos propos, que vous trouverez ces 240 millions d'euros.

Manifestement, je vous l'ai dit au téléphone, se pose la nécessité de l'élaboration d'un budget modificatif. Lors du débat budgétaire, je vous avais déjà prévenu que vous n'y échapperiez pas. Le budget que vous avez fait adopter est déraisonnable, et les augmentations des impôts, une folie pour les Parisiens dans le contexte économique que nous connaissons.

Solennellement, au nom de mon groupe, je vous demande de nous présenter un budget modificatif dans les plus brefs délais, sans attendre le moins de juillet.

La troisième exigence, qui découle de ces interrogations une sorte de priorité une fois que le projet sera voté - est celle de mobiliser l'emprunt plutôt que les fonds propres sur cette opération. Je ne reprendrai que les propos du directeur du F.M.I., qui dit : la situation économique est tellement grave.

Je le dis, Monsieur le Maire, il vaut mieux emprunter. Empruntons, et dans deux ou trois ans, nous verrons bien. C'est vraiment un élément important de la politique budgétaire de la Ville.

La quatrième exigence de notre groupe concerne les remarques qui portent sur la dimension régionale de ces équipements et de ce quartier. Je voudrais attirer l'attention, vous l'avez fait, de notre Conseil sur le fait que seuls la Région, la R.A.T.P. et le S.T.I.F. sont, outre l'Etat et le bailleur privé, sollicités pour mettre la main à la poche.

Pourtant, on ne peut pas penser une seconde que cette plateforme commerciale d'échanges et de transports, que constitue cet ensemble des Halles, bénéficiant d'un emplacement unique, profite majoritairement aux Parisiens. Il suffit de s'y promener et d'interroger les passants qui déambulent ou qui y stationnent. Peu d'entre eux habitent la Capitale. Beaucoup d'habitants de la petite couronne aiment venir flâner dans ces allées. C'est d'ailleurs pour eux un signe d'appartenance à Paris, dans une acceptation plus large que ses simples limites actuelles.

Ne devrait-on pas alors pouvoir solliciter les autres départements de l'Ile-de-France, ou les communes de la périphérie parisienne, pour qu'ils participent également à la réfection de ce véritable pôle d'attractivité régionale ?

Je sais qu'en 2003 votre collègue, Pierre MANSAT, avait eu cette idée, qu'il avait demandé de réunir l'ensemble des maires de la petite couronne. Je crois qu'une seule mairie est venue.

C'est la raison pour laquelle je poursuis mon raisonnement. Et vous comprendrez aisément où je veux en venir. Je pose clairement la question : est-ce aux Parisiens de payer presque les deux tiers - on parle d'au moins 460 millions d'euros sur un total de 760 - de la note à travers leurs impôts qui augmenteront, je le rappelle de 9 à 12 % cette année, et de 9 à 12 % encore l'année prochaine. Je n'en suis pas sûr.

Il me paraît nécessaire, au contraire, de solliciter ici la solidarité financière des collectivités avoisinantes, une solidarité qui devrait voir pleinement le jour avec la naissance tant attendue du Grand Paris.

C'est ici que l'on s'aperçoit que le projet de "Paris Métropole", initiateur de ce Grand Paris, est insuffisant. Les autres collectivités d'Ile-de-France ne peuvent se limiter à participer financièrement au projet de façon indirecte, via le S.T.I.F.

Pour résoudre cette question du financement dans la transparence que nous devons aux Parisiens, il est plus que jamais nécessaire, et vous vous en rendez compte, qu'une loi sur le Grand Paris voit le jour.

Je regrette déjà le refus du parti socialiste là-dessus, et je regrette également que des craintes, émanant d'élus de la majorité présidentielle, fassent l'erreur d'une approche trop locale des problèmes. Nous devons être audacieux et visionnaires. Je repose ma question, à laquelle j'espère vous pourrez apporter une réponse : ne faut-il pas d'ores et déjà penser, notamment en matière de financement, ce projet comme un élément du Grand Paris, qui va naître sous nos yeux dans les prochaines années ?

Merci, Monsieur le Maire.

(Applaudissements sur les bancs du groupe Centre et Indépendants).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur le Président.

La parole est à Jean-Pierre CAFFET.

M. Jean-Pierre CAFFET. - Merci, Monsieur le Maire.

Contrairement à M. POZZO di BORGO, je parlerai du sujet qui est à l'ordre du jour aujourd'hui, à savoir le réaménagement des Halles.

Je veux commencer par affirmer que c'est peu de dire que mon groupe se réjouit du débat organisé autour de l'ensemble de ces projets de délibération, portant sur le réaménagement du quartier des Halles. Ce débat marque, en effet, l'entrée en phase opérationnelle d'un projet initié en décembre 2002 à l'initiative de la Ville, qui a fait l'objet d'une concertation particulièrement intense pendant plus de cinq ans, et de discussions souvent passionnées qui ont franchi les frontières de l'Hexagone, comme cela avait d'ailleurs été le cas, dans les années 70.

Certains pourront estimer que ce temps de maturation, d'élaboration collective aura été long. Je dirai simplement qu'il a été à la dimension de la complexité de ce site du Centre de la Capitale, fréquenté par près d'un million de personnes au quotidien.

Je dirai aussi que dans ce type de projet, visant à réaménager en profondeur un endroit aussi emblématique et connu dans le monde entier, mieux valait prendre le temps de la réflexion, du travail de conviction, que d'agir dans la précipitation, au risque de commettre l'irréparable. C'est la méthode que nous avons retenue et nous avons eu raison de la retenir.

Mais réaménager les Halles, cela impliquait dès le début de relever trois défis.

Le premier consistait à concevoir un projet déclinant différentes échelles, une échelle de quartier, une échelle parisienne, une échelle métropolitaine.

Le deuxième avait trait à la nécessité de conjuguer souci de proximité et ambition architecturale, renforçant le rayonnement de Paris.

Le troisième défi était d'intégrer, dans toutes les composantes du projet, la dimension du développement durable.

Je crois très sincèrement que ces trois défis ont été relevés.

Les différentes échelles, tout d'abord. A l'évidence, le parti urbain retenu va valoriser la vie des habitants des quartiers centraux et des riverains du site, grâce au rétablissement de liaisons piétonnes, à la reconstruction et à l'extension de certains équipements publics vieillissants et à l'étroit, grâce aussi à l'élargissement de la zone piétonne des Halles et à la création d'une promenade centrale mettant en relation la Bourse du commerce et la Canopée. Quant au Jardin des Halles, sa conception novatrice permettra sa réappropriation en faveur des activités de loisirs.

Je veux dire ici que l'engagement, qui avait été pris de ne pas diminuer la superficie des espaces dédiés aux jeunes et aux enfants, a été tenu. Je tiens d'ailleurs à remercier mes collègues Yves CONTASSOT et Fabienne GIBOUDEAUX pour leur engagement et leur détermination, en faveur de la refonte de ce jardin de plus de 4 hectares.

A l'échelle de notre Ville, le projet définitif que nous arrêtons aujourd'hui va inscrire le quartier des Halles dans les espaces publics majeurs parisiens, comme par exemple la place des Vosges ou la Cour carrée du Louvre. Mais il va aussi accroître la vitalité commerciale de Paris, plus d'ailleurs par le renforcement de l'attractivité du site que par l'augmentation des surfaces commerciales qui restent modérées. C'était un acquis de la concertation et je me réjouis qu'il soit confirmé.

Dimension métropolitaine enfin. Celle-ci tient à l'importance du réseau de transports souterrains. Les Halles sont la première porte d'entrée dans Paris et 800.000 voyageurs y transitent chaque jour.

Dimension métropolitaine aussi du centre commercial et des quartiers historiques avoisinants qui génèrent des flux de population aussi nombreux que divers.

Reconnaissons que cette dimension a été traitée en profondeur, non seulement par la restructuration totale et la mise en sécurité de la salle d'échange, la création de nouveaux accès au système de transport à l'intérieur du Forum et place Marguerite de Navarre ou encore, et j'y insiste, par l'accessibilité du site aux personnes à mobilité réduite, mais aussi, et je crois qu'est là la principale novation, par la conception et la création d'un espace public dégagé où tout le monde pourra circuler, se retrouver, être accueilli et profiter pleinement des multiples opportunités qu?offre le site, commerciales bien sûr, mais aussi de détente, de loisirs, de visites ou encore de pratique d'activités dans les nouveaux équipements publics ouverts, car on ne dira jamais assez que même si leur image reste étroitement liée à son centre commercial, les Halles ne sont pas réductibles à cette activité et que c'est une dynamique nouvelle pour le centre de Paris qu'il fallait inventer. C'est ce qui a été fait.

Concilier le souci de la proximité et l'ambition architecturale pour la Capitale, tel était le deuxième défi de cet aménagement.

Il n'était pas gagné d'avance, mais finalement, la Canopée est la meilleure réponse à cette apparente contradiction et d'ailleurs, le jury tenu en juin 2007 ne s'y est pas trompé.

Ce bâtiment, dont le gabarit se limite à la hauteur de la frondaison des arbres, est d'une grande qualité d'usage pour les espaces intérieurs et inaugure une nouvelle forme d?urbanité. Il offre une bien meilleure visibilité au pôle de transport collectif le plus grand d'Europe, il facilite une nouvelle distribution des flux à partir de la gare souterraine, il établit une continuité avec le jardin.

C'est donc plus qu'une ?uvre architecturale majeure qui s'ajoutera à celle que Paris abrite déjà, c'est une nouvelle manière de faire la Ville aujourd'hui, en fusionnant, si je peux m'exprimer ainsi, les équipements publics et commerciaux, les infrastructures de transport, c'est-à-dire la mobilité et la nature.

Mais ce projet aurait été incomplet s'il n?intégrait pleinement les exigences du développement durable.

Cela passe, bien entendu, par la réduction de la circulation automobile, notamment la circulation de transit, et le développement des circulations douces, en restructurant les voiries souterraines, en supprimant certaines trémies d'accès, tout en maintenant les fonctions de desserte et de sécurité.

Cela passe aussi par la conception du jardin qui fera beaucoup plus appel au végétal que dans sa forme actuelle et sera particulièrement économe en eau. Cela passe enfin par la recherche systématique des meilleures performances possibles de la Canopée en matière environnementale : choix des matériaux, économie d'énergie, récupération de l?eau, traitement acoustique et j'en passe.

Et puisque le réaménagement des Halles est un projet impliquant de multiples partenaires (le S.T.I.F., Unibail, la R.A.T.P., le Conseil régional), le choix qui a été fait est de ne pas s'arrêter en chemin, mais bien d'intégrer le développement durable dans chacune des déclinaisons du projet.

C'est pourquoi il faut saluer l?initiative consistant à élaborer une charte spécifique portant sur l'ensemble des différentes composantes du projet concernant nos partenaires, y compris au stade de la réalisation des travaux.

Chers collègues, en arrivant au terme de ce propos, je crois pouvoir exprimer au nom de mon groupe de nombreux motifs de satisfaction :

- celui de l'engagement tenu, malgré l'extraordinaire complexité du sujet, les aspirations contradictoires qui se sont manifestées tout au long de ces derniers années de travail, malgré les difficultés et, parfois, je parle à titre personnel, les doutes ;

- celui de l'innovation urbaine, d'une certaine manière, de fabriquer la Ville qui irrigue ce projet ;

- celui aussi de voir un investissement de cette ampleur contribuer au soutien de l'activité et de l'emploi, et ce n'est pas le moindre des motifs de satisfaction, compte tenu du désengagement de l'Etat vis-à-vis de la région capitale et singulièrement de Paris.

Alors, Monsieur le Maire, je veux vous le dire, nous ne nous bouderons pas notre plaisir et c'est avec enthousiasme que nous adopterons cet ensemble de projets de délibération.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du parti de Gauche, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup de votre soutien et aussi de la part que vous avez prise dans l'aboutissement d'aujourd'hui.

La parole à M. Jacques BOUTAULT.

M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement. Monsieur le Maire, chers collègues, voilà bientôt sept ans que notre Assemblée votait la première délibération engageant la réflexion sur l'aménagement du quartier des Halles. Nous sommes aujourd'hui amenés à approuver l'arrêt définitif du projet.

Après de nombreuses discussions, réunions, groupes de travail thématiques, débats publics, études complémentaires, forces est de constater que l'enthousiasme du début n'est plus de mise. Aujourd'hui, c'est le plus souvent le scepticisme ou la déception qui prévalent.

Si la concertation menée par la Ville a révélé des avis variés et permis de dégager un certain nombre de priorités, nous regrettons que certaines propositions soient restées ignorées. Les membres de la concertation aurait souhaité une démarche plus participative et ont regretté une conception réductrice de la concertation ramenée parfois à de simples réunions d'information.

Ce sont des propositions entièrement formalisées qui ont été le plus souvent présentées au public et mises en débat. Une telle méthode a généré toute une série de frustrations et a mené les associations à parler de manque de transparence, invoquant l'absence de respect du calendrier des réunions, les lenteurs de la retransmission des comptes rendus, un ordre du jour imposé, la transmission des dossiers trop tardive et des réunions ramenant à de simples communications de décisions déjà prises, tout ceci au grand dam du garant de la concertation qui a fait de son mieux.

Dans ce contexte, on n?a pu qu'observer au fil des bientôt sept ans une dérive progressive, mais semble-t-il inéluctable ; partis d'un simple projet de rénovation, nous aboutissons à la création d'un équipement de prestige, onéreux, essentiellement dédié au commerce et qui arrive peut-être à contretemps, la crise s?étant invitée dans l'actualité.

Il n'est pas inutile de rappeler les orientations qui figuraient dans la délibération initiale votée par notre Assemblée en 2002. Il s'agissait, je cite, de "résoudre les dysfonctionnements du site sans tout déstructurer" ; la rénovation devait mettre en valeur certaines placettes et espaces publics, engager une réappropriation du jardin et non pas sa mise à plat. En ce qui concerne le bâti, il s'agissait de choisir ce qu'il faut préserver et valoriser. En matière commerciale, nous devions favoriser la diversité et l'implantation des commerces de proximité et non pas étendre les surfaces commerciales.

Or, c'est bien d'un réaménagement et non plus d'une rénovation dont il est question dans le projet qui nous est soumis.

C?est pourtant sur la base de ces principes initiaux que les Verts avaient approuvé la délibération de 2002.

C'est aussi sur cette même base qu?à l'issue de la procédure de marché de définition simultanée, ils s?étaient prononcés en faveur du parti pris urbanistique proposé par l'équipe Seura/Mangin. Il ne s'agissait pas de faire un choix sur un projet de maquette comme cela a pu être compris, mais bien d'opter pour un parti pris urbain. Or, celui de Mangin, "un toit dans un jardin", était le seul des quatre qui préservait entièrement le jardin de toute construction, tout en limitant les surfaces commerciales à la dimension de l?actuel forum.

Les études se poursuivant, les partenaires de la concertation ont considéré que le projet architectural de l'équipement Mangin manquait d'audace et risquait de se révéler peu attractif.

Evincé de son projet architectural qu?il tenait à tort pour acquis, David MANGIN a dû accepter l'organisation d'un concours international d'architecture pour la partie de l'ancien forum située à l'est du site. Afin qu'il ne perde pas complètement la face, carte blanche lui est alors laissée sur le jardin dont la programmation n'a jamais pu être réellement négociée et qui a abouti à une proposition qui ne satisfait personne tout en engageant des travaux importants déstructurant la totalité du jardin.

