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Juillet 2012
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V - Question d'actualité du groupe Communiste et élus du Parti de Gauche relative à la rentrée scolaire 2012.

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2012


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est maintenant à Mme Emmanuelle BECKER.

Mme Emmanuelle BECKER. - Merci, Monsieur le Maire.

Pendant cinq ans, nous avons subi de plein fouet la pire politique concernant l'Education nationale depuis la Libération.

La réforme de la formation des enseignants, les coupes budgétaires...

M. LE MAIRE DE PARIS. - Une seconde ! Vous aurez tout votre temps.

Pourriez-vous être sereins ?

Tout à l'heure, il me semble qu'un élu de l'opposition a dit beaucoup de choses désagréables sur le Gouvernement, en matière justement d'éducation.

Là, peut-être que ce n'est pas dans le même sens, cela s'appelle tout simplement la démocratie.

Ecoutez-vous, s'il vous plaît. Maintenant, écoutez Emmanuelle BECKER.

Mme Emmanuelle BECKER. - Merci, Monsieur le Maire, je reprends.

Pendant cinq ans, nous avons donc subi de plein fouet la pire politique concernant l'Education nationale depuis la Libération.

La réforme de la formation des enseignants, les coupes budgétaires, la diminution drastique du nombre de postes, la suppression des R.A.S.E.D., la casse de l'éducation prioritaire sont autant d?exemples qui illustrent la volonté du Gouvernement précédent de sacrifier l'éducation des enfants sur l'autel du triple A.

L'école républicaine est et demeure, malgré les attaques, un service public d'excellence. Son rôle fondamental pour l'ensemble de la société n'est pas à démontrer.

Aujourd'hui, nous devrons affronter une situation terrible où la casse qui a duré tant d'années doit impérativement être réparée, et il y a urgence. Car, et ce n'est une surprise pour personne, les premières victimes des mesures d'économie de ces dernières années sont bien souvent les enfants les plus en difficulté. C?est donc à présent la responsabilité du Gouvernement de rendre à ces enfants les chances que M. FILLON a voulu leur voler.

Or il apparaît que l'enveloppe budgétaire prévue pour l'année prochaine ne permettra pas de satisfaire cette ambition. À Paris, 15 postes d'enseignants vont être créés. Il s'agit là d'un inversement positif de la tendance, mais ils ne suffiront pas à compenser les milliers de postes supprimés par le Gouvernement précédent. Le Gouvernement prévoit une loi d'orientation à l'automne. Nous espérons qu'elle sera élaborée avec l'ensemble de la majorité parlementaire et surtout avec l'ensemble des acteurs de l'éducation.

Mais devant l'urgence de la prochaine rentrée scolaire, il faut commencer par donner une réponse rapide aux problèmes qui se posent sous la forme d'un collectif budgétaire. La loi de finances rectificative sera examinée au Parlement à compter de la semaine prochaine et devra être votée le 31 juillet. Il est donc encore temps de modifier l'enveloppe budgétaire allouée à l'Éducation nationale. Si cette enveloppe est revue à la hausse, il sera alors possible de recruter de nouveaux enseignants pour la rentrée grâce aux candidats inscrits sur la liste supplémentaire du concours 2012.

Par ailleurs, si le Gouvernement permettait d'ouvrir la liste complémentaire en cours d'année pour subvenir aux besoins des écoles, cela permettrait aux écoles parisiennes de limiter les effets des derniers coups portés par le Gouvernement Fillon pour l'année 2012.

C?est pourquoi, Monsieur le Maire, nous souhaiterions connaître les dispositions qui seront prises pour la rentrée prochaine et savoir s'il est envisagé que l'Exécutif de la Ville s'adresse au Gouvernement afin de mettre en place les réformes nécessaires au bon déroulement de la rentrée 2012 à Paris.

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Encore une élue qui respecte le temps de parole !

La parole est à Colombe BROSSEL, pas à l?adjoint à la culture, mais à l'adjointe aux affaires scolaires. L'adjoint à la culture va se concentrer sur la culture, n?est-ce pas ?

Mme Colombe BROSSEL, adjointe. - Je vous remercie, Monsieur le Maire.

Vous l'avez rappelé, Madame BECKER, la situation?

