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Juillet 2004
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Conseil Municipal
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114 - 2004, ASES 218 - Subvention de fonctionnement à l'Association nationale des anciens et amis de l'Indochine et du Souvenir indochinois ANAI. - Montant : 4.500 euros

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2004


M. Eric FERRAND, adjoint, président. - Nous passons maintenant au projet de délibération ASES 218 concernant une subvention de fonctionnement à l'Association nationale des anciens et amis de l'Indochine et du Souvenir indochinois.
Monsieur GAREL, vous avez la parole.
M. Sylvain GAREL. - Merci, Monsieur le Maire.
Ce projet de délibération nous pose un problème à double titre.
D'abord, sur l'objet de cette association. Passe encore que l'on subventionne les associations d'anciens combattants, mais lorsque leur but est très clairement, comme c'est le cas dans celle-ci, néocolonialiste, cela pose un problème.
Je cite trois des objets de cette association : illustrer l'?uvre que la France y a accompli pendant trois siècles ; honorer la mémoire de ceux qui sont morts pour défendre la liberté de ces peuples, je ne sais pas de qui on parle, parle-t-on des Indochinois qui sont morts pour se libérer ou de l'armée française qui les a occupés pendant quelques dizaines d'années, je n'ose pas comprendre ; défendre les intérêts moraux et l'honneur des anciens combattants et victimes de guerre.
Je m'étonne un peu qu'une majorité de gauche se lance dans ce type de soutien.
J'ai ensuite un problème de forme : dans l'analyse financière on nous indique qu'aucun bilan n'a été fourni par l'association.
Ainsi on va octroyer à ces nostalgiques de l'Indochine 4.500 euros.
Je voudrais vraiment que l'Exécutif décide de retirer ce projet de délibération qui me semble vraiment poser un certain nombre de problèmes.
M. Eric FERRAND, adjoint, président. - Merci, Monsieur GAREL.
La parole est maintenant à Mme CHRISTIENNE pour répondre.
Mme Odette CHRISTIENNE, adjointe, au nom de la 6e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.
Je répondrai que nous devons écrire l'Histoire, toute l'Histoire. Proviseur, il y a peu de temps, j'ai reçu l'équivalent des représentants de l'Education nationale pour le Vietnam.
Le désir de reconstruire les liens avec la France était tel qu'ils nous sollicitaient pour soutenir une demande auprès des Ministères. Ils souhaitaient que dans un certain nombre de collèges et lycées de leur pays l'enseignement scientifique soit donné en français.
Nous n'avons pas répondu à ces attentes ; nous ne répondons jamais à ce type d'attente.
Il est donc important que l'on permette à des associations de créer ces liens et je dirai que ces liens se forgent actuellement sous cette forme, et en particulier par l'association dont vous évoquez l'action.
La présentation est assez maladroite. Je pense qu'ils auraient dû modifier ce texte qui remonte assez loin.
Par exemple ces associations apportent aux autochtones, c'est-à-dire sur place, des aides pour lutter contre les handicaps, des prothèses pour les adultes et les enfants, blessés et amputés par l'explosion de mines, un soutien aux descendants de victimes d'actions chimiques provoquant des malformations à cause de l'usage des défoliants après notre départ.
Il y a deux volets dans leur action. D'une part, nous devons respecter leur souhait de rappeler par les cérémonies, que les Indochinois, comme les Maghrébins et comme ceux que l'on appelait les Sénégalais, sont morts pour la France, sont morts en Europe, au cours de la première et de la deuxième guerre mondiale.
Il faut tenir compte de l'indispensable action sociale de cette association en direction de ces anciens combattants et de leurs familles. Elle est indispensable, dans la mesure où, moins encore que les Africains, ils n'ont eu de soutien financier.
Rappelons que la décristallisation des pensions, souhaitée et annoncée par Lionel JOSPIN quand il était Premier ministre, n'ayant pas été appliquée, ces anciens combattants ont été réduits à la mendicité. Population vieillissante, ils vivent dans des conditions précaires et ont le droit de s'éteindre dans la dignité.
Nous avons cependant diminué de moitié, la subvention qui leur était antérieurement accordée, et demandé pour que cela soit réglementaire qu'elle soit strictement attribuée à la section du Département de Paris pour son action globale.