En revanche, le cahier des charges de la consultation pour la rénovation du bâti du forum a pu, lui, être soumis à concertation. Il a débouché sur la sélection de 10 architectes, parmi lesquels le jury a retenu en 2007 le projet de Canopée des architectes Patrick BERGER et Jacques ANZIUTTI.

Bien que cette Canopée, sans faire consensus, n'ait pas entraîné de critique aussi virulente que le jardin, certains observateurs craignent que son subtil découpage initial en feuille d?érable incurvée ne se fane trop vite par rapport au projet de maquette et qu'elle prenne trop d?épaisseur.

On comprend que la faisabilité technique est difficile, mais attention à la déception ; l'esthétique n?est pas une priorité, certes, mais la démolition des pavillons Willerval doit permettre de mieux faire, pas moins bien.

Quoi qu'il en soit, il faudra, au final, concilier un espace ouvert, accessible à tous, avec la sécurité nocturne demandée par les commerces. Verra-t-on des grilles être érigées la nuit, empêchant le public de traverser sous la Canopée, après la fermeture des commerces ?

Autre inquiétude : l'entrée et la sortie principale de la Canopée seront tournées vers l?ouest, ouvrant non plus sur la rue Pierre Lescot, en connexion avec l'espace urbain, comme c?est le cas aujourd'hui, mais vers le jardin. Il sera alors difficile de contenir longtemps les terrasses des cafés branchés, construites à l'ouest en rez-de-chaussée de la Canopée, qui s?étendront vite sur le jardin, asservissant celui-ci aux espaces commerciaux.

Par ailleurs, certains projets d?équipements, comme l?Auditorium, l?Office du tourisme pour enfants, les salles de réunion pour les syndicats des salariés du Forum, sont redimensionnés ou ont tout simplement disparu au profit des surfaces commerciales. Aujourd'hui, c'est un projet de 760 millions d'euros que nous nous préparons à engager. Est-ce bien raisonnable ? D?autant que plusieurs inconnues demeurent et, notamment, nous ignorons la part que prendront la Région Ile-de-France, Unibail, le S.T.I.F., la R.A.T.P. à ce financement.

Qu'il soit bien clair qu'il ne s'agit pour pas pour "Les Verts" de ne rien faire : les voiries souterraines, symbole du tout-voiture de la période Pompidou-CHIRAC, sont à revoir ou à fermer ; le pôle transports doit évoluer ; la salle d'échanges doit être rénovée ; un nouvel accès aux transports en commun souterrains est à créer ; certaines parties du jardin doivent être revues. Mais pourquoi ne pas se concentrer sur l'essentiel, sur ce qu'il y a d'urgent, sur ce qui fait consensus ? Car l'ancien Ventre de Paris, devenu le c?ur, est fragile, éprouvé par un flux de visiteurs pour lequel il a été sous-dimensionné à l'origine.

Dans ce contexte, il faut comprendre que le jardin d'enfants dit Lalanne soit l?objet d?un attachement particulier des usagers qui le fréquentent. Cet attachement a été exprimé par la quasi-totalité des acteurs de la concertation. Ce petit espace constitue un îlot de diversité végétale rare et son concept, ainsi que ses fonctionnalités, notamment l'accueil des enfants par des animateurs, en font un lieu unique au monde. C'est pourquoi, si ce jardin devait être supprimé, pour une raison que beaucoup peinent à comprendre, si ce n'est qu'il est placé au débouché des terrasses des futurs cafés branchés et qu?il faut bien stocker gravats et baraques de chantier quelque part, nous considèrerions comme essentiel qu?un lieu répondant aux mêmes caractéristiques soit créé... mais quel gaspillage !

De même, en ce qui concerne la place René-Cassin et sa grosse tête, l??uvre d?Henri Miller, cette place est le seul lieu gorgé de lumière en hiver de ce quartier au bâti très dense et très ancien. Elle accueille les visiteurs venus de toutes parts. Spectacles de rue, manifestations diverses s?y tiennent de temps à autre. Cette place, elle aussi, doit pouvoir retrouver, si elle était transformée, les mêmes caractéristiques.

Avec son flux de 800.000 voyageurs quotidiens, les Halles sont la première porte d'entrée de notre Capitale, en particulier des jeunes venus de la périphérie de notre agglomération. Nous nous réjouissons que cette dimension soit prise en compte. Elle pourrait encore mieux s'inscrire dans un projet de rencontre et de brassage des populations, si le centre d'animation "Les Halles-le Marais" était pleinement associé au dispositif "Jeunes métropolitains". Ce serait aussi l'occasion de mettre en ?uvre les travaux maintenant urgents dont ce centre d'animation a besoin.

Nous souhaitons, par ailleurs, que la Ville réaffirme sa volonté politique d?inscrire la création d'un pôle de logistique ferroviaire urbaine comme l?une des priorités majeures de la rénovation du site des Halles. La part du transport routier dans l?acheminement des marchandises vers le c?ur de notre agglomération est excessive et lourde de conséquences sur notre contribution au réchauffement planétaire. Le transport des marchandises représente 25 % du bilan carbone parisien. Les études menées dans la précédente mandature à l?initiative de Denis BAUPIN ont montré la faisabilité d'un tel projet, qui est d'ailleurs inscrit au Plan local d'urbanisme et au Plan de déplacements.

Nous serons également particulièrement attentifs à ce que les principes du développement durable soient appliqués, tant durant la période de construction que durant la vie courante du site : choix des matériaux, énergies renouvelables, récupération des eaux de pluie, etc.

Nous ne méprisons pas les préoccupations esthétiques ni l?ambition de léguer à notre cité une empreinte architecturale, mais ces priorités ne sont plus à l'ordre du jour. Nous pourrions prendre le temps de la réflexion afin de mieux discerner l'essentiel de l'accessoire. En ces temps de difficultés financières, nous devrions concentrer l?action de notre Ville sur les besoins les plus criants de nos concitoyens.

Aussi, le groupe "Les Verts" a déposé un v?u en ce sens. S'il était rejeté, nous nous abstiendrions sur les projets de délibération dont la communication est l'objet de notre débat, à l?exception du projet de délibération portant sur l?aide à la maîtrise d'ouvrage relative au développement durable.

Mesdames et Messieurs, je vous remercie et j'espère avoir tenu dans les 12 minutes qui m'étaient imparties.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Non, vous étiez même en dessous !

Madame Emmanuelle BECKER, vous avez la parole.

Mme Emmanuelle BECKER. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, le projet de délibération qui nous est proposé est probablement l'un des plus emblématiques de la mandature. La rénovation du quartier des Halles participe d'un mouvement qui redessine la ville. L'ambition du projet, sa complexité mais aussi sa situation centrale en font une pièce essentielle du Paris à venir qu'il nous faut absolument imaginer dès aujourd'hui.

Il s'agit pour notre Municipalité de trouver l'équilibre entre un constat et une vision, des besoins actuels et des besoins futurs, être enthousiaste et être audacieux.

Ventre de Paris il y a encore 100 ans, les Halles sont aujourd'hui le c?ur battant de la Capitale, plateforme unique d'échanges humains et économiques. Les centaines de milliers de voyageurs transitant par la gare des Halles ont considérablement intensifié les relations de la Ville avec son agglomération. L'entrée dans Paris ne se fait plus seulement désormais à la périphérie mais aussi en son c?ur géographique et urbain. En irriguant la Capitale depuis le c?ur, les habitants des villes voisines de Paris lui ont non seulement donné un supplément de vie économique et sociale, mais ont également accéléré un processus d?intégration métropolitaine qui est notre horizon à tous.

En cela, les Halles d?aujourd'hui esquissent déjà les Halles de demain. Ce projet de rénovation en découle logiquement.

La fréquentation exceptionnelle de la gare et du Forum a, en effet, intensifié le vieillissement des installations et des structures. Les différents usages du lieu, son mouvement permanent ont rapidement rendu évidentes la vétusté comme l'obsolescence des différents espaces.

L'augmentation du trafic ferroviaire, à l?interconnexion de quatre lignes de métro et de trois lignes de R.E.R., mais aussi le succès du centre commercial et des équipements publics ont progressivement étouffé le c?ur de Paris. Ainsi, sont apparues ces dernières années, non seulement de réelles difficultés fonctionnelles mais également des risques pour la sécurité des usagers et des visiteurs, ou encore une inscription perfectible, pour le moins, de l'ensemble des Halles dans la continuité du quartier et de l'arrondissement.

Si la Municipalité n?avait pas lancé ce projet de rénovation c'est d?une véritable asphyxie du c?ur de Paris que nous aurions à répondre. Or, le noeud de communication et d'échange des Halles est tel qu?il est évident que cette asphyxie aurait largement dépassé la simple nécrose d'un espace ou d'un quartier. Il fallait le faire et c'est pourquoi le groupe communiste et élus du parti de Gauche accueille favorablement ce projet de délibération.

Cette rénovation s'inscrit à l'évidence dans une ambition de réinventer constamment Paris, de ne pas la laisser s'endormir et se muséifier. Pour soutenir cet effort, notre Ville a besoin d'un c?ur neuf. Aujourd'hui, ce sont 800.000 voyageurs qui empruntent chaque jour la gare de Halles, 500.000 qui visitent le Forum. Quand on compare ces chiffres aux 17.000 habitants du 1er arrondissement, on comprend vite que le défi des Halles est avant tout celui de la concentration des usagers, des équipements publics et des transports urbains. Dans un espace relativement réduit, puisqu?il ne fait qu?un peu plus de 8 hectares, il nous faut repenser nos modèles urbains en tenant compte de cette concentration exceptionnelle.

Il faut que les Halles restent un lieu d'échange, ouvert, créatif et deviennent encore plus un lieu de partage et de rencontre entre les Parisiens et les non-Parisiens. Parce que cette densité sans équivalent du c?ur de Paris est un élément d'avenir, un atout en même temps qu'un enjeu fragile.

Dans le cadre de la concertation sur le projet de rénovation des Halles, il ressortait d'une étude sur les jeunes métropolitains que cet espace au c?ur de Paris valait justement par sa diversité et sa densité. On vient aux Halles pour s?y retrouver mais aussi pour voir du monde et pour voir le monde. Dans la bouche d'un grand nombres de jeunes interrogés, il y avait cette expression : "On vient aux Halles pour être tranquilles."

Contrairement à beaucoup de préjugés, donc, de nombreux jeunes viennent aux Halles pour être tranquilles.

Nous sommes très attachés à ces expériences et nous ne voulons pas qu?une politique de contrôle de police systématique des jeunes vienne fragiliser la fréquentation de ce quartier. L'esprit des Halles, c?est celui d?une trêve métropolitaine, d'un espace pacifié où l?on se côtoie avec un sentiment égal d?appropriation et de tolérance. La grande inquiétude d?ailleurs de ces jeunes Franciliens, ce n'est pas que l'on défigure les Halles, c'est que l'on en change l'esprit. Le but de cette rénovation doit être de penser l'espace sans en changer l'esprit.

Le groupe communiste tient tout particulièrement à cette exigence qui rappelle la dimension métropolitaine du site. C'est d?ailleurs le sens du v?u que nous avons déposé demandant que la mixité sociale ne soit pas sacrifiée sur l'autel d'un centre commercial de prestige.

Par ce v?u, nous demandons au Maire de Paris de s'assurer auprès d?Unibail que sa stratégie commerciale réponde à l'exigence d?une offre commerciale accessible qui garantisse la mixité sociale et qu'il inscrive cette exigence dans la programmation des espaces publics et commerciaux.

Il n?y aurait pas de plus grande erreur que de vouloir altérer la fréquentation des Halles en attirant une clientèle plus fortunée. Cela contredirait justement cet esprit que nous voulons maintenir et renforcer.

Rien ne laisse présager que, demain, la fréquentation du site se stabilise ou baisse. La seule chose qui pourrait peut-être la ralentir, c'est un effet de saturation parce qu?il arrive un moment où on ne peut pas pousser les murs ! En moins de 10 ans, la fréquentation de la gare a progressé de 300.000 voyageurs. Sachant que les deux tiers fréquentent le Forum, comment ferions-nous dans 10 ans avec 200.000 personnes de plus ?

Les Halles doivent être l'occasion pour nous de penser nos villes à venir, à l?aune de cette densité renforcée et d?une diversité à promouvoir. Dans ce cadre, l'articulation dans le temps et l'espace, de l'accès au travail, à l'éducation, à la santé, aux loisirs, est essentielle. L?urbanisme à venir ne s?inventera pas dans la seule alternative entre les différents modes de circulation.

C'est pour cette raison qu?un projet global de rénovation s'impose, et non un replâtrage au détail et dans l'urgence. La complexité de l'ensemble, la nécessité d'un équilibre entre les usages, les hausses continues de la fréquentation de la gare et du Forum rendent indispensable une vision à long terme du quartier de Paris, et ce n?est pas la crise, en l'occurrence, qui doit nous le faire oublier. La constance de notre vision de la ville de demain est en effet une partie de la réponse locale à cette crise globale. Ce n?est pas en nous recroquevillant et en attendant le retour des beaux jours que nous serons utiles aux Parisiennes et aux Parisiens, mais en leur donnant les moyens à la fois de surmonter la crise et d'imaginer leur Ville à venir.

Le groupe communiste et élus du parti de gauche se félicite que ce projet soit justement global et ambitieux et surtout, qu'il respecte l'unicité du site. Il nous appartient désormais de faire en sorte que ce projet soit durable et qu'il porte une utilité sociale. C'est pour cette raison que nous sommes particulièrement exigeants quant à l?équilibre entre les services, les équipements et les usages commerciaux et sociaux du site. A ce titre, il nous semble que nous devrions poursuivre la recherche d'une meilleure répartition entre équipements publics et structures commerciales.

Ce dont les Parisiens et les Franciliens ont besoin, c'est d'un espace qu?ils pourront s?approprier, qui sera le leur, pas seulement d'un grand magasin de luxe sur plusieurs niveaux ou d'une gare flambant neuve.

C?est pourquoi nous avons déposé un voeu demandant que la Ville prévoie des équipements sportifs en libre accès dans le futur jardin des Halles. Ces installations permettraient de diversifier les usages de cet espace public par la mise à disposition d'équipements sportifs gratuits.

De plus, il est essentiel de se rappeler toujours, à toutes les étapes de la rénovation, la dimension métropolitaine du site et d?associer à nos préoccupations et à nos efforts les Franciliens qui fréquentent et construisent la vie des Halles autant que nous. C?est dans le souci de préserver cet esprit si propre aux Halles, et parce que ce lieu est tout à fait symbolique de la métropole qui s'est construite ces dernières années, que le groupe communiste a déposé ces voeux, notamment celui qui demande qu?il ne soit pas fait de distinction dans la tarification des équipements publics entre Parisiens et résidents des communes voisines. Le c?ur de notre ville doit être à son image : il doit rayonner et inspirer Paris tout entier. En miniature, il doit porter nos valeurs et la promesse que nous avons faite aux Parisiens d'une ville ouverte et d'une ville pour tous.

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

La parole est à M. Jean-François LAMOUR.

M. Jean-François LAMOUR. - Merci, Monsieur le Maire.

Chers collègues, enfin ! Enfin, Monsieur le Maire, vous nous présentez le dossier définitif du projet de rénovation des Halles.

Chacun sait ici qu'il a suscité et suscite toujours passions et controverses, et qu'il vous a inspiré des jugements aussi enthousiastes que successifs. Vous disiez : le carreau proposé par l'équipe Seura était une oeuvre élégante, lumineuse et légère. Vous dites également?

