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Septembre 2012
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2012 DASCO 150 - Communication du Maire de Paris sur la rentrée scolaire 2012.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2012


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - Comme chaque année à la même période, nous allons échanger sur la rentrée scolaire. Notre Assemblée, en ce mois de septembre, réaffirme son souci permanent de la santé de l'école républicaine en examinant les conditions de la rentrée. Le dynamisme de Paris s'étant traduit cette année par l'arrivée de 1.000 élèves supplémentaires dans nos écoles et nos collèges, il nous a fallu d'abord faire preuve d'une grande réactivité. Face à une situation rendue difficile par les suppressions massives d'effectifs décidées par le précédent Gouvernement, l'Académie de Paris et la Direction des Affaires scolaires se sont mobilisées jusqu'à la dernière seconde afin que chaque enfant soit accueilli dans de bonnes conditions. Dans le cadre du plan d'urgence gouvernemental, ce sont les nouveaux postes créés dès la rentrée qui nous ont permis de faire face. Ces 15 enseignants, 49 assistants d'éducation, 46 postes du réseau d'aide spécialisée aux enfants en difficulté et 197 assistants de vie scolaire supplémentaires sont venus heureusement contrebalancer les suppressions de postes prévus par le précédent Gouvernement. La communauté éducative dans son ensemble a d'ailleurs été apaisée par ces mesures, qui nous ont permis d'éviter le pire. C'est donc dans un climat de confiance retrouvée et de respect mutuel que notre collectivité aborde cette nouvelle année scolaire tout en continuant d'être, aux côtés du Rectorat, une force de réflexion et de proposition. Sur la question de la réforme des rythmes scolaires, mais également dans la concertation sur la refondation de l'école républicaine, nous ferons entendre notre voix pour défendre et promouvoir ce qui semble juste pour les Parisiens. Nous ferons valoir en particulier les deux grands axes de notre mobilisation pour l'école :

- L'amélioration des conditions d'accueil des élèves ;

- Le développement d'un projet éducatif aussi ambitieux sur l'acquisition des savoirs que sur l'adhésion à la citoyenneté.

En consacrant pour 2012 23,8 millions d'euros à l'entretien, à la valorisation et à l'adaptation de son patrimoine scolaire, Paris se donne les moyens de faire face à l'augmentation du nombre d'élèves tout en veillant à maintenir partout la même qualité de service public.

Cette année, en restructurant trois écoles élémentaires et en reconfigurant cinq collèges, nous adaptons nos établissements aux évolutions démographiques. Loin de pâtir du rajeunissement de Paris, l'accueil au sein de nos établissements y trouve l'occasion de progrès nouveaux. La modernisation du système de restauration scolaire, la revalorisation des centres de loisirs et le développement de la coordination entre les différents acteurs sont autant d'améliorations ressenties, aussi bien par les professionnels que par les parents et les enfants. Cette optimisation des conditions d'accueil dans les écoles et les collèges nous permet d'offrir aux petits Parisiens un projet éducatif riche et ouvert sur leur ville. Les établissements sont à même de proposer des activités artistiques, culturelles et sportives totalement insérées dans la trame sociale et urbaine de Paris. Le dispositif "Art pour grandir" et nos 30 résidences d'artistes en collèges sont emblématiques d'une éducation ouverte sur toutes les richesses de l'être humain. L'égalité doit bien sûr y trouver toute sa place, à la fois comme objet d'enseignement et comme réalité vécue. C'est la raison pour laquelle depuis deux ans, le Département apporte son soutien aux 55 collèges les plus fragiles en subventionnant pour un million d'euros 276 projets destinés à 16.810 élèves. C'est également pour cela qu'il finance au travers de l'équipe "Action collégiens", l'aide à 2.000 élèves en difficulté, répartie dans 37 établissements. Mes chers collègues, dans une ville en plein dynamisme où la part de la jeunesse progresse chaque année, l'école doit faire l'objet de toute notre attention et de tous nos efforts. En encadrant et en encourageant l?énergie des petits Parisiens, c'est l'avenir de Paris que nous préparons de la manière que nous souhaitons la plus efficace possible. Mon adjointe, Colombe BROSSEL, sert avec beaucoup d'intelligence et de courage ce bel objectif. Je l?en remercie, car cet objectif continuera à nous mobiliser jusqu'à la fin de la mandature pour que, dans la capitale de la France, chacun puisse trouver sa place et d'abord les enfants.

Je vous remercie. Alors, nous allons écouter les intervenants des groupes, conformément aux décisions de la Conférence d?organisation. Je me garderais bien de mettre en cause l'excellent travail de François DAGNAUD, que j'ai lu dans un journal ce matin ! Ce n'est pas vrai du tout, au contraire, c'est très bien ce que tu fais. Je donne d'abord la parole à M. Philippe DUCLOUX.

M. Philippe DUCLOUX. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, vous venez de le rappeler, la Mairie de Paris s?est toujours fortement mobilisée contre la politique comptable en vigueur à l'Education du temps du précédent Gouvernement, qui faisait de la réduction de moyens et de postes le seul projet véritable pour l'avenir de nos enfants.

Indéniablement, les changements de Président de la République, de Gouvernement et de majorité à l'Assemblée nationale en mai et juin dernier ont permis à la communauté scolaire parisienne de préparer la rentrée scolaire dans un climat plus apaisé et de manière plus sereine, grâce au plan d'urgence gouvernemental qui a redonné à l'Académie de Paris 15 postes d'enseignants sur les 98 suppressions décidées par le Gouvernement précédent. Cela a permis des ouvertures de classes, alors même que Paris a dû scolariser quelque 1.200 élèves supplémentaires en élémentaire et en collège. Cette forte augmentation des effectifs prouve, s'il le fallait encore, qu'il fait bon vivre et grandir à Paris. Le 4 septembre 2012, le jour de la rentrée, ce ne sont pas moins de 193.600 enfants qui ont été scolarisés dans 662 écoles maternelles et élémentaires et 112 collèges parisiens. Je laisserai à mon collègue Jacques BRAVO le soin de parler de l?entretien du patrimoine scolaire. Pour ma part, je voudrais revenir quelques instants sur la restauration scolaire qui ne sert pas moins de 20 millions de repas par an et ce que la Ville de Paris a mis en place en septembre 2011. Je veux parler d'une grille tarifaire unique au nom de la justice sociale et d'un nécessaire rééquilibrage de l?effort financier demandé aux familles. Dans le prolongement de cette démarche, c'est à cette rentrée scolaire que la Ville de Paris apporte la dernière touche à la réforme du financement des caisses des écoles au titre de la restauration scolaire qu'elle a engagée en décembre dernier. Cette réforme est guidée par la recherche de l'efficacité économique et de l'amélioration de la qualité du service, des repas servis aux enfants jusqu'à la formation des personnels. Une série de conventions d'objectifs est d'ailleurs ainsi soumise à votre approbation durant ce Conseil de Paris. L?engagement de la collectivité d'intégrer les produits issus de l'agriculture biologique et de développer le recours aux produits labellisés dans ses cantines à hauteur de 30 % d'ici 2014 sera amplement rempli. Ainsi, en moins de deux ans, la Ville de Paris a fait des financements alloués au 20 caisses des écoles un outil précieux d?amélioration de la qualité de la nourriture servie aux petits Parisiens ainsi qu?un gage d'efficacité économique dans un contexte budgétaire toujours contraint par une crise économique qui perdure.

