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Juillet 2012
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2012, DJS 383 - Lancement de marchés, selon la procédure de l'appel d'offres, pour assurer la gestion technique globale du stade Jean Bouin (16e).

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2012


 

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Nous passons à l'examen du projet de délibération DJS 383 relatif au stade Jean Bouin.

Je donne la parole à M. David ALPHAND, puis à M. Claude GOASGUEN. M. Jean VUILLERMOZ leur répondra.

Monsieur David ALPHAND, vous avez la parole.

M. David ALPHAND. - Merci, Monsieur le Maire.

Voici le nouvel épisode d'une histoire déjà longue dans notre Conseil, qui est celle du stade Jean Bouin, de sa démolition et de sa reconstruction.

A vrai dire, on s?est probablement un peu trop focalisé jusqu'à présent sur le coût, sur l'investissement, de cette opération. On le sait, un investissement de près de 200 million d'euros, une dépense galopante, qui n'était peut-être pas véritablement la bienvenue ni particulièrement utile dans les circonstances actuelles.

Néanmoins, au-delà de ce coût d'investissement initial, on n'a pas encore suffisamment parlé jusqu'à présent du coût de fonctionnement de l'équipement, et on y vient par l'intermédiaire de ce projet de délibération.

Il faut bien comprendre l'économie générale qui nous est proposée par ce projet : une externalisation de certaines missions autour du fonctionnement de cette enceinte sportive (nettoyage, maintenance, sécurité), et puis, au détour de l'exposé des motifs, nous apprenons deux éléments d'information particulièrement intéressants sur le fonctionnement de cette enceinte.

Le premier, et je cite l'exposé des motifs, "l'équipement pourra aussi héberger à titre accessoire d'autres manifestations sportives, ainsi que des opérations d'associations ou d'entreprises".

Alors, c'est l'objet de ma première question, Monsieur VUILLERMOZ, de quoi voulez-vous parler exactement à ce propos ?

Pour ce qui est de ma deuxième question, alors là, je dois dire qu'on est assez sidéré par le projet tel que vous nous le présentez pour les trois prochaines années, parce qu?en réalité, nous nous apercevons que vous avez lancé un investissement de 200 millions d'euros sans avoir pris la précaution jusqu'à présent de savoir comment allait fonctionner cet équipement.

Puisque je vous ai bien lu dans l'exposé des motifs, vous nous expliquez qu'au-delà de ces quelques externalisations qui sont proposées, vous allez prendre trois ans de réflexion pour savoir quel sera le modèle économique du stade dans son rythme de croisière.

Alors, le moins qu'on puisse dire, Monsieur VUILLERMOZ, c?est qu?on aurait pu attendre de la Ville qu'elle prenne un peu plus de précautions avant de s'engager dans une telle dépense et on aurait pu attendre de votre part, en particulier, que vous nous présentiez un modèle économique qui soit viable. Il y a deux ans, dans ce même Conseil de Paris, j'avais parlé de catastrophe industrielle en préparation concernant le stade Jean Bouin, et je ne voudrais pas, et je vous le dis vraiment très sincèrement, que les trois prochaines années de fonctionnement de cet équipement me donnent raison.

Alors, Monsieur VUILLERMOZ, voici ma deuxième question : j'aimerais tout simplement vous demander quel sera le coût de fonctionnement du stade Jean Bouin en rythme de croisière ; c'est bien la moindre des choses que nous puissions attendre de votre part cet après-midi.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci.

Nous poursuivons avec M. le maire du 16e, Claude GOASGUEN.

M. Claude GOASGUEN, maire du 16e arrondissement. - J'espère que M. VUILLERMOZ est sorti de sa sidération, parce que je ne voudrais pas trop l'offusquer devant la catastrophe industrielle qu'il a provoquée, lui dont je connais l'attachement à l'industrie, mais je voudrais quand même lui signaler que cette affaire Jean Bouin est une succession de précipitations qui sont quand même pour le moins contestables.

Certes, maintenant, le stade Jean Bouin existe, il est là, il sera peut-être beau ; tant mieux, parce qu?avec le prix qu'il coûte aux Parisiens, il y a de quoi, effectivement, faire un beau stade, mais reconnaissez, mon cher adjoint, que, quand même, c'est une méthode d'évaluation des coûts à venir qui est assez singulière, puisque vous n'ayez pas fait de prospective sur le fonctionnement, sans parler de la précipitation avec laquelle vous avez construit le stade Jean Bouin contre l'avis des populations et des élus. On aurait pu, quand même, imaginer de la part de l'administration parisienne qu'elle fasse un minimum d'évaluation sur le modèle économique du club résident et des différentes occupations qui auront lieu avec succès, j'espère, dans le cadre du stade Jean Bouin.

Or, vous nous proposez, en fait, de nous inscrire dans une période transitoire de trois saisons sportives que nous allons payer, pour, éventuellement, par la suite, évaluer comment, éventuellement, la personne morale avec laquelle la Ville aura traité, pourra remplacer les trois années que les contribuables parisiens auront payées du fait de votre impréparation.