M. LE MAIRE DE PARIS. - C'était à propos de l??uvre de Berger et Anziutti.

M. Jean-François LAMOUR. - Je parle de la Canopée.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Ce n?est donc pas le même cabinet.

M. Jean-François LAMOUR. - Je vous cite : "Le choix de l?originalité, de la créativité et de l'esthétique". Sous de tels auspices, le charme devait opérer. Hélas, l'avant-projet sommaire et le permis de construire de la Canopée ont bouleversé la physionomie du bâtiment espéré et surtout, ont démenti les promesses. En effet, des doutes sur la légèreté et le caractère translucide de l'enveloppe sont apparus. Des craintes doivent être aujourd'hui levées sur la sécurité même de la structure.

Mais pour le moment, j'aimerais revenir sur un terrain plus prosaïque, celui des informations que confirment ces projets de délibération. Trois éléments essentiels sont formalisés : le calendrier, le coût et naturellement, le programme.

Le calendrier, donné à titre prévisionnel, fixe le terme de l'opération à 2016 : quelques sept années de travaux à prévoir. De décembre 2002, où le Conseil de Paris votait unanimement la mise en valeur des Halles à ce jour, sept années se sont également écoulées.

Sept ans de réflexion pour un site qui fut si souvent bouleversé pourraient se justifier, j?en conviens, mais il ne faudrait pas oublier que ces sept années furent aussi entrecoupées d'atermoiements et de reniements. La faute, a-t-on dit, à une maturation insuffisante du programme lors du marché de définition et surtout, à une stratégie urbaine qui n'était pas clairement définie. La faute également à des péripéties dans le pilotage de l'opération.

Ce dossier, Monsieur le Maire, vous le présentiez dès 2001 à grands renforts de communication comme le grand projet de votre mandature. Aujourd'hui, et après beaucoup de tâtonnements, vous nous expliquez qu'il occupera votre seconde mandature et aussi la suivante : bel héritage laissé à vos successeurs.

Certes, pendant ce premier septennat, il y a eu concertation, mais pour quel effet ? J'ai le souvenir qu'une association vous a décerné le premier prix de la concertation bidon, que d'autres associations, au vu des documents de l'avant-projet sommaire, ont refusé de poursuivre les discussions et de cautionner plus longtemps le processus de cette concertation. Finalement, la démocratie participative que vous chérissez tant a trouvé là quelques limites.

Mais surtout, c'est cela qui nous intéresse, deuxième élément d'information : le coût de 760 millions d'euros hors taxes, fourni lui aussi à titre estimatif.

300 millions sont attendus de vos partenaires financiers : Unibail, la Région, le S.T.I.F., la R.A.T.P., que le contexte économique va rendre très certainement prudent. Unibail, en particulier, à qui vous demandez dans le même temps de faire un effort avec un investissement particulièrement lourd pour la tour Triangle.

Quant à l'investissement municipal, il représente aussi 460 millions d'euros. Il n'y a pas si longtemps, vous évoquiez un montant de 200 millions d'euros. C'est plus que le doublement.

Monsieur le Maire, même si vous semblez vouloir l'ignorer, cette hausse intervient au plus mauvais moment pour le budget de Paris. Elle survient alors que vous découvrez tardivement que la manne des droits de mutation s'épuise, et les prochaines années vont très certainement amplifier la tendance à la baisse. Alors, ma question est simple : comment sera financée cette opération ? Par des économies sur des budgets de fonctionnement ? Par une hausse supplémentaire de la fiscalité ? Ou encore par la cession de baux à construire du forum ? Si vous avez pu définir ce dossier comme un projet urbain structurant, la seule certitude que nous avons aujourd'hui est qu'il est déstructurant pour les finances municipales.

Les Halles forment un lieu extrêmement vivant, un espace emblématique en matière de brassage social. C'est le n?ud modal de la métropole qui abrite, non seulement un pôle majeur de transports collectifs parisiens et franciliens, mais aussi l?un des plus grands centres commerciaux que nous puissions connaître. Souhaitons que nous n'ayons pas simplement, Monsieur le Maire, une nouvelle carrosserie sur un moteur à bout de souffle.

Vous nous demandez de voter ce projet de délibération. Nous vous demandons aujourd'hui de ne pas rester sourd à nos propositions.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Très brièvement, Monsieur le Président, il vous sera répondu, mais puisque vous évoquez l'héritage pour mes successeurs, je vous rappelle que si nous avons à traiter ce dossier avec autant d'ampleur, c'est parce que nous avons reçu cela en héritage et nous savons même qui...

(Protestations sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

? nous savons même qui a pris ces décisions. Je sais même qui étaient ses conseillers. Le sport et l'urbanisme, ce n'est pas pareil.

Monsieur LAMOUR, j'ai l'impression qu'il y a sur les finances publiques quelques confusions que je voudrais lever.

Premièrement, les collectivités locales, comme vous ne l'ignorez pas, contrairement à l'Etat, doivent avoir des budgets en équilibre. C'est aussi une réponse à M. POZZO di BORGO.

Deuxième réalité légale : les collectivités locales, contrairement à l'Etat, encore, n?ont pas le droit d'emprunter pour leurs dépenses de fonctionnement.

Elles n'ont le droit d'emprunter que pour l'investissement.

Je rappelle ces faits de base qui n'appellent...

(Protestations sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

Qu'y a-t-il de contestable dans ce que je viens de dire ?

Et donc, nous sommes là sur un dossier d'investissement, et je me permets juste de vous rappeler, car l?héritage est évoqué, que dans la mandature précédente, nous avons doublé l'investissement par rapport à la mandature 1995-2001, et que dans cette mandature nous avons annoncé + 18 % - le Ministre de la Relance m?en a d?ailleurs dit plutôt du bien - et que nous nous tiendrons à 8,3 milliards d?euros d?investissements dans cette mandature.

Honnêtement, j?attends les comparaisons avec toutes les collectivités locales de France sur l?impôt 2001-2008, sur ce qui a été dit aux électeurs en mars 2008, sur le sérieux en matière de dépenses de fonctionnement et sur la dynamique en matière d'investissements.

Voilà, Monsieur LAMOUR, ce que très aimablement je tenais à vous répondre.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du parti de Gauche, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").

Je veux bien comparer au budget du Gouvernement que vous votez.

(Protestations sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

M. Jean-François LAMOUR. - Il est à la man?uvre, l'Etat, ce n'est pas comme vous.

M. LE MAIRE DE PARIS. - L'art de ne supporter aucune contradiction. J'écoute sagement. Ils passent leur temps à m'engueuler. J'écoute.

La parole est à Mme Karen TAÏEB.

Mme Karen TAÏEB. - Merci, Monsieur le Maire.

Avant toute chose, je veux vous dire que je me félicite de voir arriver le démarrage opérationnel de la rénovation des Halles. En même temps, je comprends et j'appuie la démarche de concertation large et soutenue qui a eu lieu depuis le début du processus.

Ces sept années ont été plus que nécessaires pour permettre la réfection d'un site qui en a besoin non seulement en termes d'attractivité, en termes de sécurité mais également du point de vue architectural et urbanistique.

Autant vous dire d'emblée que notre groupe ne votera pas le v?u présenté par le groupe des Verts car celui-ci remet en cause l'ensemble du processus alors que, comme je l'avais souligné lors de ma dernière intervention, la dégradation du site, les problèmes de sécurité et d'accessibilité, le caractère chaotique des accès aux transports et des itinéraires de surface font du réaménagement complet des Halles une priorité.

Cette priorité doit s'accompagner de la restitution des continuités urbaines, de la redéfinition des voiries souterraines et de surface et d'un projet global et cohérent permettant de faire de ces espaces un lieu de vie.

C'est cela que nous nous apprêtons aujourd'hui à voter.

Je me suis exprimée à de nombreuses reprises au nom de mon groupe afin de soutenir ce projet depuis décembre 2002. J'essaierai donc de limiter mon intervention autour de deux thèmes qui semblent poindre de-ci delà dans la presse et dans le débat public sans que la source soit nécessairement identifiée, même s'il n'est pas difficile de savoir d'où vient le vent.

Tout d'abord, je souhaite féliciter la Municipalité pour la maîtrise de coût budgétaire. Oui, Monsieur LAMOUR, 700 millions d'euros au total, une somme importante mais réaliste au vu du projet. Nous rejoignons de ce point de vue M. LEGARET qui s'est exprimé lors de la conférence de presse.

Il est à noter qu'un quart de ce budget est consacré à l'aménagement et à la mise en sécurité du pôle transport et un cinquième à la remise aux normes et à la mise en sécurité du Forum.

Le projet urbain et architectural pourtant important et exceptionnel ne représente au final qu'un tiers du coût global. L'objet en est bien le réaménagement et la mise aux normes des Halles pour être conformes à ce qu'elles sont : le centre de gravité d'une métropole de près de dix millions d'habitants.

C'est ici, dans le c?ur de Paris, que se dessine aussi "Paris Métropole". Le geste architectural est donc à la hauteur du lieu mais soucieux par sa conception de la notion d'espace public.

J'ajoute à cela bien sûr que ce financement ne saurait relever de notre seule Municipalité puisque ce projet est un projet de dimension métropolitaine en même temps qu'il est un projet parisien.

La Ville financera au final 60 % de la somme, soit 460 millions d'euros. Je tiens à ce propos à féliciter la détermination, l'obstination de l'ensemble de l'équipe municipale de tenter une nouvelle fois de convaincre l'Etat de participer à ce qu'il pourrait assimiler en ces temps de crise à des grands travaux mais visiblement, nous ne sommes pas toujours sur la même longueur d'onde et cela n'a rien d'étonnant.

Enfin, nous nous félicitons d'avoir obtenu le concours financier de la Région et de la R.A.T.P., somme toute logique, afin de pouvoir agir de manière globale sur ce secteur.

Nous espérons vivement qu'"Unibail" entendra raison puisque notre Municipalité n'a ni vocation à établir de régie directe sur des grandes surfaces commerciales ni intérêt à entrer dans des procédures juridiques qui s'éterniseraient.

J'en arrive au deuxième point qui est justement l'esprit de responsabilité qui habite ce projet.

Tout d'abord le projet retenu permet de ne pas fermer ce lieu de vie. Ce n'était pas le cas de tous les projets et nous nous en félicitons. La partie transports et la partie commerciale resteront accessibles durant la rénovation et la transformation des Halles, d'où la segmentation des travaux en trois phases : rénover et restructurer la partie sud, agencer l'issue Marguerite de Navarre puis le sous-sol.

Pour répondre à une polémique récente, il est nécessaire de commencer par la surface et non par les souterrains car les travaux en seront facilités.

Un accès en surface est nécessaire pour le travail du matériel ainsi que pour les déblais et les remblais.

Il ne s'agit donc pas de faire de ce qui relèverait de l'apparat avant la sécurité mais bel et bien de faire l'ensemble des travaux le plus rapidement possible.

Autre marque de l?esprit de responsabilité qui nous guide, le choix de faire supporter l'essentiel du coût, les deux tiers, à cette mandature afin de ne pas hypothequer la mandature suivante bien que nous espérons que ce sera une mandature comptable des présents engagements qui nous succèdera.

Enfin, une provision de 60 millions d'euros, soit à peu près 15 %, a été prévue pour parer aux dépassements qui arrivent nécessairement pour des projets d'une telle ampleur.

Je voudrais conclure, sans vouloir entrer une unième fois dans la polémique du jardin Lalanne que certains membres du Conseil remettent sans cesse sur le devant de la scène comme si cela constituait l'alpha et l'oméga du projet. J'ai dit longuement ce que j'en pensais lors du Conseil de Paris du 16 juin 2008. C'est un fort joli jardin de type privatif mais qui ne peut pas avoir sa place dans un espace ouvert de l'importance des Halles.

Les excès de certaines associations desservent, me semble-t-il, l'objectif qui devrait être le leur : permettre à l'ensemble des riverains de s'exprimer sur l'ensemble des problèmes que peut créer un projet aussi important que celui-ci et sur l'ensemble des choix qui sont des choix parisiens et métropolitains.

Ainsi je tenais à saluer la maîtrise du coût budgétaire et l'esprit de responsabilité qui ont prévalu à la définition d'un merveilleux projet qui fera date dans l'histoire architecturale et urbanistique de Paris.

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame TAÏEB.

La parole est à Marielle de SARNEZ.

Mme Marielle de SARNEZ. - Merci, Monsieur le Maire.

J'espère que ce débat, au-delà des différences légitimes qui ont été exprimées par les uns ou les autres, permettra encore de rapprocher les points de vue et de faire émerger un consensus le plus large possible.

Pour ma part, je voterai les projets de délibération qui nous sont proposés. Je trouve en effet que ce projet à plusieurs mérites, trois mérites pour être précise.

Le premier d'entre eux est qu'on a laissé le temps à la concertation. Ces sept années, pour écouter et surtout pour entendre, étaient nécessaires tant ce projet est d'une grande complexité parce qu'il concerne des publics très différents qui ont souvent des intérêts contradictoires : riverains, usagers ou touristes.

Deuxième mérite : ce projet a été pensé, imaginé et conçu dans une cohérence globale alors même qu'il fallait gérer trois espaces a priori distincts et extrêmement différents les uns des autres : l'espace paysagé d'un côté, les bâtiments à vocation commerciale et j'espère culturelle de l'autre, enfin la gare souterraine.

Troisième mérite et non des moindres, c'est d'avoir intégré la dimension du développement durable dans l'ensemble de ces aspects. Bien entendu, on peut toujours mieux faire, ce projet n'est sans doute pas parfait, des interrogations peuvent subsister, notamment sur le point de son financement. Je les ai entendues.

Il n'empêche que les Halles sont en très mauvais état.

Les bâtiments ont mal vieilli, ils se sont dégradés extrêmement rapidement. Oui, il faut avancer.

Je forme le v?u aujourd'hui que les Halles nouvelles soient demain et pour longtemps, je l'espère, plus qu'une réussite architecturale mais une réussite humaine pour tous, riverains, usagers, promeneurs et visiteurs.

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je vous remercie.

La parole est à Anne TACHÈNE.

Mme Anne TACHÈNE. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, je voudrais approfondir devant vous certains points soulevés par notre Président de groupe.

Tout d'abord, nous tenons à attirer l'attention de tous les élus de cette Assemblée sur les exigences de sécurité qui doivent prévaloir pour le futur réaménagement de la gare des Halles, partie la plus profondément enterrée du site.

Elle est pour l'instant, en termes de facilité et d'évacuation, un véritable coupe-gorge. En cas de panique souterraine, d'émeute ou d'alerte à la bombe et sans travaux d'amélioration de la sécurité et des modes d'évacuation de la gare, nous allons à coup sûr vers un événement tragique.

Les espaces du R.E.R., les couloirs par exemple, sont ici trois fois plus réduits que dans que des gares équivalentes en France et en Europe. La sécurité des usagers doit être prise en compte de façon primordiale.

Nous pouvons donc nous réjouir de voir percer un nouvel accès direct à la salle d'échanges du R.E.R. qui sera creusé au milieu de la place Marguerite-de-Navarre sur le côté sud du site.

Comme le dit très bien le rapport qui nous a été remis, cette création est indispensable à la mise en sécurité du site, puisqu'elle sera dimensionnée comme issue principale pour les effectifs du pôle de transports.

Voilà qui va donc dans le bon sens et nous approuvons volontiers ce volet du projet.