Je sais que Jacques BRAVO parlera des dispositifs municipaux dans les écoles. Je m'attarderai donc quelques instants, comme vous l'avez fait Monsieur le Maire, sur l'attention portée par la Ville de Paris aux collèges et notamment les plus fragiles, depuis l?assouplissement de la carte scolaire mis en place par le précédent Gouvernement. Le Département attribue depuis deux ans un crédit supplémentaire d'un million d'euros à ses collèges afin de leur permettre d'améliorer leur image auprès des familles susceptibles de demander des dérogations pour inscrire leurs enfants dans des établissements jouissant d'une meilleure réputation.

Pour 2012, comme vous l'avez dit, ce sont 276 projets concernant 55 établissements qui vont être subventionnés, contre 251 émanant de 53 collèges l'an passé et quelques 16.810 élèves. Depuis 2001, la Ville de Paris fait de la lutte contre le décrochage scolaire une véritable priorité. Elle intervient ainsi dans un premier temps dans le cadre de nombreuses actions éducatives, dont la plus importante est celle d'Action Collégiens, qui ?uvre dans 37 établissements. Ces adjoints éducatifs proposent aux élèves en difficulté un accompagnement basé sur le renforcement de la maîtrise de la langue ainsi que des activités culturelles et sportives et des réflexions sur la citoyenneté, le respect, l'autonomie ou encore l'estime de soi. A cela s'ajoute le dispositif partenarial de la réussite éducative qui prend en charge environ 700 élèves en difficulté scolaire.

Par ailleurs, en ce qui concerne les effectifs pour les enfants en échec scolaire, la suppression, votée et mise en ?uvre par le Gouvernement précédent, de 34 postes de remplaçants et de 36 postes de Réseau d?Aide Spécialisé aux Enfants en Difficulté, les R.A.S.E.D., ne manquera pas d'impacter fortement les équipes pédagogiques et les élèves les plus fragiles au cours de l'année scolaire.

Le Gouvernement de M. Jean-Marc AYRAULT et son Ministre de l'Education, M. Vincent PEILLON, ont, eux, engagé un effort particulier en direction des élèves en situation de handicap avec le recrutement de 1.500 Auxiliaires de Vie Scolaire, les A.V.S.

Le Président de la République et le Gouvernement ont également pour ambition de favoriser l'accès à la scolarité pour les enfants de moins de trois ans. Comme elle le fait depuis 2001 avec intelligence et détermination, la Ville de Paris sera partie prenante dans cette volonté de refonder l?école de la République lors de la concertation nationale sur la refondation de l'école qui s?engage.

Grâce à votre détermination, Monsieur le Maire, et à la competence, reconnue de tous, de ma collègue Colombe BROSSEL, votre adjointe à la Vie scolaire et à la Réussite éducative, la Ville de Paris sera au rendez-vous pour assurer le succès d'une telle refonte qui s'articulera avec intelligence entre les activités proposées par les collectivités sur le temps scolaire comme péri et extrascolaire et les nouveaux rythmes scolaires.

Sous l'égide de notre Gouvernement et au vu de la place centrale de l'école, ce n'est rien moins qu'un changement de société qui nous est proposé.

Vous l'aurez compris, Monsieur le Maire, le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés soutient votre politique en matière d'éducation avec force et enthousiasme.

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup.

La parole est à M. Sylvain GAREL.

M. Sylvain GAREL. - Merci, Monsieur le Maire.

J'aimerais tout d'abord témoigner de notre satisfaction de voir l'école repartir enfin sur de bons rails après cinq années où elle a été victime de tant d'attaques par le précédent Gouvernement. Cette rentrée scolaire se distingue par une considération nouvelle envers les élèves, les parents, les personnels, par le soutien à l'innovation pédagogique, par une conception moins verticale des liens qui unissent tous les acteurs de l'Education nationale et bien sûr par des moyens adéquats pour redresser l'institution scolaire. Nous nous en félicitons.

M. Jérôme DUBUS. - On devrait demander à Mme DUFLOT de partir.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Non, elle ne part pas. Ce n'est pas vraiment le sujet de l'Education.

M. Sylvain GAREL. - Saluons ainsi le retour des recrutements de professeurs puisque 40.000 nouveaux postes sont d'ores et déjà annoncés pour 2013 par Vincent PEILLON le nouveau ministre, la Droite crie déjà à l?irresponsabilité, elle qui, lors du quinquennat précédent, avait supprimé tant de postes dans l'Education nationale et dans la Fonction publique.

En 2012, le Gouvernement parie sur une tout autre richesse, celle de ses enfants, et il a bien raison.

A Paris, la rentrée s'annonçait cette année particulièrement rude, avec un nouveau sabrage d?une centaine de postes pour les enseignants titulaires plus 34 suppressions de remplaçants et 46 de R.A.S.E.D.

Grâce au plan d?urgence gouvernemental, un coup de pouce a sauvé in extremis 15 postes d?enseignants et plusieurs dizaines de postes d?assistants d?éducation et de vie scolaire sur notre territoire.

Même si ce premier geste est surtout symbolique, nous nous réjouissons que la politique de ressources humaines dans l'Education nationale reparte ainsi sur des bases plus saines.

A ce titre, comme nous le rappellerons par notre v?u, notre Ville doit prendre toute sa part dans l?effort nécessaire pour assurer aux classes de la capitale des effectifs suffisants de professeurs.

Nous nous réjouissons que les concours de recrutement reprennent bientôt pour les professeurs de la Ville de Paris qui dispensent des cours d'art, de musique et de sport, indispensables à l?épanouissement des plus jeunes, mais nous demeurons vigilants sur la tentation municipale de recourir aux heures supplémentaires plutôt qu'à de nouveaux recrutements de titulaires.

Rappelons-le, une politique progressiste doit miser sur la réduction du temps de travail et sur la création de postes et non sur une course productiviste aux heures supplémentaires.

Par ailleurs, nous saluons les investissements d'envergure réalisés par la Ville pour rénover ses écoles et ses collèges. Dans la même veine, la Région négocie actuellement un nouveau plan d?investissement pour les lycées, notamment parisiens, et le transfert statutaire des lycées municipaux parisiens est en cours.

