Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Juillet 2004
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
> Type de document (Débat / Délibération)  

16 - V - Question d'actualité posée par Mme Françoise FORETTE, au nom du groupe U.M.P. à M. le Maire de Paris sur la canicule

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2004


M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons à l'examen de la dernière question d'actualité posée par le groupe U.M.P. sur la canicule.
La parole est à Mme FORETTE.
Mme Françoise FORETTE. - Nous nous souvenons tous de la canicule de l'année dernière qui a entraîné un désastre sanitaire sans précédent auquel nous avons beaucoup réfléchi depuis un an.
Un plan canicule national a été annoncé par les Ministres concernés, le 5 mai dernier et il est publié sous la forme d'un rapport qui est à la disposition de tous.
Ce plan a permis de rationaliser le rôle et la collaboration des différents services de l'Etat et il a prévu un système d'alerte météorologique, une procédure de vigilance si un danger menace un ou plusieurs départements, un réseau de surveillance basé sur les données sanitaires, en lien avec la DHOS, la DGS et l'INVS et la remontée informatisée des services d'urgence de vingt établissements publics de santé.
Ce plan est un plan en quatre niveaux, qui mobilise immédiatement les Préfets de Département et tous les services de l'Etat, la DRASS, les ARH, etc.
Un chapitre important de ce rapport intéresse les personnes âgées fragiles, qu'il s'agisse de personnes âgées, de personnes handicapées ou de personnes sans abri. Le vrai problème reste le repérage de ces personnes à risque, c'est-à-dire les personnes isolées non prises en charge par le système médico-social. On sait qu'environ 250.000 personnes de plus de 70 ans vivent à Paris et on estime à environ 45 ou 50.000 les personnes atteintes de perte d'autonomie physique ou psychique. Deux tiers d'entre elles vivent à leur domicile.
L'annexe 12 du Plan canicule national est consacrée à cette question. Il est clair que la personne la plus appropriée pour mettre en ?uvre ce repérage est le maire de la commune. L'identification doit être faite par tous les moyens à sa disposition dans le respect bien sûr de l'autonomie des personnes et de leur désir d'intimité.
L'organisation de ce système peut reposer bien sûr sur les personnels médico-sociaux, les bénévoles organisés, les gardiens d'immeuble, le voisinage, les retraités, les jeunes volontaires, la police de proximité ou tout autre personnel rendu disponible à cet effet. Je pense que l'on peut compter sur la solidarité nationale, à condition de l'organiser.
Nous aimerions savoir ce qui a été fait pour repérer ces personnes fragiles qui ne sont pas, à l'heure actuelle, dans un fichier. On sait que les fichiers sont difficiles à établir, nous n'en doutons pas. Le numéro vert n'a probablement pas donné les résultats escomptés parce que ces numéros verts ne sont pas adaptés à la culture des personnes âgées. Ce sont les personnes jeunes qui téléphonent aux numéros verts. De plus, les personnes qui répondent à ce numéro vert n'ont probablement pas reçu la formation suffisante car j'ai reçu des lettres de personnes âgées me disant qu'on les avait prévenues que si elles ne répondaient pas, on enfonçait la porte. Les personnes âgées ont bien sûr répondu qu'elles ne voulaient pas que leur porte soit enfoncée et qu'elles retiraient donc leur nom de la liste du numéro vert. Il y a un problème psychologique.
Je voudrais savoir ce que vous faites, Monsieur le Maire, pour ce repérage des personnes non repérées auparavant par le système médico-social.
(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame.
La parole est à Mme Danièle HOFFMAN-RISPAL.
Mme Danièle HOFFMAN-RISPAL, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire.
Madame FORETTE, j'ai lu comme vous le rapport du Gouvernement sur le Plan canicule à ceci près que lorsque le rapport est paru, la loi concernant ce problème n'était pas encore votée. Nous n'avons d'ailleurs pas les décrets aujourd'hui et la loi dit effectivement que le Maire doit, dans la mesure du possible, repérer les personnes âgées les plus fragiles ou les plus vulnérables, à condition qu'elles ne s'y opposent pas.
Mme Françoise FORETTE. - Tout à fait.
Mme Danièle HOFFMAN-RISPAL, adjointe. - C'est un point essentiel car si elles ne doivent pas s'y opposer, encore faut-il qu'elles soient d'accord. C'est une difficulté pour tous les maires, partout en France. En effet, comment repérer des personnes qui, parfois, peuvent être de surcroît atteintes d'une maladie neuro-dégénératrice alors qu'on leur demande de ne pas s'y opposer ?
C'est aussi un problème du libre choix de la personne âgée et c'est une vraie question.
Cependant, vous avez raison de dire qu'il n'est pas pour le moment dans la culture des personnes âgées de se faire recenser autant que nous l'avons souhaité. C'est la raison pour laquelle nous continuons à communiquer avec les médias pour nous aider puisque France Inter ou France 2 ont relayé notre information ces derniers jours. Mais je crois pouvoir dire que nous sommes la seule ville de France à s'être engagée dans un tel dispositif. Marseille a envoyé 4.000 lettres pour 175.000 personnes âgées. Nous avons envoyé 180.000 exemplaires de cette brochure et je précise qu'elle nous est aujourd'hui réclamée par toute la France. J'en profite d'ailleurs pour remercier les services qui ont fait un travail remarquable.
Les départements et les collectivités territoriales nous appellent aujourd'hui pour récupérer cette brochure et pour avoir la possibilité de reprendre tous les éléments du "Avant l'été, je me prépare et, pendant l'été, je suis prudente et je suis les conseils" tant cette brochure donne le maximum d'informations pour que les personnes aient une bonne connaissance de ce qui peut se produire pendant l'été.
Nous avons également travaillé sur le "Journal à Paris". Le premier journal, au mois d'avril, et celui qui est sorti, il y a huit jours, redonnent un certain nombre d'éléments pratiques pour que les familles aident aussi à ce recensement avec l'accord de leurs aînés. Tout le monde doit y participer.
Nous avons également travaillé avec nos services D.A.S.E.S. et C.A.S., dans un certain nombre de quartiers, au repérage avec les pharmaciens, avec les commerçants, avec tous les gardiens d'immeuble. Nous avons travaillé avec M. MANO. Nous avons reçu tous les bailleurs sociaux, afin ce que tous les gardiens d'immeuble soient formés, et ce sera achevé, le 8 juillet. Nous avons reçu tous les personnels de la Ville, tous les responsables d'établissement.
Je vous précise que sur les 206 établissements que compte notre Ville, 195 sont équipés de pièces rafraîchies ou parfois ventilées avec l'aide de la Ville, alors que l'Etat n'y a pas encore largement contribué. Notre Plan canicule s'élève à 4,8 millions d'euros qui sont versés et la Ville n'a pas encore reçu les subventions de l'Etat.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous êtes toutes les deux en train de dépasser le temps imparti.
Concluez, s'il vous plaît !
Mme Danièle HOFFMAN-RISPAL, adjointe. - M. le Ministre délégué aux personnes âgées, avec qui j'ai inauguré des structures dans les 5e et 6e où nous avons mis des moyens supplémentaires, a salué le travail de la Ville et du Département de Paris pour les mesures préventives de la canicule.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup. De toute façon, on ne fera jamais assez bien et toutes les bonnes volontés sont les bienvenues, toutes les idées. Je crois que nous avons tous pris cela très au sérieux et si nous pouvons faire encore mieux, j'y suis favorable.
Nous passons au Conseil général.