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Septembre 2006
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Conseil Municipal
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2006, DVD 155 - Aménagement d’un réseau vert à Paris dans les Ier, 2e, 3e et 10e arrondissements. Approbation du bilan de la concertation relative à l’aménagement. - Approbation du programme de l’opération. Voeu déposé par Melle Charlotte NENNER, MM. Jacques BOUTAULT, Christophe NAJDOVSKI et les membres du groupe “Les Verts”.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2006


 

M. Alain LHOSTIS, adjoint, président. - Nous passons à l?examen du projet de délibération DVD 155 sur lequel un amendement n° 14 et un v?u n° 15 ont été déposés par le groupe ?Les Verts? : aménagement d?un réseau vert à Paris dans les 1er, 2e, 3e et 10e arrondissements ; approbation du bilan de la concertation relative à l?aménagement ; approbation du programme de l?opération.

Je donne la parole à M. Jean VUILLERMOZ pour le groupe communiste.

M. Jean VUILLERMOZ. - Je voudrais faire un certain nombre de mises au point par rapport à ce projet de délibération.

Le réseau vert est un grand élément de notre politique de déplacement qui privilégie un nouveau partage de l?espace public, tout comme les quartiers verts, les espaces civilisés, les couloirs d?autobus que nous avons mis en place.

Je profite de l?occasion qui m?est donnée pour vous rappeler que le groupe communiste est tout à fait favorable à la redistribution de l?espace public au profit des transports en commun et des modes doux. Nous l?étions déjà quand M. CHIRAC et M. TIBERI étaient maires et n?ont rien fait pour modifier cette situation.

Nous ne sommes ni des pro voitures ni d?incorrigibles productivistes comme certains le laissent entendre.

Aussi, nous soutenons la démarche engagée depuis 2001 pour améliorer la qualité de l?air, pour diminuer les nuisances sonores et rendre l?espace public plus convivial et plus respectueux des différents usages que l?on peut en faire en milieu urbain dense.

Les nombreuses mesures que nous avons mises en place sont innovantes et nous pouvons nous en féliciter. Mais nous ne balaierons pas en quelques années seulement plus de cinquante ans de politique ayant donné la priorité à l?automobile en ville. Nous devons mesurer finement les impacts économiques, sociaux et environnementaux de ces mesures.

Ce que nous devons proposer aux Parisiens et aux Franciliens, c?est un nouveau système de mobilité plus équilibré et non pas seulement un empilement de mesures sans vision d?ensemble ni anticipation des effets induits.

Ainsi, nous devons prendre les précautions nécessaires à la pleine réussite de cette politique.

Je veux le dire très fort. Nous n?acceptons pas les injonctions de nos collègues du groupe ?Les Verts? et les commentaires politiciens des autres. Non, nous ne rentrerons pas dans les rangs. Non, le conservatisme n?est certainement pas à chercher chez les communistes. De tels propos font injure au débat démocratique.

Aussi, nous posons avec force et conviction l?évaluation nécessaire des mesures que nous avons engagées depuis 2001 car nous n?acceptons pas le fait que la mobilité des Parisiens et des Franciliens puisse être pénalisée et si nous disons cela, c?est parce que dans le même temps les offres alternatives à l?automobile sont peu développées.

Si nous nous félicitons de la mise en place de nouveaux services, comme, par exemple, le Noctilien et les prolongements du service du métro jusqu?à 2 heures du matin le week-end, ceux-ci ne pourront améliorer à eux seuls la mobilité des Parisiens et des Franciliens dans leur quotidien, c?est-à-dire pendant les heures de pointe où une partie de la population s?entasse dans le métro et le RER, pendant que l?autre partie se retrouve coincée dans les bouchons et d?autres encore qui se sont tournés vers les deux-roues motorisés, sont exposés de plus en plus, et en permanence, à des accidents graves.

Aussi, je suis beaucoup moins optimiste que Denis BAUPIN quant à l?amélioration massive des transports en commun qu?il annonce, alors que peu de choses sont programmées.

