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Avril 2009
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2009, Vœu déposé par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés relatif à l'interdiction d'un rassemblement de catholiques intégristes dans le square Louise Michel. Vœu déposé par le groupe "Les Verts" visant à ce que le square Louise Michel demeure ouvert le lundi de Pentecôte.

Débat/ Conseil municipal/ Avril 2009


 

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Nous allons examiner les v?ux nos 67 et 68 relatifs à un rassemblement de catholiques intégristes dans le square Louise-Michel.

Le v?u n° 67 a été déposé par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés et s'adresse à M. le Préfet de police.

Le v?u n° 68 a été déposé par le groupe "Les Verts".

Je donne la parole à M. le Maire Daniel VAILLANT.

M. Daniel VAILLANT, maire du 18e arrondissement. Chaque année, à la Pentecôte, un pèlerinage de Chartres à Paris est organisé par l'association "Pèlerinages de Tradition". Cette organisation est, selon ses propres termes, une émanation directe de la Fraternité Saint Pie X, qui rassemble des fidèles de Mgr LEFEBVRE et des autres évêques excommuniés par Jean-Paul II en 1988.

Ce pèlerinage s?achève le lundi de Pentecôte au pied de la Basilique de Montmartre. Celle-ci leur étant fermée, les participants obtiennent chaque année de se rassembler pour célébrer une messe au square Willette d'abord et, depuis que j?ai proposé qu?il change de nom, au square Louise Michel, au pied de la Basilique.

Cette manifestation a toujours été autorisée par la Ville de Paris. La municipalité du 18e estime qu?il est temps de revenir sur cette autorisation qui résultait d'un manque de vigilance, que je nous et que je me reproche, compte tenu des informations que j'ai recueillies depuis sur cette manifestation et ses organisateurs. J'ai d'ailleurs donné un avis négatif avant même que le v?u ne soit examiné en mairie du 18e arrondissement.

La Fraternité Saint Pie X, je ne vais pas développer, s'est construite en opposition à l'église catholique en pleine évolution à la suite de Vatican II.

Même si la Fraternité Saint Pie X se défend d?engagement politique, son discours, ses pratiques et ses ramifications classent indiscutablement cette organisation dans la mouvance de l'extrême droite intégriste, avec de forts relents antisémites.

Quelques exemples :

- le 25 juillet 1996, une messe est célébrée en l?honneur du milicien Paul Touvier à l?église Saint-Nicolas du Chardonnet, repère de la Fraternité Saint Pie X. A cette occasion, l'abbé Philippe LAGUÉRIE lui rend hommage en évoquant "une âme délicate, sensible et nuancée".

- La Fraternité Saint Pie X a organisé plusieurs pèlerinages à l'île d?Yeu sur la tombe de Pétain, comme le 22 septembre 2007 au cours duquel l'abbé Régis de CACQUERAY, supérieur du District de France de cette Fraternité et directeur général de l?association "Pèlerinages de tradition", compare le combat du Maréchal Pétain pour la France à celui de Monseigneur LEFEBVRE pour l'église.

- le 22 janvier 2009, l'un des responsables de la Fraternité Saint Pie X, Richard WILLIAMSON, tient des propos négationnistes lors d?un entretien télévisé. Alors que la Fraternité Saint Pie X tente de se démarquer des propos de WILLIAMSON, le responsable de la Fraternité pour le Nord-est de l'Italie, Floriano ABRAHAMOWICZ, déclare le 29 janvier qu'à sa connaissance les chambres à gaz ont servi "à désinfecter", ajoutant "ignorer si elles ont causé des morts ou non".

