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Septembre 2012
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2012 SG 171 - Signature de l'avenant n° 1 au marché relatif à la conception et production déléguée de manifestations sur les berges de la Seine.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2012


 

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Nous poursuivons avec l'examen du projet de délibération SG 171 portant la signature d'un avenant n° 1 au marché d'événements sur les berges de la Seine.

Sont inscrits beaucoup d'entre nous. Je vous inviterai vraiment à respecter vos temps de parole et à les limiter à cinq minutes.

Madame FOURNIER, nous commençons avec vous.

Mme Danielle FOURNIER. - Il s?agit d'un avenant qui s'inscrit dans le calendrier de mise en ?uvre du projet d'animation des berges de Seine et qui prend en compte l'impact de réalisation, le décalage plutôt de réalisation, décalage qui est dû au blocage qui avait été décidé par l'ancien Premier Ministre.

En premier lieu, je voudrais dire combien nous sommes contents de voir que le projet d'aménagement se précise et que les berges soient, selon le terme maintenant employé, rendues aux Parisiens. A terme, ce sont des parcours piétons continus qui s'offriront à tous, Parisiens, Franciliens ou visiteurs, des occasions de promenade et de découverte du fleuve.

Mais nous avons déjà eu l'occasion de dire que nous souhaitons des aménagements légers, qui préservent des espaces de détente et de convivialité, libres de toute programmation. Et il est très important que, dans une ville, me semble-t-il, on puisse marcher et s'arrêter, en respectant le temps de la marche et en privilégiant la liberté des promeneurs.

Nous pensons d'ailleurs que, dans la ville de demain et dans le Paris futur qui se dessine, il doit y avoir des espaces vraiment disponibles comme des respirations. Et il n'y a qu'à voir actuellement, je dirai le succès par exemple des pique-niques familiaux ou amicaux sur les berges, sur le Pont des Arts, pour imaginer qu'il n'y aura pas besoin d'attraction ou d'animation pour que les Parisiens viennent passer tout simplement un moment sur le bord du fleuve.

C'est pourquoi nous réaffirmons que nous souhaitons que la Ville privilégie la simplicité sur une plus grande surface en étendant le projet à des parties des berges non traitées. Nous avons besoin de jeux pour enfants, de terrains de sports, d'espaces pour les piétons, d'espaces distincts de ceux des cyclistes ou des rollers, de bancs, d'aménagement pour s'asseoir ou s'allonger, de pelouses accessibles, et surtout d'espaces libres où chacun pourra à son gré se déplacer ou faire une pause. L'animation, le spectacle, c'est le fleuve qui nous les donne, de jour comme de nuit. Or, la lecture de l'avenant est à ce titre inquiétante par les montants qui sont annoncés, qu'ils soient confirmés ou rectifiés, et qui sont très importants. Les quatre tranches, pour les quatre années de programmation, sont comprises chacune entre 4 et 5 millions d'euros. Alors pourquoi pas des animations, mais nous souhaitons qu'elles restent limitées, simples et essentiellement gratuites, pour que cet aménagement en plein c?ur de Paris soit un lieu de mixité et que les habitants de tous les quartiers puissent s'y donner rendez-vous et en profiter. Cela permettrait de faire jouer à l'espace public un rôle social fédérateur. C'est pour cela que nous nous interrogeons sur la place qui pourra être donnée aux petites associations dans l'animation des berges. Et l'article 4 de l'avenant, qui précise la recherche des mécènes ou des sponsors, et l'objectif de convention de parrainage va semble-t-il dans un tout autre sens. Ainsi, il y a un risque à vouloir installer des activités rentables pour financer le coût de fonctionnement des aménagements réalisés ou simplement le risque d'abandonner les nouveaux espaces créés à la marchandisation. La déambulation commerciale est souvent vide de sens et ne doit pas s'installer sur ces nouveaux espaces. Pour notre part, c'est bien une renaturation que nous souhaitons, la préservation de la biodiversité de ce corridor écologique vraiment exceptionnel que constitue la Seine, avec des animations simples, légères, le plus souvent gratuites et qui laissent place à la liberté.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci. Nous poursuivons avec M. Christophe GIRARD.