Oui, nous soutenons fortement la rocade de métro en banlieue, le dédoublement de la ligne 13 et les projets de tramway, mais le problème majeur, c?est que nous sommes face à une segmentation des politiques de déplacement et à un désengagement important de l?Etat dans le domaine des transports urbains.

La voirie est en grande partie de la compétence du Maire, ce qui facilite la mise en ?uvre du partage de la voirie et j?ai dit que nous étions pour.

En revanche, les transports en commun sont du domaine de compétence du S.T.I.F. qui vient d?être récemment décentralisé et qui, il faut le dire, a un cadre budgétaire très limité, avec un désengagement quasi total de l?Etat. On voit ainsi ce qu?il en est du contrat de projets qui est en diminution de 40 %, notamment en matière de transport.

Chacun sait ici que les actions que nous entreprenons à Paris au niveau de la voirie ont des impacts majeurs sur toute la zone dense.

Quel est le constat aujourd?hui ? Si Paris connaît une diminution du trafic automobile, les communes qui nous entourent connaissent quant à elles un accroissement important du trafic automobile.

Limiter le trafic automobile dans Paris pour en augmenter l?intensité en banlieue n?est pas souhaitable car cela participe à l?augmentation de la pollution et va donc à l?encontre de nos objectifs.

Au final, nous pensons qu?il manque réellement un projet commun clairement identifié au niveau de la zone dense. Nous avons besoin d?un diagnostic clair à l?échelle de Paris et de la zone dense, qui pose les bonnes questions.

Nous proposons ainsi qu?un Observatoire des déplacements indépendant à l?échelle de la zone dense soit mis en place. Il permettrait d?évaluer globalement les effets positifs et négatifs de notre politique actuelle de déplacements à l?échelle de Paris et au-delà.

Cet outil permettrait aussi de replacer en perspective et en prospective la question importante des déplacements.

De ce point de vue, la conférence métropolitaine pourrait alors sur cette base porter un projet concret de transformation de la voirie de la zone dense et mettre à plat les besoins de développement des transports en commun intra et extra muros.

Pour terminer, je voudrais simplement signaler, pour revenir au réseau vert, que les requalifications urbaines qui accompagnent les politiques des déplacements parisiens entraînent un renchérissement du prix de l?immobilier qui est un facteur de ?gentrification? et ces requalifications urbaines entraînent également une mutation de l?appareil commercial en faveur des loisirs et du tourisme. C?est donc tout cela que nous souhaitons voir étudié avant tout développement de cette politique des transports mise en ?uvre.

M. Alain LHOSTIS, adjoint, président. - Merci.

La parole est à Mme NENNER pour le groupe ?Les Verts?.

Melle Charlotte NENNER. - Merci, Monsieur le Maire, je vois que M. VUILLERMOZ a très envie de parler du Plan de déplacements de Paris. C?est vrai que nous aussi, nous sommes effectivement très demandeurs d?un débat sur la question, d?un débat global sur les transports et les déplacements, mais n?anticipons pas ce débat qui aura forcément lieu très bientôt.

Parlons plutôt du réseau vert. Effectivement, le ?réseau vert?, qu?est-ce que c?est ? C?est un réseau de rue piétonnes et cyclables, qui est porté par l?association éponyme qui porte ce projet depuis près de quinze ans. Et ce projet visait à mailler et à constituer un véritable réseau de rues piétonnes dans Paris.

Effectivement, ce réseau vert a eu le soutien des Verts depuis fort longtemps et également le soutien de l?actuelle majorité puisque nous l?avons inscrit dans notre contrat de mandature en 2001 et que c?est une promesse que nous avons faite aux Parisiens.

Pourquoi soutenons nous fortement le réseau vert à Paris ? Tout d?abord parce que cela rejoint les préoccupations environnementalles de cadre de vie et surtout que c?est un projet qui est à destination des piétons qui, je dois le rappeler, sont fortement majoritaires à Paris. On a besoin d?imaginer des façons de faciliter leurs modes de déplacement parce que souvent les piétons sont un peu les oubliés d?une politique de partage de la voirie. Ce projet de rue piétonne est donc évidemment très intéressant dans Paris et à une échelle justement globale.