- le site Internet de la Fraternité Saint Pie X recense parmi ses "associations amies" l'organisation Civitas. Celle-ci, qui se situe ouvertement à l'extrême droite, est dirigée par Alain ESCADA, l?un des responsables de la Fraternité Saint Pie X en Belgique. Sur son site, Civitas publie un communiqué de presse en date du 24 novembre 2008 consacré à l'élection de Simone VEIL à l'Académie française. Extraits : "Qu'une femme rescapée des camps de la mort promeuve la législation du meurtre par avortement de millions de petits Français devrait faire sourire si l'horreur ne l'interdisait. Ces millions d'enfants massacrés auraient bien voulu survivre eux aussi. Les camps de la mort nazis auront moins tué que les avortoirs légalisés par la loi VEIL".

Compte tenu de ces éléments, il serait particulièrement regrettable de mettre le square Louise-Michel à la disposition de la Fraternité Saint Pie X le 1er juin 2009 pour lui permettre d?y célébrer une messe intégriste véhiculant son discours de haine.

En revanche, bien sûr, j'ai toujours donné et continuerai de donner un avis favorable pour la procession du Cardinal Archevêque de Paris en direction du Sacré-Coeur. Vous savez mes positions sur les églises, ayant été un Ministre des Cultes totalement tolérant et respectueux de la liberté individuelle de conscience et de religion dans notre pays.

Mais pour ceux-là, moi, ma réponse est "non".

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du parti de Gauche, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci, Monsieur le Maire.

La parole est à Sylvain GAREL.

M. Sylvain GAREL. - Après cette forte intervention de Daniel VAILLANT, que je salue particulièrement, il n'y a plus grand-chose à ajouter.

Si j'ai déposé ce v?u en mairie du 18e, et j'ai été d'ailleurs très satisfait qu'il ait été voté par toute la gauche, et même qu?une partie de la droite se soit simplement abstenue, c'est effectivement qu'il est insupportable que l'un des plus grands espaces verts du 18e, le lundi de la Pentecôte, soit occupé par des gens qui tiennent de tels propos.

Je vous rappelle aussi que cette Fraternité Saint Pie X squatte depuis plus de 30 ans Saint-Nicolas du Chardonnet, que notre Conseil a demandé à notre initiative, à plusieurs reprises, et a voté pour qu'ils soient expulsés de ce lieu où ils profèrent ce genre de déclarations.

Je vous rappelle aussi que, suite à une intervention que j'avais faite, ils ont été condamnés parce que leur bulletin contenait des articles islamophobes et antisémites, que, dans leur demande - et ce n?est sans doute pas un hasard - d'autorisation, ils ne parlent pas du square Louise-Michel, mais du square Willette, de son ancien nom. Willette était, comme le savent sans doute certains ici, un antisémite notoire. Et que, en plus, lorsque vous vous rendez dans ce square, le lundi de Pentecôte, ce qui m?est arrivé à plusieurs reprises, on s'aperçoit que vous avez là, à côté de gens qui sont venus pour des motifs religieux, des militants d'extrême droite connus et certains sans doute qui fréquentent la rue de Javel dont nous parlions tout à l'heure et qui assurent un service d'ordre très musclé à cette opération.

Sur Paul Touvier, c?était très bien, la citation qui a été faite, mais je voudrais rajouter un petit mot qu?a dit l'abbé Philippe LAGUÉRIE : après avoir effectivement parlé de "l'âme sensible, délicate" et même "nuancée" du seul Français qui a été condamné pour crime contre l?humanité, il rajoutait : "Voici l'heure de la comparution de Paul Touvier devant un tribunal divin où il n'y a pas de média, pas de communistes, pas de franc-maçonnerie ou de LICRA."

Par contre, il y avait ensuite un registre où des gens ont pu écrire, donc des gens qui venaient à cette messe et qui sans doute viendront à celle qui devrait se tenir au square Louise-Michel : "L'avenir vous donnera raison", "Nous prions pour vous et pour le Maréchal", "A la mémoire d'un homme qui n'a jamais renié son passé". Je vous en passe et des pires !

Nous avons des images de cet enterrement où toute une partie des gens se promènent avec la francisque du Maréchal et des croix celtiques. De plus, les derniers anciens Waffen-SS français étaient, bien sûr, présents à cette messe funèbre pour Paul Touvier.

