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Juillet 2012
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2012, DRH 54 - DJS 393 - Création d'emplois permanents de référents jeunesse des territoires par transformation d'emplois d'animateurs des conseils de la jeunesse d'arrondissement. Vœu déposé par le groupe PCF/PG relatif aux conseils de la jeunesse d’arrondissement. Vœu déposé par le groupe UMPPA relatif à la création d’emplois permanents de référent jeunesse.

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2012


 

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Nous allons démarrer en examinant le projet de délibération DRH 54 - DJS 393 et les v?ux n° 20 du groupe Communiste et élus du Parti de Gauche et n° 21 du groupe U.M.P.P.A.

Il s'agit de la création d'emplois permanents de référents jeunesse des territoires par transformation d'emplois d'animateurs des conseils de la jeunesse d'arrondissement.

La parole est à Mme BRUNO.

Vous avez cinq minutes.

Mme Catherine BRUNO. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, les conseils de la jeunesse d'arrondissement participent par leur dynamisme au développement de projets citoyens à l'égard des jeunes et constituent en cela autant d'instances de démocratie participative.

Le présent projet de délibération qui nous est soumis, sous couvert de renforcer le travail en réseau avec les acteurs institutionnels et associatifs qui interviennent auprès des jeunes, contribue au travers d'un redécoupage territorial arbitraire à un maillage grossier, excluant tout travail en finesse au plus proche des jeunes Parisiens.

À la répartition par arrondissement qui prévalait jusqu'à présent, vous semblez ainsi préférer le saucissonnage en cinq grandes zones (pourquoi cinq ? Pourquoi pas quatre, six ou huit ?), méconnaissant en cela l?exigence de proximité qui doit guider l'action publique au service des Parisiens.

Pourquoi donc défaire ce qui fonctionne, alors même que leur grand frère, le Conseil parisien de la jeunesse, a acquis une légitimité confortée par sa prise de parole annuelle sous forme de compte rendu de ses travaux de réflexion au sein de l'Assemblée du Conseil de Paris ?

Quel contraste entre la solennité qui a mu le processus de création de ces conseils et le peu de cas qui en est désormais fait !

Ce faisant, vous amputez la représentativité du Conseil parisien de la jeunesse précité composé de 80 membres dont 60 émanaient directement des conseils de la jeunesse des arrondissements.

Quelle en sera à l'avenir la teneur ?

Comment ces participants seront-ils sélectionnés ?

Ne mettez-vous pas en péril la subsistance même de cette instance ?

Par quel canal les jeunes pourront-ils dorénavant faire entendre leurs revendications ou leurs propositions ?

Le rattachement fonctionnel et hiérarchique des référents jeunesse des territoires cache en fait une recentralisation sournoise qui devient familière.

Déjà, mon groupe avait vivement critiqué la teneur de la Charte des arrondissements adoptée en novembre 2010 qui avait la fâcheuse tendance de vouloir transformer les mairies d'arrondissement en de grands centres d'accueil ou de simples relais d'information.

Le moindre espace de liberté de ces mairies est ainsi renié au profit de l'Exécutif parisien qui conserve jalousement ses prérogatives, quand il ne s'agit pas de les récupérer.

Sous prétexte de renforcer l'échelon local, vous affaiblissez la capacité d'initiative des arrondissements, qui se voient ainsi retirer la faculté toute simple et justifiée de choisir l'animateur qui était jusqu'alors chargé de coordonner l'action de leur conseil de la jeunesse.

Mon groupe ne saurait cautionner une telle instrumentalisation des référents jeunesse nouvellement créés, dont la définition, je cite, "de vecteurs de diffusion et d'information des grandes orientations de la politique parisienne en faveur de la jeunesse" en consacre le caractère d'agents promotionnels.

Voilà donc les animateurs reconvertis en hérauts de l'action municipale, en hagiographes de la geste "delanoïenne".

Les C.J.A. dont nous oublierons bientôt jusqu'à l?acronyme, dont vous me permettrez donc d'user, sont voués à devenir des coquilles vides, dénuées de substance et de mission, tandis que vous prévoyez déjà, Monsieur le Maire, que ces structures pourront perdurer à la discrétion des mairies d'arrondissement.