C?est un projet effectivement ambitieux pour les piétons. J?en ai parlé et il faut dire que de ce projet ambitieux, nous sommes arrivés à un projet quelque peu laborieux et effectivement des maires d?arrondissement n?en ont pas voulu. D?autres en ont voulu mais qu?un tout petit bout. Cela a été effectivement assez laborieux et je crois que l?on peut se féliciter de voir arriver à ce Conseil de Paris enfin un premier bout d?un premier tronçon d?un premier axe du réseau vert. Effectivement, c?est assez laborieux mais on peut imaginer que ce premier projet fera tache d?huile et donnera aux maires d?arrondissement qui étaient réticents l?envie d?avoir un axe réseau vert dans leur arrondissement.

Voilà pour ce projet que nous allons soutenir, d?autant qu?il va dans le 10e arrondissement, je dois le rappeler, passer par la rue René-Boulanger, et que ce projet répond à une attente très forte des commerçants et des habitants de la rue René-Boulanger qui s?étaient énormément mobilisée et qui nous avaient demandé d?en faire une priorité budgétaire pour cette année. On est donc évidemment fort contents de voir ce projet aboutir pour la rue René-Boulanger. Je vous rappelle qu?au dernier Conseil de Paris, en tout cas en juin, le projet réseau vert était complètement à l?eau et grâce au v?u que nous avons voté, il a été repêché. Nous voterons pour le réseau vert sauvé des eaux.

En revanche, nous proposons un amendement à ce projet pour inclure dans ce premier axe de réseau vert les rues Taylor et Sampaix dans le 10e arrondissement. En effet, depuis juin, que s?est-il passé ? Une forte mobilisation des riverains et des commerçants de la rue Lucien Sampaix s?est faite en faveur du projet Réseau vert, en particulier avec une pétition ?Sauvons le réseau vert? qui a rassemblé beaucoup de signatures en très peu de jours.

Et ce projet de Réseau vert qui a été annoncé et qui avait été promis aux habitants des rues Taylor et Sampaix montrait qu?il y avait un énorme besoin dans ces rues, en particulier de sécurité et de confort des piétons, parce qu?il y a des crèches et des établissements scolaires dans cette rue et également des organismes de formation, et qu?effectivement la place trop importante accordée à la voiture pouvait nuire au développement du commerce de proximité et à l?animation de la rue.

Enfin, nous considérons que les engagements pris vis-à-vis de ces riverains et des commerçants doivent être tenus et priment par rapport à un calendrier électoral. Nous considérons donc que nous devons continuer cet axe Réseau vert jusqu?au canal Saint-Martin en 2007 en tant qu?exception à la règle générale de ne pas faire de travaux en 2007. Pourquoi une exception à la règle ? Tout simplement parce qu?elle est demandée par les riverains et les commerçants. Donc, je crois que l?on ne peut que saluer ces demandes de travaux qui tranchent quelque part avec l?opinion générale comme quoi les Parisiens en auraient marre des travaux.

Je crois que les habitants, les commerçants de la rue Sampaix nous prouvent qu?ils sont demandeurs et que cela rejoint des préoccupations générales qui visent à favoriser les piétons à Paris.

(Applaudissements sur les bancs du groupe ?Les Verts?).

M. Alain LHOSTIS, adjoint, président. - Ce v?u a également fait l?objet d?un vote au Conseil d?arrondissement.

Mme DOUVIN souhaite intervenir.

Mme Laurence DOUVIN. - Merci, Monsieur le Maire.

Nous avons vu le territoire parisien se couvrir peu à peu d?un nombre de chantiers impressionnant. Certains font partie des grandes réalisations de la Municipalité : le tramway, les bus Mobiliens, les espaces civilisés, les quartiers verts. Les autres, pour être plus discrets n?en sont pas moins nombreux : élargissement des trottoirs, installation de feux tricolores, aménagement de pistes cyclables, etc. Le résultat immédiat de cet état de fait est la montée du mécontentement des Parisiens qui n?en peuvent plus de ces chantiers. A cela, la réponse de la Municipalité, c?est ?attendez braves gens, vous allez voir que tout ira bien après les travaux. Ce sera le paradis ou presque?.

