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Septembre 2006
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par le groupe “Les Verts” relatif à la mémoire des massacres de Sétif, Guelma et Kherrata.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2006


 

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous passons maintenant à l?examen du v?u référencé n° 49 dans le fascicule déposé par le groupe ?Les Verts?. Il s?agit d?un v?u relatif à la mémoire des massacres de Sétif, Guelma et Kherrata.

Madame GUIROUS-MORIN, vous souhaitez parler ?

Mme Isabelle GUIROUS-MORIN. - Merci, Monsieur le Maire.

Chers collègues, le 8 mai 1945 marque la capitulation de l?Allemagne nazie. Au même moment allait s?amorcer un des événements les plus sanglants de l?histoire de l?Algérie et de la France.

Le matin du 8 mai 1945, des milliers d?Algériens se rassemblent dans les rues de Sétif, (ville de Ferhat Abbas, fief des tous premiers nationalistes), afin de déposer une gerbe au pied du monument aux morts et revendiquer le droit à l?indépen-dance. Le sous-préfet de la ville, Butterlin, qui ne peut s?opposer à cette célébration, interdit le port de toute arme et de bannières revendiquant l?indépendance de l?Algérie. Dans le cortège, un jeune homme brandit un drapeau algérien. Refusant de le baisser, il est alors abattu comme le sera le Maire de Sétif qui tente de s?interposer. Dans la panique, une fusillade éclate, 27 victimes seront à déplorer du côté français. L?insurrection s?étend rapidement dans tout le Constantinois, faisant 103 morts et 110 blessés parmi les colons européens. On ne dénombre pas les victimes algériennes. Dès le 10 mai, la réaction française prend la forme d?une répression d?une extrême brutalité hors de toutes proportions. Menée par le général Duval, engageant l?aviation et la marine, l?armée coloniale fusille, bombarde, exécute. La répression durera six longues semaines pendant lesquelles l?armée, rejointe par les colons ?ultras?, fera preuve d?une rare violence notamment à Guelma et Kherrata. En quelques semaines, des milliers d?Algériens seront tués. 36.000 morts selon l?historien Henri Alleg.

Ce drame passe quasiment inaperçu de l?opinion métropolitaine occupée à célébrer la capitulation allemande. A l?exception d?Albert Camus, alors directeur de ?Combat?, qui, dans un article du 15 mai, adjure la presse française à ?refuser les appels inconsidérés à une répression aveugle? et dénonce le ?sauvage massacre? du Constantinois. Il faudra attendre près de 60 ans pour que la France, par l?intermédiaire de son ambassadeur en Algérie, M. Hubert Colin de Verdière, en visite officielle à Sétif, évoque cette ?tragédie inexcusable? et reconnaisse la responsabilité de la France dans ce massacre.

Ainsi, considérant que la mémoire collective de la France doit intégrer les épisodes occultés comme celui du colonialisme et de ses crimes ;

Considérant que cet épisode de l?histoire est absent de l?espace public ;

Considérant que les événements récents nous incitent à un ?partage de mémoire? et que, loin de l?idée de les opposer, il convient de tisser des liens entre eux ;

Considérant que cette reconnaissance est nécessaire dans le cadre d?une démocratie métissée et diverse où chacun doit pouvoir trouver sa place loin des replis identitaires ;

J?ai l?honneur de présenter sur proposition des élus ?Verts? le v?u qu?une place de Paris se voit attribuée le nom de ?Place des massacres de Sétif et de Guelma? et qu?une plaque commémorative ou un petit monument soit érigé en mémoire de cet épisode sanglant de l?histoire.

Les groupes politiques du Conseil de Paris seront associés à la recherche d?un lieu adapté pour cette place.

Merci.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.

Monsieur CAFFET, vous avez la parole.

M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

Je pensais que c?était Odette CHRISTIENNE qui, dans le cadre de ses attributions, devait répondre à ce voeu. Mais enfin, je m?aperçois qu?il m?échoit d?y répondre.

Que puis-je dire sur ce v?u ?

S?il s?agit de commémorer ce qui s?est passé, et je n?emploie aucun qualificatif sur ce qui s?est passé à Sétif, Guelma et Kherrata, il me semble que le Conseil de Paris pourrait se retrouver sur cette position.

Faut-il appeler ce futur lieu de Paris ?Place des massacres de Sétif, Guelma et Kherrata? ? Pour ma part, je n?en sais rien.

Je pense que nous pourrions adopter la position de principe de commémorer ce que j?appellerais ?les événements? de Guelma, de Sétif et de Kherrata et de trouver une dénomination qui fasse l?unanimité de tout le Conseil.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - D?accord.

Nous votons le v?u avec les réserves que vous avez indiquées, n?est-ce pas ? C?est ce que vous proposez ?

M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint. - Ce ne sont pas des réserves, comprenez-moi bien, Monsieur le Maire. Je pense que l?Exécutif est d?accord avec le principe de ce v?u, mais il faudrait peut-être simplement trouver une dénomination qui fasse l?unanimité sur nos bancs.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Etes-vous d?accord, Madame GUIROUS-MORIN ?

Je mets aux voix, à main levée, le v?u avec les précisions apportées par M. CAFFET.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le voeu est adopté. (2006, V. 326).