M. Christophe GIRARD, maire du 4e arrondissement. - Monsieur le Maire, chers collègues.

Tout d'abord je me félicite que le Premier Ministre, Jean-Marc AYRAULT, tienne compte de la légitimité des élus du Conseil de Paris en autorisant le projet des berges de Seine. En effet, je vous rappelle qu'en janvier 2012 l'ancien Premier Ministre avait bloqué la réalisation de l?aménagement pour la Rive gauche en refusant que les autorisations administratives ne soient instruites ou délivrées, malgré l'avis favorable de la Commission d'enquête publique.

Je tiens ici à rappeler que le projet a été élaboré dans une démarche de concertation et de réflexion globale sur la Seine à Paris et a été unanimement approuvé par l'ensemble de nos partenaires, à savoir la Préfecture de police, M. GAUDIN à l'époque, M. BOUCAULT maintenant, le Préfet de Région, M. CANEPA, l'architecte des Bâtiments de France, l'établissement public "Ports de Paris" ainsi que "Paris Métropole".

En effet, l'ensemble des acteurs s'est accordé sur la nécessité de rendre ce site, classé au patrimoine mondial de l'Unesco, aux Parisiens et d'en faire un lieu de vie partagé et civilisé.

Auparavant livrées à la pollution sonore, visuelle et atmosphérique sur la Rive gauche, les berges de la Seine combineront désormais des interventions pérennes et une programmation de manifestations ponctuelles, articulées autour de la culture, du sport et de la nature.

Deux modes d'utilisation des lieux seront donc créés :

1 - le libre accès des installations du site et leur appropriation progressive par les usagers. La promenade au bord du fleuve sera notamment rythmée par la pose d?éléments modulaires et adaptés aux usages, notamment sportifs.

2 - l'utilisation du site à travers la culture, la nature et le sport, évoluant au fil des saisons et selon un rythme hebdomadaire, cette programmation sera élaborée sur la base d'une "coopérative" d'idées où l'ensemble de la société parisienne et métropolitaine (associations, institutions, etc.) est invité à participer.

Ce type de fonctionnement favorisera ainsi la richesse des projets, la diversité des publics et le développement des pratiques amateurs, en lien avec nos Maisons des Pratiques Artistiques Amateurs en particulier. Les enfants et le lien intergénérationnel constitueront par ailleurs un point d?entrée majeur pour le choix des futures animations.

En association avec Didier FUSILLIER, connu pour son travail comme directeur de Lille 3000, le cabinet d'architecture Franklin Azzi et le bureau paysagiste Bas Smets, le groupement Artevia va investir cette nouvelle promenade piétonne de 2,3 kilomètres, qui s'ouvrira au public au printemps 2013.

Compte tenu du retard pris à cause des obstacles politiques, les conditions d'exécution de la mission d?Artevia sont modifiées. Dès lors, la prise en compte du nouveau calendrier et le réexamen des dépenses correspondantes exigent la conclusion d'un avenant. Cet avenant offre en outre l'opportunité de préciser et de compléter certaines clauses relatives aux modalités d'intervention sur le site d'Artevia et des opérateurs qu'elle proposera.

Pour tenir compte du décalage de la livraison et de l'ouverture du site de la Rive gauche au printemps 2013, les parties sont convenues d'une prolongation de sept mois de la tranche ferme. Cet allongement permet la conception et la validation de la première programmation et sa mise en ?uvre sur un mois et demi dans le cadre de la tranche ferme au printemps 2013. Cet allongement implique également le décalage du calendrier de réalisation des prestations des 3 tranches conditionnelles dont les durées restent inchangées, soit un an chacune.

De plus, compte tenu du nouveau calendrier, la tranche ferme du marché est réexaminée avec une diminution de près de -485.477 euros H.T. Cela correspond à une minoration de -11,9 % par rapport à son montant initial (4.082.862 euros H. T.), en raison de la diminution du nombre de jours de programmation sur cette tranche. Les montants des tranches conditionnelles 2, 3 et 4 restent inchangés.