Tout cela n'est pas parfaitement compatible avec les règles, vous le reconnaîtrez, de la comptabilité publique. C'est la raison pour laquelle le groupe U.M.P. a voté contre cette délibération, en signalant que c'est un élément de plus qui montre à quel point on s?est un peu précipité dans cette affaire du stade Jean Bouin.

Voilà, mon cher adjoint, je voudrais vous sortir de votre sidération, donnez-nous surtout des bonnes nouvelles et essayez de nous donner une bonne gestion du stade Jean Bouin.

La catastrophe industrielle que vous avez programmée restera à votre passif, Monsieur VUILLERMOZ, puisque M. ALPHAND vous l?a dit et il vous l?a dit en toute transparence, c'est un expert en la matière.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Beaucoup de "private jokes"?

Jean VUILLERMOZ le sidéré ?

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, au nom de la 7e Commission. - Je vais revenir de ma sidération?

Monsieur ALPHAND, évidemment, vous continuez à développer l'idée que ce stade coûte plus de 200 millions d'euros. Je vous redis en permanence que ce stade coûtera autour de 150 millions maximum, et donc, à partir de là, évidemment, vous pouvez continuer à dire que c'est une catastrophe, mais vous saurez et vous verrez qu'une très grande partie des Parisiennes, des Parisiens, et même des Franciliens et Franciliennes seront très contents de venir dans ce stade pour voir une grande équipe de rugby qui s'appelle le Stade français.

Sur le coût de fonctionnement, Monsieur ALPHAND, évidemment, quand on construit un équipement, il faut bien le faire fonctionner. Nous avons dit depuis le début qu'il s'agissait de la Maison du rugby, et donc cette Maison du rugby accueillera, évidemment, des manifestations sportives autres que les matchs du Stade français, et notamment, peut-être et certainement, d'autres matchs et, évidemment, des animations pour les jeunes Parisiennes et Parisiens.

Et comme à Charléty, il pourra y avoir des séminaires, de façon à pouvoir faire rentrer des recettes et pas seulement des dépenses.

Donc, c'est dans ce cadre-là, évidemment, que nous ferons fonctionner le stade Jean Bouin.

Evidemment, pour la partie sportive uniquement, il est proposé de passer un appel d'offres ouvert en trois lots dissociables. C'est l'objet de ce projet de délibération :

- un lot pour assurer les prestations de nettoyage,

- un lot pour des prestations de sécurité-gardiennage,

- un lot pour les prestations de maintenance multitechniques.

Il faut rappeler que l'équipement se décompose en trois ensembles de locaux relativement distincts :

- les parties sportives et leurs annexes, y compris le club house et la boutique du club résident,

- les espaces à usage commercial et de bureaux, le long des rues Claude Farrère et Nungesser et Coli,

- le parc de stationnement ouvert au public.

Ces trois ensembles peuvent être évidemment exploités de façon autonome.

Je rappelle qu'en juillet 2011, a été approuvée l'exploitation du parc de stationnement dans le cadre d'une D.S.P. et, pour ce qui concerne les espaces tertiaires, hormis la boutique et le club house du club résident, ils ont vocation à être confiés à un partenaire privé dans le cadre d'un ou plusieurs baux commerciaux.

Enfin, concernant les parties sportives, puisque c?est, je crois, l'objet de vos questions, ainsi que de celles de M. GOASGUEN, la difficulté à anticiper les recettes (recettes annexes tirées de la location des espaces de réception en dehors des périodes de match, par exemple) et les dépenses de cet équipement novateur (coûts d'entretien de la couverture en béton fibré ultra performant) ne rend pas souhaitable de confier dès à présent la gestion des parties sportives à un prestataire extérieur. Nous envisageons effectivement une période transitoire d'au moins trois saisons sportives, qui correspond en gros à la montée en puissance du modèle économique du club résident, car il est évident qu'entre aujourd'hui, où ce club joue à Charléty, et demain, où il jouera à Jean Bouin, le nombre de spectateurs qui, malheureusement, aujourd'hui, est trop faible à Charléty pourra augmenter d?une façon importante et donc les recettes ainsi générées changeront forcément le modèle économique.

Pendant cette phase transitoire, une équipe municipale réduite sera affectée à l'équipement. Elle sera chargée d'assurer la direction et la programmation du site et il est prévu d'externaliser, selon le même principe en vigueur à Charléty, la gestion de toutes les tâches logistiques.

C'est donc l'objet de ce projet de délibération et il est proposé de passer des marchés selon la procédure de l'appel d'offres ouvert pour assurer ces prestations de gestion technique.

Les prestations, je vous le signale, débuteront au plus tôt le 1er février 2013 et prendront fin le 31 juillet 2016. Le montant annuel du marché est estimé à 1.619.137 euros pour la partie forfaitaire et à 174.000 euros pour la partie variable.

Voilà les explications que je tenais à vous apporter.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci beaucoup.

Fort de ces explications, je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DJS 383.

Qui est pour ?

Qui s?y oppose ?

Qui s?abstient ? Le groupe E.E.L.V.A.

Le projet de délibération est donc adopté. (2012, DJS 383).

Je vous remercie.