Je redis donc :
"Il vaut mieux que l'Histoire s'écrive dans des relations sereines avec les descendants de ceux qui ont été colonisés. Aussi au-delà des aides aux autochtones que j'ai évoqué, dans le bulletin de l'A.N.A.I., devenu une véritable revue de l'Indochine d'hier et d'aujourd'hui, on n'hésite pas à défendre les Droits de l'Homme".
J'ajouterai que la France refusant d'être aussi présente que le souhaiteraient beaucoup de ces Indochinois, en contrepartie au moins pour le Vietnam la présence de l'Allemagne et des USA s'affirme.
J'espère que cette information aura été bien entendue et que je vous aurai convaincus que la subvention proposée pour l'A.N.A.I. était importante.
Je vous remercie.
(Applaudissements dans l'hémicycle).
M. Eric FERRAND, adjoint, président. - Merci, Madame CHRISTIENNE.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération ASES 218.
Non, en principe, vous ne reprenez pas la parole.
Il y a une explication demandé par M. GAREL et par M. VUILLERMOZ également. Allez-y.
M. Sylvain GAREL. - Ecoutez, Madame la Maire, je suis un peu surpris parce que tout ce dont vous parlez, notamment l'aide aux Indochinois ne figure absolument pas dans le projet de délibération que l'on a sous les yeux.
Alors si l'on nous fait voter des projets de délibération puis on nous dit ensuite que l'objet de l'association c'est autre chose, cela pose vraiment un problème.
De plus, je suis surpris s'il s'agit vraiment de quelque chose qui est liée aux autochtones. Cette expression sonne un peu difficilement à mes oreilles.
C'est M. le Général de division Guy SIMON, qui est sans doute un Général de réserve de l'Indochine, qui préside l'association.
Vous apportez des éléments mais je souhaite qu'il y ait un nouvel examen de ce projet de délibération pour qu'on le vote en connaissance de cause. Savoir si l'on vote pour une association qui fait un travail pour l'Indochine, pour les Droits de l'Homme en Indochine, et les personnes qui aujourd'hui sont victimes des mines, etc. Dans ce cas, je n'y vois aucun inconvénient. Ou bien est-ce pour des gens qui, d'après ce qui est écrit, sont des nostalgiques de la colonisation française ? Ce qui n'est pas du tout la même chose.
M. Eric FERRAND, adjoint, président. - La parole est à M. VUILLERMOZ pour une...
M. Sylvain GAREL. - Et l'Indochine en plus, ça n'existe plus.
M. Jean VUILLERMOZ. - Oui, je dois dire que je suis assez embêté aussi parce qu'il est évident qu'entre ce que nous dit Mme la Maire qui semble être une bonne chose, c'est-à-dire qu'il est évident que nous avons laissé des traces très négatives dans tous ces pays et qu'à partir du moment où il s'agit de participer à une certaine réparation, notamment au Vietnam, évidemment ce serait très positif. Mais en même temps, les propos du projet de délibération qui nous est soumis ne nous disent pas forcément cela.
Est-ce qu'il y a une urgence à le passer aujourd'hui ou est-ce qu'on ne peut pas le re-proposer, disons, juste après les vacances de façon à ce que l'on ait le temps dans de bonnes conditions d'examiner ce projet de délibération ? Et évidemment, dans le cadre de ce que vous nous dites, on voterait sans aucun problème.
M. Eric FERRAND, adjoint, président. - Madame CHRISTIENNE, on s'en remet à votre sagesse et votre qualité d'écoute.
Mme Odette CHRISTIENNE, adjointe, rapporteure. - Oui, il est évident que je n'avance pas ces propos à la légère. Si je les avance, c'est qu'il y a quand même un fond. Mais j'avoue effectivement que la façon dont cela est présenté mérite peut-être d'être un peu modifié. Il ne faudrait tout de même pas trop tarder parce que ce genre d'association, on compte beaucoup sur eux.
Moi, j'avoue que ma première réaction avait été la vôtre : qu'est-ce que cette association ?
J'ai étudié de près. J'ai rencontré le Général SIMON qui n'est pas, contrairement à ce que vous pouvez penser, une personne qui est nostalgique de, mais qui essaie de maintenir des liens.
Alors, l'Indochine évidemment n'existe plus mais c'est un vocable pour recouvrir les trois pays en question. Donc nous sommes là dans l'Histoire, et c'est uniquement pour cela que j'utilise ces termes. Voilà. On va...
M. Eric FERRAND, adjoint, président. - Merci, Madame CHRISTIENNE.
Donc le projet de délibération est retiré de l'ordre du jour.
M. Sylvain GAREL. - Je vous en remercie.