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Septembre 2012
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Vœu déposé par le groupe U.M.P.P.A. relatif à la gestion de la propreté de la Ville.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2012


 

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Nous examinons maintenant le v?u non rattaché référencé n° 67 dans le fascicule, déposé par le groupe U.M.P.P.A., relatif à la gestion de la propreté de la Ville.

La parole est à M. GABORIAU, pour une minute.

M. Pierre GABORIAU. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, forts des plaintes quotidiennes et souvent réitérées des administrés habitant le 16e arrondissement sur la propreté pour le moins très dégradée de la voie publique, le maire Claude GOASGUEN et les élus du 16e arrondissement demandent depuis plusieurs années un redéploiement d'effectifs vers les arrondissement qui en ont besoin. En effet, à l'issue de la réorganisation du service de collecte en 2008, aucun redéploiement d'agents n'a été opéré, malgré les gains en équivalents temps plein réalisés du fait de la délégation au privé des missions de collecte dans de nouveaux arrondissements. De plus, les effectifs du Centre d'action pour la propreté de Paris, chargés de la surveillance et de la répression des infractions, sont notoirement insuffisants pour assurer une action efficace dans un contexte où les actions de communication et de prévention ne peuvent plus suffire. En conséquence de quoi, adopté à la majorité du Conseil du 16e arrondissement dans sa dernière séance, nous émettons le v?u que la Ville de Paris procède à des redéploiements de postes, afin de renforcer les effectifs du Centre d'action pour la propreté de Paris ainsi que ceux du Service local de propreté du 16e arrondissement. Je vous remercie.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci. La parole est à M. François DAGNAUD.

M. François DAGNAUD, adjoint. - Bien.

Je dois avouer, je le dis très aimablement à notre excellent collègue Pierre GABORIAU, que je suis toujours très étonné et un peu choqué parfois de voir la sévérité avec laquelle les élus du 16e arrondissement ou ceux du 17e arrondissement critiquent le comportement des habitants de leur arrondissement, quand il s'agit de dépeindre l'état des rues, puisqu?à vous entendre c'est "Apocalypse Now" dans vos arrondissements.

Vous conviendrez avec moi que, si les rues sont salies, cela ne vient pas du ciel.

Au-delà, pour vous répondre sur le fond, votre v?u cher collègue revendique une forme de discrimination positive en faveur du 16e arrondissement, mais, de ce fait, passe de mon point de vue à côté des vraies façons de progresser ensemble. Vous imaginez à quel point l'élu en charge de la propreté que je suis est conscient et mobilisé sur la nécessite de faire toujours mieux dans tous les arrondissements, y compris, c'est évident, dans le vôtre.

Vous évoquez deux pistes, je vais les reprendre très précisément parce que je prends, moi, le sujet au sérieux, je n'ai jamais cherché à en faire un sujet de polémique politicienne, mais au contraire à mobiliser les énergies.

Je veux saluer d?ailleurs à l'occasion l'action souvent très utile menée par les adjoints d'arrondissement en charge de ces questions et qui, eux, sont dans l'action et pas du tout dans la polémique, comme on est parfois ici tenté de l?être sur ces sujets sur certains bancs.

Le C.A.P.P., puisque vous évoquez le souhait de renforcer les moyens d'intervention du C.A.P.P., vous savez - et je me permets de vous le rappeler - que la première réforme que j'ai portée dès 2009 a permis de doubler le nombre d'inspecteurs de propreté dans chacun des arrondissements et y compris, cela va sans dire, dans le 16e arrondissement.

Pas de faux débat, bien sûr ce n'est jamais assez, mais reconnaissons honnêtement que c'est mieux que jamais. La deuxième réforme en cours dont j'ai pris soin d'informer les 20 maires d'arrondissement par un courrier du 6 juillet, dans lequel j'ai tenu à leur détailler les différentes pistes d'amélioration, parce que j'ai besoin de votre soutien Mesdames et Messieurs les maires et j?ai besoin de votre soutien dans les 20 arrondissements, cette réforme, si nous parvenons à la mener à terme (j'y consacre beaucoup d'énergie) permettra à la fois d'élargir les plages horaires d'intervention des inspecteurs, permettra d'assurer les prises de service des inspecteurs au plus près des arrondissements d'affectation et, à travers une refonte des binômes (je ne veux pas être trop technique : aujourd'hui nous avons des binômes inspecteurs/inspecteurs, l'idée que je porte est de passer à un nouveau binôme inspecteur/éboueur principal expérimenté), cela permettrait presque de doubler l'ensemble des équipes opérationnelles sur le terrain. Vous le voyez, on peut faire plus et on peut faire mieux sans passer par la case création d'emplois. C'est difficile, parce qu?il faut là aussi bousculer un certain nombre de conservatismes. J'ai besoin - et je me permets de lancer presque solennellement cet appel - de l'engagement des 20 maires d'arrondissement, parce que je suis un partenaire aux côtés des 20 maires pour améliorer les choses partout où elles méritent de l?être et je crois qu'elles méritent de l?être dans la plupart des arrondissements, cela va sans dire. De grâce, évitons-nous les facilités de considérer qu'il suffirait de créer des emplois de fonctionnaires quand, dans le même temps, notamment de ce côté-ci de l'hémicycle, on ne rate pas une occasion et pas un débat budgétaire pour nous enjoindre de réduire la voilure et de supprimer des postes de fonctionnaires. A un moment donné, chers collègues, je ne veux pas très trop méchant avec vous, mais je me permets de pointer une petite contradiction en matière de redéploiement. Parlons-en, de redéploiement, Pierre GABORIAU. Il n?y a pas de secret. Dans le 16e arrondissement, vous avez 13 % des effectifs des agents de la propreté alors que l'arrondissement compte 13 % de la population. Vous aurez beaucoup de mal à démontrer que le 16e arrondissement subirait un traitement inéquitable. Il est traité correctement, mais, encore une fois, je suis le premier à considérer qu'il n'y a jamais trop de moyens, on est bien d'accord. Si l?on avait plus de moyens, on s'en porterait tous beaucoup mieux.

