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Avril 2009
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2009, Vœu déposé par le groupe communiste et les élus du parti de Gauche relatif à la participation d'une association de soutien à l'O.A.S. au ravivage de la flamme du Soldat inconnu.

Débat/ Conseil municipal/ Avril 2009


 

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Nous passons au v?u référencé n° 33 dans le fascicule relatif à la participation d'une association de soutien à l'O.A.S. au ravivage de la flamme du Soldat inconnu. Il a été déposé par le groupe communiste et élus du parti de Gauche.

La parole est à M. Alexis CORBIÈRE.

M. Alexis CORBIÈRE. - Ce v?u a pour toile de fond un des épisodes les plus tragiques et les plus douloureux de notre histoire contemporaine. Il nécessite de notre part d'avoir du sérieux.

Je crois qu'il faut, sur ce sujet, ?uvrer, quel que soit le camp que les uns et les autres ont pu défendre, à la réconciliation.

Toutefois, l'objet de ce v?u est de s'indigner du fait qu'une association, animée par ceux qui sont les nostalgiques les plus ultras de cet épisode, par ceux qui ont combattu les armes à la main la République, nommée "Souvenir du 26 mars 1962", ait obtenu l'autorisation de la part du Préfet de raviver la flamme du Soldat inconnu.

Cela ne nous semble pas aller dans le sens de cette réconciliation mais au contraire de l'exaltation de ceux qui ont défendu un ordre colonial et injuste, de ceux qui ont combattu la France dans sa conception républicaine qui doit être la nôtre.

C'est la raison pour laquelle nous ne comprenons pas cette autorisation qui selon nous fait injure à tous ceux, fonctionnaires, soldats ou civils qui ont subi la répression de l'O.A.S. qui, selon les historiens, a fait entre 2.000 et 10.000 victimes.

L'O.A.S. et ceux qui la défendaient assassinaient les victimes. La violence est inacceptable. Je profite de l'occasion pour solennellement inviter chacun aujourd'hui à refuser des propos violents dans un contexte qui est le nôtre.

A ce titre, je m'indigne qu'hier, à l'occasion d'une émission de télévision, le député et conseiller de Paris Pierre LELLOUCHE, dans un débat qui l'opposait à Jean-Luc MÉLENCHON, lui ait dit qu'il souhaitait : "le flinguer et qu'il regrettait de ne pas le faire".

De tels propos sont inacceptables.

M. Jérôme DUBUS. - Pas du tout, c'est lui qui a été insulté !

M. Alexis CORBIÈRE. - Quiconque aurait tenu de tels propos aurait été condamné unanimement. Ces propos sont irresponsables de la part d'un député de la majorité, ils doivent être condamnés.

Voilà pourquoi je reviens à mon v?u mais une fois encore, la violence avec laquelle on me répond est symptomatique. La réconciliation oui, la nostalgie de l'extrême droite et des adversaires de la République, non.

Nous demandons au Préfet d'expliquer pour quelle raison une telle autorisation a été accordée. Nous souhaitons qu'elle soit refusée pour les années prochaines.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Je donne la parole à M. le Préfet puis à Catherine VIEU-CHARIER pour la réponse.

Nous écouterons par la suite les explications de vote.

M. LE REPRÉSENTANT DU PRÉFET DE POLICE. - C'est au seul Comité de la Flamme, union d'associations d'anciens combattants et non au Préfet de police qu'il appartient d'arrêter le calendrier des cérémonies de ravivage de la flamme, monument national, sur la tombe du Soldat inconnu, après examen des demandes qui lui sont directement adressées.

Ce Comité agit dans le respect du pluralisme et la diversité des associations patriotiques. Votre groupe rappelle régulièrement à la Préfecture de police que les libertés de réunion et de manifestation constituent des libertés fondamentales.