Oui, mais sur quelle enveloppe ?

Je rejoins en cela totalement le v?u U.M.P.P.A. dont mon groupe partage les préoccupations et qui souligne notamment l'incongruité d'une budgétisation sous forme d'enveloppe globale issue de la mission citoyenneté et territoire.

Comme le met très justement en exergue ce v?u que nous voterons, les C.J.A. ne disposeront plus, de fait, de leur propre budget de fonctionnement annuel.

Sans moyens, comment perdurer ?

Monsieur le Maire, vous déshabillez les mairies d'arrondissement et vous revêtez les C.J.A. des oripeaux d'une démocratie participative feinte et simulée.

Leur action, si elle perdure en dépit de votre réforme, sera réduite à peau de chagrin, d'autant que ces conseils ne serviront plus guère qu'à l'organisation de concertations auprès des jeunes du territoire.

Tant à Gauche avec le groupe Communiste et élus du Parti de Gauche qu'à Droite ou au Centre, les élus locaux vous conjurent, Monsieur le Maire, d'abandonner votre projet délétère.

Entendrez-vous les voix qui s'élèvent ou allez-vous persévérer dans la constitution de votre pré carré ?

Je vous remercie.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci, Madame. Vous avez respecté scrupuleusement les cinq minutes.

Monsieur Philippe DUCLOUX, cinq minutes ?

M. Philippe DUCLOUX. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, comme vous l'imaginez, mon propos ne sera pas de la même teneur que celui de ma collègue Mme BRUNO.

Je souhaite effectivement intervenir comme elle sur la transformation d'emplois qui nous est proposée ici, afin d'être plus en adéquation avec les missions actuelles des animateurs coordinateurs des conseils de la jeunesse d'arrondissement.

En effet, leurs missions ont évolué au point de dépasser largement la simple animation de ces instances de démocratie participative que sont les conseils de la jeunesse d'arrondissement.

Ainsi, dans le montage de projets citoyens avec les jeunes, ils ont pu, toujours à l'échelle des arrondissements, développer un travail en réseau avec les autres acteurs locaux qui agissent en faveur de ce public.

Or, ce travail de mise en réseau et en cohérence doit désormais être renforcé à l'échelon local, faisant écho à la mise en place au niveau central de la mission jeunesse.

Il est proposé de transformer les postes d'animateurs coordinateurs des C.J.A. en postes de référents jeunesse de territoire et de renforcer ainsi la dimension territoriale de la politique municipale parisienne en faveur de la jeunesse. Ils seront répartis en cinq zones territoriales englobant plusieurs arrondissements et travailleront en binôme afin de mutualiser des compétences et des expériences, de mener des projets à l'échelle de plusieurs arrondissements au sein des quartiers ayant une unité de vie. Leur rattachement fonctionnel et hiérarchique restera auprès de la Mission citoyenneté de la Direction de la Jeunesse et des Sports, qui portera désormais le nom de Mission citoyenneté et territoire.

Les missions de ces référents jeunesse de territoire seront les suivantes :

- tout d'abord, l'animation et la coordination du réseau local des acteurs institutionnels et associatifs qui interviennent auprès des jeunes en lien avec les maires d'arrondissement,

- deuxième mission : le montage de projets locaux destinés aux jeunes, en étroite collaboration avec les réseaux jeunesse et en encourageant et formalisant les initiatives des jeunes,

- troisième élément : l?organisation de concertation auprès des jeunes sur demande des élus d'arrondissement et en s'appuyant sur le concours des équipements jeunesse ou des associations locales,

- et, enfin, l'élaboration éventuelle d'un contrat jeunesse d'arrondissement en concertation avec chaque mairie d'arrondissement.

Je voudrais également ajouter que la veille de l'application de la politique jeunesse parisienne à l'échelon d'un territoire est un élément fort aussi de ce projet de délibération, ainsi que le suivi budgétaire de l?enveloppe dédiée à chaque arrondissement par la Mission citoyenneté et territoire.

Enfin, la diffusion de l'information relative aux grandes orientations de la politique parisienne en faveur de la jeunesse contribue également à mettre en avant ce projet de délibération.