Je pense que notre Ville ne peut pas prendre le risque que, par exemple, Monseigneur WILLIAMSON vienne le lundi de Pentecôte tenir une homélie devant ce type de fidèles pour réaffirmer ses propos.

Donc, je crois qu'un refus d'autorisation d'un rassemblement dans un lieu appartenant à la Ville est indispensable - s'ils veulent louer un lieu privé, c'est leur problème -. Surtout que, s'ils se réunissent dans ce square, c'est simplement parce que l'église catholique leur refuse l'accès du Sacré-Coeur, mais cela, c'est leur problème à régler entre eux et ce n?est pas à la Ville de résoudre les divergences entre ces églises.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du parti de Gauche, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci.

Explication de vote de M. BOURNAZEL.

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Merci, Monsieur le Maire.

On a entendu beaucoup de propos que, ici, bien sûr, l'ensemble du groupe U.M.P. ne peut que condamner : l'antisémitisme, la haine de l'autre. Nous les condamnons, ces propos, fermement et, pour cela, il y a la loi. Et la loi, elle est utilisée quand il faut les condamner.

Simplement, je suis un peu étonné, Monsieur VAILLANT, que vous nous expliquiez, comme M. JOSPIN en 2002, que vous avez péché vous aussi par naïveté !

Cela fait 14 ans que vous êtes Maire du 18e arrondissement et vous vous rendez compte aujourd'hui de la gravité d'une telle situation !

Vous nous parlez de tombe fleurie du Maréchal Pétain. Je n?oserai pas vous rappeler que le dernier Président de la République qui a fleuri la tombe du Maréchal Pétain était François Mitterrand !

Tout cela pour vous dire qu?il y a des limites.

(Mouvements de protestation sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du parti de Gauche, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").

Il faut faire attention à ne pas instrumentaliser de tels dossiers. Nous sommes des élus de la République, des élus locaux.

(Mouvements de protestation sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du parti de Gauche, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Attendez ! Laissez parler M. BOURNAZEL dans le silence !

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Nous avons besoin d'amener du calme. On peut condamner les propos de tel ou tel dirigeant religieux ou de tel ou tel dirigeant politique.

Vous condamnez les propos de M. LE PEN, mais le 1er mai, M. LE PEN va manifester place de l'Opéra et la Fraternité Saint Pie X n'a pas M. WILLIAMSON, comme vous l?avez dit, dans ses membres, il en a été exclu, par exemple. Vous le voyez, les choses sont beaucoup plus compliquées.

Alors, nous, nous sommes sur une position extrêmement claire : nous condamnons fermement tous les propos qui peuvent dériver vers l'antisémitisme, la haine de l?autre, mais nous n'acceptons pas que vous instrumentalisiez de manière politique aujourd'hui?

(Mouvements de protestation sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du parti de Gauche, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").

? aujourd'hui? 14 ans après votre arrivée à la mairie du 18e arrondissement. Que n?avez-vous fait lorsque vous étiez Ministre du Culte et lorsque vous étiez maire du 18e arrondissement pour interdire cette manifestation qui partait du même endroit ?

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

Pourquoi vous réveillez-vous en 2009 ?

Pourquoi vous réveillez-vous en 2009, Monsieur VAILLANT ? Vous essayez de mettre sur la table des sujets extrêmement politiciens parce que, finalement, vous voulez cacher peut-être tout le reste.

Nous nous abstiendrons sur ce v?u.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Explications de vote ?

Jean-Marie CAVADA ?

Explication de vote de Jean-Marie CAVADA.

M. Jean-Marie CAVADA. - Merci, Monsieur le Maire.

Bien sûr, on peut remonter l'agenda politique et voir qu'ici ou là, comme il vient d'être fait, un peu plus de fermeté dans l'histoire récente de notre pays de la part de tel ou tel dirigeant se serait imposée au regard de la morale publique. Mais c'est sur ce registre-là que je veux rester.