A ce titre, notre groupe aimerait rappeler l'importance de garder des lycées techniques et professionnels au c?ur même de la capitale, sans les obliger à déménager pour réaliser des opérations immobilières.

Nous espérons aussi que la réflexion sur le projet pédagogique de ces lycées techniques et professionnels aboutira à terme à l'ouverture de filières spécialisées sur l'environnement et notamment la rénovation énergétique, tant la récente Conférence environnementale a de nouveau souligné que les débouchés professionnels sont nombreux dans ces domaines. Cette transition énergétique, justement, notre Ville l?a engagée dans le cadre du Plan Climat et il est dommage que cette communication ne souligne pas assez l?important chantier de rénovation des écoles déjà engagé durant cette mandature. Une centaine d?entre elles auront déjà bénéficié d'une rénovation d'ici l'été prochain. A terme, d'ici 2020, 600 écoles auront été rénovées à Paris afin de diminuer de 30 % les émissions de gaz à effet de serre et les consommations d'énergie. Tout ceci est bon pour nos enfants, bon pour nos enseignants, bon pour l?humanité et aussi bon pour les finances publiques. Pour en rester au volet écologique de notre politique scolaire, j'aimerais saluer les efforts faits par notre Ville pour promouvoir le bio dans les cantines, mais aussi les repas végétariens à la fois excellents pour l?équilibre nutritionnel de nos enfants et respectueux de l'environnement. C'est le sens du v?u que nous avons déposé pour promouvoir ces types de repas à l'occasion de la Semaine du développement durable. Rappelons aussi que la Ville ambitionne d?atteindre 20 % de bio dans ses cantines d'ici la fin de la mandature et que certains arrondissements? comme le 2e en particulier, ont déjà atteint la barre des 70 %. Avec une politique volontariste, nous pouvons là aussi agir à la fois pour la planète et pour la santé de nos enfants. Pour finir, nous tenons à saluer le projet éducatif global choisi par notre Ville. D'abord, parce que ce projet se fonde sur l'équité. Des moyens renforcés sont offerts aux établissements qui en ont le plus besoin sur notre territoire, grâce à des dispositifs tels que "Action collégiens". Ensuite, nous saluons l'ouverture de ces projets éducatifs aux activités sportives, à la culture, à la citoyenneté mais aussi à l'urbanisme et à la protection de la biodiversité. A ce titre, les travaux exposés aux Chais de Bercy, au Parc floral et au Muséum d'Histoire naturelle retraçant l'avenir de Paris dans vingt ans du point de vue des enfants, sont à répéter et à encourager, en veillant à susciter la prise de conscience environnementale des plus jeunes. En conclusion, puisque s'ouvre à l'échelle nationale une vaste réflexion sur les rythmes scolaires, nous aimerions rappeler la difficulté de combiner une offre scolaire, périscolaire et extrascolaire particulièrement riche à Paris, avec un rythme raisonnable dans la journée de nos enfants. Nous devons, certes, leur fournir une ouverture intellectuelle, culturelle, sportive et civique la plus large possible, mais tout en évitant aussi les écueils d'un productivisme scolaire qui prépare très tôt le terrain du productivisme économique.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous concluez, Monsieur GAREL.

M. Sylvain GAREL. - C?est ce que je suis en train de faire. Je vous ai dit que c?était ma conclusion, mais j'ai été interrompu tout à l'heure. Veillons aussi à conserver des temps de repos, de détente et de pleine liberté pour nos enfants parmi les temps d?accueil que nous leur proposons. En un mot, laissons-les respirer ! Comme le signalait le pédagogue Philippe MEIRIEU en cette rentrée, le débat sur les rythmes est ainsi indissociable d'une réflexion sur les contenus des temps scolaires et sur leur articulation. Il nous faut lutter contre l'individualisme qui gangrène notre école et qui tend à réduire son rôle à la simple transmission d?un volume maximal de savoirs techniques. Contre cette idéologie, veillons au bien-être des enfants pour leur redonner le plaisir de penser et d'explorer le monde.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Soyez quand même tous attentifs à tenir vos temps de parole.

La parole est à Mme Emmanuelle BECKER.

M. Jérôme DUBUS. - M. GAREL dépasse toujours. Chaque fois, c'est la même chose.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Non, c?est parce que vous l?avez interrompu. C?est vous qui lui avez fait perdre du temps, et à nous tous avec. La parole est à Mme Emmanuelle BECKER, seulement.

Mme Emmanuelle BECKER. - Merci, Monsieur le Maire.

Chers collègues, le service public de l?éducation a été largement mis à mal par l?application d'un libéralisme aveugle au pouvoir depuis dix ans : suppression massive de postes, abandon de la carte scolaire, suppression progressive des R.A.S.E.D., soutien délibéré à l'enseignement privé, démantèlement et mise en concurrence des universités, menaces sur l'existence de l'école maternelle, dégradation des conditions de travail. La conséquence la plus lourde de cette politique ultralibérale a été d'amplifier la corrélation entre inégalité sociale et inégalité scolaire.

Après la défaite de Nicolas SARKOZY, l?étau s?est enfin desserré autour de l'enseignement public.

Les 1.000 postes supplémentaires votés par le Parlement cet été dans le cadre du collectif budgétaire étaient nécessaires, mais la rentrée des classes 2012 porte encore l'héritage de plusieurs années de tour de vis. L?affectation de ces enseignants supplémentaires n'empêche pas le solde des suppressions de postes de rester négatif sur les dix dernières années.

A Paris, tout à son austérité de principe et à ses économies misérables, le Gouvernement FILLON supprimait encore des postes de professeur cette année, alors que le nombre d'élèves continuait d'augmenter. Heureusement, au dernier moment, la dotation supplémentaire de postes pour Paris permet la réouverture de classes, de postes de remplaçant et de postes R.A.S.E.D.

Nous nous réjouissons que le Ministère ait enfin répondu à la demande d?ouverture de la liste complémentaire. Cela permettra de pourvoir les postes vacants à venir par le recrutement d'enseignants stagiaires supplémentaires et éviterait a priori le recours en cours d?année à des enseignants contractuels précaires. Cela devrait donc permettre qu'il y ait à Paris autant d'enseignants que de postes durant toute l'année sans recours à l'embauche de contractuels.

Toutefois, ces postes supplémentaires ne compensent pas l'ensemble des suppressions réalisées sous le gouvernement précédent. Ils ne rendent pas possibles toutes les ouvertures de classes qui seraient nécessaires dans la Capitale.

C'est pourquoi seul un budget 2013 ambitieux pour l'éducation permettra à la fois de revenir sur les suppressions de ces dernières années et de répondre aux besoins des écoles.