Vous l'aurez compris, mes chers collègues, c'est un projet qui vise à renforcer, contrairement à ce que disait ma collègue, le lien entre la Mairie centrale et les mairies d'arrondissement.

Les conseils de la jeunesse, qui ont été créés en 2001, quand Bertrand DELANOË a été élu, avec Clémentine AUTAIN, ont fait un travail énorme.

Je tiens, au stade de mon propos, à rendre hommage et à remercier Bruno JULLIARD par rapport à tout le travail qu?il a mené dans le cadre de sa politique jeunesse depuis 2008.

Je voudrais féliciter, tout d'abord, Isabelle GACHET pour sa brillante élection hier matin et surtout lui souhaiter bon courage. La jeunesse est l?avenir de Paris. C'est un bel engagement, une belle délégation pour vous, Madame GACHET.

J'ai été adjoint et premier adjoint chargé de la jeunesse pendant dix ans. J?en garde un excellent souvenir, et notamment à travers la mise en place de ces conseils de la jeunesse.

Voilà, vive la jeunesse parisienne et, Madame GACHET, bon courage à vous. En tout cas, le groupe socialiste votera, comme vous l?imaginez, ce projet de délibération avec beaucoup de conviction.

Je vous remercie.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Madame BECKER, 5 minutes.

Mme Emmanuelle BECKER. - Merci, Monsieur le Maire.

Chers collègues, ce projet de délibération nous propose la création d'emplois permanents de référents jeunesse. Il s'agit plus précisément de la transformation des emplois d'animateurs des conseils de la jeunesse d'arrondissement.

Ce projet de délibération part du constat, que nous partageons aussi, que les conseils locaux de la jeunesse ne fonctionnent pas correctement et méritent des transformations. Vous le dites dans l'exposé des motifs : "Les missions de ces animateurs des conseils de la jeunesse se sont élargies depuis leur création, au-delà de la simple animation d'instances de démocratie participative locales."

Vous nous proposez aujourd'hui de redéfinir et de réorienter les missions de ces animateurs vers un travail transversal de mise en réseau des acteurs jeunesse. En écho à la création centrale de la Mission jeunesse, ces nouveaux référents agiraient à l'échelon local. Ce faisant, ils assumeraient, en effet, une fonction d?information et de réseau nécessaire.

Cependant, pour ce faire, vous proposez de supprimer la mission d'animation des Conseils de la jeunesse. Ces derniers pourraient perdurer, je cite, "à la discrétion de chaque mairie d'arrondissement".

Le groupe Communiste et élus du Parti de Gauche s'inquiète de cette discrétion qui signe de fait la mort de ces conseils de la jeunesse d'arrondissement.

Il y a un risque à voir la fin de l'action municipale en faveur de la participation des jeunes Parisiens dans les arrondissements - c?est un recul politique - et la fin d?un effort de proximité entre politique publique et public visé. C?est regrettable et cela pose une question : celle de l'action menée par la Ville en direction de la jeunesse. Allons-nous nous contenter d?une politique en direction des jeunes ou avec les jeunes ? Voulons-nous vraiment les associer aux décisions qui les concernent ?

Certes, les postes d'animateur sont sous-dimensionnés à ce jour et en trop petit nombre pour remplir toutes leurs missions. Cette transformation doit être une valeur ajoutée, pas le troc d'un dispositif contre un autre, surtout quand il s'agit de démocratie.

Pour nous, les conseils de la jeunesse d'arrondissement doivent être maintenus et, comme effectivement ils ne sauraient fonctionner sans personnel, nous demandons des embauches. Il ne s'agit pas de laisser ces instances à la discrétion de quiconque. Sans personnel, sans locaux, sans existence par elles-mêmes, elles n'existeront plus.

Pour cette raison, notre groupe présente un v?u rattaché qui demande que les conseils de la jeunesse soient dotés du personnel nécessaire à leur fonctionnement.

La disparition de ces organismes ne poussera pas les jeunes vers les conseils de quartier ou d'autres structures participatives. Elles les éloignera seulement de toute démocratie de proximité.

Dans la mesure où ce projet de délibération s'accompagne d'une revalorisation des postes et des revenus actuellement proposés aux animateurs des conseils de la jeunesse d'arrondissement, nous ne voterons pas contre. En revanche, en l'absence de création de postes permettant le fonctionnement des conseils de la jeunesse, notre groupe s'abstiendra.

