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Septembre 2012
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Vœu déposé par le groupe U.M.P.P.A. relatif à la politique du stationnement deux roues.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2012


 

Mme Maïté ERRECART, adjointe, présidente. - Nous passons à l'examen du v?u référencé n° 63 dans le fascicule, déposé par le groupe U.M.P.P.A., relatif à la politique du stationnement des deux-roues.

Vous avez encore la parole, Madame KUSTER.

Mme Brigitte KUSTER, maire du 17e arrondissement. - Juste un clin d'?il, c'est le monde à l'envers. On vous demande d'étudier le maximum de dessertes en transports en commun sur un endroit et vous me répondez lignes de bus et lignes de métro qui ne traversent pas systématiquement l'ensemble de l'arrondissement. Mais ce n'est pas grave, comprenne qui voudra !

Je vais aborder là un sujet qui est aussi particulièrement sérieux. Je pense que tout le monde dans cet hémicycle a entendu parler de ce qui se passe à l'heure actuelle dans le 17e, mais malheureusement d'autres arrondissements ont été touchés avant nous par cette série absolument incroyable d'incendies de deux-roues, des incendies évidemment criminels et ce depuis maintenant plusieurs mois, mais particulièrement depuis quelques semaines dans le quartier des Batignolles dans le 17e arrondissement.

Je voudrais déjà à ce stade remercier à nouveau le Préfet de police pour sa réactivité suite à ma demande de moyens supplémentaires, tant matériels qu'humains, suite à l'avant-dernier incendie qui était rue Dautancourt. Il y a deux jours, c'était rue Lécluse. Et nous sommes confrontés, malgré ces moyens supplémentaires, à de nouveaux incendies.

Je pense que c'est l'occasion de réfléchir, les uns et les autres, à une nouvelle politique du stationnement à Paris. Hervé BENESSIANO, que j'associe à ce v?u et qui est particulièrement concerné en tant que délégué du conseil de quartier des Batignolles, a d'ailleurs fait à travers ce v?u, voté à l'unanimité de la majorité du Conseil municipal du 17e, quelques propositions sur lesquelles, j'espère, nous prendrons le temps, Monsieur le Maire, de regarder ensemble comment on peut améliorer les choses.

Parce que le nombre de deux-roues, nous l'avons tous constaté, en raison d'une politique pratiquement systématique anti-voiture, mais ce n'est pas là le problème, est exponentiel sur Paris et nous avons tous une difficulté pour trouver de nouveaux espaces pour le stationnement nécessaire dans nos arrondissements. Et, bien sûr, dès que nous faisons du stationnement de deux-roues, évidemment nous enlevons du stationnement de voitures.

Et dans ces quartiers des Batignolles et des Epinettes, touchés par ces incendies, il y a de nombreuses rues très étroites. Évidemment, il y a une difficulté car dès qu?il y a un incendie, le feu se propage aux façades des immeubles et il y a donc un risque important pour les riverains.

Pour ces raisons, nous voulions faire plusieurs propositions avec Hervé BENESSIANO.

- C'est de préférer la création de stations peut-être limitées à trois ou quatre emplacements, et non plus à dix ou douze comme c'est le cas jusqu'à présent. C'est une réflexion que l'on vous propose, ce n'est évidemment pas à décider du jour au lendemain.

- C'est de regarder aussi peut-être de manière plus systématique, lorsque nous sommes concertés, pour inventorier les façades aveugles des différents immeubles.

- Que nous puissions maintenant aussi autoriser le stationnement deux-roues sur les ponts, les voix ferrées, ce qui à l'heure actuelle est interdit.

- Regarder aussi évidemment en fonction de chaque configuration de rue, la largeur des trottoirs, qui rend parfois particulièrement difficile la création de stationnement longitudinal.

- Par ailleurs, nous proposons également de regarder la possibilité, comme cela existe ailleurs, d'abris ignifugés de façon à sécuriser certains lieux.

