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Septembre 2006
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Conseil Municipal
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2006, Voeu déposé par M. Patrick BLOCHE et les membres du groupe socialiste et radical de gauche, M. Jacques DAGUENET et les membres du groupe communiste, M. Georges SARRE et les membres du groupe duMouvement républicain et citoyen, M. René DUTREY et les membres du groupe “Les Verts”, relatif à la situation de Jeff BABATUNDE-SHITTU.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2006


 

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Nous examinons un v?u référencé n° 31 dans le fascicule déposé par les groupes de la majorité municipale et ce v?u concerne la situation de Jeff BABATUNDE-SHITTU et il ne se rapporte à aucun projet de délibération.

Je donne la parole à M. BLOCHE.

M. Patrick BLOCHE. - Merci, Madame la Maire.

J?associerai très étroitement Liliane CAPELLE à la présentation de ce v?u compte tenu de son investissement personnel que je salue sur ce dossier, notamment tout au long du mois d?août, et je sais qu?elle est, tout comme moi, très attentive bien sur, à la situation de Jeff dont nous considérons qu?elle ne s?est pas finie le 30 août à Roissy lorsque nous nous sommes retrouvés, elle, moi et d?autres élus.

Catherine GÉGOUT était là, Jacques DAGUENET et Pierre MANSAT. Nous nous sommes retrouvés à Roissy pour empêcher l?expulsion de Jeff BABATUNDE-SHITTU vers le Nigeria, pays où il n?a plus aucuns liens familiaux et amicaux.

Nous avons évoqué, je me suis permis d?évoquer ce matin, le cas de Jeff qui était exemplaire là aussi, de cette politique incohérente, Monsieur GOUJON, quitte à vous déplaire, parce que si vous voulez, quand on produit une circulaire comme celle du 13 juin 2006, on reste en cohérence avec les critères de régularisation que comportent ces circulaires. J?ai encore à l?esprit de m?être retrouvé dans les couloirs de l?Assemblée nationale interpellé par les journalistes qui me disaient : ?qu?est ce que cela vous fait de voir Nicolas SARKOZY mettre en ?uvre une politique de gauche en matière d?immigration et montrer ainsi un côté humaniste qu?on ne lui connaissait pas ??. C?était le 13 juin 2006.

Ce qui nous a scandalisés en tant que républicains, ce sont ses déclarations du 24 juillet dernier, quand il déclare, en plein examen au cas par cas des dossiers de régularisation dont nous avons été nombreux à accompagner le dépôt en Préfecture, le 24 juillet, et alors que des rendez-vous sont encore fixés au mois d?octobre, qu?il y aura 6.000 régularisations alors que 33.000 dossiers auront été déposés durant cet été.

C?est une politique de quota inadmissible, qui rompt avec les traditions de la République française. On peut avoir des désaccords sur des politiques d?immigration.

Effectivement, Monsieur GOUJON, nous vous confirmons qu?une politique d?immigration de gauche ne ressemble pas à une politique d?immigration de droite, mais c?est la première fois que l?on fixe un cadre réglementaire, en l?occurrence, une circulaire, celle du 13 juin 2006, avec des critères soi-disant humanistes, visant à régulariser les familles des enfants scolarisés suite à la mobilisation citoyenne, notamment des comités scolaires et des élus que nous sommes. Puis on dit : ?Voilà, on examine au cas par cas? et, le 24 juillet, on arrête le compteur à 6.000 et, à l?arrivée, c?est 6.900 ! Et le pourcentage à Paris, après, est encore plus bas qu?au niveau national : c?est 17 %.

Et je ne reviendrai pas sur les propos scandaleux tenus par le Ministre de l?Intérieur, non pas à l?époque contre des magistrats mais contre des fonctionnaires mêmes de son Ministère et, en l?occurrence, de la Préfecture de police ; je pense, bien entendu, à M. BLANC.

En l?occurrence, nous avons eu le v?u précédent et je me permettais de répondre à cette occasion à l?interpellation de M. GOUJON, comme l?a fait Liliane CAPELLE. Là, il s?agit du cas de Jeff, Nigérien âgé de 19 ans qui voulait rentrer, à la rentrée scolaire, en 2e année de CAP au lycée Dorian. Il a été expulsé le 30 août dernier. Nous n?avons qu?un désir, qu?une volonté, nous restons tout aussi mobilisés que nous l?étions, notamment dans le 11e arrondissement, sur le cas de Jeff et Jeff reviendra en France, car son avenir est en France. C?est en l?occurrence la raison pour laquelle nous avons souhaité, par ce v?u, que le Maire de Paris se fasse notre porte-parole auprès du Ministre des Affaires étrangères : pour que Jeff obtienne le visa qu?il demande pour revenir faire sa scolarité en France.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Merci beaucoup, Monsieur BLOCHE.

La parole est à M. Christophe CARESCHE.

M. Christophe CARESCHE, adjoint. - Avis favorable.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Avis, bien sûr, favorable de l?Exécutif.

Madame GÉGOUT, vous avez la parole.

Mme Catherine GÉGOUT. - Juste une explication de vote très brièvement, puisque Patrick BLOCHE a bien résumé tout cela.

Quand même, ce cas-là est vraiment typique d?une affaire montée médiatiquement par M. SARKOZY, puisque Jeff, et on l?a bien vu à travers sa propre attitude, à travers celle de ses camarades du lycée, à travers celle des professeurs, est un jeune homme dont l?avenir est manifestement en France, qui a eu une histoire personnelle extrêmement dure, qui s?est adapté ici et qui a commencé ici à bâtir un avenir. On a besoin ici de gens comme Jeff. On a besoin en France de jeunes comme lui qui ont envie de s?intégrer, qui ont envie de construire une vie. On a besoin de leur force, on a besoin de leurs compétences. Et je pense que c?est vraiment ignoble d?en avoir fait un exemple comme cela ! A partir du moment où il a été dans le collimateur, cela a été fini.

Et ce qui s?est passé au moment de son expulsion, dans l?avion, est absolument significatif d?une volonté de destruction et d?exemple qui devrait être absente de la politique.

Je vous remercie.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Merci.

Madame CAPELLE, vous avez la parole.

Mme Liliane CAPELLE. - Je voulais simplement rajouter à tous les propos qui ont été tenus concernant Jeff BABATUNDÉ-SHITTU que, si nous faisons cette démarche pour demander un visa, c?est parce que, dans la lettre que M. SARKOZY, Ministre de l?Intérieur, a envoyée à Georges SARRE et, je pense, à Patrick BLOCHE, il écrit personnellement, lui, il le signe, il dit qu?il y a un moyen réglementaire et légal de rentrer en France, c?est de faire une demande de visa pour poursuivre ses études.

Puisque M. SARKOZY l?écrit, je pense que nous sommes dans notre droit de demander que Jeff revienne ici.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Très bien.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u assorti d?un avis favorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le voeu est adopté. (2006, V. 319).