Enfin, je voudrais conclure, suite à l'intervention de Mme BRUNO : je pense qu?ici, dans la Majorité, personne n?a de leçon à recevoir en matière de démocratie, pour ceux qui ont été dix ans au pouvoir et qui ont corseté la démocratie française et défiguré notre République.

Je vous remercie.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci, Madame.

La parole est à M. Jean-Baptiste MENGUY.

M. Jean-Baptiste MENGUY. - Merci, Monsieur le Maire.

Je vais essayer de ne pas corseter la parole du Conseil de Paris ! Je ne voudrais pas défigurer la démocratie parisienne, mais personne n'a de leçon à recevoir de personne, Madame BECKER. Et pour quelqu'un qui participe à la majorité de ce Conseil depuis plus de dix ans, franchement je vous renvoie bien volontiers le compliment.

Madame GACHET, c'est un drôle d'héritage que vous avez en reprenant cette délégation à la jeunesse parce que le moins que l'on puisse dire, c'est que votre prédécesseur, pendant les mois pendant lesquels il a assumé cette responsabilité, a certainement défiguré la politique de la jeunesse et a corseté l'expression même des jeunes Parisiens, pour paraphraser une éminente collègue de cet hémicycle.

Il y a des travaux qui ont été faits, notamment sur le Conseil parisien de la jeunesse avec M. JULLIARD, et mon groupe, lors de la présentation du bilan par cette instance, nous avions fait un certain nombre de recommandations pour essayer d'améliorer et de contribuer à accompagner le travail de cette instance du Conseil parisien de la jeunesse.

A ce moment, lors de la prise de parole, le Maire de Paris lui-même, qui cette fois siégeait à la présidence de cette séance, avait l'air plutôt d'accord de permettre au Conseil parisien de la jeunesse d?améliorer ces travaux.

Je prendrai deux exemples : c'était notamment le site Internet qui manquait de visibilité et surtout un certain nombre de vérifications sur des procédures de mise en concurrence pour des prestations de service qui avaient été sollicitées par ce même Conseil parisien de la jeunesse et pour lequel le rapport qu?ils avaient été présenté manquait de précisions. Dans un souci de bon respect de la loi, il convenait, je le crois, d'être un peu plus rigoureux sur ces questions.

Madame GACHET, pour ne rien vous cacher, votre prédécesseur s'est bien gardé de revenir vers nous sur les questions que nous lui avons posées sur ce Conseil parisien de la jeunesse. Pour tout vous dire, on ne peut pas dire que l'on ait senti chez lui certaine appétence en termes de transparence vis-à-vis de la politique de la jeunesse menée par la Ville de Paris à l'égard des jeunes Parisiennes et Parisiens.

Evidemment, mais ce n'est ni le sujet aujourd'hui ni votre souci majeur, grande inquiétude en ce qui concerne la politique culturelle qu'il décidera d'appliquer suite aux recommandations du Maire de Paris !

Mais bon, c'est désormais vous qui avez la politique de la jeunesse entre vos mains. Bon courage parce que, évidemment, il y a beaucoup de choses à rattraper et nous espérons que ce ne sera pas irréversible.

Double peine encore pour ce Conseil parisien de la jeunesse avec ce projet de délibération sur les référents jeunesse des territoires. Je ne partage absolument pas, évidemment, l'enthousiasme de M. DUCLOUX, mais ce n'est ni la première ni la dernière fois. En tout état de cause, nous ne nous inscrivons pas dans cette logique de recentralisation de la politique de la jeunesse à Paris. Un certain nombre de choses intéressantes ont été dites par ma collègue Emmanuelle BECKER et nous partageons cette idée qu'un certain nombre de politiques doivent se faire au plus près de la réalité du terrain.

Et la politique de la jeunesse, Madame GACHET, peut-être plus que les autres.

Peut-être plus que les autres en matière de jeunesse, le discours politique doit s'adapter à la réalité du terrain.

