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Septembre 2006
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Conseil Municipal
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2006, DPJEV 98 - Attribution de la dénomination “Jardin Anne Frank” au jardin qui doit être créé derrière le musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme (3e).

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2006


 

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération DPJEV 98 qui veut donner le nom d?une personne à un jardin. Il s?agit d?appeler ?Jardin Anne Franck? le jardin qui doit être créé derrière le musée d?Art et d?Histoire du Judaïsme.

C?est Mme CAPELLE qui souhaite intervenir.

Mme Liliane CAPELLE. - Mesdames, Messieurs, mes chers collègues.

Il va sans dire que la décision prise par la Municipalité parisienne de donner le nom d?Anne Franck au square attenant au musée d?Art et du Judaïsme sera votée sans aucune réserve par notre groupe.

Là, le nom d?une personnalité n?est pas contestable et l?histoire a déjà parlé. La raison et simple : le nom d?Anne Franck est devenu depuis la fin de la seconde dernière mondiale le symbole de ce que les nazisme a réalisé de plus monstrueux à savoir la déportation des enfants. Peu importe alors qu?Anne ait été Néerlandaise, ce qu?elle n?était d?ailleurs pas.

A travers elle, nous rendons aussi hommage à tous les enfants juifs déportés qui vivaient ici à Paris, français ou étrangers, et dont les noms sont désormais, ce n?est que justice, apposés au fronton des écoles de la République où ils étudiaient. Si Anne Franck a acquis ce statut emblématique, c?est évidemment à cause de son journal, publié à ce jour à 25 millions d?exemplaires dans 55 langues. Cet ouvrage a sensibilisé à la réalité de la Shoah des générations entières et comme l??uvre de Primo Lévi ou celle André Schwarz-Bart, il fait partie des livres qui ont transmis l?expérience des persécutions antisémites commises par les nazis dans cette immédiate après-guerre où les témoignages de victimes étaient fort peu nombreux.

Que le journal d?Anne Franck soit une ?uvre majeure donnant à comprendre l?entreprise génocidaire est attestée par le fait que les négateurs de la Shoah s?y sont attaqués très tôt mettant en doute une authenticité malheureusement incontestable.

Il en va ainsi des grands témoignages sur la nature profonde du nazisme. Leur force est insupportable pour les nostalgiques du totalitarisme, de l?antisémitisme et du racisme du 3e Reich. A Amsterdam, la maison de la famille Franck a été transformée en musée, pas un musée figé, un lieu d?histoire, mais un endroit qui consacre l?essentiel de son activité à la pédagogie et à la prévention de l?antisémitisme.

Le message d?Anne Franck tient autant dans ces activités que dans son livre et je me permets de suggérer qu?au-delà de cette nomination de square la Municipalité, prenant acte de la recrudescence inquiétante de l?antisémitisme y compris en milieu scolaire, réfléchisse à des initiatives susceptibles de contribuer à lutter à Paris contre ce fléau.

Je vous remercie.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Madame CAPELLE.

Je donne la parole à Yves CONTASSOT pour vous répondre au nom de l?Exécutif.

M. Yves CONTASSOT, adjoint, au nom de la 4e Commission. - Je n?ai pas grand-chose à ajouter si ce n?est une précision que n?a peut-être pas donnée Mme CAPELLE. Ce musée va jouxter le musée d?Art et d?Histoire du Judaïsme. Vous l?avez dit ? Je n?ai pas entendu, excusez-moi.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Monsieur CONTASSOT, merci pour cette brève réponse.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DPJEV 98.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2006, DPJEV 98).