Depuis 2001, Paris construit un projet qui doit aller vers un périscolaire d'excellence, qui porte une véritable ambition pour tous les enfants de Paris. Dans les compétences qui sont les siennes, Paris a toujours appuyé les initiatives qui incitaient à plus d'égalité parmi les jeunes Parisiens et le droit à une éducation ouverte sur le monde et sur les autres. C'est un double mouvement qui veut dans un même temps renforcer et élargir le socle des savoirs.

C'est dans ce contexte que le groupe Communiste et élus du Parti de Gauche s'inquiète aujourd'hui du sort des classes de découverte, qui sont des leviers très importants pour établir un peu d'égalité entre les familles. C'est dans ce même contexte que nous disons notre soutien à la variété et à la continuité des activités scolaires, périscolaires et extrascolaires à Paris, ainsi qu?aux professeurs de la Ville de Paris, aux assistants sociaux scolaires et aux A.S.E.M. Etre aux côtés des élèves et des familles grâce à des dispositifs de soutien scolaire est essentiel, tout comme l'accent que nous mettons sur l'ouverture artistique avec "Art pour grandir" ou les résidences d'artistes en collège. Nous devons persister dans cette ambition d?un projet scolaire et périscolaire cohérent, dont l'équilibre repose sur une égalité réelle des chances et non pas sur des logiques économiques à courte vue. Une grande concertation sur l?école et les rythmes scolaires s'ouvre en ce moment. C?est toute la communauté pédagogique à Paris et ailleurs qui souhaite reprendre la parole après des années de silence imposé. Cette concertation doit faire la part belle à ces hommes et à ces femmes qui se consacrent à l?éducation et à la formation des jeunes Parisiens. A l'heure où le débat sur le nouveau traité européen ne cesse de s'amplifier, permettez-nous d'alerter tous ceux qui sont attachés à la relance et à la refondation de l'école publique. Pour nous, elle ne sera pas compatible avec l'austérité budgétaire programmée par le traité européen et la réduction des déficits à 3 % dès 2013. 35 milliards d'euros à économiser, c?est deux fois la totalité du budget consacré par l'Etat à l'enseignement primaire public. La bataille pour l'avenir de l'école et le refus du pacte budgétaire européen vont de pair. L'heure n'est surtout pas à la réduction de l?investissement public. Après des années où la seule ambition était comptable, il est temps que le projet éducatif reprenne la place qui lui due dans le débat, un projet qui embrasse les temps de l?école et hors de l'école. Les élus Communistes et du Parti de Gauche seront force de proposition dans ce débat. Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Moi aussi, je vous remercie, même si, comme hier, je ne vois pas toujours bien le lien entre le traité européen et telle ou telle actualité locale.

Mais bon ! "That?s life"... si je peux me permettre ! La parole est à M. MENGUY.

M. Jean-Baptiste MENGUY. - Merci, Monsieur le Maire.

Pour une fois, on partage quelque chose : c?est de ne pas trop savoir ce que le traité européen vient faire dans les affaires locales mais tout est possible en politique et je suis sûr que Mme BECKER saura nous démontrer encore une fois tout le lien qu'il y a entre les deux.

Monsieur le Maire, je vais vous le dire, je suis, à titre personnel, assez déçu de cette rentrée alors que beaucoup s'en félicitent.

Je suis déçu parce qu'on m'avait dit : "Le changement, c'est maintenant."

Après cinq ans de critiques? que dis-je, de critiques? de temps et de temps passé par la Gauche à dénoncer la politique du gouvernement précédent, et du ministre de l'Education précédent, sur notre politique en matière d'éducation, je suis déçu, je pensais qu'à partir du mois de mai, l'éducation allait revivre, que les enfants allaient retrouver toute leur place, alors qu?on nous avait dit que, pendant cinq ans, nous avions passé notre temps à tout détruire : détruire le système éducatif, détruire la profession d'enseignant, détruire la formation des enfants. On pensait même que la Droite de ce pays voulait que nos enfants soient au pire analphabètes, au mieux complètement idiots, avec le système éducatif que vous décriviez être le nôtre.

Je suis déçu parce que je pensais que, d'un coup, à partir du mois de mai, les écoles, leurs fenêtres, leurs portes, allaient s?ouvrir à des oiseaux, des feux d'artifice, des couleurs, des sons agréables et que tout allait renaître, Monsieur le Maire. Je pensais que des milliers d'enfants allaient manifester dans les rues avec une fleur à la main, pourquoi pas le 14 juillet, comme le voulait Eva JOLY, en disant : "Merci, merci, ça y est, l?école est de nouveau au centre de toutes les préoccupations des Françaises et des Français, nous allons revivre", tellement les critiques pendant cinq ans ont été pour le moins peu subtiles.

Oui, vraiment après ces cinq années de pénombre, de nuit, que dis-je, je pensais que la lumière allait revenir sur l'Education nationale et que le Président de la République François HOLLANDE, le Premier Ministre Jean-Marc AYRAULT, peut-être pas ses deux ministres "Verts", cela dépend du vent et du traité, et en tout cas son formidable Ministre de l?Education nationale, Vincent PEILLON, et son non moins négligeable co-ministre Bruno JULLIARD, allaient enfin nous donner la vérité absolue sur ce que devait être l'Education nationale.

Je pensais naïvement, Monsieur le Maire, que cet été serait propice à refonder l'Education nationale. Et, d'ailleurs, le ministre de l'Education nationale ne s'y est pas trompé, il est arrivé la fleur au fusil en nous donnant, à longueur de semaines depuis le mois de mai, toutes les annonces qui figuraient dans le programme du nouveau président de la République.

