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Juillet 2012
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2012, DAC 495 - Subvention (400.000 euros) et convention avec la Société des Habous et des lieux saints de l'Islam (5e).

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2012


 

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Nous examinons maintenant le projet de délibération DAC 495, qui porte subvention à la Société des Habous et des lieux saints de l'Islam, sur lequel Hamou BOUAKKAZ est inscrit.

Mme Danièle POURTAUD lui répondra.

M. Hamou BOUAKKAZ, adjoint. - Monsieur le Maire, mes chers collègues.

La longue et riche histoire de notre pays demeure méconnue en bien de ses parties. L'apport des cultures d?Islam compte indéniablement parmi ces dernières.

Tandis que l?historiographie habituelle ne retient que le nom de Charles Martel et celui d'une bataille, comme pour poser un antagonisme, un choc des civilisations avant l?heure, alors que nous savons que les cultures associées à l'Islam, présentes bien avant et bien après les envahisseurs francs et Charles Martel, ont compté parmi les éléments fondateurs de ce qui allait devenir la France.

De même, nous retenons souvent de l'histoire les noms des généraux, artisans de la victoire de la Grande guerre ; le sacrifice de tant de soldats, venus de ce qui était alors l'empire, est moins souvent commémoré.

C'est précisément pour y remédier que la France a voté, par la loi du 19 août 1920, un crédit pour la construction de l'Institut musulman et de la future Mosquée de Paris.

La mémoire d'au moins 70.000 morts de confession musulmane au cours de la Grande guerre, leur contribution décisive à son issue favorable pour notre pays devaient être honorées par un lieu de culture et d'histoire inspiré à la fois de la mosquée historique de Fès et de la Zitouna, toutes deux parmi les plus vieux lieux de transmission du savoir de l'humanité et modèles des universités à naître sur le continent européen.

Ne nous y trompons pas, dans l'esprit de ses fondateurs, républicains et non musulmans, la Mosquée de Paris devait être bien plus qu'un lieu de culte ou un monument funéraire dédié à une communauté.

Elle devait avant tout être au c?ur de Paris et au service des valeurs de la France.

Symbole de sa souveraineté sur le plan géopolitique, comme l'exposait par exemple Paul BOURDARIE à la belle époque en soutenant que la Mosquée de Paris pouvait symboliser l'amitié historique de la France et de la Turquie, selon le v?u de François Ier et lui permettre de garder "son rôle de puissance musulmane et arabe, contre les intérêts de l'empire anglais alors à son apogée".

Ou même sur le plan philosophique et des idées, à une époque où Paris, brassant les cultures, était la capitale mondiale de l'esprit, n'oublions pas l'attachement de l'école positiviste française pour les valeurs de progrès qu?incarnait à leurs yeux l'Islam.

Beaucoup de ses éminents représentants ne tarissaient pas d'éloges à leur égard, les opposants à l'obscurantisme que représentait alors l'intégrisme ultra [bon teint/mondain](?) de la papauté.

Et ce, dès les temps d'Auguste Comte, père de la sociologie et du positivisme qui, dans son catéchisme positiviste, affirmait que l'Islam d'alors, par sa liberté et sa "touchante solidarité, était l'heureuse ébauche" de son projet et de l'ère nouvelle à venir.

Mes chers collègues, aujourd'hui, nous sommes appelés à honorer tout ce pan de notre histoire ; à reconstruire ensemble ce qui forma jadis la grandeur de notre pays en contribuant, à hauteur de 400.000 euros, à la deuxième tranche des indispensables travaux de rénovation d'un des lieux d'exception que compte notre ville.

En conclusion, je voudrais me féliciter de la relation fructueuse qui unit notre Ville à la Mosquée de Paris et au culte musulman en général, et remercier celles qui l'ont incarné à savoir : Mme Sandrine MAZETIER, Mme Moïra GUILMARD, Mme Colombe BROSSEL et aujourd?hui, notre talentueuse collègue Danièle POURTAUD.

Je vous remercie de voter dans l'allégresse ce projet de délibération.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci beaucoup.

Je ne sais pas si, étranglée par l'émotion, notre talentueuse collègue aura la force de répondre.

Si oui, je l'invite à le faire succinctement.

Mme Danièle POURTAUD, adjointe, au nom de la 9e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.

Je crois qu'il serait dommage de ne pas répondre à ce magnifique exposé que vient de faire notre collègue Hamou BOUAKKAZ.

Comme cela vient d'être souligné, ce projet de délibération a pour objet de permettre la poursuite de la restauration de la Grande Mosquée de Paris. Je rappelle que c'est un bâtiment qui est inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques.

Vous l'avez rappelé, cher collègue, la première pierre de la Grande Mosquée de Paris fut posée en 1922 sur un terrain qui fut celui de l'ancien hôpital de la Pitié, qui a été cédé par la Ville de Paris.

Cette mosquée, édifiée grâce au soutien de l'Etat et de la Ville, était destinée à marquer la reconnaissance de la France envers les combattants musulmans de la première guerre mondiale.

Ce projet de délibération marque une nouvelle étape dans les travaux de restauration de la Grande Mosquée qui ont commencé en 2005. Après s'être concentrés sur les murs d'enceinte et les façades sur rue, le jardin d'entrée et les décors du patio central, il s'avère maintenant nécessaire de s'attarder sur la restauration extérieure de cet édifice magistral.

Les travaux concerneront trois zones. Tout d'abord, il s'agira de restaurer le tombeau du fondateur, à savoir le ravalement des façades et la réparation des décors, puis il faudra organiser la réfection des menuiseries des cours nord et restaurer le patio central.

Le montant total des travaux est estimé à 1.135.210 euros, qui vont être répartis entre :

- la D.R.A.C. pour 250.000 euros, soit 22 %, puisque le bâtiment est inscrit,

- la Région Ile-de-France pour 248.000 euros, 21,85 %,

- la Ville de Paris (c'est l'objet de ce projet de délibération) 400.000 euros, soit 35,24 %,

- et un autofinancement de l'association "la Société des Habous et des Lieux Saints de l?Islam" pour 235.000 euros, soit 20,72 %.

Je souligne que cette subvention est destinée à des restaurations uniquement de la partie patrimoniale de l'édifice et je joins ma voix à celle de notre collègue Hamou BOUAKKAZ pour vous demander de bien vouloir approuver ce projet de délibération, cette subvention.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci beaucoup.

Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 495.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté à l'unanimité. (2012, DAC 495).