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Juillet 2012
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Conseil Général
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2012 DASES 250 G - Subvention (7 500 euros) à l'association Fédération étudiante pour une dynamique études et emploi avec un handicap (Fédéeh) (4e).

Débat/ Conseil général/ Juillet 2012


 

M. Christian SAUTTER, président. - Nous passons maintenant à l'examen du projet de délibération DASES 250 G relatif à l'attribution d'une subvention de 7.500 euros à l'association Fédération étudiante pour une dynamique études et emplois avec un handicap ; c'est une association domiciliée dans le 4e arrondissement. C'est M. Gauthier CARON-THIBAULT qui intervient et Mme DUBARRY répondra.

Monsieur CARON-THIBAULT, vous avez la parole.

M. Gauthier CARON-THIBAULT. - Monsieur le Président, mes chers collègues, en l'absence du maire du 4e arrondissement, je voudrais saluer cette belle délibération pour cette belle association qui est la Fédéeh, car après tant de décennies de lutte, plus de sept ans après la loi de 2005, avec les engagements de M. François HOLLANDE et l'élection d'un premier député en situation de handicap, le handicap est entré pleinement dans le débat public.

L'enjeu crucial est désormais de ne plus répéter les erreurs passées, en permettant à la nouvelle génération de citoyens en situation de handicap d'accéder à une égalité qui soit autre que purement rhétorique et charitable.

Toutefois, jusqu'à présent, l?effort en vue du rétablissement de cette égalité à l'école et dans la formation avait un angle mort : l'enseignement supérieur.

Autant nous avons mis en place quelques, certes encore timides, initiatives en faveur de la scolarisation des enfants handicapés, autant nous avons à peu près totalement négligé les étudiants en situation de handicap.

La présence des personnes handicapées dans notre système éducatif est une pyramide, avec un socle assez large dans les premières années de scolarité, mais un sommet particulièrement étroit, et ce, à l?heure même où les études supérieures sont de plus en plus un élément décisif, tant pour le succès personnel que pour le bon fonctionnement de notre économie.

Une fois de plus, c'est le monde associatif qui a dû suppléer aux défaillances des autorités publiques, et de quelle manière. L?année 2011 a été celle d?une véritable explosion citoyenne pour la Fédération étudiante pour une dynamique études et emplois avec un handicap, la Fédéeh, ce réseau multimodal croisant associations étudiantes, entreprises, fonction publique, militants ici de tous les horizons.

La liste de ses actions accomplies et en cours est telle que le temps ne suffirait pas à en donner, ne serait-ce qu?un aperçu. La quinzaine de Handicafé réunissant des centaines d?entreprises et de candidats, les tutorats étudiants et autres systèmes de parrainage, sans compter les événements qui vont des sorties sportives à la création de réseaux sociaux, en passant par des conférences, dont une conférence à la mairie du 3e l?année dernière, sont autant d?éléments de l?impressionnante liste des dynamiques enclenchées en matière de handicap par la Fédéeh. Malgré les moyens réduits, une communication très restreinte, des nouveaux adhérents, tant associatifs que citoyens, affluent et les partenariats avec les instances connaissent une croissance exponentielle. De polytechnique jusqu'aux lycées, des ministères jusqu'aux entreprises, la Fédéeh a déclenché une adhésion massive que nul n?aurait pu imaginer possible il y a cinq ans encore. Le Conseil de Paris, eu égard à tous ces succès, et notamment la coopération couronnée de succès de la Fédéeh avec la Ville de Paris, qui a débouché, entre autres, sur le "job dating" du 16 novembre 2011 à l'Hôtel de Ville, avait un devoir d'action. La subvention proposée de 7.500 euros ne représente que 2 % du budget de la Fédération, certes, mais l'important est ailleurs. Loin de tenir à bout de bras un projet, nous sommes invités à semer encore sur ce qui paraissait il y a peu un terrain vague stérile, mais qui est en passe de devenir un champ plus que prometteur, plein d?initiatives et il ne dépend que de nous de savoir y donner de la visibilité. J'ajouterai que je pense que nos mairies d'arrondissement devraient pouvoir accueillir un petit peu plus d'étudiants stagiaires en situation de handicap, qui sont, effectivement, tout comme à l'emploi, soumis à de nombreuses discriminations à l?accès dans leurs stages, et je crois que c?est du rôle des mairies, du rôle des établissements publics, de pallier ces discriminations pour donner une autre image du handicap.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Monsieur CARON-THIBAULT.

La parole est à Mme DUBARRY qui a entendu votre souhait et vous répond.

Mme Véronique DUBARRY, au nom de la 6e Commission. - Merci, Monsieur le Président.

Merci, Monsieur le Conseiller, pour votre intervention.

Vous avez mis d'une façon très dithyrambique une focale particulière sur cette association.

J'attire votre attention sur le fait qu'il y en a d'autres, fort heureusement, que nous subventionnons depuis plus longtemps, celle-ci étant une toute jeune association, puisqu'elle a à peine un an, et c'est la raison aussi de la modique somme de cette subvention.

D?autres associations ont ouvert la voie avant elle et font ce travail nécessaire ; vous l'avez rappelé, et je reprécise les chiffres, le taux de chômage chez les personnes en situation de handicap est de 20 %, donc au-delà du chômage des jeunes, au-delà du chômage des personnes âgées, donc nous sommes face à un enjeu de taille et pour y répondre, toutes les énergies sont les bienvenues.

C'est aussi la raison pour laquelle, devant ce constat, qui est quand même assez accablant, avec cette pyramide dont vous parliez, que nous constatons aussi la Ville? Vous savez que nous sommes l?une des premières collectivités territoriales à pouvoir nous enorgueillir d'avoir atteint ce fameux taux de 6 % d'emplois de personnes en situation de handicap, il n'en reste pas moins que nous constatons que nous avons des difficultés à recruter des cadres A et des cadres B et le travail fait par ces associations, fait en partenariat avec ces associations, nous sera aussi d'une très grande aide pour répondre à ce nouvel enjeu que nous nous sommes fixé.

Pour terminer, l'avenir se précisera en septembre, puisque nous sommes en train de travailler, M. Didier GUILLOT et moi-même, sur une convention de partenariat avec certaines universités parisiennes, de façon à accompagner ce mouvement nécessaire d'aide aux étudiants handicapés ; de la même façon, de grandes écoles se sont mobilisées et nous ont associés à leur mobilisation. Je crois qu?à nouveau, mis bout à bout, toutes ces expériences, toutes ces innovations, et je le dis, parce que, souvent, en matière de handicap, c'est ce à quoi nous sommes confrontés, nous allons essayer, nous allons faire des tentatives, j'espère qu'elles vont fonctionner, qu?elles vont donner des résultats, mais si elles s'avéraient négatives, nous pourrions, avec l'aide de ces associations, avec ces différents partenariats, réfléchir à encore et encore d'autres réponses, sachant, bien évidemment, qu?en la matière, il n'y a jamais la bonne réponse, mais que nous devons toujours inventer et créer. Merci beaucoup.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Madame DUBARRY.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 250 G. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté à l'unanimité. (2012, DASES 250 G).