En revanche, concernant la restructuration de la gare, nous relevons un défaut d'anticipation. Il serait, à mon avis, stérile d'envisager l'avenir du site des Halles comme lieu d'échange entre moyens de transports, sans anticiper sur les conclusions des travaux actuellement menés par Christian BLANC au Secrétariat d'Etat chargé du développement de la région-capitale.

Je pense notamment au projet de ligne métrophérique, reliant les Halles à des n?uds ferroviaires connectés aux T.G.V. et aux aéroports, comme les gares de Massy-Palaiseau, de Roissy-Charles de Gaulle ou de Marne-la-Vallée. Cette nouvelle ligne desservirait également les principaux pôles économiques de la métropole parisienne.

Ce projet révolutionnaire de métro automatique souterrain, circulaire de 130 kilomètres, dont le Président de la République devrait annoncer la mise en chantier le 29 avril prochain, permettra de relier ces noeuds ferroviaires. Ces derniers pourront donc constituer autant de petits Châtelet les Halles, à même de déconcentrer la plus grande gare d'Europe avec, comme il a été dit, près de 800.000 voyageurs y transitant chaque jour de la semaine.

Sachant que les travaux de la gare R.E.R. des Halles doivent normalement s'achever à l'horizon 2016, et que le projet de Christian BLANC devrait voir le jour à l'horizon 2020, il faudra, dans les prochains mois et les années qui viennent, prévoir une coordination des deux chantiers.

Concernant la restructuration des voies de circulation automobile souterraines, le projet que vous nous présentez prévoit la suppression de la circulation des véhicules dans le barreau nord sud de la petite boucle souterraine.

Nous sommes d'accord pour constater que, suite à des événements tragiques comme celui du tunnel de Mont-Blanc il y a juste dix ans, il a fallu adopter de nouvelles normes de sécurité dans ce genre de souterrains.

Néanmoins, il faudra faire attention à ce que cette restructuration des voies souterraines ne complique pas trop la gestion des flux de fret qui approvisionnent au quotidien le centre commercial des Halles. De plus, l'implantation d'une déchetterie à l'emplacement de la trémie Coquillière générera un trafic supplémentaire dans un quartier déjà souvent saturé.

Par ailleurs, entre les Halles et la rue de Rivoli, il faudrait éviter de trop dévitaliser le secteur de la rue Saint-Honoré, déjà touché par l'inversion du sens de la circulation automobile de cette dernière.

Dans le même secteur, nous nous interrogeons, comme le groupe U.M.P.P.A. dans un de ses amendements, sur les désagréments esthétiques et pratiques causés par la trémie de sortie Pont Neuf.

Concernant le jardin public, nous ne pouvons que constater qu'il est dommage de démanteler le remarquable espace vert, conçu à l'origine par les architectes Claude et Francois-Xavier LALANNE, suppression regrettée par le maire du 1er arrondissement, Jean-François LEGARET, qui vous a fait part en Commission, de son regret du manque de concertation et de consensus sur ce sujet.

Ce nouveau tracé du jardin a, de plus, l'inconvénient de faire disparaître corps et bien la place René-Cassin, lieu symbolique rendant hommage à l'un des plus grands humanistes français du XXe siècle, père de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme, comme vous l'a rappelé avant moi Yves POZZO di BORGO. Peut-être que les 84 millions d'euros prévus pour la transformation complète de ce jardin pourraient être mieux employés ailleurs, surtout en période de restriction budgétaire.

Avant de terminer mes réflexions sur ce chantier, qui s'annonce comme l'un des plus importants et ambitieux projets de la mandature, je voudrais exprimer une dernière remarque, peut-être plus subjective, concernant la cohésion architecturale de l'ensemble du projet "Canopée, jardin et aménagements extérieurs".

Les esquisses de présentation du projet m'ont laissée un goût d'inachevé, de faible coordination architecturale de l'ensemble. On est loin de l'harmonie qui a pu exister en son temps entre Le Nôtre, Le Vau et Mansard. Il ne faut pas oublier que l'on est en plein coeur de Paris, à proximité immédiate du centre culturel mondialement connu qu'est le centre Beaubourg, cet ensemble architectural sera, de par son développement, une vitrine pour la France.

N'ayons pas peur d'être ambitieux.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes Centre et Indépendants et U.M.P.P.A.).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Franchement, je me retiens car quand je pense aux polémiques sur Beaubourg : où était le conservatisme et où était l'audace ? Et même moins révolutionnaire que Beaubourg, la Pyramide du Louvre.

Chère Madame, la Canopée, on était nombreux dans le jury, j'ai tenu à le présider moi-même, et on était hyper divers, très différents, et unanimement à bulletin secret on a choisi.

Quant au consensus, à la concertation et aux associations, récemment j'ai moi-même reçu toutes les associations. Moi-même. Il y en a une qui protestait sur le jardin Lalanne. Toutes les autres étaient beaucoup plus ouvertes.

Je vous en supplie. Je ne peux pas demander à tous les élus de connaître tous les détails, je l'admets, mais allez-y et regardez dans le détail si possible avant d'affirmer comme cela. Et je ne réagis pas à tout, car il y aurait du travail.

La parole est à Sylvie WIEVIORKA.

Mme Sylvie WIEVIORKA. - Monsieur le Maire, chers collègues.

Le Centre de Paris, c?ur de notre ville et de l'agglomération francilienne, se doit d'offrir à tous, riverains, passants, touristes, le meilleur de ce que la ville du XXIe siècle peut donner. C'est pourquoi je ne peux que me réjouir de la perspective de voir enfin rénové, dynamisé, sécurisé et embelli ce quartier des Halles. Il en a bien besoin et personne ne le conteste.

Etant élue du Centre de Paris, je suis particulièrement attentive à ce que les habitants de nos arrondissements centraux, trouvent dans ce projet de rénovation une amélioration significative de leur cadre de vie, dans un lieu, certes ouvert sur la ville métropole et accueillant à tous, mais aussi dans la proximité duquel il fera bon vivre.

La réorganisation des espaces publics offrira un espace de détente aux habitants et aux usagers du quartier. Etablir un jardin d'un seul tenant offrira cet espace de calme et de verdure dans le Centre de Paris saturé.

La réorganisation des espaces publics s'articulera autour du jardin rénové et agrandi, d'une surface d'un seul tenant de 4,3 hectares. A la place du jardin morcelé, prendra place un nouvel espace vert, unifié, agrandi et de plain pied sans clôture. La pelouse, accessible au public, mesurera 12.000 mètres carrés au lieu des 3.000 actuels.

Les continuités urbaines, aujourd'hui interrompues, seront recréées.

Le Cours, qui sera une grande promenade centrale, reliera d'Est en Ouest la Bourse du commerce au boulevard Sébastopol. Ce Cours décloisonnera l'espace actuel, ouvrira de nouvelles perspectives sur le site et les bâtiments qui l'entourent.

Le nouveau jardin va ainsi créer cet espace inédit de détente et de convivialité, qui fait aujourd'hui défaut au plein c?ur de la ville. Le jardin agrandi sera également plus accessible, en particulier aux personnes à mobilité réduite.

Pour les enfants, deux espaces sont créés d'une surface totale de 3.870 mètres carrés, légèrement plus grand que l'actuel jardin Lalanne. C'était un engagement du Maire de Paris, il a été tenu.

Nous savons pouvoir compter sur la vigilance et le talent de Fabienne GIBOUDEAUX, élue en charge des espaces verts, pour veiller à ce que ces équipements soient innovants et de qualité.

La rénovation du Forum va permettre la création, la rénovation de nombreux équipements publics, dont les habitants du Centre de Paris sont les premiers usagers.

Le Conservatoire Wolfgang Amadeus Mozart, plus connu sous le nom de Conservatoire du Centre, qui accueille les élèves des quatre premiers arrondissements de Paris est, c'est notoire, totalement saturé et ne parvient plus à faire face à une demande massive d'inscriptions. Le nouveau conservatoire disposera de 3.000 mètres carrés de locaux, entièrement rénovés. Il se déploiera sur deux niveaux de la Canopée, comprendra trois pôles, un pôle musique avec salle de jazz, orgues et baroque, un pôle art dramatique, un pôle danse.

Une salle de grande capacité est prévue pour la diffusion du travail des élèves auprès du public. Une nouvelle bibliothèque, avec celle de lecture commune adultes enfants, ayant vue sur le jardin, l'église Saint-Eustache et la Cour du commerce, sera ouverte.

Un pôle des pratiques amateurs ainsi que des espaces dédiés aux cultures urbaines en direction des jeunes, seront également implantés dans la Canopée. La majorité de cet équipement sera accessible gratuitement. Les habitants des arrondissements centraux pourront, bien évidemment, en bénéficier en tout premier lieu.

Les personnes les plus fragiles ne sont, bien sûr, pas oubliées. La bagagerie main libre qui permet aux personnes sans domicile fixe de déposer leurs affaires dans la journée sera pérennisée. Un espace santé jeune est également prévu sur ce site.

La rénovation des Halles contribuera à l'amélioration et à la diversification de l'offre commerciale au Centre de la Capitale.

Depuis quelques années, les arrondissements du Centre regagnent des habitants, tandis que la diversité de l'offre commerciale régresse. Ce constat est partagé par les élus du Centre, toutes tendances politiques confondues. Le commerce est une tradition du Centre de Paris, qui remonte au Moyen-Age. Le quartier des Halles, ventre de Paris - je dois être la sixième ou la septième à utiliser cette expression dans ce débat - ne peut devenir un lieu musée, exclusivement dévolu à la promenade et au tourisme.

La rénovation du Forum créera 3.000 mètres carrés supplémentaires d'espaces commerciaux dont l'aménagement, cela va sans dire, sera financé par les commerces eux-mêmes. Le quartier bénéficiera de cette amélioration de l?offre commerciale incluant des commerces alimentaires et de proximité.

Les aménagements extérieurs favoriseront la promenade des visiteurs vers les rues et commerçants avoisinants du Centre, ce qui redynamisera également les commerces de tout le quartier. La rénovation des Halles améliorera la sécurité dans le Centre de Paris.

Si le centre-ville est attractif pour les habitants et les touristes, il attire aussi les jeunes, qu'ils soient en errance ou non, mais aussi, moins bien, les délinquants, les petits trafiquants.

Nous voulons conserver le caractère ouvert et accueillant du c?ur de la cité, mais chacun doit pouvoir s?y sentir en sécurité.

La réalisation d'un jardin d'un seul tenant favorisera la surveillance de l'espace public. Le centre commercial assurera sa sécurité à l'aide de personnel spécialisé, tandis que la Ville recrutera des médiateurs chargés de veiller au dialogue et au respect de tous.

Enfin, le dispositif en direction des adolescents et des jeunes qui nous est proposé devra leur permettre d'être mieux accueillis et encadrés et d'éviter ainsi le sentiment d'exclusion parfois générateur d'incivilité.

Tout sera fait pour faire des Halles un lieu d?accueil et de convivialité, n?excluant personne, respectueux de tous.

Les habitants les plus anciens du Centre de Paris gardent un souvenir mitigé de la création du Forum actuel : des années de travaux - on se souvient du trou des Halles immortalisé au cinéma par Marco Ferreri - qui ont généré des nuisances lourdes et, doit-on dire, le résultat n'a pas été vraiment au rendez-vous.

Construite sans vraie réflexion architecturale et urbanistique, menée sans concertation, la première opération peut servir de contre-exemple.

Le projet qu?on nous présente aujourd'hui, mûrement réfléchi, longuement concerté, présente toutes les garanties d'un chantier certes complexe, mais respectueux des usagers comme des habitants : amélioration de l'espace public, offre commerciale redynamisée et diversifiée, meilleur accueil des enfants et des jeunes, équipements publics nouvellement créés ou rénovés, sécurisation du site sont au rendez-vous. Le Centre de Paris aura enfin l?urbanisme qu'il mérite.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du parti de Gauche, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").

M. LE MAIRE DE PARIS. - C'était pourtant une belle chute ; vous n'avez pas réagi tout de suite.

La parole est à Mme Danielle SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, je crois qu'il est une question à laquelle il faut répondre sans délai et le plus clairement possible ; d?autres Conseillers de Paris l?ont formulée et s'interrogent : est-ce qu?il est opportun de lancer le chantier de la rénovation des Halles, particulièrement ambitieux, en période de crise sociale et économique ?

Effectivement, selon les sensibilités, il y a évidemment deux façons d?interpréter cette question. La première revient à se demander si de telles dépenses peuvent se justifier alors que la Ville a été amputée d'une partie de ses recettes au premier trimestre et si c'est raisonnable alors que personne ne peut préjuger de la conjoncture des années à venir.

La seconde interprétation est plus sociale et elle interpelle forcément le groupe communiste et les élus du parti de gauche : ne devrait-on pas plutôt consacrer cet argent aux victimes de la crise ?

Le compromis serait de remettre aux normes les installations de sécurité et d'effectuer certains travaux concernant la gare et de remettre le reste à plus tard.

Cette question, nous nous la sommes posée, bien sûr, mais le projet y répond de lui-même. Sa conception globale rend difficilement possible de n?effectuer qu'une seule partie des travaux, au risque de déséquilibrer la vision d?ensemble qui doit être la nôtre. Cette rénovation des Halles porte un bénéfice à long terme pour Paris et son agglomération et ce serait une erreur, surtout en période difficile, de ne réfléchir qu?à courte vue.

Il est indispensable de renforcer la position de Paris face aux enjeux qui sont ceux des grandes villes contemporaines : fréquentation des quartiers et des équipements en hausse, accès trop limité aux loisirs, aux sports et à la culture, relations métropolitaines à imaginer, mais aussi nécessaire création de richesse.

Et comme chacun le sait, le centre commercial des Halles est l'un des plus rentables d'Europe ; il concerne des milliers de consommateurs, mais aussi d'emplois, il représente un dynamisme qui contribue justement à compenser la crise économique actuelle. Alors, se priver de développer et d?améliorer encore les synergies et l'activité économique des Halles reviendrait à se priver d?un levier efficace qui résiste à la crise.

Néanmoins, la question de la répercussion de ces travaux sur l?activité économique des commerces se pose, de même que celle des nuisances qui vont affecter les visiteurs, riverains et employés.

Récemment, la C.G.T. a rapporté à la Mairie les inquiétudes légitimes des salariés de la FNAC des Halles, car nonobstant l?assurance de la Municipalité qu'aucun commerce ne serait fermé pendant les travaux, ces salariés redoutent à juste titre d'être la variable d'ajustement d'un groupe, en l'occurrence P.P.R., qui a prévu la suppression de 200 emplois à Paris.

Il me semble que la Ville doit être en mesure de rassurer les 3.200 employés du centre commercial et doit communiquer en direction des entreprises en ce qui concerne la continuité commerciale du site pendant les travaux. Il est impensable que la FNAC, par exemple, prétende ne pas être au courant d'interventions ou de travaux qui pourraient affecter les infrastructures de son magasin.

Et il est de la responsabilité de la Ville de garder à l?esprit ses préoccupations sociales et de faire de la rénovation des Halles un projet exemplaire en la matière.

Depuis 2001, notre Municipalité a considérablement accentué ses efforts pour le logement social et les dépenses de solidarité avec une augmentation de plus de 70 %. L?implication sociale de Paris n'est plus à démontrer.

Mais nous ne pouvons pas seulement pallier les défaillances d'un Etat qui abandonne les plus vulnérables sur le bord de la route. Il faut aller plus loin, il faut offrir aux Parisiens une ville à la fois protégée par un véritable bouclier social, mais également favorable au développement.