A ce stade, et concernant le 17e, nous avons été - j'en remercie la Direction de la Voirie qui a répondu à notre demande qui datait de la semaine dernière -, amené à sanctuariser déjà certains stationnements deux-roues, le temps que le ou les pyromanes soient arrêtés. Évidemment, cela ne peut pas être une solution pérenne, elle n'est pas satisfaisante mais je pense que nous pouvons ensemble avoir cette réflexion sur le stationnement, vu les dégâts collatéraux qui sont en train malheureusement de voir le jour. Je vous remercie en tout cas de votre attention, de votre écoute. J'espère que ce ne sera pas avec une réponse polémique, mais surtout le début d'une réflexion que je souhaite commune sur les bancs de cette Assemblée. Je vous remercie.

Mme Maïté ERRECART, adjointe. - Merci.

La parole est à M. BARGETON.

M. Julien BARGETON, adjoint. - Madame KUSTER, je souhaite répondre à votre v?u en prenant un peu le temps car je suis extrêmement préoccupé par la situation. Je vais proposer un vote défavorable au v?u mais je voudrais quand même que vous preniez le temps d'écouter le raisonnement.

Tout d'abord, je souhaite repréciser le contexte général de ma réponse.

Afin d'éviter l'envahissement des deux-roues sur les trottoirs dédiés aux piétons, la Ville de Paris a engagé un ambitieux plan de création de 18.000 places de stationnement spécialement dédiées à ces véhicules. Nous en avons déjà créées près de 14.000 et cet effort doit continuer afin d'atteindre l'objectif des 18.000 et donc désencombrer les trottoirs. Je tiens à rappeler que les aménagements ne sont pas dangereux en eux-mêmes. Il est avéré que ces incendies sont d'origine criminelle. Ne perdons pas de vue que l'aménagement de l'espace public n'est qu'un moyen de limiter l'impact de ces actes criminels mais ne saurait à lui seul les éradiquer. Je ne vais pas m'étendre davantage sur cette question, puisqu'elle concerne la Préfecture de police. Par ailleurs, je sais qu'ils se sont saisis du dossier avec le plus grand sérieux et ont déjà procédé à des interpellations. Nous suivons donc avec attention et au jour le jour la situation. Je pense que, face à cette situation, ce n'est pas simplement la solution de dépenser de l'argent public qui permet de répondre. Ce qu'il faut aussi, c'est que la répression puisse s'exercer, c'est-à-dire que l'on arrête les responsables, le ou les responsables. Concernant ma compétence, celle de l'aménagement de l'espace public, nous travaillons déjà en coordination avec les pompiers et la Préfecture de police sur trois pistes qui permettraient de limiter la propagation des feux de deux-roues :

- Premièrement, la limitation de la longueur des linéaires de deux-roues ;

- Deuxièmement, le choix des emplacements afin de les éloigner des portes cochères qui sont par ailleurs des voies d'évacuation d'immeuble en cas d'incendie ;

- Troisièmement, un travail en amont avec les constructeurs pour faire évoluer les normes des matériaux utilisés à ce jour trop facilement inflammables.

Nous sommes donc activement saisis de ce problème et nous explorons les pistes concrètes, réalistes et qui relèvent de notre compétence pour y remédier. En revanche, concernant les solutions que vous proposez, je propose de rejeter votre v?u pour trois raisons. Les deux premières sont d'ordre général.

- D'une part, l'application de vos propositions (surfaces planes, murs aveugles, éloignés des habitations, etc.) reviendraient à ne presque plus avoir aucun stationnement pour les deux-roues motorisés, ce qui vient contredire la nécessité unanimement reconnue d'en créer de nouveaux.

- D'autre part, la création d'abris ignifugés viendrait densifier encore l'espace public parisien que nous essayons au contraire de désencombrer pour le bien-être de tous, et en particulier des piétons, les familles avec les enfants, les personnes âgées, etc.