Conformément au décret de loi de 1935 et à la jurisprudence très restrictive des tribunaux, seule une menace grave à l'ordre public que les moyens dont dispose la Préfecture de police ne seraient pas en mesure d'empêcher, justifierait une mesure d'interdiction.

Lors de la commémoration du 26 mars dernier, un dispositif adapté a été mis en place pour préserver l'ordre et la tranquillité publique. Comme les années précédentes, les incidents ont été contenus.

J'ajoute que pour l'Etat, la date officielle de commémoration de la fin de la guerre d'Algérie arrêtée par les pouvoirs publics est le 5 décembre.

Pour conclure, je tiens à réaffirmer que la position de la Préfecture de police face à cette période de l'histoire à laquelle elle a participé est sans ambiguïté aucune.

Pour manifester son attachement aux principes républicains, elle privilégie le devoir de mémoire, éclairée par la recherche historique et ouvre ses archives à tous les historiens qui le demandent sur la base d'un projet scientifique.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Merci, Monsieur le Préfet.

Madame Catherine VIEU-CHARIER ?

Mme Catherine VIEU-CHARIER, adjointe. - Je regrette, Monsieur le Préfet, qu'effectivement dans cette affaire, il y ait trouble à l'ordre public.

Il y a également un autre problème : cette association s'est emparée des mots "souvenir du 26 mars 1962".

Je voudrais que l'on ajoute un amendement à ce v?u parce que nous nous désolons par ailleurs de l'utilisation dans son nom même par l'association de la date de la tragédie du 26 mars 1962 dont les victimes civiles qui participaient à une manifestation ont été blessées ou tuées par l'armée française et par des forces locales.

Nous comprenons la douleur et l'émotion des familles de ces victimes, mais il suffit d'aller voir sur le site les propos tenus par cette association pour s'inquiéter d'éventuelles dérives.

Il faut effectivement demander que ce genre de rassemblement ne soit pas renouvelé l'année prochaine.

Je donne un avis favorable à ce v?u avec l'amendement que je propose parce qu'il faut penser aux familles qui ont été atteintes le 26 mars 1962.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint. - 80 morts !

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Le groupe communiste accepte-t-il cette proposition ?

Laurence DOUVIN, vous avez fait une demande d'explication de vote ?

Mme Laurence DOUVIN. - C'est davantage un rappel au règlement.

Je voudrais revenir aux propos tenus par Alexis CORBIÈRE puisque nous avons entendu une mise en cause personnelle d'un conseiller absent, mise en cause qui n'avait rien à voir avec le v?u dont nous débattons.

Je souhaite que ces propos déplacés soient retirés, et si tel n'est pas le cas je demande une suspension de séance.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Je donne la parole à Alexis CORBIÈRE pour savoir ce qu'il répond à Laurence DOUVIN et s'il accepte la proposition de Catherine VIEU-CHARIER.

M. Alexis CORBIÈRE. - J'accepte la proposition de Catherine VIEU-CHARIER.

Tout de même, prenons la mesure de ce qui a eu lieu hier. Un parlementaire a dit à un autre parlementaire qu'il souhaitait le "flinguer". Vous vous êtes indignés parce que j'ose en parler ici, que j'ose dénoncer les propos inacceptables d'un conseiller de Paris !

De tels propos auraient été tenus par n'importe qui de l'opposition, vous seriez vent debout pour les dénoncer, c'est scandaleux !

Les propos de Pierre LELLOUCHE sont ceux d'un homme excité qui est tombé sur la tête. On confie des responsabilités gouvernementales à un tel homme ! Je suis inquiet, Madame, et si vous aviez de la dignité, vous dénonceriez ces propos.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Restons-en là.

Laurence DOUVIN, demandez-vous une suspension de séance ?

Mme Laurence DOUVIN. - Effectivement. On voit qui est excité sur ces bancs.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - On va essayer de faire en sorte qu'elle soit la plus brève possible, Madame DOUVIN, êtes-vous d'accord ?

Je vous remercie.

La séance est suspendue.