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Septembre 2012
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Vœu déposé par le groupe U.M.P.P.A. relatif à la situation de la place Constantin Pecqueur. Vœu déposé par l'Exécutif.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2012


 

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Nous passons à l'examen des v?ux référencés n° 12 et n° 12 bis dans le fascicule, déposés par le groupe U.M.P.P.A. et l'Exécutif, relatifs à la situation de la place Constantin Pecqueur.

La parole est à M. Pierre-Yves BOURNAZEL, pour une minute.

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Merci, Monsieur le Maire.

Monsieur le Maire, Monsieur le Préfet, de quoi s'agit-il ? Il s'agit de problèmes touchant à l'ordre public et de problèmes touchant aussi au suivi social de personnes sans domicile fixe et des personnes toxicomanes, qu'il faut distinguer d'ailleurs souvent l'une de l'autre.

Place Constantin Pecqueur et dans les environs, il y a quelques semaines, la présence de sans domicile fixe et aussi de toxicomanes a perturbé le quartier. Pourquoi ? Parce qu'on a retrouvé dans le quartier des seringues et beaucoup d'habitants se sont plaints de la présence de ces toxicomanes qui ont pu, à la sortie des écoles, poser de vrais problèmes, en multipliant par exemple les agressions verbales. Et surtout le quartier a été ému de retrouver plusieurs seringues dans le quartier.

Je crois que, sur ce genre de sujet, il faut faire attention à ne pas faire d'amalgame entre les personnes. On a besoin d'un accompagnement social évident de la part de la Ville, de la part des associations pour les personnes toxicomanes, qu'elles soient prises en charge, parce que certaines subissent des difficultés extrêmement graves.

En même temps, il est du devoir de la Préfecture de police d'assurer l'ordre public dans un quartier qui ne demande qu'à retrouver sa tranquillité, où beaucoup d'habitants sont inquiets quant à l'avenir.

Alors, au dernier Conseil d'arrondissement, ce sujet a été évoqué. On nous a expliqué que les choses avaient été réglées. Ce n'est pas vrai, parce que je me suis retourné vers les habitants qui nous avaient interpellés, j'en ai vu et le problème perdure.

Ce que nous souhaiterions par ce v?u, c?est de permettre à chacun de retrouver la tranquillité publique, en assurant un suivi des personnes toxicomanes sur le plan social, en lien avec les associations et en permettant, par le biais de la Préfecture de police, de retrouver la sérénité et la tranquillité publique dans ce quartier.

Par ailleurs, j'ai vu qu'un v?u bis était déposé. Je dis tout de suite que je maintiendrai mon v?u, mais je voterai le v?u de l'Exécutif, sauf que je trouve qu'il n'est pas normal de généraliser un v?u sur de tels problèmes à tout le 18e arrondissement, on pourrait tout aussi bien le généraliser à tout Paris puis à toute la France. Il faut aussi répondre aux problèmes locaux, d'un endroit précis où un problème précis se pose. Il serait bien que l'Exécutif municipal apprenne à traiter aussi les problèmes les uns après les autres et pas tout mélanger. Nous avons évoqué ce matin avec Roxane DECORTE la question de la prostitution et nous faisons ensemble ce v?u pour essayer de faire bouger les choses. Merci.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Pour vous répondre, la parole sera successivement à Mme Véronique DUBARRY et au représentant de M. le Préfet de police.

Madame DUBARRY, vous avez la parole.

Mme Véronique DUBARRY, adjointe. - M. LE GUEN, comme vous pouvez le constater, n'est pas là et s?en excuse, il m'a demandé de vous lire sa réponse.

En tant qu?élu du 18e arrondissement, vous savez que cela n'est pas quelque chose de nouveau, que les élus sont mobilisés depuis longtemps dans cette partie du 18e arrondissement, mais dans d'autres également.

De fait, votre interpellation renvoie, quoi que vous en disiez, à un contexte global sur la capitale et non pas global au sens de partout dans la capitale, mais, comme nous le pointons dans le v?u de l'Exécutif, à certains quartiers. C'est très localisé, contrairement à ce que vous disiez à l'instant.

Cette situation concerne la prise en charge des personnes exclues, dont certaines, vous l'avez dit, sont dans des états sanitaires et sociaux absolument inacceptables, dus effectivement à leurs conduites addictives.

