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Octobre 2012
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2012 DU 166 - Avenant n° 1 au marché d'études urbaines et techniques relatives au secteur GPRU de la Porte de Vincennes (12e et 20e).

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2012


 

M. Julien BARGETON, adjoint, président. - A présent, nous examinons le projet de délibération DU 166 et l'amendement n° 25 relatif à l'avenant n° 1 au marché d'études G.P.R.U. "Porte de Vincennes". La parole est à M. CHARZAT pour 5 minutes maximum.

M. Michel CHARZAT. - Merci, Monsieur le Maire.

La Porte de Vincennes a été longtemps négligée. Depuis 2002, un G.P.R.U. a été lancé.

Dans le 20e arrondissement, le jardin de la Porte a été créé. Une station-service dont la présence gênait a été supprimée, des arcades Noël Ballay ont été démolies. Dans le 12e arrondissement, le groupe scolaire Lamoricière a été restructuré. La rue Fernand-Foureau a accueilli une nouvelle crèche.

Ces aménagements ont été mûris, parfois mètre par mètre, à l'occasion de ballades urbaines et de réunions ouvertes aux habitants. Nous pouvons aujourd'hui restituer un bilan très positif de ces réhabilitations.

Le moment est donc venu de couronner ces efforts. Or, le projet de l'équipe CHEMETOV est loin de concrétiser les objectifs réalistes et ambitieux énoncés en 2002.

Les élus du 20e arrondissement, unanimes lors du dernier Conseil d'arrondissement, souhaitent alerter notre Conseil sur les insuffisances de ce projet et formuler des propositions.

Mes chers collègues, sur les 27 hectares que comprend le projet, 4.200 mètres d'équipements publics sont envisagés, dont un gymnase intercommunal, un centre d'animation et une crèche associative, à comparer aux 35.700 mètres carrés de bureaux prévus.

C'est un bon début mais ce type d'équipement ne nous semble pas suffire pour répondre aux besoins de la population concernée. Avec 27 % de personnes de plus de 60 ans parmi ses habitants, avec 36 % de familles monoparentales, l'ouverture d'un centre médicosocial est une demande pertinente de la population. De la même façon, la création d'une antenne intergénérationnelle comprenant un point d'aide à la recherche d'emploi répondrait à un besoin d'information de proximité.

Par ailleurs, une diminution du bruit et des nuisances dues au périphérique s'avère essentielle. Ce dernier point cristallise le mécontentement et la déception actuelle des habitants. Pour lutter contre ces nuisances, l'équipe CHEMETOV envisage d'intercaler des talus inversés ou des bâtiments écrans. Ces aménagements, censés diminuer la pollution sonore subie par la population, nous semblent très insuffisants, la diminution des décibels n'affectant sensiblement que les premiers étages.

Nous avons deux préoccupations concernant ce projet de délibération.

La première concerne la couverture du périphérique, couverture partielle qui a été longtemps envisagée et qui est aujourd'hui écartée. Pour que cette perspective ne soit pas interdite à l'avenir, pour que cela demeure possible, il faut concevoir, pensons-nous, un projet qui laisse ouverte la possibilité de cette couverture : côté 20e arrondissement d'une part, avec une couverture partielle partant de la rue de Lagny vers le Sud, s'arrêtant au pied de l'immeuble de la rue du Commandant-L'Herminier, correspondant à une distance de 80 mètres, cette couverture étant d?ailleurs facilitée par le passage en tranchée du périphérique sur ce tronçon, côté 12e arrondissement d'autre part, avec une couverture partielle entre l'avenue Courteline et la future passerelle piétonne. Pour la deuxième préoccupation, alors que nous entamons la phase finale du G.P.R.U., nous souhaitons voir mise en ?uvre une nouvelle démarche participative afin de mieux prendre en compte les aspirations des élus et le choix également des habitants. Ce qui, disons-le sans polémiquer, n'a pas toujours été le cas dans la pratique de l'équipe CHEMETOV. C'est la raison pour laquelle nous demandons à l'occasion de cet avenant que l'équipe CHEMETOV fournisse au Conseil de Paris un chiffrage précis et une mesure de l'impact des deux couvertures partielles du boulevard périphérique sur la qualité de la vie des habitants dans le 20e arrondissement, comme dans le 12e arrondissement. Je vous remercie.