Mes chers collègues, l'animation des berges participe du projet d'intérêt général d'aménagement du site et des futurs enjeux métropolitains. Plus largement, ces activités proposées profiteront au plus grand nombre et permettront aux Parisiens de profiter des espaces en bord de fleuve pour la promenade et la contemplation d'un site exceptionnel, là où certains préfèrent la voiture, les camions et les 4x4 à ses habitants.

Aux passionnés d'architecture et d'urbanisme, je recommande les archives de deux génies français, Charlotte Perriand et Fernand Léger qui avaient de beaux projets audacieux pour les berges de Seine.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci, Monsieur le Maire.

Nous poursuivons, la parole est donc à M. Yves POZZO di BORGO.

M. Yves POZZO di BORGO. - Monsieur le Maire, mes chers collègues.

Nous avons plusieurs projets de délibération qui se rapportent à votre projet de réaménagement des berges de Seine et je souhaite revenir sur quelques points, en particulier concernant la Rive gauche.

J'ai écrit récemment au Premier Ministre ainsi qu?à vous-même, Monsieur le Maire, pour connaître les éléments nouveaux et les études complémentaires que vous lui auriez communiqués et qui l?ont amené à considérer dès le 10 juillet que les réserves émises par son prédécesseur pouvaient être enterrées.

L'impact de la fermeture totale à la circulation des quais bas Rive gauche exigeait une expertise approfondie et des éléments précis, c'était d'ailleurs une demande de la Région et de nombreux élus locaux, ainsi qu?une recommandation du commissaire enquêteur. C'est sur cette base que l'ancien Premier Ministre, François FILLON, avait fondé sa décision de suspendre la poursuite du réaménagement de la Rive gauche. Je m'interroge sur les données complémentaires objectives que le nouveau Premier Ministre en fonction aurait pu apprécier à la date du 10 juillet pour autoriser la poursuite des travaux Rive gauche. Elles n'ont pas été communiquées aux élus du Conseil de Paris et manquent à notre connaissance. Les risques de report de circulation sur la Rive gauche sont pourtant préoccupants. Je sais bien, Monsieur GIRARD, vous êtes maire du 4e arrondissement, vous restez peut-être tout le temps dans votre mairie, mais est-ce que vous étiez à Paris entre la fin du mois d'août et le 20 septembre ?

M. Christophe GIRARD, maire du 4e arrondissement. - Oui.

M. Yves POZZO di BORGO. - Avez-vous pris en voiture les quais entre le boulevard Saint-Michel et le début du boulevard Saint-Germain devant l'Assemblée nationale ?

M. Christophe GIRARD, maire du 4e arrondissement. - Oui.

M. Yves POZZO di BORGO. - Alors vous avez dû passer des heures entières à attendre que cela circule.

M. Christophe GIRARD, maire du 4e arrondissement. - Non.

M. Yves POZZO di BORGO. - Arrêtez de dire des bêtises, il y avait des travaux et on ne circulait pas, alors imaginez ce que cela sera quand il y aura la fermeture des quais Rive gauche ! Monsieur, ne dites pas des bêtises, parce que vraiment je l'ai pris plusieurs fois, c?était infernal, avec l'augmentation de la pollution et vous verrez que c'est un problème important.

Mais c'est sur les équipements prévus que je voudrais revenir, dont l'animation est confiée à l'agence "Artevia". Ils montrent bien que nous sommes loin du caractère environnemental et culturel avec lequel le projet a été vendu et je rejoins d'ailleurs Mme FOURNIER là-dessus : il faut des espaces de réflexion, même si je considère que ces espaces de réflexion ne doivent pas être là parce qu'on a des problèmes de circulation, quand ce sera réglé peut-être. Car en réalité, ce qui est prévu, c?est avant tout un nouvel espace événementiel et commercial, avec restaurant à la mode et guinguettes branchées sur les péniches. Le seul élément culturel sous le pont Alexandre-III, qui était animé par l?association "Les Gardiens du Pont", sera d'ailleurs remplacé par un restaurant "concept store". Autour de ces concessions, à charge pour l'agence "Artevia" d'assurer la mise en scène et la programmation "marketing", les équipements sportifs n'auront qu'un caractère accessoire. Accessoire, ce qui définit bien ce projet d'aménagement de la Rive gauche.