Je salue, pour ce qu'elle vaut et pour aujourd'hui, Monsieur VAILLANT, votre déclaration, ainsi que le commentaire de M. GAREL.

D'abord à l'aide de trois propos.

Avant la puissance publique, il faut le dire, puisque nous sommes dans une ville qui a son autorité indépendante, ce n'est pas normalement à l'autorité municipale de devoir monter en première ligne, c'est à l'Archevêché de faire son ménage avec ses bons et ses mauvais sujets. Et je suis étonné du silence de l'Archevêché dans cette affaire, s'il apparaissait qu'elle aille jusqu'à troubler l'ordre public !

Deuxième chose, si c'est dans ce cadre que M. Daniel VAILLANT a pris son arrêté, cela me semble tout à fait impossible d'y apporter la moindre critique, parce que quelles seraient les conséquences après, s'il y avait des heurts raciaux, des propos antisémites, des propos de toute nature tenus lors de cette manifestation ? Or, il faut bien voir que ce n'est pas exactement dans un cadre pacifique qu'elle se réunit.

Mais je veux aller plus loin, Monsieur le Maire, je veux aller plus loin parce qu'il y a tout de même un certain nombre de choses qui nous conduisent à l'idée que cela suffit. J'aurais préféré, dès avant même le dépôt de ce voeu, voir notre Municipalité ester devant les tribunaux, ainsi que sa personne morale le lui permet, contre les propos tenus par cet étrange M. WILLIAMSSON, qui porte encore le titre de Monseigneur.

Pourquoi je dis ceci ? La Ville de Paris est compagnon de la Libération. De nombreux résistants communistes ou autres, juifs, sont tombés sous les balles nazies, ont été déportés, on été exterminés dans les camps de la mort.

Je veux citer en ce moment, qui échauffe les esprits mais qui devrait tous nous réunir, deux noms qui ont leur place dans cette enceinte : celui de l'ingénieur Joseph Clisci et celui de M. Joseph Epstein, un des principaux chefs de la Résistance en Région parisienne. Cette mémoire, ces sacrifices, doivent être défendus devant l'Histoire, et donc dans nos mémoires contemporaines actuellement contre les falsificateurs et négationnistes, et d'une façon générale, par tous les moyens judiciaires à notre disposition dans les tribunaux nationaux ou internationaux.

Notre famille politique centriste, comme celle des communistes, comme celles des gaullistes bien évidemment et d'abord, et comme celle des socialistes, a été directement liée à la Résistance. C'est pourquoi notre groupe, en conclusion, Monsieur le Maire, serait favorable à des poursuites contre les propos de Monseigneur WILLIAMSON, qui a souillé les sacrifices des libérateurs de la Capitale, comme tous les autres sacrifiés dans cette bataille de libération.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur tous les bancs de l'Assemblée).

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci, Monsieur CAVADA.

M. SARRE a la parole.

M. Georges SARRE, adjoint. - Monsieur le Maire, Monsieur le Ministre, je dirai d'abord la règle. En vertu des dispositions du règlement, des parcs et promenades de la Ville de Paris (article 27), l'organisation d'une manifestation religieuse dans un square est interdite, sauf autorisation préalable donnée par le Maire de Paris et par le Préfet de police.

Je rappelle la règle.

La majorité des membres du Conseil du 18e arrondissement souhaite que cette autorisation ne soit pas délivrée aux organisateurs de la messe, qui serait célébrée pour Pentecôte par un groupe catholique, réactionnaire, traditionaliste dans le square Louise-Michel, qui se trouverait par là même fermé au public.

Cette messe serait susceptible de provoquer quelques troubles à l'ordre public, dans un contexte de controverse aiguë rappelé par les dépositaires du voeu.

Au demeurant, je pense que nous n'avons pas lieu de polémiquer, la non-délivrance de cette autorisation est conforme au principe de laïcité et aux lois en vigueur depuis 1905.