Peut-être plus que les autres, la politique de la jeunesse mérite de connaître ces jeunes, d'aller à leur rencontre, de savoir leurs attentes, leurs espérances, leurs envies, leurs besoins. À mon avis, ce n'est pas en créant ces référents jeunesse des territoires, ce n'est pas en créant des relais idéologiques d'une politique parisienne qui se cherche encore en matière de jeunesse que nous arriverons à répondre aux attentes et aux besoins des jeunes en matière sociale, même en matière politique, en matière de logement ou en matière de loisirs, de culture et d'accès au service public.

Cette recentralisation n'a qu'un but, évidemment, c'est sonner le glas des C.J.A. Nous avons bien vu et nous sommes un certain nombre à partager cette analyse : il n'y aura plus de C.J.A. à terme, c'est fini avec ces référents jeunesse des territoires. Autant vous dire que la politique d?arrondissement est morte, plus de moyens, plus de structure, plus de vision, aucune politique de remplacement, c'est fini, les maires d'arrondissement le savent, ils sont complètement déchargés de cette responsabilité et le v?u que nous présentons, rattaché à ce projet de délibération, présenté par les maires d'arrondissement de Droite, va dans le sens de corriger cette dérive que vous avez inscrite dans ce projet de délibération, parce que nous pensons que les maires d'arrondissement, comme d'autres structures de proximité, sont aussi compétents, si ce n'est plus, pour connaître les attentes des jeunes de leurs arrondissements. Ils ont besoin de moyens, ce sont des acteurs responsables de la politique de la jeunesse et nous ne voyons pas pourquoi ils seraient dépourvus de toute responsabilité en la matière.

Non, vraiment, ce projet de délibération n?est pas opportun ; non, vraiment, ce projet de délibération ne présente aucune vision d'avenir pour la politique de la jeunesse. Alors même qu'il faut plus que jamais consolider le dialogue entre les responsables politiques et les jeunes Parisiens, vous portez encore un coup à ce lien pourtant si important, nous ne nous inscrivons pas dans cette logique et, Madame GACHET, allez, pour votre première séance, faites un geste, retirez ce projet de délibération, accordez de voter le v?u que nous avons présenté et alors, le dialogue avec les jeunes sera certainement renforcé.

Je vous remercie.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - La parole est à Mme BERTHOUT.

Mme Florence BERTHOUT. - En parcourant ce projet de délibération, Monsieur le Maire, mes chers collègues, j'ai envie de vous lire en préambule ce que disait Clémentine AUTAIN, prédécesseur de M. JULLIARD, prédécesseur lui-même de Mme GACHET, sur la création des conseils de la jeunesse ; c'était en 2001. "Nous avons sorti, disait-elle, Paris de l'âge de la pierre en matière de politique de jeunesse - l'âge de la pierre -, nous voulons aider les jeunes à accéder à l'autonomie dans tous les domaines, nous faisons vivre la démocratie participative par le biais des conseils de la jeunesse".

10 ans après, force est de constater que l'on nous soumet un projet de délibération qui acte purement et simplement la mort des conseils de la jeunesse. Il faut dire que si on lisait plus loin l'interview de Melle Clémentine AUTAIN, on aurait pu prédire cette chronique d'une mort annoncée, parce qu?elle terminait d?une manière cavalière quand on lui disait : "Alors, vous allez poursuivre votre politique au sein de l'équipe municipale" par : "Si ma tante en avait".

Aujourd'hui, on transforme les emplois d'animateurs des conseils de la jeunesse en emplois permanents de référents jeunesse. Je rappelle quand même que la mission première et prioritaire de ces emplois d'animateurs était justement de s'occuper des conseils de la jeunesse. Or, qu'est-ce qu?on nous dit dans le projet de délibération ? On nous dit que les référents jeunesse ne seront plus chargés de l'animation des C.J.A., sauf si les maires d'arrondissement le souhaitent de manière extrêmement explicite.

Un mot sur la méthode, avant de parler du fond.

Comme d'habitude, les Conseils d'arrondissement reçoivent ce genre de délibération à la dernière minute, à telle enseigne que nous, dans le 1er arrondissement, nous n'avons pas pu examiner le contenu de ce projet de délibération, puisque nous avons été, une fois de plus, saisis en urgence ; c'est une triste habitude, maintenant, qui tient lieu de méthode.