La troisième raison est plus ciblée, puisque la création de places de stationnement de deux-roues motorisés sur les ponts serait dangereuse car un feu éventuel en fragiliserait la structure. En résumé, ce n'est pas le développement du stationnement deux-roues qui doit être arrêté, c'est le criminel. Merci beaucoup.

Mme Maïté ERRECART, adjointe. - Merci, Monsieur BARGETON.

Je pense que nous allons pouvoir reprendre le v?u. Je crois que cela a été clair, là encore, Madame KUSTER ? Vous avez parlé trois minutes. Je n'ai pas été chiche sur le temps de parole tout à l'heure. Alors, allez-y, très court.

Mme Brigitte KUSTER, maire du 17e arrondissement. - Madame le Maire, j'entends, parce que ce sont des pistes de propositions, que certaines vous agréent et d'autres pas.

Vous avez parlé de dépense de l'argent public, ce sont juste des propositions qui, à mon avis, ne coûteraient pas plus cher mais qui de toute façon nous interpellent tous au moment où même, nous, maires d'arrondissement, nous sommes concertés sur du stationnement de deux-roues, comme nous le sommes pour des places handicapées ou autres.

J'entends cette réflexion qui est menée avec la police, et les pompiers surtout. Je pense qu'il faut le temps de la réflexion car, au-delà de toute façon du problème de ces incendies, il y a un problème de place, vous l'avez rappelé : 18.000 places comme objectif, nous sommes tout à fait d'accord, et 14.000 réalisées. Je dois vous le dire, mais vous devez le savoir, dans les chiffres du 17e, nous sommes plus qu'à jour. Je crois même que nous avons dépassé le quota prévu.

Mme Maïté ERRECART, adjointe. - Si vous voulez bien terminer. Nous allons encore parler des deux-roues après.

Mme Brigitte KUSTER, maire du 17e arrondissement. - S'il vous plaît, excusez-moi, Madame, mais il y a là un problème de fond sur ce qui est en train de se passer. Et j'aimerais qu'on regarde maintenant ce qu'on va réaliser dans l'immédiat concernant ces incendies.

En effet, une fois qu'on a dit : on va arrêter la personne, il faut aller plus loin. Sauf que là, à l'heure actuelle, je demande donc, au-delà de la sanctuarisation? de ce qui a été arrêté, seulement un endroit, Madame le Maire, excusez-moi, puisque je parle à l'adjoint, que je n'ai pas eu en ligne ni le plaisir d'accueillir dans mon arrondissement, de lui dire qu'au-delà de cela je souhaite que nous puissions peut-être envisager la sanctuarisation d'autres aires, comme nous l?avons évoqué avec la Préfecture de police, dans les nuits à venir, de façon à éviter de nouveaux incendies.

Je vous remercie.

Mme Maïté ERRECART, adjointe, présidente. - On va peut-être arrêter, non ?

M. Julien BARGETON, adjoint. - Un mot vraiment, je ne peux pas laisser dire cela. Nous sommes en train de prévoir tous les rendez-vous avec les maires d'arrondissement.

Effectivement, je suis adjoint depuis le 9 juillet. Laissez-moi le temps, avec les cabinets respectifs, de monter ces rendez-vous. Ils sont tous en cours.

Deuxièmement, Madame KUSTER, vous avez fait part de mon absence à une réunion qui s'est tenue alors que je n'y étais pas convié. Je ne l'ai pas relevé. J'ai trouvé cela particulièrement discourtois.

Mme Brigitte KUSTER, maire du 17e arrondissement. - C'était il y a 15 jours !

M. Julien BARGETON, adjoint. - Je suis extrêmement respectueux de tous les élus. Je fais part du plus grand respect à votre égard. Je demande la réciproque. Merci beaucoup.

Mme Maïté ERRECART, adjointe, présidente. - On peut passer au vote ? Tout le monde s?est exprimé ? Le v?u n° 63, avec un avis défavorable? Explication de vote, oui, je vous en prie.

