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Septembre 2012
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Conseil Municipal
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2012 DPVI 178 - DFPE 403 - Subventions (50.000 euros) et conventions avec quatre associations pour l'expérimentation dans les quartiers en Politique de la Ville des 14e, 18e, 19e et 20e, de projets locaux de lutte contre l'isolement des familles monoparentales, notamment fondés sur l'émergence de solidarités de voisinage.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2012


 

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Nous examinons maintenant le projet de délibération DPVI 178 - DFPE 403 relatif à l'attribution de subventions et conventions avec quatre associations pour l'expérimentation de projets locaux de lutte contre l'isolement des familles monoparentales.

La parole est à Mme Léa FILOCHE, pour cinq minutes.

Mme Léa FILOCHE. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, les familles monoparentales sont davantage représentées à Paris que dans le reste de la France. Ainsi, la capitale compte 75.578 familles monoparentales, soit 28,3 % des familles, contre 21,2 % en moyenne nationale. Dans 85 % des cas, la vie familiale est essentiellement organisée autour et par la mère.

Pour détailler un peu les choses et les rappeler à certains, ici, dans les 14 quartiers inscrits en politique de la ville, la proposition de familles monoparentales atteint 32,7 %. Lutter contre l?isolement de celles dont la situation socio-économique se précarise représente un véritable enjeu social.

C'est d'ailleurs pourquoi une Mission d'Information et d?Evaluation a été conduite entre décembre 2010 et avril 2011 par le Conseil de Paris, afin de mieux identifier les problématiques qu?elles rencontrent pour mieux apporter des réponses concrètes.

Cette M.I.E. a pu affiner la vision que nous avions des familles monoparentales parisiennes. C?est ainsi que nous avons pu constater que quatre de ces quartiers présentent une situation très particulière, avec des taux de monoparentalité très supérieurs à la moyenne parisienne.

Je pense au quartier porte de Vanves avec 47,3 %, Saint-Blaise 44,1 %, Danube 39,5 %, porte Montmartre-porte de Clignancourt 39,3 %.

Je vous donne des chiffres bruts mais c'est essentiel de rappeler aussi sur quelles statistiques on se base pour pour mener à bien nos actions.

Dans ces secteurs, les professionnels de terrain s?accordent sur le constat selon lequel les situations sont complexes et marquées par le cumul des difficultés, dépassant de loin la seule question de l'accès à l'emploi : un niveau de formation faible, une absence d?expérience professionnelle, une maîtrise insuffisance de la langue, des difficultés à prendre appui sur les solidarités de voisinage ou familiales, lorsqu'elles existent, un certain isolement social, des conditions de logement souvent médiocres ou l'absence de solutions stables et adaptées à la garde d'enfants.

La délégation à la politique de la ville et à l?intégration et la mission familiale de la DFPE de la Ville de Paris ont associé leur expertise pour mobiliser des associations déjà inscrites dans les territoires retenus, qui proposent des actions d'accompagnement global des familles, une proximité territoriale et une inscription dans la durée.

Ainsi, en 2011, les associations "Adage", "Apaso", "Projets 19" et "Môm?Game" ont été soutenues pour développer des actions dans leur quartier d'intervention.

Je vais vous détailler rapidement l'un des projets qui m'a particulièrement tenu à c?ur et qui se déroule évidemment dans mon arrondissement, le 19e.

L?association "Projets 19" a retenu, dans le cadre de son action "Parcours d'Elles" un mode d?intervention spécifique en alternant entretiens individuels et information collective pour tenter de lever les freins à la mobilisation des femmes.

Ancrée sur le quartier Danube-Solidarité - près de 40 % des foyers y sont monoparentaux -, l'action propose un accompagnement individuel en binôme avec un travailleur social du service social de polyvalence et un conseiller professionnel pour travailler, tant sur le champ personnel que sur le champ professionnel.

Afin d'amener des réponses à l'isolement de ces femmes et dans le cadre de leur fonction parentale, un accompagnement à la parentalité a été mis en place sous la forme de réunions avec des intervenants spécialisés, où des activités partagées parents-enfants et des temps collectifs ont permis de tisser des liens entre les femmes elles-mêmes. En 2011, l?action a touché huit familles et leur a permis d?accéder à des emplois ou à des formations linguistiques, à des modes d'accueil et aussi leur permettre d'identifier des lieux ressources. Pour 2012, l?association souhaite évidemment élargir le nombre de familles touchées. Mais c'est un travail de longue haleine demandant aux structures, mais surtout aux femmes investies beaucoup d'investissement, d?engagement. Malgré les difficultés quotidiennes des familles, sur lesquelles je ne reviens pas, les familles qui sont allées au bout de ces démarches ont vraiment permis de faire évoluer leur situation. Ce travail individualisé a largement fait ses preuves mais nécessite une vision effectivement qualitative, et non quantitative, de nos interventions. C'est donc toujours avec le souci de l'intérêt général, le principe de l?égalité pour tous et comme marche à suivre, l'axe de solidarité, que nous développons tous ces projets et que je vous propose donc de voter toutes ces subventions aux associations que j?ai citées plus en amont. Merci de votre attention.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Merci.

La parole est au président BROSSAT, pour cinq minutes.

M. Ian BROSSAT. - Merci, Monsieur le Maire. Ce projet de délibération fait suite aux travaux de la Mission d'information et d?évaluation sur les familles monoparentales - Léa FILOCHE l'a dit à l'instant.

Il y a un an et demi, en effet, nous avions présenté un ensemble de préconisations pour mieux prendre en compte les besoins des familles monoparentales parisiennes, et ce, en partant de trois constats.