M. Julien BARGETON, adjoint, président. - Merci à vous.

La parole est à Mme Anne HIDALGO.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe. - Merci, Monsieur le Maire.

C'est un amendement qui a déjà été à plusieurs reprises porté sous forme de v?u dans cette Assemblée. À de multiples reprises, soit en Conseil de Paris, soit lors des réunions publiques, je me suis exprimée sur l'impossibilité technique de couvrir la totalité du périphérique en raison de son faible enfouissement, et sur l'inefficacité acoustique des couvertures partielles pour des logements, couverture dont le coût est d?ailleurs estimé, pour la seule couverture Lagny, à 25 millions d'euros.

Les réunions que nous avons eues, l'expression que j'ai eue, les nombreuses réunions publiques, les nombreux ateliers, les nombreuses marches exploratoires, à chaque occasion, j'ai rappelé cette position de la Ville, qui n'est pas une position d'obstination mais une position justifiée aussi par le travail remarquable fait par l'équipe CHEMETOV et par le coût, notamment, de ces propositions.

Ne pas réaliser les couvertures ne signifie pas pour autant que le projet urbain soumis à la concertation ne prend pas en compte les nuisances acoustiques, bien au contraire. Nous prenons très au sérieux cette nuisance, qui est une des principales nuisances sur ce site. Les dispositifs mis en ?uvre sont multiples et complémentaires. Je les distingue rapidement :

- Une réhabilitation aux normes du Plan Climat des 88 logements de la R.I.V.P. situés au 118, rue de Lagny et des 400 logements de la R.I.V.P. situés rue du Commandant-L'Herminier et rue Elie-Faure.

- La réalisation de talus antibruit au Sud de la rue de Lagny et la réalisation de petits immeubles écrans en façade des immeubles Elie-Faure et L?Herminier.

D?ailleurs, c'est une concertation menée depuis longtemps avec les habitants qui a fait aussi émerger ces nouvelles pistes de réflexion. Lors des 9, 10 et 11 juillet 2012, j'ai répondu favorablement au v?u déposé par Frédérique CALANDRA, qui apporte aussi toute son attention à ce sujet et grâce à laquelle, je peux le dire, le projet sur la Porte de Vincennes a pris tout son essor. C'est suite à un v?u qu'elle avait déposé que nous avons demandé d'étudier la surélévation des talus antibruit et la réalisation des petits immeubles écrans pour réduire justement la nuisance sonore à laquelle sont confrontés les riverains.

Dans la séance des 19 et 20 mars 2012, le Conseil de Paris a aussi souhaité, par un v?u de l'Exécutif que j'avais rapporté en réponse à un v?u de votre groupe, que la R.I.V.P. approfondisse les conditions de réalisation de balcons antibruit sans pour autant remettre en cause le montant des loyers, ni même le calendrier des travaux.