Ce qui me semble, après avoir parlé de la règle, nécessaire, c'est, face à certains propos, de rappeler l'Histoire et la Résistance, et le sursaut des Français dès 1940. Je voudrais c'est pour cela que je me tourne - saluer Daniel VAILLANT, le Maire du 18e arrondissement qui a pris cette initiative, car c'est une affaire qui dormait gentiment, et j'entends beaucoup de gens offusqués. Mais nous le savions tous !

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Et alors, il fallait le faire !

M. Georges SARRE, adjoint. - Et bien, on le fait !

Je considère, pour ma part, qu'il est regrettable de se trouver au Conseil de Paris aujourd'hui et d'entendre des propos tout à fait stupéfiants : car rejoindre la Résistance, mourir pour son pays, mourir sous la torture, devrait faire en sorte que tous, nous soyons d'une dignité irréprochable, non seulement dans un débat comme celui-ci, mais plus largement dans la vie ordinaire ou officielle.

Je prends un exemple : il y aura des manifestations pour célébrer les déportés et les résistants. Combien serons-nous ? Car quand je regarde les visages, je sais qu'il y en a quelques-uns, et je le dis, nous ne sommes pas très nombreux. Il me semble donc souhaitable que dans cette affaire, l'interdiction soit claire, nette et durable, et que dans le même temps, pour tous ceux qui se sont sacrifiés pour notre liberté, on ait de la dignité, du respect et de la mémoire.

Je vous remercie.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Monsieur CAFFET, vous voulez dire deux mots ?

M. Jean-Pierre CAFFET. - Je veux dire deux mots, bien entendu, explication de vote, pour dire aussi combien j'ai été stupéfait par les propos de M. BOURNAZEL, car il faut donner acte à Daniel VAILLANT du courage d'avoir reconnu une négligence de sa part et cela a été ses propres propos.

Oui, il a eu, sans doute, peut-être une négligence, de ne pas interdire?

Reconnaissons quand même que depuis quelques mois, des éléments nouveaux ont été portés à notre connaissance ! Les propos d'antisémitisme, les propos négationnistes qui ont été tenus par quelqu'un de cette secte, parce que je prétends que la Fraternité Saint Pie X est une secte intégriste, sont quand même un élément nouveau ! Et vous pouvez me dire que M. WILLIAMSON a été exclu de cette secte il y a quelques semaines, cela ne change rien aux propos qui ont été tenus !

Qui instrumentalise, Monsieur BOURNAZEL ? Un maire qui, à partir d'éléments nouveaux, prend ses responsabilités et est capable devant l?hémicycle, ici, de reconnaître son erreur et peut-être ses négligences pendant des années ou vous qui instrumentalisez véritablement de manière politicienne ce sujet ?

Et je vais vous dire, Monsieur BOURNAZEL, l'instrumentalisation dont vous êtes responsable, je ne sais même pas si vous en mesurez les conséquences, car avec votre propos et avec le vote que vous allez émettre, vous allez tolérer une manifestation dans laquelle, probablement, des propos antisémites et négationnistes seront tenus encore !

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du parti de Gauche, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Sylvain GAREL ?

M. Sylvain GAREL. - D'abord, pour une chose technique, les deux v?ux sont identiques, donc on va les fusionner ; ce sera plus simple.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - C'est bien spécifié dans le v?u n° 67.

M. Sylvain GAREL. - Simplement, je dois dire que j?ai été extrêmement choqué par l'intervention de M. BOURNAZEL.

Je ne comprends pas bien pourquoi il dit qu'on instrumentalise ce débat et pourquoi il se sent attaqué lorsqu'on attaque les gens de la Fraternité Saint Pie X. A aucun moment, nous n'avons critiqué l?opposition, à aucun moment, nous n'avons laissé entendre qu'il y aurait une quelconque connivence entre vous et ces gens-là. Et j'espère qu'il n'y en a aucune et j'en suis quasiment certain, mais si vous vous mettez à les défendre d?une façon stupéfiante comme vous l'avez fait, on peut commencer à se poser des questions... Pourquoi défendez-vous ces gens qui nient toutes les valeurs que nous défendons ?