Le Maire de Paris a répété cette déclaration et a affirmé à de nombreuses reprises que tout serait terminé fin 2006, pour laisser les Parisiens respirer avant les élections municipales, bien sûr. Il l?a répété ce matin dans sa longue réponse sur le Plan de déplacements de Paris. Il veut apaiser la voirie. Il faut dire qu?elle en a bien besoin.

Alors je ne comprends pas. Je lis dans ce projet de délibération que les travaux du réseau vert sont programmés de septembre 2006 à mars 2007. Et quand je relève cette contradiction en 3e Commission, j?obtiens une réponse lapidaire : toute règle a ses exceptions.

J?aimerai bien comprendre qui est aux commandes de cette politique. Y a-t-il effectivement une exception ? Pourquoi, si c?est le cas, est-elle en faveur des vélos ? Y a-t-il accord de la majorité ? Quand j?entends M. VUILLERMOZ, je dois dire que je me pose des questions. J?ai rarement entendu dresser un constat aussi sévère pour dénoncer le manque d?un projet commun dans la politique des déplacements.

Bien. Permettez-moi de dire que j?attends personnellement avec impatience la fin des travaux pour que tous puissent constater, comme certains le font déjà, que la situation est en règle générale non pas meilleure qu?avant, mais bel et bien pire. Et c?est déjà l?avis par exemple des utilisateurs de la gare du Nord ou des riverains des petites rues où est stocké tout le trafic que vous avez chassé des avenues dites civilisées, avec des véhicules qui klaxonnent, polluent et d?autres encore. Vous avez réveillé Paris qui est redevenu la ville des klaxons comme il y a plus de vingt ans.

En ce qui concerne le réseau vert, dont nous parlons dans ce projet de délibération, et en ce qui concerne le 1er arrondissement, je voudrais simplement me faire l?interprète de JeanFrançois LEGARET pour dire qu?il est favorable en ce qui concerne la rue Saint-Denis, mais qu?effectivement il serait bon d?éviter des travaux de voirie coûteux, notamment en ce qui concerne la dernière section de la rue Saint-Denis, et qu?il serait donc judicieux, Monsieur le Maire, de renoncer à ces travaux entre la rue de Rivoli et la rue des Lombards.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).

M. Alain LHOSTIS, adjoint, président. - La parole est à M. Jacques BOUTAULT.

M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement. Monsieur le Maire, chers collègues, je crois qu?il faut vraiment n?avoir jamais fait de vélo à Paris pour ne pas percevoir l?urgente nécessité de ces aménagements de voirie. Parce que se déplacer en toute sécurité en utilisant ce moyen de transports, le moins polluant après la marche à pied, c?est encore un rêve lointain malgré les efforts réalisés par notre collectivité depuis cinq ans.

Contraints au respect d?un Code de la route conçu pour les véhicules à moteur, le cycliste en concurrence avec l?automobile n?a pas sa place dans notre cité. Faire le tour d?un pâté de maison parce qu?une rue de six mètres de large est à sens unique, dès lors que l?on ne possède pour toute force motrice que ses jambes et pour tout carburant que son souffle, paraît le plus souvent absurde au cycliste normalement constitué.

Alors que 60 % des Parisiens ne possèdent pas de voiture, se déplacer à vélo en famille pour, par exemple, se rendre aujourd?hui du centre-ville au parc de la Villette (le trajet du futur réseau vert) relève de l?infanticide !

De même, se déplacer quotidiennement à vélo pour se rendre à son travail est certes plus rapide qu?avec tout autre moyen de transport mais cela, pour le coup, relève d?une haute conception de l?engagement citoyen ou du masochisme.

La lutte contre la pollution et le dérèglement climatique passe par un changement de nos comportements quotidiens. Notre Ville, dans ses prérogatives locales, doit encourager de façon très volontariste les modes de déplacements non polluants en développant les transports en commun mais aussi, en parallèle, en facilitant et sécurisant la pratique cycliste.