Pas de pot ! Deux jours après chaque annonce, son Premier Ministre devait le rappeler à l'ordre et venir nuancer en ajoutant un petit peu de concertation, en ajoutant un petit peu de réalisme budgétaire, en ajoutant un petit peu de respect politique. Bref, quelle ne fut pas ma déception, Monsieur le Maire, de voir que cette rentrée du nouveau gouvernement, eh bien, finalement, était loin des promesses du candidat HOLLANDE ! Alors, je me suis dit : puisque la communication sur la rentrée arrive au mois de septembre, comme chaque année, et que les années précédentes, franchement, la communication était très décevante, et nous l'avons évoquée à chaque rentrée, je me suis dit, naïvement, qu'avec les propos de Mme BROSSEL depuis qu?elle est aux responsabilités en matière d'éducation, avec tout ce qu'elle nous envoie à la figure depuis quelques mois, cette communication de la rentrée scolaire que vous nous adressez, Monsieur le Maire, serait le renouveau de l'éducation à Paris et, naïvement, je pensais que nous aurions là une véritable visibilité de votre politique éducative, je pensais que nous allions découvrir vos positions sur un tas de sujets en matière d'éducation, en matière de scolaire, en matière de périscolaire, vraiment, j'y croyais tellement que j'y ai pensé tout l'été. Et puis, votre communication est arrivée. Alors, j'ai ouvert la communication, je me suis dit : "vite, lisons enfin la vérité parisienne sur l'éducation" et j?ai lu, j?ai lu, et au bout de quatre petites pages et demie, je me suis dit : "ce n?est pas possible, il y a une erreur, c'est déjà fini, je ne dois avoir que le résumé de la vraie communication qui va arriver quelques jours plus tard avec un peu plus de quatre pages et demie pour une rentrée scolaire où le changement, cela devait être maintenant". Eh bien non, c'était cela, la communication scolaire du Maire de Paris sur la rentrée, quatre pages et demie qui sont, je dois vous le dire, assez rapidement lues et parcourues, j?ai même eu le temps de la relire trois ou quatre fois, c'est pour vous dire si je n'ai pas été débordé par la lecture. Ce n'est qu?une question de forme, mais le fond était à la hauteur de la forme, Monsieur le Maire. D'abord, il faut voir comment cette communication commence. Sur les effectifs, mon Dieu, on a l'impression que les élèves ont débarqué par centaines de milliers dans les écoles et que l'effort consenti par la Ville a été extraordinaire. Alors, c'est toujours la même chose, la bataille des chiffres, Monsieur le Maire. Quand on compte plus de 600 enfants dans les écoles, si vous ramenez au nombre d'écoles, cela fait un enfant par école. Si vous prenez les collégiens, cela fait cinq élèves par collège. Alors, vous allez me dire, on ne peut pas faire cela en matière de ratio ; évidemment, mais il faut quand même garder toute proportion et rester raisonnable ; ce n'est pas une question de ratio, mais vous admettrez quand même que cela donne un peu l?image des effectifs et de l'évolution de ces effectifs. Vous vous vantez que dans les 1.000 postes créés dans le plan d'urgence de Vincent PEILLON, 15 ont été réservés à l'académie de Paris, 15 ! On avait l'impression qu'on avait gagné la Coupe du monde une nouvelle fois. On a 15 postes sur les 1.000 postes, ce n'est même pas un poste par arrondissement. C'est très loin de la presque centaine de postes d'autres académies. Alors, c'est le verre à moitié plein ou à moitié vite, soit on est très content d?avoir ces 15 postes, et nous nous en réjouissons aussi, après tout, il n?y a pas de raison, ne boudons pas notre plaisir, mais c?est peut-être aussi que l?indicateur n'était pas très bien placé et, Monsieur le Maire, finalement, que l'académie de Paris n'allait pas si mal que cela, comparée à d'autres académies, et moi, Monsieur le Maire, j'ai de la mémoire, et quand je me souviens des propos de votre adjointe sur l'état de l?académie de Paris, des v?ux de la gauche sur les classes qui ferment, sur les effectifs, sur les conditions d'accueil des enfants, et que je me dis qu?avec toute cette masse de revendications, finalement, le plan d'urgence de votre ministre de l?Education en termes politiques mais du ministre de la République et de toute l'Education nationale se résume à 15 postes, Monsieur le Maire, je trouve que, finalement, le Gouvernement précédent et le recteur précédent, dont je salue le travail, la grande rigueur et la grande compétence, ont finalement laissé, Madame BROSSEL, une académie dans un état pas si déplorable que cela. Cela, c'est pour l'introduction.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Non, vous êtes à sept minutes, cher collègue.

M. Jean-Baptiste MENGUY. - J'ai 10 minutes, Monsieur le Maire.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Il en reste trois.

M. Jean-Baptiste MENGUY. - Ne vous inquiétez pas, vu le contenu de la communication, il ne m?en faudra pas plus.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Très bien !

M. Jean-Baptiste MENGUY. - Après, il y a le contenu.

Alors, je m?attendais à des grandes propositions, je m?attendais à une vraie politique prospective, pragmatique. Là encore, j'ai été déçu.

Vous avez remis au goût du jour les quelques travaux que vous avez faits, notamment d'accessibilité, vous nous avez dressé, comme chaque année, le catalogue des dispositifs qui existaient auparavant et que vous ne faites que proroger, je dirai même que vous réécrivez l'histoire des mécanismes de la Ville, puisque vous nous reparlez du million attribué aux collèges les plus défavorisés, alors que cela fait deux ans qu?on le vote, vous en parlez à chaque communication, c'est que vous ne devez vraiment rien avoir d?autre à dire, parce que, encore une fois, on est au courant. Merci, Monsieur le Maire.

Cela manque de fond, cela manque de prospective, il y a des thèmes qui ne sont pas du tout abordés, il n'y a rien en matière de proposition sur l?école et la culture, au-delà des dispositifs qui existent déjà. Il n'y a rien en matière d'éducation et d'international, alors que nous sommes une capitale européenne, rien sur l?éducation - pourquoi pas - avec la Métropole parisienne et le Grand Paris et il n'y a rien, incroyable, sur les professeurs de la Ville de Paris. Ce n'est pas comme s'il y avait un problème avec les professeurs de la Ville de Paris, ce n?est pas comme si vous supprimiez des postes en matière de professeurs de la Ville de Paris ; tiens, vous supprimez des postes en matière de professeurs de la Ville de Paris ? C?est marrant, cela me rappelle quelques-uns de vos propos, Madame BROSSEL, et votre communication de quatre pages et demie sur la rentrée scolaire ne parle pas des professeurs de la Ville de Paris ! "Professeur de la Ville de Paris" ne figure même pas dans votre communication sur la rentrée scolaire ; c?est vous dire, Monsieur le Maire, avec quel mépris permanent, non seulement vous abordez la question des ressources humaines de la Ville, mais, a fortiori, la question des professeurs de la Ville de Paris, qui sont, plus que jamais, abandonnés à leur triste sort. Non, vraiment, Monsieur le Maire, je suis déçu de cette communication qui ne donne rien, aucune perspective, aucune prospective, nous n'avons rien à en tirer, si ce n'est que, décidément, et quelles que soient les majorités nationales, l'éducation n'est pas votre priorité, ne l'a pas été, ne le sera pas. Je l'ai déjà dit, nous sommes aujourd'hui dans une ambiance de fin de règne, de fin de mandat. Il est clair que par cette communication, vous confirmez quelque chose que nous savions déjà : l'école devra se passer de la politique de la Mairie de Paris.

M. LE MAIRE DE PARIS. - "Bravo", disent vos collègues ; je suis tout à fait prêt à comparer la politique en faveur des établissements scolaires que nous menons depuis 2001, et notamment dans cette mandature, avec celle qu'il y avait avant. Je vous confirme, Monsieur MENGUY, malgré toutes vos tentatives pour nous faire sourire, c'était parfois réussi d'ailleurs, la dynamique en faveur de l'école est une priorité jusqu'à la fin de la mandature, comme nous le prouvons par des actes.