Je suis d?accord avec ce que disait M. CAVADA, mais avant d?attaquer en justice M. WILLIAMSON, il faudrait déjà faire expulser les gens qui sont à 300 mètres d'ici dans une des plus belles églises de Paris.

J'y suis passé le week-end dernier? Vous voyez, par exemple, les autocollants qu'on trouve près de l'entrée : "Paris, un peuple, une histoire", cela ne vous rappelle rien comme type de slogan. "Ein Reich, ein Volk, ein Führer. C'est exactement la même déclinaison... Oui, bien sûr, c'est une référence à cela. Quand ces gens-là écrivent cela, quand ils écrivent aussi, pour un autre sujet : "Au-delà des modes, Kop de Boulogne" avec une croix celtique au milieu, tout cela est collé autour de l'église Saint-Nicolas du Chardonnet.

Trouvez-vous normal que les gens à la sortie d'une messe colle cela ? Je ne comprends pas comment un groupe dans notre hémicycle peut prendre la défense de ces gens-là. Cela dépasse mon entendement.

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Je voudrais quand même resituer le débat parce qu'il s'agit de l'occupation d'un square au départ. Vraiment, je vous le dit avec la plus grande sincérité, les combats de l'antisémitisme, le rappel de l'Histoire? Enfin, sur les combats contre l'antisémitisme, je suis partout, sur les combats?

(Rires dans l'hémicycle).

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Sur les combats.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - S'il vous plaît, attendez, pas de psychanalyse du café du commerce. Laissez parler l'orateur je vous prie. On en termine.

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Vraiment, si vous en êtes là, c'est que vous l'instrumentalisez vraiment. Je crois vraiment que quelle que soit l'opinion politique des uns et des autres, la sincérité du combat contre l'antisémitisme et contre le racisme n'a pas à être manichéenne, vous n'avez pas à vous approprier ce combat.

Moi, je suis de ces combats, le groupe U.M.P. est de ces combats, mais ce n'est pas le sujet aujourd'hui. Le sujet...

(Mouvements de protestation sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du parti de Gauche, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - S'il vous plaît, laissez parler l'orateur.

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Le sujet, c'est que M. VAILLANT vient déposer un v?u pour nous expliquer qu'il a commis des négligences pendant 14 ans et c'est à nous qu'il viendrait donner des leçons de morale, mais c'est vous qui pendant 14 ans...

(Mouvements de protestation sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du parti de Gauche, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - S'il vous plaît !

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - C'est vous qui pendant 14 ans, et c'est bien là ce qui vous fait mal, vous avez négligé. Alors, si aujourd'hui on doit condamner quelque chose, ce sont des propos, et la force serait que l'ensemble des groupes de l'opposition et de la majorité ensemble les condamne par un message du Maire de Paris à l'évêché.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - S'il vous plaît, laissez M. Pierre-Yves BOURNAZEL. Je vous demande d'écouter l'orateur parce que les affaires d'antisémitisme, il y en a partout et j'aimerais bien aussi qu'on en parle quand il s'agit d'autres personnes.

(Applaudissements sur les bancs du groupe U.M.P.P.A.).

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Je voudrais vous dire que je pense qu'il aurait été bien plus fort que nous soyons unis, que vous ayez appelé l'opposition et qu'on ait fait un message commun, mairie du 18e unanime, du Maire de Paris au niveau du Conseil de Paris, pour aller écrire à l'évêché et lui demander de condamner ces propos, plutôt que d'utiliser cette histoire de square.

La vérité est d'autant plus?

(Mouvements de protestation sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du parti de Gauche, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - On tourne en ronds. Terminez...

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Oui, mais, je ne peux pas m'exprimer.