Les aménagements, comme la loi, doivent protéger les plus faibles - les vélos et les piétons - contre les plus forts - les automobiles et les camions.

Le réseau vert ne doit pas être pensé comme un gadget ou une concession qui serait faite aux écologistes. Il doit s?inscrire dans une volonté politique affirmée de modifier la voirie pour que se déplacer à vélo devienne simple, banal et accessible à tous.

La pratique du vélo a considérablement augmenté à Paris ces dernières années. Pour qu?elle se développe encore, il faut multiplier les voies piétonnes et cyclistes ; cela me paraît une urgente nécessité.

Chers collègues, je vous remercie pour votre attention.

(Applaudissements sur les bancs des groupes ?Les Verts?, socialiste et radical de gauche, communiste et du Mouvement républicain et citoyen).

M. Alain LHOSTIS, adjoint, président. - Merci, Monsieur BOUTAULT.

Je donne la parole à M. Denis BAUPIN.

M. Denis BAUPIN, adjoint, rapporteur. - M. VUILLERMOZ a fait une longue intervention qui ne portait pas directement sur le réseau vert.

On a des discussions, y compris encore aujourd?hui, sur ces questions de politique globale des déplacements et pour une partie du constat qu?il fait, je ne suis pas en désaccord. Le désengagement de l?Etat, la dissociation des compétences qui rend difficile la mise en place d?une politique cohérente entre l?offre de transport collectif, l?investissement sur les réseaux lourds, les politiques de stationnement, les politiques de circulation, etc., tout cet éclatement, la place de la Préfecture de Police dans ces dispositifs rend évidemment extrêmement complexe le fait de mener une politique cohérente sur le territoire parisien. Je peux vous confirmer que ce n?est pas simple tous les jours.

Ceci étant, je dois dire que je ne partage pas votre point de vue sur quelques points - et je préfère le dire ici -, notamment sur le fait que l?augmentation d?offre de transport collectif qui a été décidée par le Syndicat des transports d?Ile-de-France ou qui a même commencé à être mise en place serait anecdotique ou en tout cas largement insuffisante.

Puisque vous avez eu la gentillesse de me faire part de cet argument ce matin, j?ai demandé à ce que l?on me fasse une évaluation en termes de chiffrage. Je peux vous indiquer qu?entre 2001 et 2007, l?augmentation de l?offre de métro sera de l?ordre de 350.000 voyages par jour - je parle bien en termes d?offre supplémentaire - et pour les bus de 180.000 voyages par jour.

Après on peut discuter de la localisation de tout cela mais cela donne malgré tout des ordres de grandeur puisque la réduction de la circulation automobile dans Paris est de l?ordre de 300.000 voyages par jour. Donc si on compare les ordres de grandeur, on voit malgré tout qu?il n?y a pas à ce point une dissociation et même plutôt une plus grande offre de transports collectifs par rapport à la diminution de la circulation automobile. Je parle bien de l?offre une fois qu?elle aura été mise en service, ce qui n?est pas encore le cas aujourd?hui. On voit bien qu?on est quand même sur quelque chose qui n?est pas anecdotique, loin de là.

En ce qui concerne le manque de projets communs, il y a quand même le Plan de déplacement urbain d?Ile-de-France. Ce plan de déplacement urbain, certes, je dois regretter que seule la Ville de Paris le prenne au sérieux et donc que nous soyons les seuls à réellement l?avoir mis en place. Je pense notamment à l?Etat qui n?a pas fait son travail puisqu?il était responsable du P.D.U. depuis son adoption et que l?Etat aurait dû impulser sa mise en oeuvre.

En ce qui concerne l?idée d?un observatoire sur la politique des déplacements sur la zone dense, c?est une coïncidence ; je ne savais pas du tout que vous l?évoqueriez mais j?avais tout à l?heure une réunion avec les responsables de l?A.P.U.R. et je leur ai fait la suggestion justement que dans le programme de travail 2007 de l?A.P.U.R. nous réfléchissions aux outils nécessaires à un tel observatoire (des politiques des déplacements) sur la zone dense. Donc les grands esprits se rencontrent et sur cette idée, nos avis sont convergents.