Cela vous ennuie que l'on répète que l'on consacre un million d'euros aux collèges, etc. Oui, parce qu'on renouvelle à chaque fois, ce n'est pas "one shot", ce n?est pas une seule fois, c'est en permanence ! Mais cela dit, c'était plutôt sympathique. Madame BRUNO, vous avez la parole.

Mme Catherine BRUNO. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, loin de "l'enjeu de taille" ou de la "hausse substantielle" dont la communication fait état, l'augmentation du nombre d?élèves en cette rentrée 2012 est suffisamment faible pour ne pas altérer le taux d'encadrement dans les écoles parisiennes.

Celui-ci s?est, en effet, amélioré ces 15 derniers années, passant d'une moyenne de 25,40 enfants par classe élémentaire ou maternelle en 1997 à 25,06 enfants en 2011. Le contexte démographique ne se dégrade pas, bien au contraire, et s'accompagne cette année d'un accroissement du budget de l'académie de Paris de près de 10 millions ; c'était sous le Gouvernement précédent, je vous le rappelle. Les conditions semblent donc réunies pour décliner les deux objectifs affichés par cette délibération, à savoir : l'optimisation des conditions d'accueil des élèves et le développement de projets éducatifs ambitieux. Le consensus que suscitent ces deux axes de réflexion se révèle néanmoins éphémère, alors même que vous ne pouvez pas vous empêcher, Monsieur le Maire, de ressasser l'antienne familière d'un précédent Gouvernement fossoyeur d'éducation. Aujourd'hui plus qu?hier et bien moins que demain, voilà quelle pourrait être votre devise, cette ritournelle obsolète qui veut faire passer comme problématiques des mesures rationnelles pour qui n'ignore pas les abysses insondables des finances publiques. Mais laissons à l'avenir le temps des inquiétudes et au présent l?éloge d'une réactivité présidentielle sans faille, ayant conduit à l'adoption cet été d'un plan d'urgence gouvernemental. Ce bricolage estival a notamment consisté à piocher les postes supplémentaires d'enseignants, soit 1.000 emplois de professeurs des écoles, dans le vivier des candidats au concours qui n'ont pas été retenus. Cette méthode de recrutement contestable n'a pas pour avantage de conforter les professeurs en devenir, propulsés dans la classe, alors même que leur sanction à l'examen révélait un besoin de formation plus longue, une nécessaire maturation de leur projet. L'entreprise d'opposition d'une prétendue nouvelle ère de dialogue respectueux à un soliloque despotique révolu sombre ainsi dans la caricature binaire ou le manichéisme idéologique. Le manteau de vertu sied rarement à qui prétend s?en draper.

Comment justifier, en effet, le désengagement financier massif de la Région Ile-de-France, avec, depuis 2009, une division par deux des crédits alloués à la construction de lycées, alors que 32 d?entre eux auraient besoin d'une rénovation à Paris ? Votre rhétorique s'aiguise à mesure que l'inspiration et la verve s'amenuisent, Monsieur le Maire.

Laconique, pour ne pas dire lapidaire, votre communication vante une gestion dynamique du patrimoine scolaire, alors même que le budget des travaux dévolus à l'entretien marque une nette diminution en 2012, passant de 26 à 23,8 millions. La tentation du rabâchage d'une leçon maintes fois prodiguée sacrifie les annonces programmatiques sur l'autel d'un bilan panégyrique de vos réformes, à l'instar de la restauration scolaire.

Quelques nouveautés cependant sont inaugurées, telles que l'emploi fonctionnel de chargé de coordination, dont la définition d'"interlocuteur privilégié des agents spécialisés des maternelles et des agents techniques des écoles" nous fait craindre le gadget. Dans le 15e arrondissement, nous verrons sur place l'expérimentation qui va en être faite. Dans le même temps, les professeurs municipaux de la Ville de Paris, qui ont fait grève très récemment, sont menacés de disparition et font face au gel des embauches, à l'amputation de cinquante postes depuis six ans ou encore à la multiplication des heures supplémentaires en parfaite contradiction avec les dogmes du Gouvernement Ayrault.

A ce titre, le recrutement de 500 assistants de prévention et de sécurité, annoncé par le Ministre de l'Education nationale, ne risque-t-il pas de contribuer à l'instauration d'un arbitre entre les élèves et les adultes, et partant de saper encore davantage l'autorité des professeurs ? Quels seront le champ d'action et la marge de man?uvre de ces assistants qui ne bénéficieront que d'une formation succincte de deux mois ?

Hier encore, vous critiquiez le prétendu manque de formation initiale des nouveaux enseignants, mais aujourd'hui le Gouvernement traduit dans les faits ce qui relevait de l'élucubration et contribue au millefeuilles des dispositifs d'éducation prioritaire.

Scander l'innovation pour plus d'égalité est une initiative louable, mais il n'est nullement certain que votre politique y parvienne à force de mesures pléthoriques et de moyens lacunaires. Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame.

La parole est à M. BRAVO, pour 4 minutes 32.

M. Jacques BRAVO, maire du 9e arrondissement. - Monsieur le Maire, chers collègues.

J'ai envie de dire à M. MENGUY et aux élus de l'opposition, continuez d'être ce que vous montrez ici et vous nous aidez parce que, comme une majorité de Français l'a dit clairement aux mois de mai et juin derniers, j'aime l'éducation quand elle est nationale, quand elle est républicaine, quand elle est citoyenne. Vous ne le comprenez pas.