Les conseils de la jeunesse, force est de constater également qu'ils ne fonctionnaient pas très bien, et ce, pour deux raisons majeures.

La première, et on vous avait alertés à plusieurs reprises, mais nous n'avons jamais été entendus, c'est que le spectre entre les pré-ados, les ados, les jeunes adultes concernés par ces conseils était beaucoup trop large, les attentes des pré-ados ne sont pas celles des jeunes adulte. C'est tellement vrai, d'ailleurs, que quand la presse s'adresse à eux, elle le fait avec des supports différents. Leurs ambitions sont différentes et ils aspirent à des moyens qui sont différents.

Justement, à propos des moyens, il n'y en avait pas beaucoup. Quand ils portaient des projets, ils ne pouvaient pas concrétiser par des moyens financiers, et, surtout, il y a certains arrondissements, il ne faut pas l'oublier, où on cherchait désespérément les animateurs des conseils de la jeunesse.

Dans le 1er arrondissement, par exemple, entre 2006 et 2009, nous avons eu des emplois animateurs par intermittence ; depuis 2009, nous n'avions carrément plus d'emplois d'animateurs. C'est très difficile, évidemment, de faire fonctionner, dans ces conditions, des conseils de la jeunesse.

Sur le fond, maintenant, des choses, par un tour de passe-passe, vous transformez les emplois et vous osez nous dire qu'il s'agit de renforcer leurs missions.

Je voudrais juste vous donner un chiffre : celui du nombre de jeunes que, théoriquement, ces animateurs, maintenant, emplois permanents référents jeunesse, vont devoir mettre en réseau, selon un principe de division territoriale un peu abscons, mes collègues ont commenté cette affaire.

Sur la première zone, qui concerne, par exemple, le 1er arrondissement, on a 5 "total arrondissement" et chaque binôme va devoir mettre en réseau 77.000 jeunes au moins. C'est absolument insensé, c'est d'autant plus insensé que s'il s'agit avant tout de mettre en réseau des jeunes, je rappelle qu'il y a quelque chose qui s'appelle la toile et internet ; pour mettre en réseau, je vous assure que les jeunes n'ont pas besoin de référents jeunesse, si ce n'est que pour mettre en réseau.

Les jeunes méritent beaucoup mieux, ils méritent des projets, des projets structurés, avec des élus de terrain qui les écoutent et des relais territoriaux, parce que c'est cette réalité à laquelle mon collègue MENGUY faisait référence qui est évidemment importante.

En fait, vous l'expliquez dans le projet de délibération, ce que vous voulez faire, c'est faire écho - d'ailleurs, je crois que c'est la première fois qu'on le dit d'une manière si peu cynique - à la mise en place niveau central de la mission jeunesse et piloter toute cette politique depuis la Ville.

C'est la raison pour laquelle, évidemment, nous ne voterons pas ce projet de délibération. Vous avez une très piètre idée de la démocratie participative et de ses exigences.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci, Madame.

A la demande générale, Madame GACHET, vous allez inaugurer votre nouveau mandat.

Mme Isabelle GACHET, adjointe, au nom de la 7e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.

Tout d'abord, je tiens à dire que je suis particulièrement fière de prendre la suite de Bruno JULLIARD à la jeunesse, c'est une mission particulièrement exaltante, puisque c'est vraiment, la jeunesse, le c?ur de l'avenir de notre ville, qu'il y a de multiples enjeux sur ce thème et que j'aurai à c?ur de poursuivre le travail engagé par M. JULLIARD, qui est un travail de fond et qui a profondément changé, justement, la façon et la considération que l'on porte à la jeunesse à Paris.

Je voulais, en tout premier lieu, remercier M. Philippe DUCLOUX pour son accueil chaleureux, le remercier aussi d'avoir si bien présenté ce projet de délibération.

Je voulais revenir sur les raisons de cette réforme.

Comme vous le savez, il y a un besoin important en matière de jeunesse de pouvoir coordonner les différents aspects, les différents sujets liés à la jeunesse, de coordonner les différents réseaux et d'avoir une dimension transversale pour l'application de la politique de la Ville à destination de ce public. Il est important d'améliorer la cohérence, mais aussi la lisibilité de ce que la Ville offre à la jeunesse et qu'elle puisse ainsi s'en saisir.