Je vais être plus précis, j'ai eu l'occasion de l'écrire et de dire à un de vos collègues, Philippe GOUJON, en l?occurrence, il le sait et vous ne serez pas surpris : si aujourd'hui il y a des redéploiements à faire, ne faites pas semblant de croire, parce que cela vous arrange, évidemment, je comprends bien, que ce serait du côté du Nord-Est parisien.

S'il y avait des redéploiements à faire, ce serait sans doute à partir des 5e, 6e et 7e.

Je vous invite avec moi à convaincre vos amis Jean TIBÉRI, Jean-Pierre LECOQ et Rachida DATI de se serrer un peu la ceinture pour permettre aux arrondissements comme le 16e, le 17e, le 15e, le 20e et quelques autres, évidemment, d'avoir un peu plus de moyens. Tout seul, je n'y arriverai pas. Si vous voulez m?aider, votre aide sera la bienvenue. Je me permets quand même d'insister sur la proposition, la seule que j'aie jamais entendue sur les bancs de l'Opposition en matière budgétaire, en matière d?emplois, c?est de ne plus remplacer un fonctionnaire sur deux.

J'ai fait le calcul à votre place et je me permets de vous l'offrir : sur une mandature, cela voudrait dire 750 agents de propreté en moins. Il y a peu de chance que cela permette d'améliorer la situation. Mais vous connaissez la conviction qui est la mienne et la mission que j'essaie de relever chaque jour depuis le début de cette mandature, c?est que, là aussi, on peut faire plus et on peut faire mieux sans forcément passer par la case création d'emplois dont chacun sait ici, on est entre élus responsables, qu'elle n'est pas d'actualité et qu'elle ne le sera pas dans les années qui viennent, pas plus à Paris qu'ailleurs, donc épargnons-nous les fausses bonnes idées. Deux exemples de la façon dont on peut améliorer la situation sans créer d'emplois supplémentaires : on peut salir moins avant de chercher à nettoyer toujours plus, en sachant que la Ville de Paris fait déjà, vous le savez, beaucoup.

Les mégots : j'ai eu l'occasion d'annoncer que le Maire a accepté de financer, dès avant la fin de cette année, l'installation de 10.000 éteignoirs, un tiers des 30.000 corbeilles de rue qui jalonnent les rues de Paris, une corbeille tous les 80 mètres, c'est quand même une densité d'équipements tout à fait exceptionnelle, à disposition des Parisiens.

Nous savons que beaucoup d'entre eux, beaucoup d'usagers (il n?y a pas que les Parisiens, nous le savons aussi), beaucoup d?usagers de l?espace public à Paris n'utilisent pas ces corbeilles et continuent de considérer que l?on peut jeter les mégots partout. C?est un vrai changement culturel que nous devons tous ensemble porter.

Je m'occupe d'installer - et il y en aura dans le 16e comme dans tous les arrondissements - 10.000 éteignoirs pour éviter de trouver des mégots par terre.

Encore faut-il que, dans les outils de communication qui sont les vôtres, et je sais que, dans quelques journaux d'arrondissement, y compris ceux de l'opposition, cela a commencé à être fait - j'encourage tout le monde à s?en saisir -, il nous faut porter ensemble cette parole, ce message pour convaincre les usagers de la rue à Paris d'utiliser les éteignoirs à cigarette qui seront bientôt à leur disposition.

Je vous garantis que cela améliorera radicalement la physionomie des rues de Paris et, là aussi, sans que l?on ait besoin de créer des emplois budgétaires supplémentaires.

Un autre exemple : la question des "flyers". Nous savons, notamment au moment de la rentrée de septembre, que les pare-brise des voitures dans les rues sont assez rapidement jonchés de "flyers", de petit prospectus publicitaires, et que, la plupart du temps, on les retrouve, aussitôt les rues balayées, sur les trottoirs et dans les caniveaux. Cela contribue, notamment dans certains quartiers de Paris, fortement à un sentiment de dégradation de la propreté.

Y compris en lien avec vos collègues du 17e arrondissement à l'époque, qui étaient conscients de la difficulté, nous avons travaillé et j'ai identifié la nécessité de modifier le Code de l'environnement pour qu?un article du Code de l'environnement nous permette de mettre à contribution les donneurs d'ordre, ceux qui sont les bénéficiaires commerciaux des "flyers" publicitaires qui sont distribués puisque, aujourd'hui, nous ne pouvons pas le faire. J'ai donc pris mon bâton de pèlerin, si j'ose dire. J'ai sollicité les 30 parlementaires de Paris à deux reprises. Je me réjouis que notre collègue sénateur Roger MADEC ait pris l'initiative d'une proposition de loi au Sénat, mais je dois avouer qu'il est bien seul à la porter et les courriers que j'ai envoyés aux parlementaires de toutes obédiences, pour être clair, à Paris sont restés lettre morte. Donc, c'est gentil de venir, mois après mois, seriner "Paris n'est pas propre, Paris n'est pas propre", mais enfin, moi, je suis au travail, j'ai besoin d'avoir des partenaires, pas des procureurs qui se contentent de déplorer ou de faire semblant de déplorer et d?utiliser le sujet comme une polémique politicienne.

Donc, Mesdames et Messieurs les élus de l'opposition, au travail, avec nous, pour une meilleure propreté de Paris !

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci, Monsieur le Maire.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe U.M.P.P.A., assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de voeu est repoussée.