C'est donc la raison pour laquelle ce v?u, présenté par l'Exécutif en réponse à celui que vous avez déposé, nous permet de réfléchir aux différents quartiers concernés, qui ne sont pas que dans le 18e arrondissement, qui sont aussi dans le 10e arrondissement et dans le 1er arrondissement. Il est clair que la réponse de l'accompagnement, c'est ce que nous avons toujours souhaité mettre en place, c'est ce à quoi nous travaillons avec un certain nombre d'associations dans l'ensemble des quartiers concernés. Il me semble nécessaire de focaliser sur ces quartiers, de réfléchir à renforcer les politiques publiques qui sont mises en ?uvre en faisant travailler les gens ensemble comme nous l'avons déjà fait dans le cadre de la "Coordination Toxicomanies", qui ne s'appelle plus la "Coordination Toxicomanies 18", mais 18, 19 et 10e arrondissement. Il faut, je crois, nous croyons vraiment, un vrai renforcement et une accélération des politiques transversales, réfléchir aussi sur ce qui se passe à l'extérieur de Paris. Nous ne sommes pas les seuls concernés, il faut être innovants, il faut réfléchir collectivement, associer et coordonner étroitement tous les dispositifs, toutes les approches différentes, à la fois sociales, sanitaires et d'ordre public. En revanche, j?ajoute un mot : ces situations sont suffisamment préoccupantes, inquiétantes pour qu?aucun d'entre nous, en tout cas c'est la volonté des maires du 18e arrondissement, du 10e arrondissement et de l'Exécutif municipal, pour qu?aucun d'entre nous n'ait la tentation de faire de la récupération sur ces questions. Ce sont des questions sensibles, difficiles, qui nécessitent beaucoup de travail, je le redis. Je crois que nous devons tous et toutes être à la hauteur de cette responsabilité qui nous incombe en tant qu?élus parisiens. Je vous remercie.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Je vous remercie.

La parole est au représentant de M. le Préfet de police.

M. LE REPRÉSENTANT DU PRÉFET DE POLICE. - Merci, Monsieur le Maire.

Je souhaiterais effectivement confirmer que la situation sur la place Constantin-Pecqueur a été perçue depuis le courant du mois d'août par les services de police du 18e arrondissement.

Face à ce constat, les équipes de la mission de prévention et de communication du commissariat local se sont rapprochées de l'ensemble des acteurs parties prenantes en la matière, c?est évidemment le cas des riverains, commerçants, mais également des associations.

On a cité évidemment celle qui intervient sur le secteur, l?association "Coordination Toxicomanies".

Les résultats de l'enquête qui a été réalisée démontrent que ces S.D.F. d'abord ne sont pas forcément nouveaux dans le quartier, on a un point de fixation qui est nouveau, mais ils ne sont pas nouveaux dans le quartier et ils fréquentent l'association "Coordination Toxicomanies".

Il y a peut-être eu d'abord des premières réponses, c'est peut-être pour cela que l?information selon laquelle la situation était réglée vous a été communiquée, puisqu?il y a eu plusieurs opérations d'éviction de ces personnes, en lien, je le précise, avec la Brigade d'Assistance aux Personnes Sans-abri. Ce ne sont pas des opérations d'expulsion sèches, mais en lien avec des policiers spécialisés dans la prise en charge des sans-abri. Nous avons évincé ces personnes à trois reprises. Manifestement, elles sont revenues sur les lieux, ce qui montre bien la limite d'une simple intervention policière en la matière. L'association d'ailleurs nous confirme que la prise en charge de ces personnes est difficile, un certain nombre d'entre elles refuse la moindre prise de contact, la moindre aide et le commissaire central, qui est persuadé que la solution ne passera que par la conjonction des efforts de chacun et pas simplement par une opération policière, poursuit ses efforts, ses contacts en la matière et je crois savoir qu?une réunion est prévue sur ce sujet spécifique à la fin du mois, avec l'ensemble des parties prenantes, les associations, les riverains et la mairie du 18e arrondissement. C?est une méthode qui a fait ses preuves, y compris sur le 18e arrondissement, lorsque l?on a été confronté, je m'en souviens il y a deux ou trois ans, à des points de focalisation similaires.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Merci.

Je mets d'abord aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe U.M.P.P.A., assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ? Abstentions ? La proposition de v?u est repoussée.

Je mets aux voix le v?u?

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - J'ai une explication de vote sur le v?u n° 12 bis.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - C'est vous qui faites l'explication de vote, très bien.

Explication de vote de M. BOURNAZEL.

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Simplement pour dire que nous voterons ce v?u. Je regrette que l'Exécutif ne vote pas notre v?u, parce que notre v?u dit simplement qu'il faut prendre les mesures nécessaires pour assurer le suivi social de ces personnes et celui des toxicomanes avec les associations compétentes et garantir les demandes légitimes de sécurité des habitants.

Je ne vois pas ce qui peut gêner l'Exécutif, mise à part une forme de sectarisme, pour voter le v?u, qui est un v?u d'intérêt général répondant à la demande des riverains et des habitants, qui prend en compte à la fois la dimension sociale et le suivi des personnes toxicomanes qui ont besoin d'être traitées et le nécessaire rétablissement de l'ordre pour les habitants de ce quartier.

Franchement, on attend un peu plus de pragmatisme, de bon sens et d'ouverture d'esprit de la part d'un Exécutif, pas de rejeter des v?ux parce qu?ils émanent de l'opposition.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de v?u déposé par l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ? Abstentions ? Le projet de v?u est adopté. (2012, V. 140).