Vous dites, vous, que tant que l?on n?aura pas de politique qui réussirait à investir suffisamment sur la rocade orbitale, vous êtes pour une suspension, si je comprends bien, de la politique municipale des déplacements. Je caricature un peu votre pensée mais grosso modo, c?est un peu ce que vous disiez. Là, c?est un point sur lequel évidemment je ne vous rejoins pas. Cela voudrait donc dire que nous laisserions entre les mains de l?Etat, qui est l?investisseur principal, la décision finale sur la politique parisienne en matière de déplacements et cela nous réduirait à l?im-puissance. C?est ce que je comprends et c?est mon argumentaire.

On a entendu Jean VUILLERMOZ. Je donne mon point de vue. Nous ne sommes pas d?accord, ce n?est pas grave. On a le droit d?échanger des arguments mais ce que j?ai entendu en tout cas, c?est l?idée qu?il faudrait tout arrêter. Donc, sur ce point nous ne pouvons pas être d?accord.

Dernier élément de réponse à Jean VUILLERMOZ sur le prix de foncier lié aux politiques de déplacement. D?après le travail fait par l?A.P.U.R., le constat que l?on peut faire, c?est que dans les quartiers verts, contrairement à ce qu?il était parfois écrit, le prix du foncier n?a pas plus augmenté que sur le reste de Paris. Il a augmenté, mais de la même façon que sur le reste de Paris. C?est évidemment une préoccupation mais c?est une préoccupation sur l?ensemble de la Capitale.

En revanche, il est vrai que sur le trajet du tramway le prix du foncier a plus augmenté que la moyenne sur la Capitale. On voit donc bien qu?il y a des phénomènes liés aux politiques de déplacement et de qualité d?espace public qui ont des implications sur le prix du foncier, qui appellent sans doute d?autres réponses sur la façon de traiter cette question du prix du foncier et qui échappent quand même, je dois l?avouer, aux seules politiques de déplacement.

Je confirme à Mme DOUVIN ce que je lui ai dit lors de la 3e Commission. C?est-à-dire que toute règle a ses exceptions et que c?est bien une exception décidée par le Maire de Paris, pour le cas où elle aurait des craintes sur le fait que le Maire de Paris aurait bien donné son accord.

En ce qui concerne l?intervention qu?elle a faite au nom de M. LEGARET, je n?ai pas bien compris : il est pour mais il est contre. C?est évidemment toujours facile d?être pour les principes et contre lorsqu?il y a des réalisations. Nous, nous sommes pour la mise en ?uvre du réseau vert, y compris dans le 1er arrondissement.

Enfin, je vais remercier Mme NENNER et M. BOUTAULT pour leurs interventions qui ont largement re-développé ce qu?était le réseau vert. Je n?y reviendrai pas, ils ont largement indiqué quels étaient ses avantages.

En ce qui concerne l?amendement n° 14, je suis au regret de devoir vous indiquer que l?avis de l?Exécutif est négatif, comme vous le saviez par avance.

M. Jean VUILLERMOZ. - Je demande la parole.

M. Alain LHOSTIS, adjoint, président. - Monsieur VUILLERMOZ, vous avez la parole.

M. Jean VUILLERMOZ. - Je voudrais simplement m?expliquer par rapport à ce qu?a dit M. Denis BAUPIN. L?objet de mes propos n?est pas de dire : ?Il faut tout arrêter?. Vous avez très mal compris et ce n?est pas notre objectif.

Notre objectif est de dire : Une politique a été mise en oeuvre depuis 2001 ; cette orientation politique, nous sommes d?accord avec et nous l?avons toujours voté favorablement.

Ce que nous disons simplement aujourd?hui, c?est que cette politique a des conséquences et que ces conséquences, il faut les évaluer et s?il faut corriger, corrigeons. Je crois que nous sommes tous d?accord sur cet aspect : il n?est pas question pour nous de penser qu?il faut arrêter.

