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Septembre 2012
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2012 DVD 134 - Subvention et convention (4.000 euros) avec l'association Rue de l'Avenir (15e).

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2012


 

Mme Maïté ERRECART, adjointe, présidente. - Nous examinons maintenant le projet de délibération DVD 134 relatif à l'attribution d'une subvention et convention avec l'association "Rue de l'Avenir" dans le 15e.

La parole est à Mme Laurence DOUVIN. DVD 134, ce n'est pas vous ? Oui.

Mme Laurence DOUVIN. - Ce n'est pas cela mais le projet de délibération DVD 167 a disparu, le projet de délibération DVD 192 a disparu, donc excusez-moi. Mais j'y viens.

Nous parlons de la "Rue de l'Avenir". C'est une association qui est subventionnée depuis deux ans. Elle se réclame d'un objectif plus que louable : la recherche de la sécurité des déplacements et des personnes. Qui ne pourrait y souscrire ?

De même cette association monte un comité de liaisons régional pour pouvoir échanger les bonnes pratiques, ce qui est tout à fait pertinent, la circulation étant bel et bien un problème régional.

La stratégie de cette association se décline ensuite par le désir d'un meilleur partage de la rue, avec des affirmations fortes qui mettent en jeu la réduction des déplacements motorisés, l'abaissement de la vitesse en ville et la généralisation du code de la rue.

A la lecture de ces objectifs, il n'apparaît nulle part la prise en considération de la spécificité parisienne : capitale économique du pays, métropole d'attraction internationale, lieu de destination de nombreux Franciliens pour le travail et pour d'autres motifs, sans oublier bien sûr les visiteurs que nous recevons en grand nombre et que nous tenons à bien traiter. Non, dans les objectifs de cette association, tout est pensé comme s'il s'agissait d'une ville moyenne d'une envergure totalement différente. Mieux vivre la ville, là aussi qui serait contre ? Mais Paris n'est pas n'importe quelle ville, n'a pas les mêmes besoins, n'a pas la même destinée. C'est pourquoi nous estimons que dire que l'ensemble du territoire parisiens aurait pour vocation à devenir une zone 30 et qu'il faudrait diminuer drastiquement la place dédiée aux véhicules motorisés sont des déclarations excessives qui ne tiennent pas compte ni des réalités ni des besoins. Ces besoins, quels sont-ils ? Mes chers collègues, la majorité des ménages parisiens ne possèdent pas de voitures. Ils s'en servent d'ailleurs peu la semaine quand ils en ont une. Ils ne sont donc pas prioritairement en cause dans les problèmes de mobilité à Paris. Mais il y a de fort nombreuses voitures qui entrent et qui sortent de Paris chaque jour. Des personnes qui s'obligent à faire des trajets d'une heure ou deux heures et demie chaque matin et chaque soir dans les bouchons, on peut estimer qu'elles ne le font pas pour le plaisir. Qui sont donc les véhicules motorisés dont on veut diminuer la place dans nos rues ? Les voitures dites de complaisance, dont les propriétaires effectuent dans leurs véhicules quelques déplacements qu'ils pourraient faire à pied ou à vélo ? Leur proportion vraisemblablement ne va pas très loin, même s'il existe certainement encore une marge de man?uvre à leur égard. Mais les véhicules motorisés, qui sont-ils ? Il compte aussi le transport de marchandises indispensable aux flux économiques, à l'approvisionnement de Paris. Et même si on peut espérer de véritables progrès par un transfert par voies fluviale ou ferroviaire, on sait bien qu?une grande proportion continuera à se faire par la voie routière. Que dire aussi des artisans, des commerçants qui ont besoin d'un véhicule pour leurs activités ? Des familles nombreuses, des personnes âgées pour ne citer qu'elles. Et bien sûr nous ne pouvons pas oublier l'explosion des deux-roues motorisés, conséquence directe de la politique du Maire de Paris, de la gestion autoritaire de la place de la voiture par l'organisation de la pénurie. Ainsi, à un problème - que je viens de révéler mais ce n'est pas vraiment une révélation - complexe, je ne vois proposer par cette association que des conditions de vie, enviables certes localement mais qui correspondent bien à certains quartiers de la capitale - je pense aux zones 30 par exemple - mais absolument pas à l'ensemble de Paris, où une bonne fluidité doit être assurée. Toutes les mesures qui vont dans le sens d'une amélioration des conditions de circulation pour les modes doux rencontrent, je le répète, notre complet assentiment. Mais voyons bien ensemble que la réduction de la circulation des voitures se fera par le développement des nouvelles infrastructures du Grand Paris, c'est alors là que nous verrons la différence et qu'il sera vraiment possible d'aller plus loin. Je reviens à l'association. Dans ses objectifs, il n'est jamais question d'un équilibre, jamais non plus il n'est question de la pollution atmosphérique générée par les encombrements, et je crains beaucoup la suppression de la voie sur berge rive gauche à cet égard. On sait bien qu?une voiture au ralenti pollue davantage, que les conducteurs exaspérés klaxonnent, au grand déplaisir des riverains. Et que dire de la pollution indue générée par de nombreux détours imposés par les rues tête-bêche ou encore par le temps nécessaire pour trouver une hypothétique place de stationnement ? Ce temps supplémentaire, mes chers collègues, pollue ! En conclusion de ce bref tableau d'une situation très complexe, je dirai qu?il n'est pas responsable de ne pas tenir compte de l'ensemble des aspects du problème. Les conditions de l'évolution favorable de la situation pour tous ne peuvent pas se décréter sans tenir compte des véritables besoins de l'ensemble des usagers et des moyens qui sont susceptibles d'apporter de vraies solutions.