Comme chaque maire, j'ai fait le portail de toutes mes écoles à la rentrée et j'y ai trouvé un climat d'apaisement. Depuis plusieurs années, nous avions malheureusement pris l'habitude de déplorer à chaque rentrée scolaire une situation de plus en plus dégradée. La politique de casse systématique du service public d'éducation portait ses fruits avec son lot de postes vacants, d'enfants livrés à eux-mêmes, en s'en remettant à la débrouillardise des équipes éducatives dévouées et obligées de parer au plus pressé. Certes, le Gouvernement n'a pas pu en deux mois réparer tous les dégâts causés par les précédentes équipes ministérielles, mais les postes d'enseignants supplémentaires, ainsi que les nombreux assistants d'éducation et de vie scolaire, permettent une rentrée bien plus sereine que les années précédentes : c'est un signal fort envoyé aux parents et aux personnels éducatifs qui montre que le mépris a cessé et que l'Etat fait de nouveau confiance à son éducation, déclarée priorité du Président de la République. Nous devons rester, certes, vigilants car les effectifs sont en hausse et les locaux scolaires sont parfois saturés, mais les services de la Ville, de la Direction des Affaires scolaires en particulier, ont largement anticipé les besoins. De plus, nos relations avec le Rectorat sont redevenues plus constructives, ce qui laisse augurer un partage des tâches plus efficace, la Ville pouvant se concentrer prioritairement sur des missions qui lui incombent. Je veux dire un mot de la réforme nationale des rythmes éducatifs qui offre une formidable opportunité de repenser l'articulation des différents temps scolaires péri et extrascolaire - Monsieur MENGUY, lisez bien les textes, même s'ils sont courts. C'est un défi pour les collectivités territoriales mais aussi un moyen de réinventer notre mode d'action en faveur des enfants, de rendre plus cohérentes toutes nos interventions. L'éducation, c'est bien plus que l'école. Toutes les directions de la Ville ?uvrent directement et indirectement dans la sphère éducative. L'Etat et les collectivités se complètent mais aussi parfois empiètent sur les prérogatives des uns et des autres. Le grand chantier lancé par le Ministre Vincent PEILLON doit être vu comme une chance de mettre en synergie tous nos moyens. Je dirai un mot de l'ambitieux programme de travaux pour préparer l'avenir en concertation avec les arrondissements. Notre responsabilité est d'entretenir et de construire le patrimoine scolaire. Je me réjouis que Colombe BROSSEL et la DASCO, avec son énergique directrice, en lien avec les arrondissements consacrent autant de force et de moyens à développer les écoles et les collèges de demain. Entre 2008 et 2014, ce ne sont pas moins de 800 millions d?euros qui y ont été consacrés.

Je voudrais saluer les nouvelles écoles construites à Paris, comme le groupe scolaire Le Vau dans le 20e entièrement restructuré, ou encore celui du 27 de la rue de Reuilly dans le 12e. L'année passée, c'est l'école de la rue de Clichy dans le 9e arrondissement qui avait ouvert ses portes dans l'ancien hôtel de Wendel. Bientôt ce sera l'école de la rue de Torcy dans le 18e qui verra le jour, tout comme l'annexe du collège André Citroën dans le 15e arrondissement.

Je terminerai par un commentaire sur l'offre éducative élargie dont la culture constitue la pierre angulaire. L'accent est porté sur l'accès à la culture pour tous, une meilleure articulation entre les temps scolaires, périscolaires et extrascolaires.

Le programme "L'art pour grandir" doit être chaudement félicité car il s'étoffe toujours davantage, permettant aux enfants issus des milieux les plus défavorisés de côtoyer les artistes et les institutions culturelles parisiennes, de pratiquer des disciplines artistiques en immersion. Beaucoup d'enfants parisiens ne se sentent pas autorisés à profiter d'une offre culturelle extrêmement riche. C'est aussi notre mission que de changer le regard sur l'art et d'affirmer que chacun, chaque enfant, a droit de s'en emparer avec ses codes et ses moyens propres.

Ce fil rouge culturel, on le retrouve à tous les niveaux d'intervention de la Ville, dans les centres de loisirs, les Ateliers bleus, les collèges où trente résidences d'artistes trouveront place cette année. Il contribue également à un climat apaisé au sein des établissements aidés par de nombreuses initiatives d'Action Collégien et de "Paris Collèges Familles" qui vise à rapprocher les familles et la communauté scolaire.

Cette dernière action interroge les représentations des parents sur l'école et de l'école sur les parents. Elle répond à leurs préoccupations sur la scolarité de leurs enfants et consolide les liens sociaux dans le quartier. C'est par ce type de démarche que l'on rend plus forte l'institution scolaire. Je rejoins en cela l'avis de mon collègue Philippe DUCLOUX.

Chers collègues, quelle plus belle ambition que de refonder l'école en n'oubliant jamais que l'enseignement ne constitue qu'une part de l'éducation. Edgar Morin le disait avec force : "dans une tête bien faite" :

"La réforme de l'enseignement doit conduire à une réforme de la pensée et la réforme de la pensée doit conduire à la réforme de l'enseignement". Monsieur le Maire, vous pouvez compter sur le groupe que je représente pour tenir le cap avec vous et avec votre équipe.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup. Et à présent, Mme Colombe BROSSEL va réagir à ces interventions.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire.

Merci à chacun des intervenants pour leurs interventions constructives et qui permettent ensemble de faire progresser le débat.

Vous avez été un certain nombre à le dire, cette rentrée s'est effectuée dans un climat apaisé. Climat apaisé parce qu'au-delà des mesures qui ont été prises par Vincent PEILLON et par le Gouvernement de Jean-Marc AYRAULT, bien au-delà c'est bien la confiance qui a été rétablie entre notre pays, les Parisiens, ceux qui nous concernent, et l'école, l'école de la République avec l'ensemble des acteurs qui interviennent à l'intérieur ou qui interviennent à ses côtés.

Ce climat apaisé est le signe du respect et le signe de cette confiance. La confiance, cela s'entretient, cela se prouve ; c'est comme les preuves d'amour, il faut qu'elles existent. Effectivement, nous avons à Paris vu arriver des éléments qui nous permettent de retravailler dans un climat de confiance.

Monsieur le Maire, vous le rappeliez dans votre propos, nous avons vu un certain nombre de traces concrètes à la rentrée : ces quinze postes dans le cadre du plan d'urgence, mais également un accompagnement des enfants handicapés qui permet aujourd'hui - je parle sous le regard attentif de Véronique DUBARRY - d'avoir une relation beaucoup plus fluide avec le Rectorat sur le fait que les enfants puissent avoir un A.V.S. ou une A.V.S. à leurs côtés. Mais c'est également l'ensemble des autres postes qui sont arrivés : assistants d'éducation, assistants de prévention et de sécurité. Vous l'avez comme moi lu dans un grand quotidien du soir il y a quelques jours, de nouveau un appel aux listes complémentaires a été effectué pour vingt-trois postes sur l'Académie de Paris. Parce que le nombre de remplaçants avait été dramatiquement réduit, c'est donc un nouvel appel d'air, un nouveau souffle pour l'école à Paris.

Je crois que nous devons compter avec ces traces de confiance, même si nous devons rester vigilants, et nous n'avons pas l'intention de ne pas rester vigilants pour que l'école à Paris soit traitée au regard des besoins et au regard des enfants qui la fréquentent. Alors vous l'avez dit, l'école à Paris, c'est une partie mais il y a également tout ce qui nous revient, à nous collectivité parisienne, dans le cadre de nos compétences.

Les bâtis, eh oui, c'est un véritable défi pour une collectivité comme la nôtre de savoir en permanence s'adapter à la croissance démographique. Je suis fière et heureuse que nous ayons pu faire en sorte qu'aujourd'hui, et dans les années à venir, l'ensemble des enfants puissent être accueillis dans des bâtiments qui leur conviennent et qui nous conviennent. Je remercie en cela l'ensemble des services de la Ville. Ce n'est pas à balayer d'un revers de la main, ce n'est pas à traiter avec ironie : c'est notre compétence première et nous devons l'assurer ; au-delà des grands discours, nous devons agir.