Enfin, je voudrais vous dire pour la meilleure preuve, c'est que si on a mis le doigt où cela fait mal, sur la négligence, c'est que les propos que vous rapportés, vous les avez cités 96, 98, vous le saviez, c'était sur la place publique et il fallait le faire avant. Pourquoi maintenant ? Le message aurait été plus fort s'il était porté par le Maire de Paris à l'évêché directement.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - S'il vous plaît, tout le monde a reconnu les faits. Jean-Pierre CAFFET a fait une intervention. Il y a des éléments nouveaux. L'antisémitisme est quelque chose de sérieux dans notre pays depuis un moment.

Jean-Marie CAVADA et moi avons été les témoins politiques d'une déclaration politique en plein c?ur du Parlement européen sur le négationnisme et sur les chambres à gaz. Cela devient très sérieux. C'est pourquoi je vous demande d'être très attentifs, et le v?u déposé par le Maire du 18e arrondissement est tout à fait normal, même s'il a reconnu un certain nombre de faits auparavant.

Il y a des éléments nouveaux comme le disait Jean-Pierre CAFFET, je demande que l'on conclue le débat et que l'on puisse voter. Je donne une dernière fois la parole, très rapidement, au Maire du 18e et nous votons.

M. Daniel VAILLANT, maire du 18e arrondissement. - J'ai eu le sentiment d'être mis en cause alors que sur une affaire comme celle-là, que les choses soient extrêmement claires, durant les années que vous évoquez, Monsieur BOURNAZEL, les questions telles que j'ai pu aller les consulter sur Internet, ce n'était pas la démarche que nous avions entreprise.

Quand j'ai su, et vous savez ce qui m'a alerté ? C'est que la demande de cette fédération était dans le square Willette, je me suis dit : mais pourquoi le square Willette alors qu'il s'appelle maintenant Louise-Michel ? Et du coup, j'ai demandé à mes collaborateurs d'aller regarder d'un peu plus près ce qu'était cette Fraternité, et j'ai découvert le pot au rose, Monsieur BOURNAZEL.

Il est vrai que je n'ai même pas attendu d'avoir un v?u parce que s'il est arrivé au Conseil d'arrondissement, Monsieur BOURNAZEL, c'est avant même que les élus "Verts" ne sachent que j'avais donné un avis défavorable à la demande de tenue de cette messe dans un jardin public dans le square Louise-Michel. Et le v?u des "Verts" arrivant au Conseil d'arrondissement, il a été distribué, proposé et j'en veux pour preuve que des élus de votre groupe ne se sont pas associés à votre prise de position.

Il y a donc bien un débat, y compris dans votre groupe. Je pense donc que vous pouviez tout à fait sereinement voter le v?u que nous proposions, qui n'était en rien polémique vis-à-vis de l'opposition et je peux même vous dire que ce v?u des "Verts" et celui que j'ai repris n'ont rien à voir avec l'opposition.

Il est des moments où il faut savoir quand les valeurs fondamentales, Pierre SCHAPIRA y a fait allusion, sont en jeu. Je pense qu'on peut ensemble voter un v?u qui confirme l'avis négatif du Maire d'arrondissement, qui, comme l'a dit Georges SARRE, entraîne de la part du Maire de Paris un refus de cette manifestation, j'imagine d'ailleurs accompagné par le Préfet de police, car compte tenu de l'actualité, tout cela ne serait pas sans risques par ailleurs de tenir ce type de manifestation.

C'est pourquoi je ne comprends pas cette polémique ce matin et cette mise en cause. Si des personnes peuvent être mises en cause, c'est pour ce qu'elles ont dit. Je me reproche de ne pas avoir été alerté à l'avance de ce qu'étaient finalement ces personnes. Voilà pourquoi, Monsieur BOURNAZEL. Peut-être pourriez-vous reprendre ce v?u ?

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Mes chers collègues, je mets maintenant aux voix, à main levée, le v?u référencé n° 67, le v?u n° 68 étant retiré, le v?u n° 67 déposé par Daniel VAILLANT à l'initiative du groupe "Les Verts".

Qui est pour ?

Qui est contre?

Qui s'abstient?

Le v?u est adopté. (2009, V. 108).