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Octobre 2012
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par le groupe U.D.I. relatif au financement et à la réalisation du projet de la Bassée.

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2012


 

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Nous passons à l'examen d'un v?u non rattaché : le v?u n° 5 est relatif au financement et à la réalisation du projet de la Bassée. La parole à M. Yves POZZO di BORGO, pour une minute.

M. Yves POZZO di BORGO. - C?est ce que je viens de dire dans mon intervention : j'ai tendance à considérer que les 50 millions d'euros que l'on a mis sur l?aménagement des berges auraient dû être mis par la Ville de Paris avec une impulsion politique, parce que c?est elle qui est la première touchée s?il y a des crues, sur l'aménagement de la Bassée.

Vous savez très bien que la raison de l'aménagement de la Bassée, c'est que cela aurait pu nous protéger. C'est-à-dire que grâce à cet investissement, on aurait pu réduire le niveau de crise de 25 à 30 centimètres de plus. Là, avec l'addition que viennent de prendre les grands barrages, on ne se protège plus que de 5 centimètres supplémentaires. Je considère que c?est quand même un élément important. Vous avez beau dire tout ce que vous voulez, vous pouvez faire du juridisme en disant "ce n'est pas la compétence de la Ville, ce n'est pas la compétence des barrages", il s'agit d'un problème politique. Vous avez actuellement un Maire de Paris et un Exécutif qui ne sont pas conscients de ce qui peut arriver à la Ville de Paris.

Le sens de mon v?u, c?est qu'il est nécessaire que la Ville de Paris prenne un peu conscience de la possibilité d'une crue centennale.

Madame LE STRAT, vous venez de me sortir toute une série de choses qui sont faites, sauf qu?il n'y a pas la volonté politique de protéger la ville. Voilà ! Je dis cela parce qu?on sait très bien que c?est quelque chose de très grave. C'est 10 à 12 milliards que l'on risque d'avoir à supporter, justement, du fait de votre inconséquence et de votre légèreté en la matière. La priorité des priorités, c?est de protéger la ville.

Évidemment, ce n?est pas visible, Madame, pour les élections, ce n'est pas visible ! C?est beaucoup plus facile de faire des petites îles et des petits gadgets sur les aménagements des berges mais, par contre, ce qui est important et qui va toucher la ville, vous ne le faites pas.

Voilà !

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Madame LE STRAT, vous avez la parole.

Mme Anne LE STRAT, adjointe. - C'est assez incroyable quand même de dire cela ! Moi, je veux bien, on va refaire le débat, il n'y a pas de problème.

On va refaire le débat avec quand même un rappel de quelques faits.

D?abord, si, c?est de la compétence de l?institution, des barrages réservoirs !

M. Yves POZZO di BORGO. - C?est du juridisme.

Mme Anne LE STRAT, adjointe. - Non, ce n?est pas du juridisme, c?est une institution qui est en charge de ce dossier, ce n?est pas du juridisme, c?est institutionnel !

La Ville de Paris? Le Département plutôt, d'ailleurs, pas la Ville. Le Département est contributeur à hauteur de 50 % de cette institution et nous venons, d'ailleurs, de décider, et pour répondre à la question de la crue, d'expérimenter un projet de casier qui nous coûte près de 100 millions d'euros TTC.

Sachant que le Département est contributeur de la moitié de la somme engagée par l'institution sur ce projet, vous voyez déjà que nous y mettons 10 millions d'euros TTC qui se rajoutent à 20 millions d'études qui ont déjà été engagés concernant le projet de la Bassée, sachant que, je le répète, le Département de Paris est contributeur de la moitié du budget de l'institution, donc vous voyez que le Département de Paris est plus que directement concerné.

Je trouve inadmissible de dénoncer comme cela l'inaction de la Ville de Paris puisque, vous le voyez, sur ce sujet, depuis le départ, nous sommes engagés à la fois politiquement et financièrement. Deuxième point, je sais que c'est un peu votre marronnier, Monsieur POZZO di BORGO, la question des crues et du projet de la Bassée, mais nous avons quand même eu ce débat en février dernier, puisque j'ai même soumis (ce qui n'était pas une obligation) au Conseil de Paris une contribution écrite pour l'enquête publique concernant ce vaste projet.

Nous en avons déjà largement débattu et vous avez donc pu voir que nous sommes fortement mobilisés sur la crue, d'abord comme je l'ai dit sur ce projet, mais aussi sur la culture du risque. Parce que je ne voudrais pas que nous considérions que seul l'aménagement de la Bassée puisse répondre à la question de la crue centennale.

Vous le savez comme moi, la crue va arriver. La date reste une inconnue, mais il y aura une crue à Paris.

La question est de savoir évidemment comment nous pouvons réduire l'impact fort de la crue, nous en sommes d'accord, et aussi mobiliser et sensibiliser l'ensemble des acteurs sur les conséquences qu'aura cette crue.

Ce n'est pas simplement une question économique, c'est aussi une question d'aménagement du territoire.

J'espère que vous serez à nos côtés quand nous continuerons à essayer de plaider pour une perméabilisation accrue des sols sur le territoire du bassin de la Seine, parce que vous savez que les crues de la Seine, c'est en partie une crue de l?Yonne adjointe à une crue de la Seine, donc cela concerne un territoire vaste.

J'espère que vous serez avec nous quand il faudra convaincre d'autres acteurs économiques directement concernés par cette crue. Ce ne doit pas être seulement un aménagement public porté par l'argent du public, mais il doit être aussi supporté par d'autres contributeurs, notamment les compagnies d'assurance qui, elles, seront directement impactées et qui pourraient contribuer financièrement au projet de la Bassée.

Sur ce sujet et pour conclure, nous avons décidé de nous engager dans l'enquête publique et dans un projet d'expérimentation de casiers, comme je l'ai dit initialement, pour voir quels impacts aurait ce projet (impacts environnementaux, impacts d'aménagement).

Nous continuerons, je suis sûre avec votre appui, à défendre cette culture du risque et à sensibiliser l?ensemble des habitants et des acteurs sur le fait qu'il y aura une crue et sur le fait qu'il faut réduire cet impact, mais surtout ne continuez pas à dire que nous ne faisons rien, parce que nous sommes très fortement mobilisés, parfois en effet peu entendus. Nous vous tiendrons évidemment au courant de tout ce que nous faisons.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Vous avez présenté votre v?u, Monsieur POZZO di BORGO, vous aviez une minute, vous l?avez présenté en 1 minute 30 à peu près.

Mme LE STRAT vous a répondu et, maintenant, on passe au vote.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u avec un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Abstentions ?

Le v?u est rejeté.