Le premier est que nous avons plus de familles monoparentales à Paris qu'ailleurs puisque 28 % des familles parisiennes sont monoparentales.

Le deuxième constat est que les familles monoparentales sont plus que les autres touchées par la précarité.

Le troisième constat que nous avions établi au moment du travail de cette Mission d'information et d?évaluation est que les familles monoparentales sont moins aidées que les autres par les dispositifs nationaux. D'où le besoin pour notre Ville d'aider tout particulièrement les familles monoparentales, en particulier dans les quartiers politique de la ville, sachant, comme l'a très justement dit ma collègue, que les familles monoparentales sont plus représentées dans les quartiers politique de la ville qu'ailleurs. Pour cette raison, je profite de cette intervention pour saluer ces subventions et les conventions que signe aujourd'hui la Ville avec quatre associations qui ont justement l'ambition de lutter contre l?isolement des familles monoparentales, car celles-ci en sont plus victimes que les autres.

Je pense en particulier à la question de la garde d'enfants, qui est souvent au c?ur des préoccupations des familles monoparentales, ce que plusieurs associations subventionnées ici ont pour ambition de faciliter, ainsi que de manière générale, un meilleur échange, une meilleure gestion des situations difficiles, des tensions rencontrées par les jeunes et leurs parents. Pour un grand nombre de ceux-ci, les liens tissés dans le cadre de ces associations, les expériences partagées permettent de maintenir des repères, de garder le cap. C'est la raison pour laquelle notre groupe votera avec enthousiasme cette délibération. Je vous remercie.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Pour vous répondre, la parole est d'abord à Mme Gisèle STIEVENARD.

Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe. - Merci.

Mes collègues, Mmes Léa FILOCHE et M. Ian BROSSAT, ont été très éloquents sur le sujet car ils ont beaucoup de convictions quant à l'intérêt des actions qui sont conduites en direction des familles monoparentales. En effet, nous nous sommes inscrits dans le droit fil de la mission d'information et d'évaluation pour expérimenter des projets nouveaux dans nos quartiers classés en politique de la ville, où sont concentrées un grand nombre de familles monoparentales avec des revenus modestes, voire très modestes. A ce stade, l'expérimentation donne de premiers résultats intéressants et encourageants. Depuis janvier 2012, les quatre associations ont touché 177 bénéficiaires - 67 parents, 110 enfants. Ce dispositif est original, comme vous l'avez souligné, parce qu'il mêle accompagnement individuel et soutien collectif avec un impact positif sur les conditions de vie de ces familles et la sortie de leur isolement. Ces actions engagent surtout des processus d'entraide réciproque entre les familles, ce qui accroît leur autonomie et c'est là, à mon sens, que réside la plus grande originalité. J'ajoute que les services sociaux départementaux, notamment les assistantes sociales scolaires, sont en relation avec les associations pour accompagner au plus près les familles. C'est donc un investissement humain fort utile porté par les quatre associations de proximité qui ont déjà été citées et que je salue pour la qualité de leur travail. Je remercie également les équipes de la politique de la ville et de l'intégration et la DFPE, qui initient également ces partenariats.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Merci.

La parole est maintenant à Mme Olga TROSTIANSKY.

Mme Olga TROSTIANSKY, adjointe. - Mes chers collègues, chère Léa FILOCHE et cher Ian BROSSAT, je voulais me réjouir comme vous et comme Gisèle STIEVENARD de cette expérimentation que nous menons conjointement afin de lutter contre l'isolement des foyers monoparentaux dans les quartiers politique de la ville.

Quelques mots complémentaires à tout ce qui a été dit. Il me semble important de dire que cette expérimentation innove par son champ d'action, l'isolement des parents n'étant pas une thématique courante pour les politiques publiques. Deuxième point, la création de réseaux d'entraide locaux répond à la sociologie très particulière de ces quartiers où les familles monoparentales sont très nombreuses, les familles d'origine étrangère également. Les difficultés de ces familles sont nombreuses : l'accompagnement dans la scolarité, l'accès à l'emploi, la mobilisation des droits sociaux et familiaux, l'accès aux loisirs. Les expérimentations qui ont été menées ont privilégié des axes de travail différents. Je crois que ce qui peut être important maintenant, c'est que l'on privilégie une approche plus globale dans le respect de la spécificité de chaque quartier et de chaque projet associatif. Pourtant, évidemment, les résultats au bout d'un an sont intéressants et encourageants puisque ces dispositifs innovants ont permis à la fois de mêler accompagnements individuel et collectif qui combinent des temps de loisirs, des groupes de discussion sur la parentalité et également un accompagnement social et à l'emploi. Trois de ces projets associatifs ont permis d'ailleurs d'associer directement les travailleurs sociaux de la DASES et du C.A.S.-V.P. aux activités proposées aux familles. Au final, l'impact est très positif pour ces familles très isolées au début du projet. Ces actions ont permis en particulier d'installer des processus d'entraide réciproque des familles qui ont perduré, de découvrir les lieux ressources de proximité, de découvrir d'autres quartiers et pour certaines, d'accéder à des modes d'accueil de la petite enfance et à un emploi. Monsieur le Maire, avec la revalorisation de l?allocation "Paris Logement Familles monoparentales", une attention renforcée pour ces familles dans l'obtention de places en crèche ou encore la création de deux nouvelles antennes Montmartre, ces expérimentations sont les premiers aboutissements du plan d'action que nous avions voté en 2011 et dont le bilan annuel sera présenté lors de la prochaine 6e Commission. Avec Gisèle STIEVENARD, nous veillerons évidemment cette année à ce que ce dispositif particulier monte en puissance avec davantage de familles concernées.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Merci. Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DPVI 178 - DFPE 403.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2012, DPVI 178 - DFPE 403).