M. Yves POZZO di BORGO. - Il y a des règlements dans cette Assemblée !

Mme Brigitte KUSTER, maire du 17e arrondissement. - On a du mal à les faire respecter !

Mme Maïté ERRECART, adjointe, présidente. - Écoutez, quand on a deux minutes et que l?on parle trois minutes, il ne faut pas dire que l'on ne respecte pas le règlement.

Le règlement marche dans tous les sens.

M. Yves POZZO di BORGO. - Deux remarques sur l'affaire des deux-roues et l'affaire des Vélib'. Il y a eu plusieurs v?ux passés sur le sujet. Je dis à monsieur le préfet de police - cela ne concerne pas directement les Vélib' - que l?on a un véritable problème avec les vélos qui ne respectent pratiquement aucun règlement. Quand je vois le nombre de vélos sur les trottoirs, le nombre de vélos à contresens, le nombre de vélos qui brûlent les feux rouges?

Mme Maïté ERRECART, adjointe, présidente. - Ce n'est pas le sujet, Monsieur.

M. Yves POZZO di BORGO. - Excusez-moi, Madame, j'ai deux minutes d'explication de vote? vous n'allez pas contrôler ce que je dis, excusez-moi, Madame, ça va ! Non mais attendez ! Laissez terminer les choses ! C?est pour terminer sur l'affaire des deux-roues parce que c'est un ensemble. J'ai bien le droit, en tant que Président, de dire que cette affaire de deux-roues concerne aussi les vélos, non Madame ? Je peux le dire ? Ce n'est pas vous qui allez dire ce que je vais dire ! Je continue. On a un problème de vélos, et j'ai vu que les policiers commençaient à sanctionner. Il y a un problème de cette gestion de la formation des gens à vélos qui est importante. Deuxième élément pour tomber dans le vif du sujet, c'est un véritable problème, les deux-roues. Je vois le nombre de deux-roues qui circulent sur les trottoirs et qui posent des problèmes. Vraiment, je vois la façon dont les enfants, les personnes âgées sont inquiétées dès que les deux-roues passent sur les trottoirs. Je crois, Monsieur le Préfet, que vous devriez peut-être voir dans quelle mesure on peut sanctionner cela. Sur le v?u, je voterai le v?u de ma collègue mais je voudrais aussi insister sur le fait des deux-roues. Il y a très peu de places de stationnement dans certains endroits. Les deux-roues occupent souvent les places de stationnement des voitures. Je ne veux pas défendre trop les voitures : je vais me faire insulter par l'aile gauche de ce conseil, mais si on pouvait faire en sorte que les commissaires aient des consignes - ce n?est pas non plus un très gros problème - mais qu'ils équilibrent un peu ce genre de chose.

C?est pour dire que je voterai le v?u de Mme KUSTER, même si je suis allé chercher loin mon explication.

M. Sylvain GAREL. - Explication de vote parce qu?entendre cela, quand même ! Il faut rappeler un certain nombre de chiffres, Monsieur POZZO di BORGO. Chaque année, entre 10 et 15 piétons sont tués. Aucun, à ma connaissance n'a jamais été tué ni blessé grièvement par un vélo. Ce sont toujours les voitures ou les camions qui tuent les piétons. Alors accuser les cyclistes de mettre en danger les piétons est absurde. Ce qui met en danger les piétons, ce sont les camions, les motos, et pas les vélos. Que les vélos ne doivent pas être sur les trottoirs, on est d'accord.

Mme Maïté ERRECART, adjointe, présidente. - On ne va pas rouvrir un débat qui n'a pas lieu d?être. Il s?agit d?un v?u précis.

M. Sylvain GAREL. - Il n?est pas possible d?entendre de telles stupidités dans cet hémicycle !

Mme Maïté ERRECART, adjointe, présidente. - Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe U.M.P.P.A., assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.