S?il faut corriger, corrigeons. S?il faut continuer, continuons. Mais il faut évaluer. Il faut évaluer le fait qu?il y ait eu des transferts vers les deux-roues et que cela pose un certain nombre de problèmes, parce que je ne pense pas que ni vous ni nous ne l?avions imaginé. Le problème de l?engorgement du métro, le fait qu?il y ait de plus en plus de monde dans le métro, cela, je pense que vous et nous, nous l?avions imaginé. Aujourd?hui, cela pose un certain nombre de problèmes.

Vous annoncez que de 2001 à 2007, il va y avoir 350.000 places en plus par jour dans le métro et le RER ; je veux savoir comment. Parce que, à ma connaissance, il n?y a pas une fréquence supplémentaire dans les métros.

Il y a le problème de la ligne 13 parce que 350.000 places en plus, cela prend en compte la ligne 13. Or, ?Ouragan? ne sera pas mis en ?uvre avant deux ans sur la ligne 13.

Donc ce que je veux savoir, ce sont les conditions qui font que demain, très prochainement, la mobilité va être améliorée ou non. Notre objectif est de ne pas agir par la seule contrainte. Nous comprenons bien qu?il est nécessaire de faire usage d?une certaine contrainte, mais l?objectif de la Ville de Paris ne peut se résumer à cela.

M. Alain LHOSTIS, adjoint, président. - Monsieur LEGARET, vous avez la parole pour une minute.

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Je serai plus bref, mais excusez-moi. M. BAUPIN dit qu?il ne comprend pas ma position, mais il la connaît fort bien. On a participé ensemble à une réunion publique sur les 1er et 2e arrondissements. J?ai dit, et je le répète : je suis totalement favorable au Réseau vert, si c?est une incitation à renforcer l?usage du vélo dans la zone piétonne de la rue Saint-Denis. Je ne me déjuge pas, je tiens la même position.

Nous considérons, et le Conseil du 1er arrondissement a considéré, en donnant son avis, que les travaux consistant à casser les trottoirs existants dans le bas de la rue Saint-Denis étaient coûteux et inutiles, et ne sont absolument pas indispensables à la signalétique du Réseau vert.

Si je dois encore m?expliquer plus longuement, je suis prêt à le faire auprès de M. BAUPIN, mais je souhaite qu?il ne déforme pas nos propos qui sont unanimes au sein du Conseil du 1er arrondissement.

Merci.

M. Alain LHOSTIS, adjoint, président. - Monsieur BAUPIN, souhaitez-vous intervenir ?

M. Denis BAUPIN, adjoint, rapporteur. - Je peux dire à Jean VUILLERMOZ que j?entends bien la réponse qu?il a faite et je ne vais pas poursuivre. Je pense que nous aurons l?occasion dans les jours qui viennent de poursuivre ce débat. Il faut qu?on l?approfondisse et qu?on vérifie, les uns et les autres, si nos positions sont compatibles ou non.

M. Alain LHOSTIS, adjoint, président. - Merci.

Nous allons d?abord voter sur l?amendement n° 14 proposé par Mmes NENNER, Véronique DUBARRY et les élus du groupe ?Les Verts?, avec un avis défavorable de l?Exécutif.

Je mets aux voix, à main levée, l?amendement n° 14.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

L?amendement est rejeté.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 155.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2006, DVD 155).

Maintenant, s?agissant du v?u n° 15 qui recoupe un peu le même problème mais sans s?y rattacher, la parole est à M. NAJDOVSKI.

M. Christophe NAJDOVSKI. - Comme l?a rappelé notre collègue Charlotte NENNER tout à l?heure, le projet de délibération que nous venons de voter n?est qu?une première ébauche du Réseau vert qui, comme son nom l?indique, doit consister en un véritable maillage de rues sur tout le territoire parisien, ce qui n?est pas encore le cas aujourd?hui.

Je voudrais simplement dire rapidement, puisque le temps presse, qu?aujourd?hui le désir de rues piétonnes et semi-piétonnes à Paris reste très fort. La majorité des habitants sont prêts à supporter quelques mois de travaux s?ils sont assurés de profiter d?une rue plus calme, plus sûre et plus conviviale. Certains commerçants se mobilisent même pour réduire la place de l?au-tomobile.

