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Septembre 2012
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Conseil Municipal
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2012 DLH 189 - Signature d'une convention avec l'Etat fixant les modalités de participation de la Ville de Paris au dispositif expérimental "Un chez soi d'abord".

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2012


 

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Nous abordons maintenant l'examen du projet de délibération DLH 189 concernant la signature d'une convention avec l?Etat fixant les modalités de participation de la Ville de Paris au dispositif expérimental "Un chez-soi d'abord".

La parole est à Mme Sylvie WIEVIORKA.

Mme Sylvie WIEVIORKA. - Merci, Monsieur le Maire.

Monsieur le Maire, mes chers collègues, apporter de nouvelles réponses pour l'accès au logement et aux soins des personnes sans-abri souffrant de troubles psychiques sévères et/ou victimes d'addictions, tel est l'objet du présent projet de délibération, sur lequel j'ai souhaité intervenir.

Même si nous avions tous en tête que les personnes à la rue n'y sont pas majoritairement par choix conscient, une enquête réalisée par l'Institut national de la santé et de la recherche médicale, l?Inserm, par l'observatoire du Samu social de Paris ainsi que l'Institut de veille sanitaire est venue nous le confirmer.

En janvier 2010, cette étude révélait précisément que dans l'agglomération parisienne, près du tiers des personnes sans-abri présentent des troubles psychiatriques sévères - troubles psychotiques, troubles anxieux, troubles sévères de l'humeur.

Face à un tel constat, il était donc urgent de développer une approche nouvelle et des modes novateurs de prise en charge sanitaire et sociale pour ces publics afin qu?ils sortent de la spirale infernale de la rue.

En proposant d'abord un logement, puis un accompagnement médical et social - psychiatres, infirmiers, travailleurs sociaux - mené par l'association "Aurore" et l'établissement public de santé de Maison-Blanche, ce seront 10 personnes en 2012, puis 100 personnes qui quitteront la souffrance physique, la violence, la solitude, l'humiliation de la rue pour intégrer des logements de type F1 via le dispositif d'intermédiation locative "Louez solidaire et sans risque".

Cette expérimentation, menée à Marseille, à Toulouse et à Lille s'inspire d'un programme déjà en cours aux États-unis et au Canada depuis les années 90 et dont les résultats sont probants.

Aux États-Unis, entre 2005 et 2007, 30 % des personnes sans-abri chroniques ont été relogées. Selon les sites, de 70 à 80 % des personnes sont encore dans leur logement après quatre ans. Ce programme d'accompagnement des personnes psychotiques sur un modèle de santé communautaire avec une équipe pluridisciplinaire a permis de réduire non seulement les durées moyennes d'hospitalisation mais aussi les incarcérations. Les économistes de la santé ont également prouvé que ces programmes étaient rentables et présentaient un rapport coût/efficacité supérieur à toutes les autres solutions classiques. Au regard de tous ces points positifs, je vous invite, mes chers collègues, à voter avec enthousiasme et optimisme ce projet de délibération. Merci.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Pour vous répondre, la parole est à Mme Olga TROSTIANSKY.

Mme Olga TROSTIANSKY, adjointe. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, je remercie Sylvie WIEVIORKA d'avoir attiré notre attention sur cette expérimentation qui considère le volet sanitaire dans l'aide aux sans-abri.

La santé mentale est en effet une problématique cruciale dans la prise en charge des personnes à la rue. Selon une enquête du Samu social, c?est un tiers des sans-abri qui souffrent de troubles psychiatriques.

Les acteurs de la lutte contre l'exclusion attendent beaucoup de ce programme. L'accès au logement, première étape, puis l?articulation de l'accompagnement social et des soins autour de la personne, tout cela, ce sont des perspectives nouvelles de travail qui pourraient répondre aux besoins des personnes exclues.

Monsieur le Maire, comme l?a expliqué Mme WIEVORKA, l'idée consiste à passer d'une logique d'hébergement, souvent d'urgence, à la possibilité d'un chez-soi, à savoir un lieu qui procure de l'intimité, de la sécurité et de la stabilité.

Ce programme d'accompagnement s'inspire directement de dispositifs nord-américains qui ont permis de consolider la démarche de soins, de réduire les durées d'hospitalisation et de mettre en place les conditions d'une insertion.

Quatre ans après le lancement de ces expérimentations, presque 80 % des personnes sont encore dans leur logement.

La mobilisation de la collectivité parisienne dans le programme national "Un chez-soi d'abord" ne se limite pas à la mobilisation de 10 logements du parc privé par la Direction du Logement et de l'habitat. En effet, le Centre d'action sociale de la Ville de Paris est également investi à double titre. D'une part, il a été retenu pour être l'un des quatre opérateurs sociaux qui se chargeront d'accompagner les personnes bénéficiaires du programme. D?autre part, le CASVP va mobiliser dans le programme les 10 logements qu?il dédie à l?accueil des personnes en difficulté d'insertion en raison de leur santé mentale. Je voulais vous rappeler d'ailleurs que le Centre d'action sociale de la Ville de Paris est très mobilisé dans l'accompagnement des personnes sans-abri souffrant de troubles psychiques et travaille à faire évoluer les pratiques, que ce soit dans les centres d'hébergement gérés par lui, mais aussi dans les permanences sociales d'accueil, les PSA, ou ce que l'on appelle les ESI, espaces solidarité insertion. Donc, Monsieur le Maire, le soutien apporté par notre collectivité au "Chez-soi d'abord" souligne une fois de plus notre détermination et la responsabilité que nous nous fixons en matière de lutte contre toutes les exclusions. C'est pourquoi, mes chers collègues, je vous invite à voter favorablement ce projet de délibération.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Merci, Madame.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DLH 189.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2012, DLH 189).