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Septembre 2012
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2012 DICOM 27 - Conventions de parrainage "Paris Plages 2012" (Franprix ; ATOOVA ; My Note Déco ; l'Ambassade de France en Grande-Bretagne).

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2012


 

Mme Fabienne GIBOUDEAUX, adjointe, présidente. - Nous passons maintenant en 9e Commission et nous examinons le projet de délibération DICOM 27 concernant la convention de parrainage "Paris Plages 2012". Je donne la parole à Mme Danielle FOURNIER.

Mme Danielle FOURNIER. - Merci.

Nous nous réjouissons du succès jamais démenti de "Paris Plages", qui offre pendant un mois, comme indiqué dans les documents qui sont joints à la délibération, des activités culturelles et sportives sur les espaces provisoirement libérés de la voiture pendant un mois, pendant l'été.

Nous avons eu l'occasion d'intervenir cet été publiquement sur l'une des animations qui a eu lieu début août, pour faire part de nos très grandes réserves sur l'invitation faite ou l'autorisation donnée à l'entreprise McDonald?s d'installer un McDo Kids Sport dans le cadre de Paris Plages, du 1er au 4 août 2012, sous prétexte d'initier gratuitement à cinq sports olympiques. En fait, je dois dire que nous avons été choqués par cette installation sur "Paris Plages".

Le prétexte donné était que McDonald?s souhaitait donner au plus grand nombre l'envie de pratiquer une activité sportive en présentant, je cite, n'ayons pas peur des mots, "un véritable petit village olympique qui attend vos candidats au sport".

Pour notre part, nous, les élus écologistes, nous trouvons que cette initiative est particulièrement malvenue et regrettable. Il nous est apparu totalement incompréhensible que pour proposer des activités sportives aux jeunes parisiens, la municipalité parisienne s?associe à une entreprise qui est depuis longtemps le symbole de la malbouffe et qui est reconnue par de nombreux spécialistes comme responsable de problèmes de santé et d'obésité, entre autres. Comme McDonald?s n'est pas cité dans le cadre des parrains de "Paris Plages" qui sont mentionnés dans cette délibération, et dont le choix est soumis au vote des élus, même si c'est a posteriori, nous nous interrogeons et nous vous interrogeons sur le type de partenariat qui a été mis en place à cette occasion : est-ce du parrainage, du sponsoring, pourquoi McDo ne figure pas dans cette délibération ? Nous souhaitons avoir une réponse claire à ce sujet, parce qu?il est quand même dommage d'envoyer des messages contradictoires aux citoyens : d'un côté, promouvoir les fruits, comme le fait l'un des partenaires mentionnés dans la délibération, et d'un autre donner un espace au géant de la restauration rapide ; il nous semble qu'il faut choisir et qu'il serait bon pour tout le monde de promouvoir, pendant cette opération, ou cette animation plus exactement, ce temps de détente, d'autres formes de consommation, et je voudrais citer comme exemple ce qui a été fait l'avant-dernier week-end, lors du festival "We love green" qui s?est tenu à Longchamp dans une approche écoresponsable du festival et de l'espace public.

Mme Fabienne GIBOUDEAUX, adjointe, présidente. - Je donne la parole à M. Bruno JULLIARD pour apporter des réponses à vos questions.

M. Bruno JULLIARD, adjoint. - Merci, Madame la Maire et merci à Mme Danielle FOURNIER pour cette question, qui me permet, d'abord, de souligner à nouveau le succès croissant de l'opération "Paris Plages" d'année en année, qui ne se dément pas, environ 5 millions de visiteurs par édition, sans parler de l'attractivité et de la visibilité pour la Ville de Paris que permet "Paris Plages", au-delà du fait que, bien évidemment, "Paris Plages" permet à de nombreux jeunes et nombreuses familles qui ne partent pas en vacances l'été de profiter pendant un mois des services et des activités gratuites, culturelles, de loisirs ou sportives.

"Paris Plages", c?est 1,5 million d'euros de budget, dont, en effet, 1 million d'euros de partenariats, par une aide financière ou par un don en nature.

Alors, votre question me permet d'abord de dire un mot sur la question du mécénat ou des partenariats pour des événements publics ou pour des activités culturelles avec des entreprises privées.

Je pense que nous serons, d'abord, d'accord sur le constat qu?aujourd'hui, l'argent se fait rare, y compris dans le domaine culturel. Dès lors que ces partenariats remplissent un certain nombre de conditions, le mécénat, non seulement m'apparaît acceptable, mais je pense qu'il peut même être promu, s'il remplit d'abord une condition quant au caractère satisfaisant des valeurs qu'il est en capacité de défendre ; je reconnais, dès lors, qu?un partenariat avec McDo n'est pas le meilleur signal que la Ville de Paris peut mettre en avant, qu'il s'agisse d'ailleurs de la malbouffe ou même d'un partenariat global avec cette entreprise, même si j'ai noté par diverses campagnes de communication que cette multinationale souhaitait faire des efforts, y compris sur la question de la nutrition, mais il faudrait probablement vérifier la réalité de ces efforts.

La seconde condition du mécénat ou des partenariats public-privé dans le domaine culturel est, évidemment, le respect strict de l?indépendance des artistes et des créateurs, et il y a, de ce point de vue, dans l'ensemble des partenariats public-privé, un respect très strict de cette autonomie et de cette indépendance.

Si ces deux conditions sont remplies, alors je pense qu?il existe des marges de man?uvre par ce mécénat et par ces partenariats pour financer un certain nombre d'événements.

Concernant plus particulièrement votre question, je pense, en effet, que, dès lors qu'il s'agit de "Paris Plages" ou d'autres événements, nous devons porter à la connaissance des élus et, globalement, de l'ensemble des citoyens, la totalité des partenariats privés qui peuvent être mis en place, et je souhaite que ce soit le cas pour les années qui viennent, et tant la DICOM que la Direction des Affaires culturelles devront, en effet, répondre à cette demande et, en tout cas, ce sera le cas pour la prochaine édition de "Paris Plages", même si des partenariats peuvent être noués après l'adoption de la délibération, mais vous devrez, bien évidemment, en être informés.

Enfin, je me permettrai de conclure, puisque vous citez le festival "We love green", qui est effectivement un excellent festival, un peu alternatif, qui promeut des valeurs que nous défendons, notamment en termes d'environnement et d'écologie, mais, en même temps, le principal partenaire de "We love green" est Kronenbourg, qui n'est pas non plus un vecteur essentiel des valeurs que nous souhaitons promouvoir. Comme quoi tout le monde peut s'améliorer !

Mme Fabienne GIBOUDEAUX, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur JULLIARD. Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DICOM 27.

Qui est pour ? Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté à l'unanimité. (2012, DICOM 27).