Le projet de rénovation des Halles s?inscrit bien évidemment dans ce cadre, parce qu'il est entier et parce qu?il est global et c?est pour cette raison que le groupe communiste et des élus du Parti de Gauche le soutient, mais nous considérons qu'il faut faire un effort tout particulier pour expliquer la pertinence de ce chantier et son déroulement et une campagne de communication sur le sujet serait très bien venue et il faudra profiter de cette rénovation pour mettre en ?uvre nos résolutions sociales et solidaires.

Nous savons, par exemple, qu'il est difficile pour les salariés des commerces des Halles de trouver une offre de restauration saine et bon marché sur le site.

La Ville devrait agir, en l?occurrence, pour la mise en place d'une cantine interentreprise ; c?est l?occasion rêvée, saisissons-la !

Enfin, je voudrais dire que le groupe communiste et des élus du Parti de Gauche, dans son souci d'un projet exemplaire et équilibré, sera évidemment très attentif à la proportion d'espaces dévolus aux commerces et aux entreprises par rapport aux espaces réservés aux équipements publics, aux associations et aux activités collectives.

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci bien.

La parole est à Jean-François LEGARET.

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, il s'agit des Halles, lieu central de Paris, de l'agglomération, grand carrefour de toutes les voies de circulation, mais lieu qui a une âme très particulière et vous le savez ; c'est une marmite en perpétuelle ébullition, c'est un lieu de tumulte, de précipitation et je suis étonné que ce matin, nos débats commencent comme une espèce de méditation sur le temps.

"Avec le temps, va", mais vous connaissez la fin de la chanson : "avec le temps, on n'aime plus".

Alors qui, ici, aime encore ce projet ? Qui a encore envie qu'il se réalise ?

Oui, j'en fais partie, mais j'espère ne pas être seul. J'espère ne pas être seul, parce qu'il faut d'abord croire en un projet qui a vocation à modifier le c?ur de notre Ville ; il faut y croire parce qu?il est indispensable de le faire, pour un certain nombre de raisons dont personne ne peut faire abstraction.

D'abord, comme toutes les grandes prospectives, les grands projets, ce lieu a été sous-dimensionné : 800.000 passagers par jour aujourd'hui, mais on en prévoyait 500.000 au moment où l'opération a été faite.

Et parce que des erreurs ont été commises, certes, et qu'il n'est pas trop tard pour réparer des erreurs, parce que certaines de ces constructions ont été mal réalisées, hélas, et que les pavillons Willerval, notamment, sont dans un état de vétusté et d'obsolescence qui nécessite d'intervenir.

J'entends bien qu'après tant de temps passé, pas du temps perdu, ne caricaturons pas, le temps consacré à la concertation a été un temps utile et je voudrais rendre hommage, sans aucun esprit critique, à Jean-Pierre CAFFET, à Anne HIDALGO, à Fabienne GIBOUDEAUX, à Yves CONTASSOT qui n'ont pas ménagé leur temps, leurs efforts et leur disponibilité?

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du parti de Gauche, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").

? sur une concertation qui est probablement - je le dis d?expérience - la plus grande opération de concertation jamais ouverte à Paris sur un projet urbanistique.

Alors tout cela a pris beaucoup de temps et on aboutit à un résultat? c'était fatal, tout le monde n'est pas d'accord, tout le monde ne peut pas être d'accord, tout le monde ne doit pas être d'accord à l'issue d'une telle concertation, mais il faut avancer et nous avons aujourd'hui l'obligation d'avancer.

Et pour avancer, nous avons un certain nombre d'éléments forts, à commencer par la Canopée, et vous avez eu raison, Monsieur le Maire, de rappeler que le 29 juin 2007, vous avez présidé un jury et nous nous sommes prononcés - j?en faisais partie, ma première adjointe, Florence BERTHOUT, également , nous avons voté à bulletin secret à l?unanimité en faveur de ce projet à la Canopée. Pourquoi ? Parce que c?est un projet inventif, c?est un projet qui est adapté à ce site très complexe, mais c?est un objet unique, c?est un prototype, c?est un élément architectural qui va encore demander énormément de travail parce qu'aucune comparaison n'existe nulle part, que c'est un bâtiment extraordinairement complexe et inventif.

Cela ne veut pas dire, puisqu'il s'agit aujourd'hui de faire le bilan de la concertation, que nous n'ayons pas quelques éléments critiques et j'ai déposé un amendement que je qualifierai de vraiment modéré. J'aimerais que l'on puisse rétablir sur un point particulier la vérité sur la concertation et que l'on puisse au moins se dire tous ensemble : la concertation a abouti sur l'essentiel, il y a des points de divergence sur lesquels il faut faire des efforts. Et pourquoi ne pas dire aujourd'hui, puisque l?on pose la première pierre du projet, que nous ne sommes pas tous décidés à faire des efforts, y compris vous, Monsieur le Maire, et l?ensemble de l'Exécutif parisien.

C?est aussi l?arrêt définitif du projet, ce qui ne veut pas dire qu'une fois que l'on aura arrêté le projet, certains points, qui ne sont pas que des détails, ne devront pas continuer à être creusés et à évoluer. Il s'agit notamment du jardin. Parce que ce n'est pas caricaturer, ce n'est pas schématiser à outrance que de dire : oui, sur la Canopée, malgré les difficultés, il y a une volonté d'avancer et de soutenir ce projet. Sur le jardin, des points critiques subsistent, notamment la disparition de la place René-Cassin, qui paraît être une erreur au plus grand nombre de gens qui aiment et qui sont dans cet endroit. Faire disparaître cette place, qui est cette espèce d'amphithéâtre devant le flanc sud de Saint-Eustache? C'est un espace réussi, c'est ce que l'on a probablement le plus réussi dans l'aménagement du jardin.

J?ajoute que René Cassin était un grand Français, prix Nobel de la paix, et on a récemment célébré le soixantième anniversaire de la déclaration universelle des droits de l?homme, dont il est le principal auteur. Supprimer la place René-Cassin aujourd'hui, je pense que c'est porter atteinte à un symbole et je pense que c?est inopportun.

Supprimer le jardin Lalanne, c'est également prendre une responsabilité. Les LALANNE sont de grands artistes. François-Xavier Lalanne est décédé récemment. Quand on a parlé de son ?uvre, de ce qu?il avait réalisé dans le monde entier, on a parlé de ce jardin. Donc, le supprimer d'un trait de crayon, je pense que c'est une erreur.

Il y a des difficultés liées à ce jardin, d?abord parce qu?il est très vétuste, parce qu'il n'a pas été entretenu, parce qu?il n?a pas fait l'objet de maintenance. Mais il est à un endroit qui, malheureusement pour lui, handicape la construction, les bases de chantiers qui seront nécessaires à l'édification de la Canopée. Alors, trouvons des solutions mais préservons l'esprit, l?âme particulière de ce lieu, et faisons-le avec Claude LALANNE, la veuve de François-Xavier, et qui j?en suis certain, sera d?accord pour qu?il soit tenu compte de ses droits immatériels sur la propriété de ce lieu.

Il y a un troisième point plus technique sur l'aménagement du jardin qui me paraît très important. David MANGIN veut un jardin absolument plat, un billard. On ne voit pas l'intérêt que cela représente d?ailleurs, car lorsque les jardins sont plus ou moins vallonnés, c'est plutôt un élément de charme. Pour parvenir à cette platitude totale, dans tous les sens du terme, il faut réaliser un niveau complètement horizontal. Soit on monte jusqu'au point le plus haut, ce qui oblige à noyer tout le jardin sous des mètres cube de terre et à monter un muret de chaque côté, soit on arase. Pour araser, il faut attaquer la toiture de l'immeuble de Paul Chemetov, qui est le nouveau forum. Dans ce cas-là, on s'engage dans des travaux considérables qui vont gréver le coût de l'opération.

Là aussi il faut que l'on aboutisse à des discussions constructives? Tout ça pour ça ! Pour faire un jardin parfaitement plat ! Je n'en vois pas l'intérêt, et si l'on interroge les élus après leur avoir donné tous les éléments techniques entre les mains, j'espère que l'on parviendra à une solution plus raisonnable.

Bien entendu, reste la grosse difficulté du jour : lancer un tel projet en en connaissant le coût, ce qui est une heureuse chose, dans un contexte économique et financier rendu plus difficile, c'est évidemment un défi. J'ai bien entendu parmi les interventions de ce matin et parmi les amendements déposés, que certains concluent à : prenons encore du temps et essayons de redécouper, cela coûtera moins cher.

Honnêtement, je me suis aussi interrogé sur des scénarios différents.

C'est quasi impossible, parce que vous avez une telle imbrication? Si vous voulez faire le réaménagement du R.E.R. et de la R.A.T.P., il faut faire la sortie Marguerite de Navarre. Pour faire cette sortie, il faut recomposer les espaces, les circulations du forum, et ainsi de suite. Tout est imbriqué : on est dans une très grande complexité. Je vous le dis parce que je crois connaître assez bien ce dossier ; toutes les simplifications, toutes les schématisations qui vous disent : il n'y a qu'à en couper un bout et cela coûtera moins cher?Je vous bien que l'on se mette avec tous les experts compétents autour de la table, je doute fort que l'on arrive à un résultat positif.

Il y a la voirie souterraine. Je pense que là aussi, on peut faire mieux. Plus on supprimera de trémies, et plus le quartier et le paysage urbain du centre de Paris y gagneront. J?ai été le premier à proposer que l'on fasse une étude sérieuse sur la suppression de la voirie souterraine des Halles, allons jusqu?au bout ! On veut supprimer le grand axe et on hésite à supprimer l'axe accessoire. Je suis certain que l'on peut pousser la réflexion encore plus loin.

Il y a la sécurité. Je sais que Philippe GOUJON va intervenir sur ce point. C'est quelque chose de très complexe. Je pense que l'on doit aboutir à une meilleure maîtrise des problèmes de sécurité en simplifiant et en coordonnant les PC de sécurité.

Enfin, je suis attaché, en tant qu'élu local, mais les élus du deuxième qui sont très proches riverains, sont attentifs à la logistique d'un chantier très lourd. On a besoin d'engagements sur les horaires, sur les jours, y aura-t-il des travaux de nuit ? On doit pouvoir aujourd'hui prendre un certain nombre d'engagements et vous, Monsieur le Maire, et nous élus d'arrondissements qui auront à participer jour après jour et semaine après semaine aux réunions de chantier, faire en sorte que ce chantier difficile donne le sentiment que l'on fait oeuvre utile.

Je terminerai avec un regret, et vous le savez, Monsieur le Maire, je pense qu'un tel coût, un tel chantier, une telle opération aurait trouvé une justification plus grande si l'on y avait intégré un équipement fort à vocation urbaine, métropolitaine et nationale. J?avais suggéré la Maison de l?Europe. On n'a pas voulu prendre en compte cette idée, on n'a même pas voulu l'examiner et l'intégrer. Cela demeure pour moi un regret et j'espère que puisque l'on va encore travailler, germera une idée forte qui pourrait donner la justification d'un tel projet et, je l'espère, réconcilier le plus grand nombre.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur LEGARET, je voudrais vous remercier, non que je sois d'accord avec tout ce que vous avez proposé, mais cela est normal : c'est la démocratie. Voilà des années que je souhaite vous associer à ce projet et que vous êtes vraiment actif, présent. Il reste des points à discuter. Le dernier que vous évoquez, c'est qu'il y a l'espace des cultures urbaines, je pense qu'il y aura des choses emblématiques, mais si on en rajoute encore, l'équilibre financier ne sera pas le même, et je sais que vous êtes sensible à cet argument.

Pour le reste, et en assumant éventuellement des désaccords, assumons aussi un état d'esprit, et vous avez commencé votre intervention en disant : il faut vraiment maintenant y croire et apporter tout ce que l'on peut à ce projet. Notre réponse doit être ouverte, y compris par rapport à vos propositions d'amendement.

On va voir, quand on ne se convainc pas, on ne se convainc pas, ce n?est pas grave. Ce dont on ne se convainc pas aujourd'hui ne nous empêche pas de travailler demain pour avancer. J'étais plus d'accord avec ce que vous disiez sur la place René Cassin. Peut-être que d'autres dans mon entourage ne pensent pas tout à fait la même chose, mais je ne pense pas à Anne HIDALGO en l?occurrence. Concernant le jardin Lalanne, je ne suis pas tout à fait d'accord avec vous. Vous êtes plus d'accord avec Jacques BOUTAULT.

Tout cela est du débat de qualité, et sur ce dossier en particulier, je voulais vous remercier de votre état d'esprit.

Je donne la parole à Mme Marinette BACHE.

Mme Marinette BACHE. - Merci, Monsieur le Maire.

Quelques mots pour compléter l'intervention faite par Mme Karen TAÏEB au nom du groupe M.R.C. et avec laquelle j?affirme mon total accord.

Quelques mots pour appuyer quelques points.

Oui, le temps est venu de voter ce projet de délibération car il est essentiel de commencer ces travaux en 2010, comme indiqué. Le planning est tendu mais possible. Et après une concertation de plus de 5 ans, il nous faut entrer maintenant dans la phase de concrétisation.

Ensuite, oui, la crise sur-domine nos décisions et, oui, il est nécessaire de préparer le rebond ; le rebond que nous pensons, au groupe M.R.C., passer par l'emploi.

Ce projet y participe. Nous en somme heureux et, contrairement à ce qui a été dit, nous sommes, avec ce projet, bien loin d'un effet bling-bling. En pleine crise sociale, nous laissons bien volontiers, d'ailleurs, ses effets de manche au Président de République, maître incontesté de l'art !

Nous regrettons que ce débat se soit souvent focalisé, en tout cas médiatiquement, sur le jardin. Le projet dans son ensemble méritait mieux que cela et la concertation, d'ailleurs, mieux que la caricature qu?en a faite tout à l'heure M. LAMOUR, mais je n'insisterai pas sur ce sujet puisque M. LEGARET vient de rendre l'hommage qu'ils méritent, autant à Jean-Pierre CAFFET qu'à Mmes HIDALGO et GIBOUDEAUX.

Je le dirai sans détour, nous ne soutiendrons pas tout ce qui ferait que le privatif soit privilégié. Les riverains ont été respectés et verront leur environnement valorisé par des cheminements piétons et une surface de jardin de proximité conservée. Et Mme GIBOUDEAUX doit certainement en être félicitée.

En même temps, les nombreux Franciliens qui utilisent cette première porte d'entrée de Paris, comme l'ensemble des Parisiens qui se retrouvent dans ce site à la fois commercial, culturel, d'échange, etc., méritaient ce geste architectural qu'est la Canopée. Dans la situation sociale que nous traversons, nous apprécions donc que les espaces commerciaux ne soient pas fermés pendant les travaux.

Mais cet espace n'est pas seulement commercial. Il nous plaît d'y trouver un certain nombre d?équipements publics : le conservatoire, la bibliothèque, l'espace des cultures urbaines, par exemple.

Ensuite, notre Municipalité ne pouvait pas rester l'arme au pied devant la nécessité de revoir la question du pôle transports. Mme TAÏEB l?a évoquée, je n'y reviendrai donc pas.

Je me contenterai d'insister sur la nécessité d?une remise aux normes de la sécurité.

