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2012 DLH 180 - Location par bail emphytéotique, au profit de la S.G.I.M., de l'immeuble communal 90, rue de la Croix-Nivert (15e).

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2012


 

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération DLH 180 : location par bail emphytéotique à la S.G.I.M. d'un immeuble rue de la Croix-Nivert.

Mme Claire de CLERMONT-TONNERRE est inscrite. M. Jean-Yves MANO vous répondra.

Mme Claire de CLERMONT-TONNERRE. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, en attendant la grande braderie du foncier public d'Etat, vous relancez votre politique de préemption puisque nous voyons défiler lors de cette seule séance de multiples opérations de préemption et de conventionnement dont le montant avoisine les 20 millions d'euros.

Ainsi, dans le 15e arrondissement, après le 115, rue Brancion et le 28, rue Lacordaire qui vient d'être préempté fin septembre, vous nous proposez dans ce projet de délibération de louer à la S.G.I.M. un ancien hôtel préempté en mai 2012.

Dans le cas présent, mon intervention n'a pas pour objet de contester cette préemption en tant que telle, en revanche, je tiens une nouvelle fois à dénoncer l'absence de prise en compte des avis formulés par notre mairie d'arrondissement.

Ainsi, le maire du 15e arrondissement vous avait fait part de son avis favorable sur cette préemption, sous réserve que cet ancien hôtel actuellement muré fasse l'objet d'une réhabilitation exemplaire, compte tenu de son impact paysager très fort du fait de sa situation au croisement des rues Croix Nivert, Lakanal et Mademoiselle.

Cette hypothèse de réhabilitation avait d'ailleurs été présentée et chiffrée lors de la commission DIA de la Ville de Paris du 11 mai 2012. Elle avait également donné lieu à un v?u de la Commission du Vieux Paris lors de sa séance du 21 octobre 2011 qui a demandé la conservation de ce bâtiment R+2 caractéristique de l'ancien village de Grenelle qui figurait déjà sur le cadastre en 1945.

Or, que constatons-nous ? Dans le 15e arrondissement en particulier, vous vous acharnez à raser les rares maisons datant des villages annexés pour les remplacer par des immeubles de logements qui dénaturent le paysage. Monsieur le Maire, ces bâtiments témoins des anciens villages sont des points de repères dans notre arrondissement qui a déjà beaucoup souffert sur le plan architectural et urbanistique. Ces anciennes maisons méritent une réhabilitation soignée, quelle que soit leur destination.

Je regrette d?ailleurs que, pour ce projet, vous n'ayez à aucun moment jugé utile de vous poser la question du potentiel que ce bâtiment pourrait avoir pour le quartier, non seulement sur le plan patrimonial mais aussi sur le potentiel qu'il pourrait offrir en termes d'équipements publics nécessaires pour répondre aux besoins du 15e arrondissement dont la population a augmenté de plus de 10.000 habitants en dix ans.

Dans le 15e arrondissement, votre choix est de faire table rase du passé et de privilégier une logique de chiffres pour atteindre vos objectifs de logements sociaux. Je vous rappelle néanmoins que notre arrondissement comptait pourtant l'année dernière plus de 19.000 logements sociaux S.R.U. et que 16 % des logements sociaux financés à Paris en 2011 sont situés dans le 15e arrondissement. Evidemment, je crains qu'aux yeux de M. MANO qui assume les responsabilités d'adjoint au logement, de président de "Paris Habitat", mais aussi de président de la S.G.I.M., les considérations paysagères et patrimoniales ne fassent pas partie de ses préoccupations. En ce qui nous concerne, et si vous ne tenez pas compte de l'avis émis par le maire du 15e arrondissement en vue d'une réhabilitation exemplaire de ce bâtiment, nous voterons contre ce projet de délibération destructeur. Merci.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - M. Jean-Yves MANO pour rassurer Mme de CLERMONT-TONNERRE.

M. Jean-Yves MANO, adjoint. - Bien évidemment, malgré mes fonctions, je reste sensible au charme parisien, mais en même temps je considère que l'architecture n'est pas gelée à une certaine époque et que chaque époque doit marquer son territoire.

Je pense que l'exemple que vous mentionnez pourrait être regardé avec intérêt, car, en effet, c'est un bâtiment R+2 à un angle de rue et, de la rue, on pourrait considérer que ce bâtiment a un charme.

Si vous vous éloignez un peu de ce bâtiment, vous vous apercevez qu'il est dominé par un immeuble de sept étages avec un pignon sans vue et le charme, au niveau de la rue, quand on est devant l'immeuble, se dissipe complètement quand on est à 50 mètres, car on voit un mur noir en angle de rue, dont on ne peut pas dire que c'est une caractéristique extraordinaire de ce secteur. Je ne doute pas qu'un immeuble bien intégré, moderne, fait par un grand choix architectural auquel vous serez associés, je n?en doute pas, et vous y participerez, pourra donner un renouveau à ce secteur et nous permettre de construire du logement tant utile aux Parisiens.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Fort de ces propos rassurants, je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DLH 180.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est donc adopté. Je vous remercie. (2012, DLH 180).