Dans un contexte économique qui réclame d'optimiser les conditions de la croissance, qui réclame de favoriser l'ouverture et la fluidité de la métropole, dans une logique de Grand Paris, vous privilégiez l'organisation des festivités. Le quotidien des Parisiens et l'ambition d'une grande capitale ne peuvent pas se résumer à cette aspiration.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci, Monsieur le Président. La parole est à M. Michel DUMONT.

M. Michel DUMONT. - Merci, Monsieur le Maire.

Monsieur le Maire, vous continuez d'avancer à pas feutrés sur ce dossier des voies sur berges Rive gauche : dépôt de délibérations, retrait de certaines, il en reste effectivement deux inscrites à notre séance, dont celle relative à la signature de cet avenant au marché relatif à la conception et production déléguée de manifestations sur les berges de la Seine. Le mot "rive gauche" d'ailleurs a sauté, probablement pour mieux nous endormir. J'évoquais le fait que vous continuez à avancer à pas feutrés puisque, au jour d'aujourd'hui, comme vient de le rappeler notre collègue Yves POZZO di BORGO, notre Conseil n?a pas été honoré d?une réponse de votre part sur les réserves qui avaient été exprimées par le commissaire enquêteur sur la fermeture de la voie sur berges Rive gauche et qui avaient effectivement conduit le Premier Ministre à l'époque, François FILLON, à donner un avis négatif en l'état de ce projet.

Le nouveau Premier Ministre Jean-Marc AYRAULT s'est cru autorisé à lever cet avis négatif, malgré l'absence de réponse de la Mairie de Paris, mais peut-être le Maire de Paris lui a-t-il donné directement les éléments de réponse, nous serions effectivement heureux de les connaître. De même, je crois que le nouveau Préfet de police est revenu sans explication sur les réserves de son prédécesseur sur la maîtrise de la circulation automobile au c?ur de la Capitale.

Tout ceci, d'ailleurs, s'accompagne du constat de travaux de voirie sur les quais hauts, qui sont réalisés sans aucun panneau d'information ; là aussi, je suppose, pour mieux endormir les élus et la population. Je note effectivement que notre collègue Christophe GIRARD ne voit aucun inconvénient à exposer les habitants des quais hauts aux nuisances supplémentaires que vont générer les reports de circulation du quai bas sur les quais hauts. Faisant fi de toutes ces questions de fond, vous nous présentez ce projet qui n'est effectivement pas une reconquête environnementale mais une opération commerciale qui ne veut pas dire son nom. Ne croyez-vous pas qu?en ces temps de crise, en ces temps critiques pour l'activité économique, il serait plus judicieux de suspendre ce projet et de redéployer les quelque 14 millions d'euros affectés à ces manifestations jusqu'en octobre 2015, en soutien au développement économique de notre ville ? Il est encore temps de faire triompher le bon sens. Nous l'espérons. En toute hypothèse, nous voterons contre votre projet.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci.

Nous terminons avec Mme Laurence DOUVIN.

Mme Laurence DOUVIN. - Merci, Monsieur le Maire.

Je souhaiterais à mon tour, au sujet de cette délibération qui porte sur les aménagements et les futures animations sur les berges de la rive gauche, revenir sur une problématique qui demeure en matière de circulation et de pollution. Et je voudrais aussi rappeler que l'avis du commissaire-enquêteur était assorti bel et bien de réserves dont la nécessité de disposer d'outils nécessaires à évaluer et à maîtriser la circulation dans la Capitale.

Or, nous n'avons disposé depuis d'aucun plan ni d'aucune réponse, ni de la Ville ni de la Préfecture de police, nous permettant de savoir comment sont traités les reports.

Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que ces demandes restent sans réponse. Chaque fois qu'il y a un grand projet d'aménagement de la Ville et que ce grand projet modifie profondément la population - place de la République, par exemple, ou en ce qui concerne l'accès à la gare du Nord par le boulevard Magenta aussi -, nous demandons comment seront traités les reports. Nous n'avons jamais de réponse, si ce n'est : "Il n'y a aucun problème puisque le trafic automobile va diminuer."