Alors, oui, "il y a des dossiers qui transcendent les batailles politiciennes", comme le dit le maire du 1er arrondissement. Je ne doute donc pas que les élus U.M.P. aideront la Ville de Paris à convaincre l'Etat de participer à ce que, en temps de crise, il pourrait assimiler à de grands travaux. Il suffirait, pour cela, que le Président SARKOZY s?intéresse à la vie des Parisiennes et des Parisiens, des Franciliennes et des Franciliens, à la "vitrine de la France", comme vient de le dire Mme TACHÈNE, à notre Région-Métropole enfin, autant qu'il s'intéresse à ses amis financiers !

Avec une patience et une obstination pour lesquelles j'ai beaucoup d'admiration, Mme HIDALGO, elle, s'y emploie. Nous la soutenons, comme nous soutenons l'ensemble de ce projet car, oui, le groupe M.R.C. y croit.

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

La parole est à M. Claude DARGENT.

M. Claude DARGENT. - Merci, Monsieur le Maire.

Monsieur le Maire, chers collègues, le projet de restructuration du secteur des Halles contient une dimension liée aux transports particulièrement importante. On n'aurait garde, en effet, de l'oublier : la question de la liaison, aujourd'hui bien trop complexe, entre la gare R.E.R.-métro et la surface a été à l'origine un motif majeur du lancement de la réflexion sur la recomposition de cet espace il y a quelques années.

La station Châtelet-les Halles est en effet, on l'a dit, le premier pôle intermodal d'Europe et notre ville connaît une croissance du recours aux transports collectifs depuis quelques années, qui impose de dimensionner à la bonne échelle les équipements de transport.

Il y a donc d'abord la nécessité de rénover un pôle d?échange vieillissant et surchargé.

Les Halles constituent la plus grande porte d'entrée dans Paris, bien avant les points d'accès périphériques.

La station Châtelet-les Halles assure l'interconnexion de trois lignes R.E.R. et de quatre lignes de métro, et, d'autre part, on l'a évoqué tout à l'heure, du point de vue routier, ce centre complexe est desservi par un ensemble de voies souterraines qui assurent une fonction de transit.

L?amélioration du pôle transports est dont un aspect majeur du projet que nous examinons.

Compte tenu de l'augmentation régulière de la fréquentation des transports, cette restructuration anticipe dès maintenant des aménagements qui auraient été de toute façon inéluctables dans les années à venir.

La gare actuelle est en effet encombrée, peu lisible à ceux qui la découvrent. Nous avons eu récemment un débat en Commission des transports où, de façon consensuelle, nous souhaitions que les touristes visitent moins notre ville en car et utilisent donc davantage un certain nombre d'équipements de transport public. Effectivement, de ce point de vue-là, la gare de Châtelet-les Halles, dans son état actuel, est trop peu satisfaisante.

Seul un accès est véritablement direct, c'est l'accès par la Porte Lescot qui est efficace mais clairement insuffisant. Et il n'y a pas aujourd'hui, hormis la rue de la Ferronnerie, un accès pour les personnes à mobilité réduite, ce qui est inacceptable.

D'autre part, les règles de sécurité ont évolué et les diagnostics comme d'ailleurs les récents incidents du R.E.R. D, montrent qu'il convient d'agir.

Grâce à ce projet, nous allons avoir la création de trois nouveaux accès et l'amélioration des liaisons existantes. Et le "tube", comme l?on dit, le "tube Lescot" sera doublé en capacité et sa transformation architecturale améliorera considérablement son confort.

Les accès Rambuteau et Berger seront également transformés pour permettre d'accéder directement aux espaces de la gare. Et, surtout, va être créé place Marguerite de Navarre un accès à mi-chemin entre le Forum et la rue de Rivoli.

Les solutions retenues sont donc performantes en terme d?efficacité et de confort et elles permettront, de ce point de vue, des progrès significatifs.

Tout cela implique de repenser les espaces de la salle d?échanges et, donc, en matière de sécurité, de repérage et de confort des voyageurs, nous allons avoir, là encore, des améliorations notables.

Chers collègues, il faut enfin évoquer sur ce registre la question des liaisons en matière routière.

Dans une perspective de développement durable, la recomposition des espaces publics comportera une réduction des flux automobiles et une augmentation en contrepartie des circulations douces, un rétablissement des continuités piétonnes, ainsi que des aménagements créant une trame verte.

Pour restituer les continuités piétonnes sur le site, le projet prévoit de supprimer certaines trémies. Cette suppression fait l?objet d?un certain consensus. Les choix initiaux d'aménagement avaient, en effet, meurtri l'espace public et ces trémies en constituent une des expressions les plus significatives. L'espace ainsi dégagé en surface sera réaménagé en faveur des piétons. L'objectif est de diminuer les flux de véhicules qui parcourent ces voies et de supprimer complètement les croisements de flux qui, de toute façon, ne seront plus autorisés à partir de 2014.

Cette opération comportera également la création d'un mail de circulation public reliant le puits d'accès Marguerite de Navarre aux circulations publiques de l'ancien Forum.

En conclusion, je soulignerai que le calendrier de livraison du pôle transports, qui est complexe, ne permet pas de livrer Marguerite de Navarre et la salle d'échanges rénovée avant 2015-2016. Cela suppose d'engager dès maintenant les travaux du pôle transports, les travaux étant longs, pour des raisons de conduite de chantier en site occupé.

Chers collègues, tout aménagement urbain doit articuler exigence fonctionnelle et geste architectural, valeurs d'usage et qualité esthétiques. dans le projet qui nous est soumis, ces deux dimensions, loin d'entrer en contradiction, se nourrissent l'une l'autre. Bref, ce projet marque en quelque sorte une étape pour notre Ville. En ce début du XXIe siècle, on pourrait dire qu'il marque le passage de l'âge de l'urbanisme à l'âge de l'urbanité.

Merci.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

La parole est à M. GOUJON.

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. Merci, Monsieur le Maire.

Evoquer le site des Halles aujourd'hui, comme examiner un réaménagement d'ensemble pour demain, ne peut évidemment se concevoir sans que la question de la sécurité globale ne soit traitée au premier rang des priorités. En plein c?ur de Paris, ce pôle d'échanges ferroviaires majeur, qui en fait la première porte d'accès à la Capitale, avec 800.000 voyageurs quotidiens, en même temps centre commercial, accueillant plus de 40 millions de visiteurs par an, dès la conception du projet, implique que les mesures de sécurité les plus rigoureuses soient prises, et sans lésiner.

Or, même si la loi initiée par le Ministre de l'Intérieur de l'époque, Nicolas SARKOZY, sur la prévention de la délinquance, rendant obligatoires les études d'impact sur la sécurité, a été appliquée, un certain nombre d'interrogations demeurent.

Tout d'abord, me semble-t-il, le tronçonnement du projet ne permet pas, dans ce domaine en tout cas, une vision globale. Un seul exemple, si pour la sécurité du nouvel espace Canopée, Unibail prévoit le déploiement de la vidéo protection, c'est un sujet important, les dispositifs prévus pour le jardin et la gare ne sont pas connus à ce jour.

Ensuite, s'agissant de la gestion des espaces publics existant actuellement, on ne saurait évidemment attendre 2012 pour faire respecter la réglementation alors même que les nuisances, les barrières cassées, les marchands ambulants, les bagarres, etc. s'aggraveront avec l'augmentation des surfaces. Les risques seront renforcés évidemment en période d'affluence.

Il nous semble nécessaire d'équiper dès aujourd'hui les accès de ces sites dans le premier arrondissement et de les raccorder au centre Léopold Bellan qui sécurise la zone piétonne Montorgueil. On pourrait asservir toutes les entrées et les sorties de ce centre.

Dans le même souci d'efficacité, il serait également judicieux d'éviter l'émiettement, M. LEGARET l'a dit tout à l'heure, en cinq centres opérationnels juxtaposés et les regrouper dans une salle de commandement commune pour gérer l'ensemble. Parallèlement devrait d'ailleurs être établi un schéma directeur de la sécurité pour l'ensemble de ce secteur afin d'y avoir une approche globale de la sécurité.

La sécurité incendie des personnes, quant à elle, est une priorité tout aussi absolue. Il est indispensable, je crois, d'éviter une marchandisation excessive du projet, à la fois par Unibail et par la R.A.T.P., notamment au niveau du sous-sol dans lequel celle-ci doit sans doute réviser à la baisse, pour des raisons de sécurité, son dossier commercial.

Ce risque consiste, et cela a été dit également par Anne TACHÈNE, en des sorties de secours qui risquent d'être sous dimensionnées, notamment pour les personnes à mobilité réduite et plus particulièrement pour la première tranche.

Il faut prévoir les aménagements en fonction du scénario le plus critique, par exemple un samedi, un jour de solde.

Nous demandons que la Ville s'astreigne à respecter très strictement toutes les règles de sécurité car en ce domaine il faut savoir que les contraintes s'additionnent. C'est un appel à ne pas sacrifier la sécurité à la rentabilité.

L'approche globale de la sécurité de l'ensemble de la zone et non de la seule Canopée qu'il nous faut privilégier amène naturellement à envisager le regroupement des locaux de police actuels qui sont mal placés, peu fonctionnels et éclatés, dans ce qui pourrait être un nouvel hôtel de police unique et dédié à ce projet, pouvant occuper une partie des surfaces que libèrera prochainement La Poste du Louvre.

Si cette opportunité se présente, il ne faut pas la rater.

L'adaptation des moyens de l'Etat implique pour la Ville le renforcement des moyens de surveillance humains par l'affectation d'agents d'accueil spécialisés, d'inspecteurs de sécurité de Paris supplémentaires et évidemment de vigiles pour le secteur privé.

L'agression, le 19 mars dernier, d'un vigile par une quinzaine de jeunes qui ont fait irruption dans un magasin de vêtements du Forum met en évidence la nécessité de se doter des outils nécessaires pour lutter plus efficacement contre les bandes qui s'illustrent assez régulièrement, chacun le sait, dans ce quartier.

J'en profite pour me réjouir du plan et de la loi anti bandes que vient de décider le Président de la République qui sera très utile dans ce quartier. On peut l'applaudir, bien sûr. Enfin, des mesures utiles pour lutter contre l'insécurité, comme l'extension, je le dis au Préfet de police, de sa compétence sur l'ensemble de l'Ile-de-France, ce qui pour les Halles permettra une efficacité redoublée.

Pour conclure, essayons, pour une fois et pendant qu'il en est encore temps, c'est tout l'objet de mon intervention, d'intégrer dans un projet de cette envergure la dimension de la prévention situationnelle afin de faciliter la sécurisation d'un site que chacun reconnaît être parmi les plus sensibles de la Capitale.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur GOUJON.

La parole est à M. CARON-THIBAULT.

M. Gauthier CARON-THIBAULT. - Monsieur le Maire, mes chers collègues.

L'agglomération de notre Capitale a trouvé son centre de gravitation dans le quartier des Halles.

A ce titre, ce pôle de vie urbaine remplit les fonctions traditionnelles des grandes villes modernes, permet une mixité d'usage pour les 800.000 utilisateurs quotidiens de la station les Halles, pour les 3.000 employés du Forum et surtout les passants, les riverains et les promeneurs, dépassant en cela l'intégralité de la population du centre de Paris.

Le quartier des Halles se voit également assigné un rôle social important pour les personnes en errance et les jeunes dont la présence n'a cessé d'augmenter ces dernières années.

En effet, les quatre hectares que constituent les Halles se vivent pour certains comme un refuge, un espace libre et deviennent un lieu de cohabitation urbaine plus ou moins paisible pour ceux qui manifestent de la détresse sociale.

Pour d'autres, essentiellement des jeunes, c'est un lieu de rendez-vous au croisement de Paris et des banlieues, mettant souvent en exergue les mêmes difficultés sociales et permettant le développement et la pratique de culture urbaines, pour certaines mineures mais cependant vivaces.

Ce Conseil est l'occasion de rappeler les dispositifs déjà existants et prévus afin de prendre en charge plus efficacement à l'avenir la grande exclusion présente dans le secteur des Halles.

De la bagagerie de l'association "Mains libres" au "110 Les Halles" spécialisé en addictologie, force est de constater que la Ville de Paris a fait beaucoup pour renforcer les services sociaux spécialisés à destination des plus exclus présents aux Halles.

La livraison dans quelques années du pôle Montesquieu mêlant restauration sociale et hébergement permettra également d'alléger le centre d'accueil d'urgence géré par Emmaüs rue des Bourdonnais.

Il faut souligner le travail réalisé par le "Collectif-Rue Centre de Paris" regroupant toutes les associations organisant des maraudes à destination des personnes en détresse sociale.

Le renseignement a permis de mieux appréhender une population sur laquelle les Halles agissent comme un lieu de fixation ou de rencontres à destination d'une population avant tout désocialisée mais pas forcément sans domicile.

A cet effet, dans le cadre de la concertation, une étude sociologique a été proposée, elle sera réalisée cette année par une urbaniste spécialisée sur la place des populations errantes.

Ainsi, nous connaîtrons mieux les problématiques sociales de l'exclusion se vivant aux Halles afin de mieux orienter d'une part les services déjà existants mais surtout l'accueil de jour à proximité du Forum que nous souhaitons réinstaller dans le cadre du réaménagement.

Les Halles sont aussi un lieu de vie pour la jeunesse. Véritable carrefour métropolitain, les jeunes viennent s'ancrer dans les divers espaces que propose le Forum.

S'il agit comme un facteur certain de rencontre entre jeunes de banlieues et de Paris, le Forum agit aussi comme un catalyseur des problématiques, en particulier en cette période de crise économique.

Ainsi, la présence d'un lieu réservé à la présentation des offres d'emploi et l'ouverture d'un centre de santé à leur destination à l'intérieur même des Halles ne sont pas sans fondement.

Enfin et parce que la jeunesse n'est pas que l'objet de problématiques, la rénovation des Halles est l'occasion d'incarner un mouvement culturel dans un endroit qui a en été le berceau en France ces dernières années, à savoir le "Hip-Hop".

Traversant plusieurs pratiques artistiques, il s'est répandu dans le monde entier et est devenu le mode d'expression privilégié d'une jeunesse en quête de liberté et de justice sociale.

Rien d'étonnant qu'à Paris, ce soit dans les jardins des Halles plus qu'ailleurs qu'il ait fait florès, l'endroit permettant à des jeunes issus de quartiers voire de villes différentes de se rencontrer aisément et de faire fructifier ensemble un savoir-faire qui reste cependant peu reconnu.

A l'instar du "Hip-Hop Cultural Center" à Harlem, le quartier des Halles accueillera donc, une fois rénové, des espèces dédiés aux cultures urbaines afin de valoriser ce mouvement interdisciplinaire.

Lieu de diffusion, d'enseignement et de pratiques autonomes, cela permettra de répondre aux besoins du public jeune métropolitain en s'inscrivant ainsi parfaitement dans l'histoire et la sociologie du quartier des Halles.

Monsieur le Maire, mes chers collègues, le réaménagement du c?ur de Paris est une nécessité. Il faut prendre acte de ce que la concertation n'a pas oublié la problématique sociale qui va avec tous lieux urbains.

Il est toujours à craindre que des travaux de cette ampleur aient un impact négatif d'exclusion sur les populations les plus fragiles mais la qualité de la concertation qui a eu lieu, le projet qui en découle et les équipements qui sont prévus nous montrent bien que la volonté de notre Municipalité n'a pas été de faire la Ville contre celles et ceux qui l'animent mais bien pour celles et ceux qui la vivent.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup.