C'est pour cette raison que la Mission jeunesse a été créée en mars dernier et je compte bien poursuivre le travail qui a été fait par M. JULLIARD et sous l'égide du Secrétariat général de la Ville.

En accompagnement de cette réforme importante, il est apparu très vite la nécessité d'un redéploiement au niveau local de ce même travail transversal, pour structurer les différents réseaux qui existent, les équipements municipaux, mais aussi les associations, les établissements scolaires et tous les acteurs qui ont trait à la jeunesse.

Sur la difficulté, que l'on a pu tous constater, du fonctionnement des conseils de jeunesse d'arrondissement, je pense que c'est avant tout lié au fait que la jeunesse actuelle n'a pas forcément les mêmes envies que les élus que nous sommes, de s'investir de la même façon que nous dans la démocratie et qu?il faut leur proposer d?autres méthodes qui soient plus susceptibles de les intéresser.

C'est pourquoi on a créé ces référents jeunesse de territoire par redéploiement des postes actuels d'animateurs, et c'est pourquoi ils devront coordonner ces réseaux jeunesse et devront monter des projets en collaboration avec les différents acteurs de la jeunesse, et également mener, animer des concertations participatives, sous une forme plus souple qu'actuellement et qui correspond sans doute plus à leurs aspirations réelles, n'en déplaise à certains ici.

Je voudrais répondre à M. MENGUY sur le fait qu'il pense que la Ville de Paris corsète la parole de la jeunesse.

Je voudrais rappeler que la jeunesse, avant 2001, n'avait pas de parole, et aujourd'hui, elle en a une !

Ensuite, je voudrais revenir sur la possibilité, aussi, pour les maires d'arrondissement - s'ils le veulent bien - de se saisir et de pouvoir continuer les conseils de la jeunesse. Mais ils ont aussi la possibilité avec ce projet de délibération, de mettre en place un contrat jeunesse d'arrondissement, pour justement formaliser les priorités politiques, et Mme BERTHOUT nous signalait justement que tous les publics jeunes ne sont pas les mêmes. Eh bien, justement, sous l'égide et sous la volonté des maires d'arrondissement, il sera possible de mener différentes politiques en fonction des tranches d'âge que vous souhaitez aborder.

Alors vous vous plaignez également du fait que l'on veuille relayer la politique parisienne de la jeunesse, mais cela me semble tout à fait normal. Il est important que les jeunes aient connaissance, aient accès à tous les dispositifs parisiens qui existent en la matière.

Maintenant, je voudrais en venir au v?u et répondre en premier à Mme BECKER, que je remercie pour son v?u et pour ces commentaires sur ce projet de délibération.

Je voudrais néanmoins lui dire qu'au jour d'aujourd'hui, il ne semble pas que la création des postes d'animateur des conseils de la jeunesse soient absolument une nécessité, comme je l'ai mentionné plutôt.

La proposition qui est faite de transformer ces postes d'animateurs en postes de référent jeunesse de territoire, c'est certes le besoin d'une meilleure coordination des réseaux jeunesse mais c'est aussi le constat du fonctionnement non optimal des C.J.A.

Aujourd'hui, il n'y a environ que 200 jeunes qui sont inscrits dans les C.J.A. à Paris et parmi eux, à peine une quarantaine réellement actifs, et ce, malgré l'engagement et le travail d'excellente qualité des animateurs et de la mission citoyenneté des jeunes de la D.J.S.

Il est primordial que les jeunes Parisiens puissent rester impliqués dans la vie démocratique parisienne.

C'est pourquoi nous avons souhaité maintenir une dimension participative dans le nouveau dispositif mais sous une forme plus souple et surtout plus adaptée aux pratiques et envies des jeunes.

Nous ne voulons pas les contraindre à s'impliquer dans les C.J.A. avec une régularité qui ne correspond pas à leur rythme de vie, à faire simplement du chiffre ou de l'affichage, mais créer des espaces auxquels ils auraient envie de prendre part.

Par conséquent, les référents jeunesse seront chargés de l'organisation de concertations sur demande des élus d'arrondissement, d'où le rôle tout à fait important des élus d'arrondissement.