Réponse légère, s?il en fut, et réponse qui traite aussi par le mépris les nuisances qui sont générées par les encombrements engendrés et la pollution qui en résulte.

Je voudrais prendre pour exemple maintenant le cas rive droite au niveau des quais hauts devant le Louvre, depuis que la voie sur berge n'est plus accessible depuis la place de la Concorde et je voudrais porter à la connaissance des membres de notre assemblée que les comptages favorables dont s'est prévalu le Maire de Paris lors de l'inauguration de la voie sur berge rive droite ont été réalisés sur une période de rentrée de cinq jours, durant laquelle selon le témoignage des organisations de taxis, qui sont quand même les meilleurs observateurs de la circulation parisienne, et pour cause puisqu'ils sont à longueur de journée au milieu de cette circulation, la circulation a été exceptionnellement basse.

Revenons, si vous le voulez bien à la rive gauche, qui représente un trafic de 3.600 voitures par heure, dont les deux tiers empruntent la voie sur berge. Les quais hauts ne peuvent absorber que 2.200 véhicules par heure. Il en reste donc 1.200 ! Qui vont se reporter où ? Eh bien, nous ne savons pas. Aucune esquisse, aucune explication n'a été clairement fournie.

La commission d'enquête avait une autre recommandation qui concernait l'offre alternative de report en matière de transport collectif. D'ailleurs, c'est bien une des conditions que le Maire de Paris avait posées lors de la première explication de son projet d'aménagement.

Malheureusement, tout ceci n'a pas tenu et, lors de l'inauguration, le Maire de Paris nous a parlé du T3.

Comparer le T3 Ivry, porte de la Chapelle, même porte d?Asnières, au trajet de la voie sur berge Est-Ouest, là, il faudrait m'expliquer parce que je ne comprends pas. Quant au Préfet de police, il annonçait, lui, dans un courrier adressé à Jean-François LAMOUR, que la concertation avec l'ensemble des acteurs du transport collectif se poursuivrait et que le temps de transport des lignes de bus ferait l'objet d'un suivi. Quand je me réfère aux propos du président de la R.A.T.P., lui disait que 50 % des lignes de bus parisiennes, soit 30 lignes, seraient affectées. Ceci est lourd de conséquence. La réponse du Préfet de police me semble plutôt évasive. Tous les problèmes semblent avoir été résolus par la baguette magique de M. AYRAULT cet été. Nous voudrions quand même savoir comment ces différents points seront traités et c?est pour cela que j?espérais avoir également la présence du représentant du Préfet de police pour avoir, en plus de Mme HIDALGO, un certain nombre de réponses à ces questions. Enfin, en ce qui concerne les animations, il nous est proposé de donner une sorte de blanc-seing à l'association. Je ne trouve pas, dans les explications, les précisions que demanderaient les interrogations que notre assemblée pourrait avoir sur la teneur de ces animations qui sont, comme l'ont dit d'autres orateurs, très largement commerciales. Il reste donc bien des questions sans réponse sur ce dossier et je le regrette infiniment. Je vous remercie de votre attention.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci.

Pour éclairer votre lanterne, la parole est à Mme Anne HIDALGO.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe. - Avec grand plaisir !

D'abord, peut-être rappeler quelques éléments à nos collègues de l'opposition, dont j'ai compris qu'ils étaient contre un projet auquel nous sommes favorables.

Jusque-là, rien n'a beaucoup varié !

Mais, je voudrais leur rappeler que, lorsque l'ancien Premier Ministre M. FILLON, pour des raisons, disons-le, strictement politiciennes, le jour de son investiture aux législatives à Paris décide, contre l'avis de toutes les administrations d'Etat qui ont travaillé sur ce projet, qui ont accompagné ce projet, qu?il s?agisse du Préfet de police - souvenez-vous des propos du Préfet de police lors de la dernière délibération, de l'ancien Préfet de police sur cette délibération lors de notre dernier débat -, le Port de Paris, toutes les administrations, Voies Navigables de France ont donné leur avis favorable sur un projet dans lequel elles ont trouvé leur place et qui correspondait, en tous les cas, à leur souhait d'accompagner la volonté de la Ville d'aménager des espaces magnifiques pour les reconquérir sur la voiture.

