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Juillet 2012
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2012, DEVE 44 - Convention avec le Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement (CIRAD) pour l'occupation du Pavillon de Tunisie situé dans le Jardin d'Agronomie Tropicale au sein du bois de Vincennes (12e).

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2012


 

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Nous examinons le projet de délibération DEVE 44, c?est une convention avec le CIRAD pour l'occupation du Pavillon de Tunisie situé dans le Jardin agronomique tropical au sein du bois de Vincennes.

Je donne la parole à Mme Odette CHRISTIENNE.

Mme Odette CHRISTIENNE, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire.

Nous devons délibérer sur une convention avec le Centre de coopération internationale de recherche agronomique pour le développement, le CIRAD, relative à la mise à disposition du Pavillon de Tunisie situé en un lieu emblématique, le Jardin tropical.

Il est des lieux qui, malgré une aire réduite, sont la mémoire de faits historiques. Tel est le cas d'un petit morceau de territoire parisien, à la limite de Nogent-sur-Marne, qui inclut le Jardin d'agronomie tropicale.

Les activités résultant de questions fondamentales, tels les rapports de l'homme avec la nature, y ont trouvé à s'exprimer dans des réalisations concrètes et pérennes.

Le Jardin tropical s'inscrit dans un environnement où les vestiges de monuments symbolisent les liens de la France avec les anciennes colonies et son histoire mérite d'être mieux connue des Parisiens.

C'est pourquoi, en 2005, a été édité avec la contribution de Paris et de Nogent un ouvrage auquel le CIRAD a contribué. L'origine du jardin : le bois de Vincennes, ancienne chasse royale, fut intégré à la liste civile de Napoléon III.

Par un projet d'urbanisme, l'Empereur voulu créer à l'Est de Paris pour des populations laborieuses de deux arrondissements nouveaux, le 11e et le 12e, et pour les ouvriers du faubourg Saint-Antoine une promenade comparable à celle qui avait été créée pour les quartiers riches de l'Ouest.

En 1860, le terrain passe sous la tutelle de la Ville de Paris, mais l'Etat se réserve la jouissance de certaines parties, d'où une colonisation militaire immédiate des lieux : la Ville tente alors de protéger sa promenade.

En 1870, nous sommes en guerre, le terrain est transformé en bivouac et les arbres sont utilisés pour la consolidation des défenses de Paris. C'est leur quasi disparition et il fallut en 1871 et 1872 en replanter 19.633.

C'est dans la fin du XIXe siècle que l'on essaie d'installer, dans une partie plutôt déboisée, des espèces exotiques et, en 1900, le jardin dit "Jardin colonial". C'est la période où l?on tente d'apprivoiser les végétaux asiatiques ou africains.

Simple curiosité scientifique, certes cet intérêt est évident pour les naturalistes, des progrès considérables ayant été réalisés en matière de sciences du végétal, une vulgarisation forte se développe et, alors, inévitablement, une mode de l'exotisme qui dépasse largement le domaine de la végétation.

A la fin de la première guerre mondiale, on s'oriente vers la formation de scientifiques coloniaux, l?essor des exploitations agricoles des colonies participe de la relève de la Nation. Les agronomes coloniaux gèrent, non plus des jardins, mais des stations expérimentales. Après l'exposition coloniale de 1931, il existe une multitube d?instituts spécialisés. Après la deuxième guerre mondiale, le mouvement d'émancipation des peuples d'outre-mer impose aux instituts une politique nouvelle de coopération agronomique.

En 1984, non seulement il y a une prise de conscience de l'importance du lieu de mémoire, mais on assiste au premier mouvement de fusion des principaux organismes pour créer le CIRAD, l'idée des chercheurs étant de constituer un campus de recherche, d?enseignement et d?expertise de la mondialisation et du développement durable. Ce campus est créé en 1995.

En 2004, la Région Ile-de-France se dote d'un programme de recherche s'appuyant sur le campus de l'ensemble de la Région. Ainsi celui du Jardin tropical, articulé avec d'autres pôles de la Région, se situe dans la continuité historique avec des travaux d?un bon nombre de ceux qui les ont précédé dans ce lieu, René Dumont y a enseigné.

Depuis 2003, par mesure de protection des lieux, l'ouverture au public est limitée et, disons-le, la plupart des promeneurs du bois en ignorent l'existence

Moi-même j'ai découvert les monuments lors de cérémonies en hommage aux soldats africains et asiatiques morts pour la France.

Certes, le patrimoine architectural a subi des dégâts du temps et souffert de la négligence des hommes, Paris veille désormais à le préserver et nous avons plus que jamais conscience de l'importance des recherches couvrant les domaines de l'écologie et partant pour l'économie.

Le CIRAD s?inscrit donc dans un continuum et dans le destin de cette parcelle avec l'énorme importance que revêtent depuis 1988 les travaux de ce campus, de sept institutions publiques regroupées sur 1,9 hectare du lieu qui en comporte 4,8.

Nous sommes avec ce centre au c?ur de la recherche agronomique et du développement durable.

La convention présentée aujourd'hui permettrait aussi au CIRAD d'installer, dans le Pavillon de Tunisie, un espace d'information sur ses activités.

Les travaux prévus s'inscrivent dans le cadre des orientations pour l'aménagement durable des bois parisiens approuvées par notre Conseil en 2002.

Je vous renvoie au projet de délibération pour les conditions qui président à la signature de ladite convention, mais chacun peut en apprécier le bien-fondé et nous ne pouvons que voter favorablement pour ce contrat.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Merci.