Madame DOUVIN, vous avez la parole.

Mme Laurence DOUVIN. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, nous arrivons à l'issue de ce débat.

Je voudrais donc vous inviter à regarder une carte de l'Ilede-France et une carte du réseau francilien. Vous allez constater la chose suivante : le pôle d'échange Châtelet - Les Halles est vraiment le point central de cette carte. C'est une réalité qui saute aux yeux, une réalité lourde de conséquences.

Il y a trois lignes de R.E.R., cinq lignes de métro et c'est ainsi que progressivement s'est formé un pôle complexe avec les deux stations de métro de Châtelet et des Halles et ensuite la gare R.E.R. Châtelet - Les Halles.

C'est un pôle qui s'est formé d'une façon hétéroclite avec des espaces juxtaposés, sans conception d'ensemble et dans une ambiance qui est devenue facilement anxiogène.

On appelle d'ailleurs toute la zone métro "le labyrinthe", la salle d'échange R.E.R. "le flipper" et par contraste l'espace de la ligne 14 plus convivial "l'oasis".

Ce sont des termes qui parlent d'eux-mêmes. La gare Châtelet - Les Halles est la plus grande gare souterraine du monde, ce sont 1.500 trains par jour, plus de 550.000 voyageurs, on l'a dit, pour le R.E.R. et le métro, et demain combien ?

Dans la salle d'échange, les flux de voyageurs se mêlent sans se repérer, car sans perspective à cause de l'encombrement des espaces.

Les conditions de sécurité sont très difficiles à y assurer. Le milieu est oppressant car toutes les circulations, nous l'avons dit, ont été sous dimensionnées à l'origine. Bien entendu, les adjonctions de lignes de R.E.R. et de métro se sont étalées de 1900, avec l'ouverture de la station Châtelet, à 1998, soit un siècle, avec la mise en service de la ligne 14.

Les travaux que nous allons certainement voter aujourd'hui apporteront principalement l'organisation de nouvelles correspondances de métro, et nous en avons bien besoin, par l'aménagement de tapis roulants, et surtout un accès direct depuis la place Marguerite-de-Navarre, dont l'espace de surface sera substantiellement modifié, puisqu'on va créer un mail.

Ensuite, il y aura également un prolongement des accès souterrains Berger et Rambuteau, du niveau 3 au niveau 4, ce qui devrait redistribuer les flots qui sont aujourd'hui trop concentrés par la porte Lescot. Enfin, bien sûr un aménagement de la salle d'échange.

La procédure est la suivante : avant l'été, il doit y avoir validation par le S.T.I.F. du schéma de principe, puis l'ouverture de l'enquête publique, puis un calendrier qui nous emmènera loin, puisque c'est vraisemblablement jusqu'en septembre 2016.

Mais deuxième considération, en regardant les cartes dont je vous parlais en commençant ce propos, il faut considérer la concentration du système de transports sous un autre angle, qui prenne en compte les conséquences de cette situation sur la fréquentation du site.

En effet, puisque cette station est le coeur du réseau R.E.R., c'est un site qui a une visibilité touristique forte pour les étrangers, les provinciaux, mais aussi pour les hommes d'affaires, notamment à travers les liaisons avec Orly, Roissy, La Défense ou Disneyland.

Bien sûr, et peut-être même principalement, la zone des Halles est devenue aussi un lieu de rencontres et de rendez-vous pour des milliers de personnes qui viennent de la banlieue parisienne, et un lieu qui n'a pas d'équivalent à un autre point du réseau.

C'est une réalité qui impacte fortement la personnalité du site des Halles et son image. Il y a également des conséquences en termes de sécurité, comme vient de l'évoquer Philippe GOUJON.

La question de cette concentration et de ses conséquences mérite donc d'être posée au niveau de l'Ile-de-France, dans le cadre du choix des orientations de la politique des transports collectifs, des futures infrastructures et de leur connexion. Un choix qui sera effectué prochainement.

Il est plus que souhaitable, d'une part, de diversifier les pôles d'entrée sur Paris, et ensuite de soulager, d'un trajet passant par Paris, les voyageurs qui ne font que du banlieue-banlieue.

Toujours au niveau des transports, mais maintenant de la circulation des véhicules, nous avions demandé dès 2004 la fermeture de la voirie souterraine hormis, bien sûr, l'accès au parc et aux aires de livraison. Nous n'avons jamais obtenu satisfaction. C'est pourquoi nous déposons un amendement pour demander l'étude de l'impact de la fermeture de cette voirie.

En dehors de l'aspect esthétique déplorable des trémies, c'est une voirie accidentogène, qui ne répond plus à la nouvelle réglementation sur les tunnels.

Enfin, je terminerai par là le projet dont nous discutons, c'est le coût de 760 millions d'euros. Surtout, par sa nature, par sa situation, il devrait être indissociable du Grand Paris dont, nous venons de le voir, il est le coeur.

Or, il n'en est rien. Sa dimension métropolitaine, en dehors de l'aspect transports, comme je viens de le souligner, est absente. C'est vraiment ce que l'on peut regretter, à l'occasion de l'examen d'un tel projet.

Je me situerai, pour conclure, en parfaite contradiction avec Jean-Pierre CAFFET puisque, pour moi, quand on parle des Halles, on parle, ou plutôt on devrait parler du Grand Paris. Cela n'est manifestement pas le cas, c'est une occasion manquée, c'est dommage.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du parti de Gauche, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci. Après ce débat très dense, intéressant, je souhaiterais que nous entendions d'abord l'adjointe aux espaces verts, Fabienne GIBOUDEAUX, puis Anne HIDALGO.

Mme Fabienne GIBOUDEAUX, adjointe, au nom de la 4e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.

Concernant le jardin, beaucoup de choses ont été dites, je voudrais revenir sur le parti pris général du jardin dont la qualité végétale a été soulignée par Jean-Pierre CAFFET et Sylvie WIEVIORKA.

Aujourd'hui, on parle de jardin, mais beaucoup de parties sont trop minérales et assez accidentées, ce qui ne donne pas à cet espace un caractère de jardin. On ne va pas au jardin des Halles, comme on va aujourd'hui aux jardins d'Eole, des Batignolles et des Tuileries. C'est une chose importante parce qu'un jardin, c'est aussi un lieu pour les Parisiens, un lieu agréable de promenade. Je pense que le projet, en tout cas, va plus dans ce sens.

C'est aussi plus de surfaces accessibles, qui correspondent aux nouvelles demandes du public. Je vous rappelle qu'il y a de plus en plus d'usagers de jardins, de demandes de réaliser de nouveaux espaces verts, et des espaces verts accessibles où on puisse se poser, pas seulement regarder mais s'allonger et passer de bons moments avec ses amis et ses enfants.

Je pense que ce jardin répond en grande partie à cette demande.

M. Jacques BOUTAULT dit que l'on a donné carte blanche à M. MANGIN, je dirais que ce n'est pas tout à fait ce qui s'est passé, parce que le projet a beaucoup évolué.

Il a évolué avant mon arrivée, avec Yves CONTASSOT, qui avait déjà beaucoup travaillé avec l'équipe MANGIN pour modifier le projet, et il a encore été modifié depuis plus d'un an, suite aux demandes de la concertation. Je pense que cette concertation, même s'il n'y a pas consensus sur tous les points, a en tout cas bien fait évoluer ce projet. Il y a eu un recalibrage des lieux de cheminement, un nouveau chemin qui mène dans l'axe est-ouest qui avait été demandé au cours de la concertation et aussi une large place pour les aires de jeux pour les enfants.

C'est un projet qui a vraiment pris en compte les besoins des habitants du quartier et les avis émis pendant la concertation.

S'agissant d'un point très sensible, à savoir le jardin Lalanne, je reconnais que quand je suis arrivée, je me suis aussi posée la question : pourquoi veut-on l'enlever ? Est-ce qu'il faut maintenir le jardin Lalanne ? C'est une question tout à fait légitime. En tant qu'élue, il est intéressant aussi de se poser des questions, de se demander si c'est vraiment judicieux, si c'est une bonne réponse.

Quand on dit qu'il n'y a pas eu de concertation sur ce jardin, je voudrais répondre qu'il y a eu une réunion, où on a tout remis à plat. J'ai réinterrogé tous les services et je leur ai demandé de me donner les éléments, les arguments militants pour la suppression du jardin Lalanne.

Ce travail a été réalisé. On a fait des réunions, on a donné les documents, ils ont été soumis à la concertation. Je pense que c'est vraiment un mauvais procès de prétendre qu'il n'y a pas eu de concertation sur le jardin Lalanne, car j'ai honnêtement pris ce dossier en main, en me reposant ces questions.

Il y a plusieurs motifs que je ne développerai pas, car ils ont fait l'objet de larges réunions. Pour moi, il y a un motif social, qui est très important. On construit un jardin avec des aires de jeux pour enfants, novatrices, et qui répondent aux besoins des gens du quartier et aussi des Parisiens.

Pour répondre à ce besoin, est-ce qu'un jardin, qui est aujourd'hui fermé en grande partie parce qu'il n'est plus aux normes, parce que les structures en béton ont vieilli et qu'on ne peut même pas les rénover et les remettre en état - on ne sait pas faire - est-ce que c'est responsable ? Est-ce du développement durable de dire qu'on va garder un tel espace, même si c'est un îlot de biodiversité intéressant, je le reconnais.

Je pense que ce n'est pas responsable, en tant qu'élu parisien, de dire aux Parisiens qu'ils auront un petit espace qui sera fermé la moitié du temps parce qu'il n'est pas aux normes, pas accessible et qu'on ne peut pas le rénover.

On ne peut dire qu'il n'a pas été entretenu : on a investi 150.000 euros pour le refaire et le rendre accessible en partie. Des travaux ont été faits, on ne peut pas dire non plus que la Ville n'a pas investi pour maintenir la liaison entre le jardin Lalanne, tel qu'il est aujourd'hui et les futures aires de jeux qui seront livrées.

Un aspect m'intéresse aussi dans ce jardin, c'est sa qualité artistique. Je pense que c'est vraiment un objet unique, vous avez raison de le dire. Il n'y a pas que la place René-Cassin qui est un objet unique. Il y a aussi le jardin Lalanne. Il a une qualité poétique, due à l'application artistique de ce projet.

On doit faire confiance aussi aux artistes aujourd'hui, aux concepteurs avec de nouveaux matériaux, de nouvelles réponses pour parvenir à cette qualité. C'est un challenge, un enjeu fort, mais c'est aussi une demande qu'on rencontre de plus en plus dans les jardins : on nous demande d'arrêter ces jeux stéréotypés de catalogue et de nous tourner vers des jeux plus intégrés au paysage, qui correspondent davantage à de nouvelles pratiques proches des terrains d'aventure, où les enfants aussi ne sont pas toujours accompagnés de leurs parents ; c'est aussi une qualité et une singularité de ce jardin d'avoir un espace un peu protégé pour les enfants.

Je pense qu?on peut retrouver ces qualités dans le cahier des charges qui inclut beaucoup de modifications apportées par la concertation. Je remercie la mairie du 1er qui a été représentée lors de ce groupe de travail. Il est vrai qu?il y a eu des modifications intéressantes.

On parle de la place René-Cassin. Je reconnais qu'il y a un consensus pour dire qu'il faut maintenir la qualité de la place René-Cassin. C?est vrai, elle est située à un endroit très agréable, un endroit très fréquenté, à la fois par les gens du quartier qui viennent organiser des fêtes, se poser, faire faire du vélo à leurs petits, du patin à roulettes, des choses assez quotidiennes et assez intéressantes et par les touristes qui viennent s'y arrêter et regarder le transept de Saint-Eustache au soleil. C?est vrai qu?il a une forte qualité.

Je pense que l'équipe MANGIN a déjà travaillé pour modifier le projet initial et retrouver cette qualité et qu?il faut encore avancer, mais il faut avancer avec une concertation apaisée, avec des participants qui ont envie de co-élaborer un projet, parce que c'est dans ces conditions qu'on peut faire évoluer les projets.

J'ai entendu aussi : "c'est un jardin plat". D'un côté, on dit : "c'est un projet qui n'est pas assez classique, il vient bousculer le Paris historique de Le Nôtre". Moi, je pense que justement, le projet de MANGIN est un projet classique ; on peut lui reprocher beaucoup de choses, mais il a une écriture tout à fait classique et, au contraire, il prolonge la promenade historique allant de Beaubourg à la place de la Concorde en passant par les Tuileries, avec un respect tout à fait intéressant du tracé historique de Paris. Monsieur LEGARET, le jardin des Tuileries, il est plat, mais c'est un beau jardin ; il n'y a pas d'éléments très importants, il y a des sculptures, des plantations d'arbres - et je pense que le végétal n'est pas plat - et un travail assez fin sur la dalle qui va être retravaillée pour permettre de ne pas faire un jardin plat? Il y avait un ateliersur cette question, parce que je me la suis posée. Je pense que l?équipe MANGIN a tout à fait répondu. Il y a un potentiel en travaillant sur la dalle pour ne pas en faire un jardin plat.

On a parlé de développement durable, pour terminer.

M. BOUTAULT est sensible, ainsi que d'autres intervenants, à la qualité du travail de développement durable sur cette opération. On a beaucoup parlé de la récupération de l'eau de pluie qui sera faite mais il y a d?autres aspects, notamment la qualité du développement durable du jardin lui-même. Ce n'est pas un jardin en pleine terre, c?est un jardin sur dalle.

Aujourd?hui, le taux de fréquentation du jardin, le piétinement en certains endroits fait en sorte que les arbres sont asphyxiés et végètent. C'est un enjeu aussi, quand on refait ce jardin, de faire en sorte qu'il vive bien, que les plantations puissent s'épanouir et qu'on ait un jardin qui s'inscrive dans la durée et dans le temps. C?est quelque chose qui avait été mal anticipé à l'époque. Je pense que les moyens techniques ont beaucoup évolué et qu'on arrive à faire vraiment des jardins sur dalles qui ont une autre qualité.

Je pense qu?il faut saisir ce changement pour donner vraiment une grande qualité à ce jardin.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes "Les Verts", socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du parti de Gauche et du Mouvement républicain et citoyen).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Un très grand merci à Fabienne GIBOUDEAUX .

Je veux associer aussi Yves CONTASSOT, parce que c?est vrai que pendant ces sept ans de débat, d'évolution, de créativité, d'écoute, nous avons tous appris, à un moment ou à un autre. J'ai fait le même cheminement que Mme GIBOUDEAUX sur la place René-Cassin, dont je trouve qu?elle est intéressante et où je pense qu'il faut encore évoluer, et sur le jardin Lalanne, où à certains moments, allant sur les marchés rue Montmartre notamment, j'avais dit : "pourquoi pas, on va voir". C'est exactement ce que vient de décrire Fabienne GIBOUDEAUX.

J?invite donc tout le monde à approfondir totalement, parce que je ne souhaite pas qu'il y ait de malentendu. Ce serait dommage.

Maintenant, la parole est à Mme Anne HIDALGO.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, au nom de la 8e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.

Chers collègues, je crois que nous en avons conscience, aujourd'hui, c'est un moment très important pour donner l'élan nécessaire à ce projet emblématique pour Paris et pour la métropole.

