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Juillet 2012
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Conseil Général
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2012 DASES 208 G - Subvention (1.500 euros) à l'association l'Amicale du Bouffadou (20e).

Débat/ Conseil général/ Juillet 2012


 

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Nous passons en 6e Commission, avec l'examen du projet de délibération DASES 208 G relatif à l'attribution d'une subvention de 1.500 euros à l'association l'Amicale du Bouffadou (20e).

Je donne la parole à M. Hermano SANCHES-RUIVO.

(M. Christian SAUTTER, vice-président, remplace Mme Gisèle STIEVENARD au fauteuil de la présidence).

M. Hermano SANCHES-RUIVO. - Mes chers collègues, je laisse M. le Maire s'installer, parce que je ne sais pas si je dois dire Monsieur le Maire ou Madame la Maire, c?est donc Monsieur le Maire. C?est même Monsieur le Président, pardon !

Monsieur le Président, mes chers collègues, à l'heure où le monde issu de l'âge classique se désagrégeait et allait s'enfoncer dans les troubles des âges obscurs, Augustin d?Hippone avait comparé l'être humain à "cet arbrisseau qui, croissant seul, demeurait chétif et rabougri, ses branches rampant à même le sol. Planté à côté de ses congénères, il poussait droit, au contraire, et trouvait à sa cime la lumière".

2.000 ans plus tard, dans une société où les pharmacopées visant le corps comme l'esprit abondent, nous avons oublié l'essentiel, la nature même de l'être humain. En effet, quel bien-être peut viser ou atteindre le plus sain, le plus robuste de nos congénères s?il est livré à lui-même dans les turbulences de la vie ? Il fallait cela pour cet après-midi ! La normalité, concept fort problématique en soi, que visent à restaurer ou atteindre d'innombrables molécules, actes thérapeutiques et interventions chirurgicales pour lesquels la collectivité consacre, à juste titre, une part majeure de ses ressources budgétaires et humaines, quelle valeur peut-elle avoir si le vivre ensemble, socle de notre humanité, est totalement absent ? L'année dernière, la solitude était grande cause nationale. Si l?initiative était louable, elle n?a guère, hélas, dépassé le stade du symbole, voire de la simple posture politique, caution de l'inaction du Gouvernement d'alors. Pourtant, les initiatives innovantes ne manquent pas, acteurs associatifs et militants de terrain non plus. L?Amicale du Bouffadou en fait partie. Depuis 10 ans déjà, elle est un lieu de proximité atypique situé dans le 20e arrondissement. Tous les jours de la semaine, elle tient son café club destiné à rompre l'isolement et retisser le lien social entre personnes en souffrance psychologique, leurs proches et leurs amis. L'Amicale du Bouffadou est avant tout un lieu ouvert, tant aux personnes qu'aux formes innovantes d'action. Ses stages, soirées à thème, expositions et cours participatifs revêtent une ampleur, mais aussi, en ces temps de crise sociale multiforme, une importance nouvelle. En nous associant pour un montant de 1.500 euros à l'action de l'Amicale du Bouffadou, montant fort modique eu égard aux sommes englouties dans tant d'autres projets du secteur de la santé, nous ne ferons pas que soutenir un lieu de vie associative, c'est modestement à tout un retournement de notre politique de santé que nous contribuerons en initiant sa refondation démocratique sur le support qui aurait toujours dû demeurer le sien, à savoir l'épanouissement libre des patients redevenus citoyens à part entière.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci.

Mme DUBARRY va répondre à votre question précise. Vous avez la parole, Madame.

Mme Véronique DUBARRY, au nom de la 6e Commission. - Merci, Monsieur le Président.

Effectivement, nous sommes partis de quelque chose de très large, d'une conception de la société pour en arriver à ce projet de délibération qui vous est proposé, qui est l'Amicale du Bouffadou, qui n'est pas une très grosse association.

Mais, vous avez pu le constater dans l'ordre du jour de ce Conseil, il y en avait plus d'une cinquantaine de ces associations de tailles diverses et variées et leurs actions mises bout à bout remplissent cet objectif général que vous avez mentionné, Monsieur le Conseiller, au début de votre intervention, à savoir recréer du lien social et lutter contre la solitude, singulièrement des personnes en situation de handicap ou des personnes sortant de l'hôpital ou de différents établissements. Dans le 20e arrondissement, il y en a plusieurs de ce type, il y en a de nombreuses qui tissent du lien, qui créent du lien et qui répondent surtout au besoin d'accompagnement, besoin très fort des personnes en situation de handicap. Je crois que nous ne pouvons que nous féliciter du fait que ces associations sont à la fois actives, malgré (vous l'avez souligné également) parfois de tout-petits moyens. Elles sont actives, elles sont créatives, elles sont inventives et elles participent, elles contribuent à ce que l'image du handicap, l'image de la personne malade soit modifiée dans les esprits de chacun d'entre nous et, comme nous avons pu le constater ce matin, ce n'est pas une mince affaire, c'est un travail de tous les jours, c'est un travail acharné. Je vous remercie vraiment beaucoup d'avoir attiré notre attention sur cette petite association, mais, comme je le dis souvent, les petits ruisseaux font les grandes rivières et elle contribue à cela.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Madame DUBARRY.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 208 G. Qui est pour ? Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté à l'unanimité. (2012, DASES 208 G).