Mais il s'agit aussi, bien entendu, de l'ensemble des sujets que vous avez évoqués sur le projet éducatif.

Ce projet éducatif, nous en sommes comptables, c'est un élément extrêmement important de la réussite éducative des enfants parisiens. C'est ainsi que nous l'avons conçu. C'est ainsi que nous continuerons à le porter. Nous continuerons à développer des ambitions fortes pour que l'ensemble des enfants de la Capitale, mais surtout ceux pour qui ce projet éducatif représente beaucoup, voire tout, puissent s'insérer dans un parcours de réussite éducative. Dans ce cadre-là, nous avons notre place et nous continuerons à la prendre. Bien sûr, vous avez parlé de la culture, de la citoyenneté, vous avez évoqué tous les dispositifs que nous avons mis en ?uvre. Nous continuerons à les promouvoir parce que nous sommes fermement persuadés qu'au-delà de l'école - et je ne reviendrai pas sur ce qu?a dit tout à fait justement Jacques BRAVO -, au-delà de l'école, la Ville a un rôle à jouer dans la réussite éducative des enfants à Paris, et c'est tout notre objectif.

C'est un travail d'ampleur, c'est un travail parfois ingrat parce qu'il ne peut pas être uniquement dans les grandes annonces, mais c'est un travail de fourmi qui permet aujourd'hui à des dizaines de milliers d'enfants de Paris d'être accompagnés dans leurs parcours de réussite éducative, et nous continuerons à porter cette ambition.

Alors, oui, nous continuerons à porter l?ambition qui est la nôtre depuis 2008. Le Maire de Paris tient le même discours depuis 2008. Nous continuerons à centrer tout ce que nous faisons sur les enfants qui en ont le plus besoin.

Nous sommes devant une réalité qui fait que pour un certain nombre d'enfants, s'il n'y avait pas d'intervention de l'école ou de la Ville, c'est leur parcours de réussite éducative qui pourrait être mis à mal.

C'est la raison pour laquelle je le redis ici comme je l?ai déjà dit : oui, j'assume. Nous avons baissé le nombre de classes de découverte, mais oui, j'assume aussi et surtout le fait que le nombre d'écoles en Z.E.P., R.E.P. ou assimilés, soit passé de 40 % à 60 %. Nos dispositifs ne doivent pas rester figés. Le fait de ne pas bouger, l'immobilisme n'est pas en soi une politique éducative.

Par contre, en permanence se réinterroger sur les enfants pour lesquels nous devons travailler, alors oui, c'est le projet éducatif auquel nous travaillons. J'assume le fait qu'aujourd'hui 20 % d'enfants et d?écoles dans les quartiers populaires, dans les quartiers où il y a besoin, puissent partir en classe de découverte. C'est sur eux, c'est avec eux et c'est pour eux que nous voulons travailler et nous continuerons !

Deux mots encore, Monsieur le Maire, d?abord pour parler évidemment de rythmes. Si je pouvais me permettre de formuler un souhait, ne parlons pas de rythmes scolaires, mais parlons de rythmes éducatifs. Notre seul intérêt à nous, élus, est de savoir quel rythme est bon pour les enfants.

Les enfants n'ont pas d'un côté les rythmes scolaires et de l'autre, les rythmes péri et extrascolaires, et les rythmes de vie, de la famille, de leurs copains, du sport : ils ont des rythmes éducatifs.

Le chantier est absolument formidable. C'est un défi, Jacques BRAVO l'a dit, et en même temps c'est un chantier formidable. Il va consister à nous réinterroger dans le cadre national que fixera le Ministre de l'Éducation nationale d'ici quelques jours, quelques semaines. Et alors, évidemment, nous prendrons toute notre part dans le débat. Il s'agit de réinterroger notre projet éducatif au regard du meilleur rythme pour les enfants de Paris. Ce sera un très beau chantier dans lequel chacun et chacune d'entre nous seront appelés à participer pour construire ensemble un projet ambitieux. Je terminerai, Monsieur le Maire, par un dernier mot. Ce projet éducatif ne vit que parce qu'il y a des agents à la Ville de Paris qui le portent.

Et je voudrais ici terminer par cela parce que j'ai entendu, là aussi, des commentaires sur un ton ironique, et voilà, c'est juste pas bien. Ce projet éducatif est porté par des hommes et des femmes qui y mettent beaucoup d'énergie, beaucoup d'engagement, beaucoup de volonté, qui réinventent tous les jours la façon de porter un projet éducatif sur lequel nous avons quelques idées mais ce sont eux qui le supportent et le créent.

Alors, lorsque nous accompagnons l'ensemble des agents de la Ville de Paris qui travaillent avec les enfants dans le cadre de ce projet éducatif, non, ce n?est pas de l?ironie, ce n?est pas du gadget. Pouvoir leur permettre de construire des parcours qui reconnaissent leurs compétences et les déroulés de carrière, c'est aussi un signe de respect vis-à-vis d?eux et un signe de la place importante qu?ils occupent dans le projet politique ambitieux qui est le nôtre.

Mme Maïté ERRECART répondra tout à l'heure sur la question des P.V.P. Je termine vraiment par cela : je ne peux pas laisser dire des choses comme : "on a gelé les postes ; on a fait disparaître des postes".

Non, écoutez, on ouvrira à la rentrée prochaine un concours qui permettra l'embauche de 10 nouveaux professeurs de la Ville de Paris. Je ne crois pas que quand une collectivité s'engage à ouvrir des concours et à recruter du personnel, on puisse avoir des mots aussi forts que "suppression" et "disparition", comme je les ai notés dans vos propos aujourd'hui.

L'ensemble des agents de la Direction des Affaires scolaires, mais également ceux des autres directions sont au c?ur de notre projet éducatif et vraiment, je ne voulais pas terminer sans leur rendre un hommage et leur dire merci au nom de la collectivité.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup d'avoir d'abord mis au clair un certain nombre de faits.

D'ailleurs, je pense qu'il y a quelque chose sur quoi il faudra que l'on revienne parce que peut-être il y a de l'ignorance, c'est ce que nous avons fait en termes de locaux scolaires. C?est considérable, très coûteux et tout à fait justifié. J'ai l'impression que c'est en train d'être ignoré. Deuxième chose, je vous remercie vraiment beaucoup d'y mettre beaucoup de sens, beaucoup de vie. C'est bien la preuve, justement, que c'est une priorité très importante de toute cette équipe. Je vous remercie pour la très grande part que vous y prenez avec toutes celles et tous ceux qui y contribuent dans cette maison. Merci à tous.