Madame GIBOUDEAUX, vous avez la parole.

Mme Fabienne GIBOUDEAUX, adjointe, au nom de la 4e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.

Je voulais remercier chaleureusement Mme Odette CHRISTIENNE d?être intervenue sur ce projet de délibération car, comme elle l?a dit, peu de Parisiens et de Parisiennes connaissent cet endroit magnifique et singulier.

Singulier, elle l?a tout à fait bien décrit par son histoire, qui est un lieu à la fois de mémoire et un lieu d'avenir, parce que des chercheurs y travaillent quotidiennement et font vivre aujourd'hui une grande partie de ce site.

Je voulais profiter de cette intervention pour vous parler du Jardin d'agronomie tropicale aujourd'hui, car, depuis le début de la mandature, je me suis posé la question de : comment on peut faire vivre ce lieu chargé d'histoire tout en le faisant connaître plus aux Parisiennes et aux Parisiens et aussi permettre au CIRAD de mieux faire connaître ses activités scientifiques, qui sont tout à fait tournées vers le monde entier, mais qui peuvent évidemment intéresser les Parisiens et, plus largement, les habitants de la métropole, car ce jardin est tout proche de la commune de Nogent.

Alors, sur les activités qui se sont développées, nous avons fait un partenariat avec le CIRAD pour animer le Pavillon d?Indochine qui a été rénové récemment. Ce sera un lieu d'expositions et de colloques, qui vont permettre de faire connaître mieux ce jardin, avec une exposition dès le mois de septembre sur l'Afrique de l'Ouest, en lien avec la fondation René Dumont, donc je vous invite à vous y rendre.

Vous pourrez aussi admirer le travail artistique fait par Johann Le GUILLERM de la compagnie "Cirque Ici" qui est installé depuis plus d'un an dans ce jardin, qui fait un travail d'installation à partir de sculptures à partir d'éléments végétaux et qui sont tout à fait extraordinaires. Ils sont installés dans le jardin depuis bientôt six mois.

A l'étude sur ce jardin, nous avons aussi la volonté d?y implanter un jardin pédagogique en lien avec les étudiants et les chercheurs qui sont installés sur le site et qui soit ouvert aussi aux Parisiens, aux riverains et aux habitants de Nogent, donc beaucoup de projets.

Nous avons aussi le souci de maintenir ce patrimoine. Je peux vous dire que ce n'est pas simple au niveau financier, car ce sont des réhabilitations et des rénovations très coûteuses. Nous avons mis l'accent sur la Porte chinoise qui se détériorait, donc des éléments ont été enlevés pour qu?ils ne soient plus détériorés. Une restauration a été engagée et c'est déjà un premier pas. Nous avons fait aussi un travail d'inventaire de tous les éléments qui devraient être restaurés et réhabilités, donc qui nécessiteront des moyens dans la prochaine mandature et aussi des partenariats à trouver pour assurer la réhabilitation de toutes ces ?uvres et de tous ces bâtiments.

Un travail important a été fait par la Direction des Espaces verts et de l'Environnement. Je voudrais saluer la Division du bois de Vincennes qui a fait un travail intéressant, notamment sur les allées. Il y avait des allées qui avaient été bitumées, donc qui ont été restaurées en gardant l'esprit historique du lieu. Des travaux sur la mare aussi, qui avait été petit à petit abandonnée quand l'Etat avait en charge ce jardin : donc des interventions qui sont faites pour redonner un sens et un lieu en tout cas plus agréable pour les personnes qui souhaitent s'y rendre.

Nous sommes très intéressés aussi pour valoriser ce lieu de mémoire et de commémoration. Mme Odette CHRISTIENNE l'a bien décrit. C'est un lieu très impressionnant, fait de monuments, et un lieu qui sert encore de lieu de commémoration.

Je voudrais rappeler, elle ne l'a pas cité, que, pendant la Première Guerre mondiale, cela a été un lieu qui a servi d'hôpital pour les troupes coloniales, donc pour vous dire l'occupation de ce site qui a laissé des traces très profondes dans la mémoire des personnes qui sont aujourd'hui encore présentes sur le site.

Et nous mettons en place une signalétique historique, qui devrait être terminée à l'automne et qui va permettre aussi de mieux faire connaître l'histoire de ce jardin d'agronomie tropicale, que je vous invite donc tous à visiter.

Pour terminer sur le projet de délibération qui est plus particulier aujourd'hui sur la convention que nous vous soumettons, le partenariat que nous souhaitons entreprendre avec le CIRAD sur le Pavillon de Tunisie. Cela va être effectivement un lieu d'information pour le CIRAD. C'était une volonté de la Mairie de Paris de faire en sorte que le CIRAD soit plus visible et qu'il organise des conférences et que, au sein du jardin, on puisse mieux connaître les activités des scientifiques. Mais ce sera aussi un lieu de restauration car, sur ce campus qui regroupe le C.N.R.S., le CIRAD et différentes O.N.G., il n'y avait pas de lieu de restauration. Le Pavillon de Tunisie pourra servir de lieu de restauration et aussi de lieu de restauration pour les Parisiennes et les Parisiens qui voudraient s?y rendre le week-end.

Donc, on a trouvé, je dirais, un partenariat intelligent et constructif pour donner une nouvelle vie à ce jardin d'agronomie tropicale.

Donc, je vous invite tous à voter ce projet de délibération.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DEVE 44.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté à l'unanimité. (2012, DEVE 44).