Je vous laisse débattre? Merci, Monsieur MENGUY, je me défends moi-même, rassurez-vous.

La situation dans laquelle se trouve aujourd'hui l?école publique est effectivement une situation dans laquelle il y a beaucoup plus que du rattrapage à faire, mais le nouveau Président de la République l'a rappelé : l'éducation est au c?ur des priorités qu?il a énoncées pendant la campagne électorale et depuis, nous l?avons retrouvé dans le discours de politique générale du Premier Ministre.

D'ores et déjà, 1.000 postes d'enseignants sont recréés pour la rentrée prochaine dans le premier degré. Dans le second degré, ce sont 6.000 adultes - des professeurs, des C.P.E., des assistants d'éducation - qui vont pouvoir renforcer les moyens.

De la même façon, revenons sur un débat que nous avons maintes fois eu dans cette enceinte, le Gouvernement souhaite recruter pour la rentrée 1.500 A.V.S. individuels qui vont pouvoir accueillir les enfants handicapés et les accompagner dans leur scolarité.

Vous avez eu raison de rappeler l'importance d'ouvrir les listes complémentaires pour renforcer l'Éducation nationale dès cette rentrée 2012. C'est en effet le moyen qui a été utilisé par le Ministre de l'Éducation nationale et qui a permis par exemple que 75 C.P.E. puissent être recrutés à la rentrée. Et il a porté la même demande sur un certain nombre de disciplines qui connaissent un grand déficit de candidats : les lettres, l'anglais et les mathématiques. Toutes ces actions devront être poursuivies pour atteindre les objectifs ambitieux que le Gouvernement s'est fixé.

Mais, et je le disais tout à l'heure sur un autre sujet, comme vous le savez, une grande phase de concertation sur l'avenir et la refondation de l'école publique dans notre pays vient de s'installer, et au-delà du sujet absolument fondamental des rythmes éducatifs, c?est aussi les questions concrètes et les modalités concrètes de recrutement, de formation et d'attribution des milliers d?emplois qui devront être discutées par l'ensemble des partenaires du champ éducatif.

Pour Paris, vous l'avez certainement vu, l'académie de Paris a bénéficié de 15 postes supplémentaires dans le premier degré. Ils ne permettront pas de revenir sur l'ensemble des suppressions d'emplois que nous avons dénoncées ensemble année après année, mais ils ont permis et ils vont permettre de répondre aux demandes des écoles dans lesquelles les besoins étaient les plus criants.

J'en veux pour preuve que nous avons pu annuler les fermetures prévues à l'école Eugénie Cotton, à la maternelle Jean Dolent.

Mais nous avons pu également obtenir des ouvertures de classes là où il était absolument criant qu'on ne pourrait sinon accueillir les enfants : la maternelle Metra, la maternelle Cardinal Amette, les élémentaires la Motte Picquet, Saint-Bernard, Picpus, Küss, Flocon, et je pourrais continuer ainsi.

Le souhait que nous avons exprimé, comme l'ensemble des parties prenantes au C.D.E.N., et qui a été entendu par le responsable du premier degré est de remédier à la situation absolument dramatique dans laquelle se trouvaient les remplacements dans le premier degré. Il a fallu recréer des postes de remplaçants pour que l'on arrête de voir des classes entières ne pas pouvoir avoir d'instituteurs et d'enseignants, comme l'année dernière.

Et nous avons insisté, et le directeur de l'académie l'a entendu, sur le fait que même si la mesure était symbolique parce que les besoins sont grands, il était nécessaire d'adresser un signal positif aux R.A.S.E.D. et à l'enseignement spécialisé. C'est la raison pour laquelle deux postes de R.A.S.E.D. non territorialisés ont donc été recréés pour cette rentrée.

Bien entendu, et je terminerai - pardon, Monsieur le Maire, d'avoir dépassé mon temps de parole - Paris continuera d'agit pleinement dans le cadre de ses compétences pour le bon fonctionnement de nos collèges et de nos écoles. Nous poursuivrons nos efforts déterminés en faveur d'un véritable projet éducatif parisien. Vous pourrez nous trouver toujours à ce grand rendez-vous.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup. Nous avons terminé les questions d'actualité. Nous allons passer en Conseil général.

La séance est suspendue.