Par ailleurs, il ne me semble pas totalement raisonnable aujourd'hui, vu le contexte budgétaire, d'ouvrir des postes supplémentaires. Je voudrais aussi dire à Mme BECKER que vous aurez remarqué que dans ce projet de délibération, nous avons relevé l'indice de ces animateurs. C'était une de leurs demandes qui était importante parce qu'ils ont très rapidement fait évoluer leur poste dans les arrondissements et que c'est une mission bien particulière qui méritait cette reconnaissance de la Ville, et je suis sûr que vous y serez sensible.

Compte tenu de ces éléments, je vous demande de retirer votre v?u. Dans le cas contraire je serai malheureusement contrainte d'émettre un avis négatif.

Concernant le v?u de l'U.M.P.P.A., sur les montants et le fait que vous regrettiez que le nouveau dispositif ne soit pas doté d'un budget de fonctionnement autonome et spécifique, je tenais à vous rappeler que conformément aux engagements pris par Bruno JULLIARD et son cabinet pendant la concertation, le montant de 10.000 euros alloué jusqu?ici à chaque arrondissement sera maintenu.

Par ailleurs, et c'était déjà le cas auparavant, ce budget sera géré par la mission citoyenneté et délégué au binôme des référents jeunesse ; c'est donc exactement le même fonctionnement qu'à l?heure actuelle.

Enfin, vous proposez le recrutement d'un agent à mi-temps.

Je voudrais vous signaler que durant la concertation - alors on peut regretter que certains arrondissements n'aient pas du tout participé à cette concertation - il a été clairement dit que les mairies d'arrondissement seraient impliquées dans le recrutement des référents afin, justement, d'assurer les relations entre les élus sectoriels et les référents de la façon la plus fructueuse possible.

Je vous rappelle également que les référents seront sous l'autorité hiérarchique de la D.J.S., et non des mairies d'arrondissement, ce qui est d'ailleurs le cas aujourd?hui des animateurs des C.J.A., et comme vous le savez les animateurs des C.J.A. ne sont pas des agents déconcentrés bien qu?évidemment, ils entretiennent des relations très proches avec les services des mairies d'arrondissement.

Il n'y aura donc pas, là non plus, de changement.

Concernant votre demande du maintien du mi-temps sur chaque arrondissement, il y aura effectivement un changement. Les animateurs des C.J.A. ont, lors des discussions sur l?évolution de leurs fonctions, fait état du besoin de travailler de manière moins solitaire qu'à l'heure actuelle, de partager leur expérience, leurs pratiques professionnelles.

Et c'est pour cela que nous vous avons proposé ces dix référents jeunesse travaillant sur les cinq grandes zones territoriales.

Cette répartition a été pensée en fonction de la population jeune, du nombre de structures associatives et d'équipements municipaux mais également des difficultés socio-économiques de chacun des territoires.

Enfin, sur le dernier point de votre v?u, je tiens à préciser que le fonctionnement actuel du Conseil parisien de la jeunesse prévoit que 25 % de ces membres soient issus des C.J.A.

Un nouveau fonctionnement sera donc effectivement nécessaire, et je me permets de vous annoncer qu'une délibération sera présentée au Conseil de Paris de septembre, prévoyant les nouvelles modalités de fonctionnement du C.P.J.

Dans ce sens, nous avons d?ores et déjà prévu pour septembre et octobre une campagne de communication tous médias et tous publics afin d'attirer de jeunes Parisiens de tous horizons et de tous arrondissements dans le futur Conseil parisien de la jeunesse.

Compte tenu de ces éléments, je vous propose également de retirer votre v?u et dans le cas contraire, je serai contrainte d'émettre un avis négatif.

Je vous remercie.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci.

Je vais mettre aux voix le v?u n° 20 du groupe Communiste et élus du Parti de Gauche, vous le maintenez ou vous le retirez ?

Mme Emmanuelle BECKER. - On maintient.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 20 avec un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Abstentions ?

Le voeu est rejeté.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u du groupe U.M.P.P.A., avec un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Abstentions ?

Le voeu est rejeté.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DRH 54 - DJS 393.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2012, DRH 54 - DJS 393).

Bravo, Madame GACHET !