C'est la raison pour laquelle nous ne voterons pas ce projet de délibération.

Je vous remercie.

Mme Maïté ERRECART, adjointe, présidente. - Merci, Madame.

Monsieur BARGETON, vous avez la parole.

M. Julien BARGETON, adjoint. - Madame DOUVIN, à l'occasion d'un projet de délibération qui vise à subventionner une association à hauteur de 4.000 euros, vous avez posé des questions de principe.

On ne va pas forcément ouvrir entièrement le débat aujourd'hui. Je voudrais juste vous rappeler quelques points.

D'abord, l'utilisation de la voiture se réduit, et elle se réduit également en petite couronne, ce qui est la nouveauté de l'enquête transport. Non seulement la place de la voiture continue à se réduire à Paris mais également, pour la première fois, en petite couronne. Deuxièmement, vous parlez des travailleurs. Vous avez des travailleurs qui habitent par exemple dans le Val-de-Marne ou en Seine-Saint-Denis : très peu empruntent une voiture pour venir travailler à Paris. Il faut penser notamment aux femmes qui viennent travailler à Paris. Vous savez que les utilisateurs de la voiture sont essentiellement des hommes et que de très nombreuses femmes viennent travailler à Paris. Elles empruntent le R.E.R. notamment. Et vous avez raison : c?est là aussi qu'il faut travailler sur la question du Mobilien. Je vous invite à venir voir les travailleurs des quartiers populaires : vous verrez s'ils viennent en voiture travailler au centre de Paris dans les différentes zones d?emploi. Sur la voiture, laissez-moi vous répondre ! Sur la voiture, il ne faut ni se focaliser sur la question de : est-ce qu?on fait la chasse à la voiture, ou est-ce que tout simplement, on veut la défendre ? La question est de partir de l'espace public, de son utilisation, de son usage et de la régulation. Ce que nous faisons, c'est que nous rééquilibrons l'espace public au profit des cyclistes, des piétons, et c'est extrêmement important. À un moment où il y a un très fort enjeu sur la pollution, on ne peut pas se dire que l'on ne prépare pas l'avenir, l'avenir de la ville. Qu'est-ce qu?on dirait si l?on ne se préparait à faire en sorte que les mobilités douces, les nouveaux modes de transport se développent ? On ne peut pas tenir les deux discours. Parce que vous dites que vous avez un assentiment mais à un moment, il faut aussi passer à l'acte. Quant à cette association, il y a une autonomie de la vie associative. Elle est libre. Je suis très respectueux de la liberté des associations. Ce n?est pas parce qu?on subventionne que l?on est d?accord avec tout ce qu?ils disent. Ce qui nous intéresse, c'est son action. Elle porte notamment l?action de sensibilisation à un Code de la rue, c'est-à-dire au bon usage, à la bonne régulation de l'espace public, ce qui me paraît particulièrement important. Nous aurons l'occasion de rediscuter de ces sujets. Vous avez voulu créer une polémique à l'occasion de cette subvention, à mon avis qui ne le méritait pas. C'est intéressant de se demander si l?on peut tout simplement animer des sites qui permettent de travailler sur un meilleur partage de l'espace public. C'est l'objet de cette association et c'est pourquoi je vous demanderai de voter ce projet de délibération.

Mme Maïté ERRECART, adjointe, présidente. - Je propose d'arrêter la polémique.

Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 134. Qui est pour ?

Contre ? Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2012, DVD 134).