Et la décision du Premier ministre de l'époque avait beaucoup surpris, parce qu'on s'est posé la question d'ailleurs : sur quoi était-elle fondée juridiquement ? Etait-ce parce que c'était le chef des administrations qu?il pouvait tout d'un coup interdire aux administrations de poursuivre leur travail avec la Ville ? Nous avons décidé d'attendre patiemment une nouvelle donne politique au niveau national pour pouvoir reprendre un dialogue et un dialogue respectueux du rôle des élus locaux que nous sommes.

Ce qui fut fait.

Nous avons donc repris ce dialogue fructueux et, effectivement, le Premier Ministre Jean-Marc AYRAULT a considéré que l'ensemble des documents dont nous disposions - l'avis du Préfet de police de l'époque et l'avis des administrations qui avaient été sollicitées - correspondaient aux informations nécessaires pour pouvoir accompagner la Ville.

Donc, les réserves avaient été levées avant que l'ancien Premier ministre ne décide de bloquer notre projet.

Deuxièmement, quand même, je vais vous rafraîchir un tout petit peu la mémoire ! Cet été, le tribunal administratif de Paris a rejeté, le 10 août 2012 - c?est vrai que beaucoup d'entre nous étaient en vacances ; moi-même, d'ailleurs, j'y étais !-, une requête présentée le 11 juillet par plusieurs associations et particuliers demandant la suspension des délibérations votées au Conseil de Paris déclarant d'intérêt général l'opération d'aménagement des berges. Dans le recours, il y avait tout un argumentaire sur le fait que les informations ne seraient pas suffisantes.

Eh bien, le tribunal administratif a donné un avis favorable à la poursuite de l'opération, c'est-à-dire qu'il a soutenu la Ville, et il a estimé que l'étude d'impact du projet, je vous le dis, reportez-vous à ce jugement, a bien été réalisée de façon impartiale, en analysant bien les conséquences du projet sur la circulation routière et sur les différents risques induits, son impact sur le site et sur son harmonie, ainsi que sur la vie économique francilienne. Le tribunal administratif a jugé qu'aucun des moyens invoqués par les requérants n'était de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité des délibérations attaquées, donc le jugement a reconnu la qualité du travail fourni par la Ville avec les autorités publiques qui l'ont accompagnée.

C'est quand même un élément de réalité des faits que je voulais rappeler.

En ce qui concerne les critiques que vous portez sur la dynamique économique de Paris, on s'intéresserait à la fête et pas à l'économie ! Dans les jours qui viennent, nous allons inaugurer, d?ailleurs dans le 7e arrondissement, une plateforme qui va permettre de décharger des marchandises qui vont ensuite être acheminées vers des commerces de proximité, parce que nous voulons développer, et cela en accord avec le Port de Paris, le fret sur la Seine, et que nous voulons effectivement que la Seine serve beaucoup plus au transport de marchandises et à la dynamique économique de Paris.

C'est un exemple que je vous donne parmi d'autres.

Vous avez critiqué, les uns et les autres, et je remercie Christophe GIRARD d'avoir très bien présenté, de façon détaillée, l'ensemble du projet qui est le nôtre, vous avez critiqué les animations possibles en parlant de marketing et d'opération commerciale.

Je ne vois pas ce qui vous permet de déduire qu'il y aurait des opérations de marketing et des opérations commerciales, puisque toutes les animations sur les quais seront gratuites. En tous les cas, c?est dans ce cadre que l'on s'est inscrit avec l'équipe Artevia, qui a été retenue pour les animations.

Par ailleurs, je tiens à dire que la nécessité d'avoir des espaces libres de promenade, des espaces pour les enfants, des espaces pour le sport, c'est justement, chère Danielle FOURNIER, le projet qui est le nôtre. Donc on devrait s'y retrouver. Je suis sûre que vous serez ravie au moment de l'innovation parce que franchement, c'est exactement ce que l'on essaie de développer.