Après tout ce travail qui a été fait pendant ces sept ans, aujourd'hui, nous mettons un terme à cette étape pour engager une deuxième étape de réalisation. Un travail important a été accompli, cela a été dit notamment par Jean-Pierre CAFFET et Yves CONTASSOT, avec, et je tiens à le remercier également, l'appui, l'approche à la fois contradictoire, souvent contradictoire, mais très constructive du Maire du 1er arrondissement, Jean-François LEGARET, un travail qui nous a permis, je crois, d'arriver à proposer aujourd'hui un projet fort, un projet qui marquera notre Capitale, qui marquera la métropole, parce qu'il sait allier l'utilité et la beauté. C'est peut-être cela que Claude DARGENT a appelé tout à l'heure le "droit à l'urbanité" et cela fera plaisir à Roland CASTRO qui défend cette idée.

Donc nous allons arrêter aujourd'hui un projet qui a été entamé en 2002 et, cela a été dit par plusieurs, Jean-François LEGARET mais aussi Marielle de SARNEZ, le temps qui a été pris pour concerter, pour étudier, pour travailler, pour voir quelles étaient les meilleures options, tant du point de vue urbain, puisque ce projet est très complexe, que du point de vue architectural, n'a pas été du temps perdu.

Nous ne sommes plus à l'ère de l'urbanisme sauvage qui pouvait se passer de l'avis des habitants, qui pouvait se passer des études nombreuses et nécessaires. S?agissant d?un lieu aussi emblématrique que ce secteur des Halles, le temps qu?on a consacré à élaborer le projet est un temps, lui aussi, utile.

La concertation, cela a été dit, a été parfois chaotique, parfois difficile, mais nous sommes tous, les uns et les autres, expérimentés en matière de concertation et nous savons très bien qu'il y a des sujets de fond et des sujets qui, même s'ils sont importants? Je ne veux pas revenir sur ce qu'a dit Fabienne GIBOUDEAUX, je partage en tous points son approche du jardin Lalanne. Il est clair que ce jardin a occupé un espace de concertation, réduisant parfois toute la problématique et notamment la problématique métropolitaine des Halles à un sujet qui n'est pas dérisoire, qui est important, mais sur lequel nous ne pouvons pas baser toute la stratégie et la reconstruction des Halles.

Cette concertation a avancé. Je reviendrai sur des amendements proposés, notamment concernant cette concertation.

Ce que nous allons faire aujourd'hui , le fait de travailler de façon ferme et résolue sur la sécurité des Franciliens, ne relève pas du luxe. Pour résoudre les questions qui nous sont posées, pas uniquement sous l?angle de la sécurité telle que l?a évoquée M. GOUJON, il faut avoir une approche beaucoup plus large des questions de sécurité, notamment la sécurité incendie, notamment la question des évacuations dans le Forum des Halles pour les personnes à mobilité réduite. Vous savez qu?une nouvelle réglementation va s'imposer à nous en 2015 et en 2015, et si nous laissions le Forum des Halles tel qu'il est aujourd'hui, tant centre commercial que pôle de transports, il ne serait plus habilité à accueillir du public, parce qu'il ne serait plus aux normes.

La question de la sécurité est une question indispensable que nous devons traiter.

S'agissant de la mobilité des Franciliens, cela a été très bien dit par Claude DARGENT et d'autres collègues, il est clair que cette gare qui est la principale gare d'Europe est sousdimensionnée, qu'il faut en améliorer les accès, qu'il faut en améliorer le confort pour les voyageurs. J'entendais Mme TACHÈNE nous dire de prendre l?attache de M. BLANC, mais cela fait un moment que nous attendons que M. BLANC daigne venir discuter avec nous de ce qui concerne la dynamique de transport au c?ur de cette métropole.

Bien sûr que si M. BLANC et si le Gouvernement, ce que nous souhaitons et nous allons les solliciter, acceptent d'accorder des moyens financiers pour ce qui, quand même, est la principale gare d'Europe, qui, certes, se situe à Paris - nul n?est parfait -, si on pouvait avoir un appui déterminé pour conduire un projet qui améliorera la situation de plus de 800.000 voyageurs/jour, je crois que nous aurons fait ?uvre utile. En tout cas, nous sommes plus que dans la logique de la main tendue, nous sommes vraiment dans une logique de volonté de coopération avec l'Etat pour améliorer ce pôle de transport.

A ce stade, je voudrais remercier la Région, le S.T.I.F. et le Président du S.T.I.F., remercier également la R.A.T.P., d'avoir pris la mesure et d'être complètement parties prenantes, y compris sur le plan financier, de ce projet très important pour nous tous.

Beaucoup ont souligné la dimension métropolitaine, je pense notamment aux collègues du groupe communiste, et notamment à Emmanuelle BECKER. A ce stade, je voudrais remercier très fortement à la fois Pierre MANSAT, qui porte avec nous cette dimension métropolitaine du lieu dans les comités de concertation, mais aussi Bruno JULLIARD, qui travaille de façon très précise et très fine sur un projet d'équipement culturel, qui sera peut-être, le Maire l?a dit aussi, ce grand projet phare que Jean-François LEGARET appelait de ses voeux. Je crois que ce pôle des cultures urbaines dédié au hip-hop, à toutes les cultures urbaines, peut vraiment être un lieu phare parce que, c'est vrai, vous l?avez dit, Emmanuelle BECKER l?a dit, nous sommes très marqués par cette étude faite auprès des jeunes banlieusards - appelons-les comme cela - usagers du Forum des Halles, qui considèrent que ce lieu leur appartient. J'ai bien aimé le terme de "trêve métropolitaine", très loin de considérations qui laisseraient à penser que partout où il y a de la foule et où il y a des jeunes, il y aurait forcément de l'insécurité. On peut travailler la question de l'insécurité, c'est la volonté de tous les acteurs publics et privés sur le site, aussi sous l'angle de la place réservée aux jeunes métropolitains à partir du projet culturel.

Je reviens sur les amendements qui ont été présentés et je vais donner les avis de l'Exécutif.

Nous avons un voeu présenté par le groupe des Verts sur le recentrage du projet sur les questions de transports et de sécurité. Pour nous, il n'est pas question de recentrer le projet. Nous l?avons dit : tous les sujets se tiennent. Jean-François LEGARET a également mis cet élément en avant. Les Halles sont un millefeuille : nous ne pouvons pas travailler ce qui se passe en surface sans travailler ce qui se passe dans le pôle d'échange et forcément les voiries souterraines. Il faut attaquer ce projet par l'ensemble de ses dimensions. Si nous faisions un séquencement, laissant pour plus tard... D?ailleurs, laissant quoi pour plus tard ? La Canopée, considérant que ce serait du luxe ? Non, ce n'est pas du luxe d'avoir un pôle d'échange conforme aux règles de sécurité, un Forum commercial qui est l'identité de départ du lieu parce qu'il y a beaucoup d'emplois, beaucoup d'activités économiques, et tout cela est nécessaire à la dynamique de Paris et de la métropole. Ce ne serait pas correct et décent de retarder ce projet en le séquencant et en considérant qu'il y aurait les urgences et le reste qui relèverait de l'accessoire.

Nous devons attaquer ce projet de façon globale. J'émettrai donc un avis défavorable sur le v?u n° 2 déposé par "Les Verts".

Nous avons un amendement de l'U.M.P. qui relatif au rétablissement d'un bilan objectif de la concertation. On en a longuement parlé avec Jean-François LEGARET. Nous sommes d'accord sur le dispositif de cet amendement, mais pas sur ses considérants.

Nous avons une autre formulation à proposer, je ne sais pas si vous êtes d'accord pour mettre de côté les considérants et accepter simplement le point de conclusion de votre amendement, auquel cas cela nous irait. Nous sommes d'accord pour dire qu'il n'y a pas un consensus général, notamment sur le jardin. Il faut être objectif et réaliste : il y a encore au moins une association qui n'est pas d'accord sur le jardin. Pour autant, nous ne pouvons pas dire qu'il n'y aurait pas eu recherche de consensus ni que cela n'aurait fait l'objet d'aucun consensus, d'autant qu'on peut encore continuer à travailler.

Sur cet amendement, je ne sais pas ce que vous ferez, Monsieur LEGARET, mais si vous acceptiez de supprimer les considérants, j'émettrais un avis favorable.

Sur la place René-Cassin et le jardin Lalanne - amendement n° 4 -, nous avons pour le coup un problème avec un considérant, qui pourrait aussi être modifié si vous en étiez d'accord. Vous dites "Considérant que dans son projet, l'agence "Seura" propose la suppression des cheminements Nord/Sud..." Je vous propose de substituer le terme "reconfiguration" à celui de "suppression", puisque le projet de "Seura" ne supprime pas les cheminements Nord-sud.

Ce sont des mots qui sont inutilement polémiques, mais je vois que vous acceptez.

Par ailleurs, vous dites aussi dans cet amendement que "Si la Ville de Paris a depuis 2001 cessé tous travaux de maintenance et d'entretien de ce site, il serait facile et peu coûteux de remettre à niveau et de préserver l'esprit du jardin Lalanne". Fabienne GIBOUDEAUX a bien répondu en disant que depuis 2001, nous avons engagé 150.000 euros dans l'entretien du jardin Lalanne. Si vous supprimiez ce considérant, nous pourrions accepter votre amendement. Je vois que vous acquiescez.

Sur le n° 5, il y a un avis favorable, avec une petite reformulation, mais nous sommes d?accord dans l?état d?esprit. Il s'agit de dire que l'aménagement du quartier des Halles préserve la place René-Cassin.

Sur le voeu n° 6 des Verts, avis favorable.

Sur l'amendement n° 7 de l'U.M.P., j'émets un avis défavorable en raison d'un problème de délai. Si on l'acceptait, cela nous conduirait à séquencer les choses et finalement, à ne pas être en phase avec les délais.

Sur l'amendement n° 8 de l'U.M.P., là aussi, c'est un avis défavorable. Je précise que les chiffres avancés de 84 millions d'euros pour le jardin sont inexacts, il s'agit en fait de 25 millions d?euros.

Le voeu n° 9 du P.C., qui parle de parcours de santé et d'équipements sportifs gratuits, nous sommes d'accord. Il s'agira, non pas de prévoir, mais au moins d'étudier dans un premier temps la réalisation de ces parcours. Si vous êtes d'accord il s'agit de remplacer le terme "prévoir" par "étudier".

Sur l'amendement n° 10 de l?U.M.P., concernant l'équipement métropolitain pour la Canopée, avis favorable.

Sur le voeu n° 11 des Verts concernant la dimension métropolitaine du projet, nous sommes entièrement favorables.

Sur l'amendement n° 12 de l'U.M.P. concernant un auditorium dans la Canopée, vous avez vu que notre parti pris est d'avoir une salle susceptible d'être partagée par plusieurs équipements, dont le conservatoire. J?emets donc un avis défavorable à votre amendement.

Puisque c'était le même sujet, le n° 13, des Verts, avis défavorable.

Concernant le v?u n° 14 du P.C., c'est un avis favorable. Il y a une nuance de formulation puisqu'aujourd'hui, les conservatoires ne sont pas ouverts aux habitants de la banlieue, mais uniquement aux Parisiens.

Sur le voeu du P.C., n° 15, avis favorable. Nous travaillons dans ce sens sur une offre commerciale accessible et la mixité sociale.

Sur l'amendement n° 16 de l'U.M.P., avis favorable, en précisant néanmoins que la déchetterie est pour nous un équipement très important. En revanche, nous sommes bien sûr d'accord pour communiquer sur l'étude d'impact de la fermeture des voiries souterraines dès que possible. Ce travail-là est en cours.

Le v?u n° 17 des Verts sur le fret ferroviaire : avis favorable.

Sur l'amendement U.M.P. n° 18, qui parle d'une tranche ferme et d'une tranche conditionnelle sur le projet des Halles, avis défavorable.

Sur les travaux limités la nuit, amendement n° 19 déposé par l'U.M.P.P.A., avis favorable.

Idem sur le voeu n° 20 des Verts sur les travaux limités de nuit.

En même temps, il nous faudra un peu de souplesse. Si le pôle transport nous dit qu'il a besoin de travailler sur le réseau R.A.T.P., nous les soutiendrons. Avis favorable sur ces deux amendements et v?ux, l?un de l?U.M.P., l?autre des Verts.

Je vous remercie, mes chers collègues.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du parti de Gauche, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").

M. LE MAIRE DE PARIS. - Bravo, Anne, parce que, en plus, maintenant j'y vois très clair, non seulement sur chaque v?u et amendement mais sur les raisons pour lesquelles les points de vue se rapprochent. C'était un peu fastidieux, parce qu'il y en avait 20, mais, en même temps, c'est bien de donner les explications de fond à chaque fois et nos séances servent justement à débattre, à constater les points de désaccord, quand il y en a, et puis, après, sinon, à mieux se comprendre.

Donc, vraiment, chers collègues, je vous suis très reconnaissant à tous d'avoir à ce point pris au sérieux un sujet que je crois, effectivement, vital pour Paris et son avenir.

Nous allons maintenant passer aux différents votes, en commençant évidemment par les amendements et les v?ux, puis les projets de délibération?

M. Yves POZZO di BORGO. - Explication de vote !

M. LE MAIRE DE PARIS. - Après les v?ux, alors. Si c?est une explication de vote, c?est après les v?ux, juste avant les projets de délibération.

M. Jean-François LAMOUR. - Non, ce n?est pas une explication de vote, Monsieur le Maire, puisque nous avons débattu. C'était simplement pour vous demander une suspension de séance très brève pour nous permettre de faire le point à l'issue de cet échange, en particulier sur les quelques modifications demandées.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Bon, alors, tout de suite ! Mais 5 minutes, cela suffit-il ?

M. Jean-François LAMOUR. - Il y en a pour 2 minutes. Merci, Monsieur le Maire.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je suis pour l?ordre, moi ! Vous aussi, j?imagine ?

Ah oui, oui, la démocratie a besoin d?ordre, chers amis !

Monsieur LEGARET, d?un mot ?

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Je serai extrêmement bref. Je ne veux évidemment pas m'accrocher à des considérants. Il n'y a aucun amour-propre d'auteur. D'ailleurs, ce que l?on vote, ce sont les amendements, ce ne sont pas les considérants. Je suis donc prêt à toute adaptation sur les considérants, s'il s'agit de modifier un terme.

Ce qui nous intéresse, ce sont les avis définitifs sur le texte des amendements. Si vous voulez que, même à l'issue de séance, on puisse repolir les textes des considérants, je n?y vois, à titre personnel, aucun inconvénient, si on en conserve l'esprit et s'il est entendu qu'il n'est pas souhaitable de faire figurer des termes qui pourraient être mal interprétés.

Pour le reste, on m'a demandé si nous souhaitions retirer des amendements. Je crois que cela n'est pas le cas.

Il y en a peut-être un sur lequel je m'interroge : c'est le 18, parce que je ne me faisais pas beaucoup d'illusions sur son adoption. On peut peut-être prendre date aujourd'hui et le mettre au vote.

Nous maintenons donc tous les amendements que nous avons déposés. Sur les considérants, on ne va pas se battre, il peut toujours y avoir une adaptation de tel ou tel terme, si cela joue sur un terme.

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je crois que cet échange a le mérite de l'honnêteté intellectuelle.

D?abord, un point de droit : on vote non pas les considérants mais les projets de délibération et amendements. Pour les v?ux, c'est un peu différent.

Deuxièmement, compte tenu de cet échange, bien sûr, vous maintenez les amendements, y compris quand Mme HIDALGO a dit qu'elle y était défavorable. Pour d'autres, je crois avoir compris que vous vous étiez mis d'accord en termes d'esprit sur les formulations.

La séance est suspendue.