Les rues semi-piétonnes se caractérisent par une circulation automobile faible et lente, 15 kilomètres/heure, une priorité donnée aux piétons et aux cyclistes, tout en préservant l?accessibilité pour les livraisons, les taxis, les riverains et, bien entendu, les véhicules de service et de secours.

Ce type de rue maintient la souplesse et la mixité de l?espace public, tout en donnant une nette priorité aux modes de déplacement les moins polluants et les plus fragiles.

L?association Réseau vert, dont nous avons parlé tout à l?heure, propose depuis une quinzaine d?années la création d?un réseau de rues à priorité piétonne et cyclable, où les transports en commun, les riverains, les véhicules de livraison peuvent circuler. Ce réseau de rues constituerait un maillage permettant de relier les différents quartiers parisiens entre eux pour les déplacements quotidiens ou bien encore pour la promenade.

C?est pourquoi nous proposons le v?u suivant :

- que, dans le cadre du Plan de déplacements de Paris, soit intégré l?objectif de réaliser un réseau structurant de rues cyclables et piétonnes, maillant tous les arrondissements sur le principe du Réseau vert, avec au moins un axe par arrondissement ;

- deuxièmement, que des crédits d?études pour le développement du Réseau vert soient intégrés au budget 2007.

 

Je vous remercie.

M. Alain LHOSTIS, adjoint, président. - Monsieur BAUPIN, vous avez la parole.

M. Denis BAUPIN, adjoint. - Je voudrais indiquer à Christophe NAJDOVSKI et au groupe des Verts que, bien évidemment, le Plan de déplacements de Paris devra reprendre le principe du Réseau vert, c?est une évidence et donc c?est un engagement pris dans le cadre...

Je vous rassure, c?est la poursuite du Réseau vert. Je ne voudrais pas vous inquiéter, Monsieur LEGARET, dans le 1er arrondissement c?est pour demain !

La poursuite de ce Réseau vert sera bien reprise dans le projet du P.D.P.

A ce jour, la proposition que nous vous faisons pour acter la volonté qui est exprimée par ce v?u, serait de modifier le texte, comme nous en sommes convenu. Dans le premier des deux alinéas qui clôturent le v?u, nous proposons de s?en tenir à ?dans le Plan de déplacements de Paris, soit intégré l?objectif de réaliser un réseau structurant de rues cyclables et piétonnes maillant Paris? et deuxième alinéa, inchangé, donc ?des crédits d?études pour le développement du Réseau vert soient intégrés au budget 2007?.

M. Alain LHOSTIS, adjoint, président. - L?explication de vote de M. COMBROUZE.

M. Francis COMBROUZE.- J?ai relevé que Denis BAUPIN proposait de supprimer ?arrondissement? et de mettre ?Paris?. Ce que nous disions simplement sur ce projet de v?u, après en avoir débattu dans notre groupe, c?est qu?il nous paraît que ceci doit être traité dans le cadre du Plan de déplacements de Paris. Il s?agit tout simplement d?avoir une décision cohérente et de ne pas avoir des décisions d?aménagement de voirie qui ne répondent pas à une logique de système à la fois rue piétonne, rue cyclable. Notons que les pistes cyclables ont augmenté de 12 % en 2005, ce qui montre que la Ville a continué ses efforts.

Mais dès lors qu?il y a un plan de déplacements à débattre, dans une cohérence d?ensemble, il nous semble tout à fait prématuré de dire maintenant qu?il y aura dans chaque arrondissement tel ou tel aménagement. Il ne s?agit pas d?avoir quelques rues piétonnes, et nous en voulons chez nous, mais comprenez que ceci concerne aussi nos voisins et que nous devons en discuter.

Je termine pour dire que le groupe communiste s?abstiendra sur ce v?u, même amendé par M. BAUPIN qui remplace ?arrondissement? par ?Paris?.

M. Alain LHOSTIS, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le v?u ainsi amendé avec un avis favorable.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u amendé est adopté. (2006, V. 307).

La séance est suspendue.

La reprise ce soir sera à 21 heures 45.