Vous le voyez, la question des nuisances sonores est donc un sujet que nous prenons très au sérieux et sur lequel nous essayons d'avancer. Nous ne nous interdisons pas non plus de faire des essais. Par exemple, les essais de revêtement sur le boulevard périphérique ont été expérimentés, conformément d'ailleurs à un v?u du Conseil de Paris adopté en juillet 2011, et le secteur de la porte de Vincennes a été retenu comme site pilote. Ces matériaux ont été apposés fin juin et des mesures de bruit in situ sont réalisées depuis. D'ailleurs, les premières mesures réalisées sont très encourageantes. Ces mesures vont se poursuivre jusqu'à la fin de l'année et avec Julien BARGETON, mon collègue en charge des déplacements, nous allons vérifier la durabilité et ces mesures dans le temps, et nous reviendrons bien sûr ici, devant le Conseil, pour présenter ce bilan. J'ajoute enfin que l'année 2013 sera essentiellement consacrée à la réalisation par un cabinet d'études extérieur à la Ville d'une étude d'impact. L'objectif de cette étude sera donc bien d'expertiser les aménagements proposés pour répondre aux nuisances subies par les habitants en raison de la présence du boulevard périphérique. Je pense qu'il faut, dans les propositions que nous faisons aux habitants, dès lors que nous avons connaissance des contraintes techniques et financières, et de l'impossibilité de résoudre la question des nuisances sonores par la couverture de ce périphérique, je crois qu'il faut aussi que les élus adoptent une attitude responsable. Nous n?avons pas à vendre des propositions démagogiques aux habitants, nous devons aussi leur dire la vérité. En tous les cas, c'est comme cela que je me suis présentée devant eux. Notamment dans la grande réunion publique à laquelle j'avais participé, j'ai senti de la part des habitants, certes, une insatisfaction parce qu?ils auraient aimé une solution qui leur paraissait simple mais qui n'est pas possible, qui n'est pas envisageable. Donc, je crois que le discours de vérité est aussi un discours que nous devons tenir en tant qu?élus. En tout cas, c'est celui que je tiens devant ce Conseil, en émettant un avis défavorable à votre amendement. Je vous remercie.

M. Julien BARGETON, adjoint, président. - Je vous remercie beaucoup.

Je mets aux voix l'amendement n° 25, avec un avis? Bon, Monsieur CHARZAT, mais vraiment un mot parce que, normalement, on ne reprend pas la parole après la réponse de l?Exécutif.

M. Michel CHARZAT. - La réponse circonstanciée qu?elle a faite.

La vérité, c?était que, jusqu'en 2008, les services de la Ville considéraient qu'il était tout à fait techniquement possible de réaliser une couverture partielle. Nous ne réclamons pas, nous ne sommes pas des démagogues et je n?accepte pas ce qualificatif, une couverture immédiate ; nous disons simplement qu'il faut laisser ouverte cette option pour l'avenir. Nous réclamons donc dans ce v?u que le projet, tel qu'il est conçu actuellement, ne rende pas irréversible le choix qui est fait actuellement et qui est lié, vous l?avez dit très clairement, à des considérations budgétaires. Je vous remercie.

M. Julien BARGETON, adjoint, président. - On avait bien compris.

Une explication de vote de Mme MONTANDON ?

Mme Valérie MONTANDON. - Merci, Monsieur le Maire.

Comme nous l'avons fait précédemment pour les v?ux relatifs à la couverture du périphérique, nous allons voter pour cet amendement.

Sachez, Madame HIDALGO, que, sans la couverture du périphérique, le G.P.R.U. n'a plus de "Grand" que son nom. Je pourrais reprendre, je ne vais pas le faire, tous les arguments qu?a évoqués hier ma collègue Brigitte KUSTER par rapport au 17e, puisque c'est à peu près la même problématique, mais vous savez très bien que la couverture partielle du périphérique est la meilleure solution pour résoudre les problèmes de pollution, aussi bien pollution atmosphérique que sonore, mais aussi pour gagner du foncier à Paris, foncier qui est très rare.

Vous aurez beau évoquer tous les talus, les balcons antibruit ou encore les revêtements au sol possibles, la couverture du périphérique reste la meilleure solution. C'est bien dommage, dans le cadre des études qui vont être menées, c'était la possibilité de remettre au sein du G.P.R.U. la couverture partielle du périphérique. Je vous remercie.

M. Julien BARGETON, adjoint, président. - Je vous remercie.

Je mets aux voix, à main levée, l?amendement n° 25, avec un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Abstentions ?

L'amendement est rejeté.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DU 166.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2012, DU 166).

Nous allons déjeuner et nous reprendrons nos travaux à 14 heures 30. Merci beaucoup.