Ce sera un espace partagé, partagé par tous les Parisiens, mais bien sûr par les amoureux de Paris.

Un espace intergénérationnel et un espace dans lequel on va préserver, bien entendu, les lieux qui sont simplement des lieux où on peut s'asseoir, rêver le nez au vent et regarder la Seine.

Dans la proposition d'animation, dans le projet d'aménagement, nous avons, d'ailleurs, de ce point de vue, travaillé sur la légèreté des équipements, la réversibilité des équipements qui seront installés. Vous verrez que, loin d'être dénaturé cet espace va devenir un véritable espace de promenade, de respiration pour les Parisiens, qui sera très puissant dans la Ville.

Il va transformer en profondeur le rapport à la Ville et le rapport au fleuve. Même si vous ne me croyez pas sur parole, je pense que vous serez convaincus lorsque vous verrez ces animations se développer.

Je voudrais juste conclure. Oui, Mme DOUVIN a parlé de la rive droite. Vous savez, on suit attentivement avec la Préfecture de police et nos services, la DVD, les comptages de circulation.

Ce qui remonte, c?est qu'il y a quand même une fluidité retrouvée à certains endroits.

Par exemple, je n'ai pas encore rencontré un automobiliste - pourtant, hostiles, j'en ai rencontrés - qui ne me dise pas : "Ah mais quand même, à la Concorde, cela roule beaucoup mieux parce que justement, le fait d?empêcher une espèce d'entonnoir dans lequel les voitures arrivaient de façon complètement désordonnée pour entrer dans le tunnel, le fait d?avoir mis de l?ordre à cet endroit permet une fluidité meilleure dans l'accès aux quais sur la rive droite".

Et si le Maire de Paris a donné l'exemple du T3 pour éclairer la lanterne de Mme DOUVIN, c'est parce que lorsque?

Non, non ! Peut-être qu'elle ne le sera jamais, je suis désolée, mais en tous les cas, lorsque nous avions lancé la première tranche de l'opération tramway dans la première mandature, je me souviens de la polémique très vive qui avait eu lieu dans la presse sur le fait que nous aurions dû choisir un tracé sur la petite ceinture.

Regardez, si on avait choisi le tracé sur la petite ceinture, on n'aurait pas parlé des aménagements sur la petite ceinture que l'on a évoqués tout à l'heure.

Le fait que nous ayons fait ce choix-là avait soulevé beaucoup de polémiques et après, effectivement, beaucoup des habitants de ces quartiers sont venus nous dire que nous avions eu raison de persévérer et d'aller au-delà de ces polémiques pour permettre ce renouvellement urbain qu'offre le T3. Là, il en est de même. C'est un projet d'écologie urbaine, c'est un projet dans lequel le corridor écologique qu'est la Seine est non seulement préservé mais mis en valeur. Il va y avoir des îles - c'est une des délibérations - de petites îles sur lesquelles nous allons pouvoir nous promener dans des jardins. Tout cela a été notamment fait avec Fabienne GIBOUDEAUX et les services de la DEVE, dans une coopération vraiment remarquable avec l'équipe d'Artevia.

Il est peut-être difficile d'imaginer la révolution urbaine que vont entraîner ces aménagements, mais je ne doute pas de convaincre même M. POZZO di BORGO le jour de l'inauguration. Je ne doute pas d'arriver à le convaincre que ce que nous faisons là, il fallait le faire pour que notre ville respire et que notre ville soit vraiment dans cette civilisation urbaine que nous appelons de nos v?ux et qui considère la voiture comme un moyen de transport, mais comme un moyen qui doit plutôt laisser place aux modes alternatifs que sont les transports publics, la marche, Autolib?, Vélib', bref, tout ce qui peut permettre aussi à notre ville de respirer. Je vous remercie.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci beaucoup et donc, rendez-vous pour l'inauguration autour de vous et du maire.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération SG 171.

Qui est pour ? Contre ?

Nos collègues du groupe U.M.P.P.A. et du groupe U.D.I. Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2012, SG 171).