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2012 DPVI 177 - Subvention (25.000 euros) et convention avec l'association Régie de quartier du 19e Nord.

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2012


 

M. Julien BARGETON, adjoint, président. - Nous examinons le projet de délibération DPVI 177 relatif à la subvention 25.000 euros et convention avec l?association Régie de quartier du 19e arrondissement Nord. La parole est à Mme FILOCHE, pour cinq minutes maximum.

Mme Léa FILOCHE. - Merci.

Je n'utiliserai pas le temps des cinq minutes, mêmes si j'avoue que cela fait un petit moment que j'attends de pouvoir faire cette intervention.

Mesdames et Messieurs, mes chers collègues, "l'homme ne fait pas avancer le temps, mais le temps fait avancer l?homme". Je voulais commencer par ce proverbe québécois cette intervention que je vais dédier aux accorderies parisiennes.

Depuis 2011, le Maire de Paris a décidé d?amplifier la politique de la Ville innovante au service de la cohésion sociale, notamment par le biais d?un nouveau plan d?action en faveur des quartiers populaires. Ce plan a comme objectif le renforcement du lien social et de la convivialité entre les habitants dans les quartiers, au travers des nouvelles formes de solidarité fondées sur l'échange et l'entraide de voisinage.

C'est dans ce cadre que la Ville de Paris a souhaité expérimenter un concept innovant, importé du Québec et développé en France notamment par la fondation Macif que l'on appelle les accorderies. Je ne prendrai pas l?accent québécois pour le dire, mais je l?ai entendu dire et cela peut parfois poser question, parce que ce n'est pas un terme que l'on a l'habitude d'entendre de ce côté-là de l'Atlantique. L?accorderie est un concept d'échange de services qui regroupe sur un même territoire toutes les personnes intéressées à échanger entre elles différents services avec une seule et unique monnaie : le temps. Une heure de service rendu équivaut à une heure de service reçu sans aucune distinction sur la nature des services. Les services échangés sont, par exemple, du dépannage informatique, de la traduction, du transport, des formations, de l'aide pour une déclaration d?impôt, de l?arrosage de plantes pendant les vacances, etc. La liste peut être assez vaste. Les membres d'une accorderie, que l'on appelle donc des accordeurs, ont accès aux services proposés par les autres membres, via, notamment, une interface informatique, mais aussi par l?intermédiaire d'un lieu d'accueil ouvert la semaine où les habitants sont reçus. L?objectif est de développer quatre accorderies sur le territoire parisien. La première expérimentation a été lancée dans le 19e arrondissement et les trois autres sont en cours d?étude de faisabilité dans les 14e, 18e et dans ce qu'on appelle le Grand Belleville, c'est-à-dire à la frontière entre les 10e, 11e et 20e arrondissements. En ce qui concerne l?accorderie du 19e, une étude de faisabilité avait été réalisée en 2010, en associant l?ensemble des acteurs associatifs et institutionnels présents sur tout le territoire. Elle a conduit à la proposition de création d?une accorderie et a permis d'identifier le porteur de projet adapté, qui s'avère être la régie de quartier. Assurant déjà de nombreuses missions sociales importantes autour de l'insertion socioprofessionnelle des habitants en difficulté et du développement du lien social, la régie de quartier du 19e arrondissement semblait effectivement le meilleur porteur. L?Accorderie du 19e a été lancée ainsi fin 2011, au c?ur du quartier politique de la ville de Flandre, au pied de la résidence Michelet, dans des locaux situés au sein de la résidence. Dans le 19e arrondissement, ce projet a pour objectif de créer une mixité réelle et efficace entre les habitants des quartiers défavorisés et des quartiers que l'on dit plus aisés. Un projet comme l?Accorderie du 19e est déjà perçu comme une opportunité de décloisonner les pratiques sociales et spatiales, restreintes dans certains quartiers. Une attention particulière a été portée vers les familles monoparentales pour leur apporter une aide dans certains aspects du quotidien et, ainsi, leur permettre de s?inscrire dans des solidarités locales de voisinage de nature à rompre leur isolement. La première année de fonctionnement de l'Accorderie a pleinement atteint l?objectif de contribuer au développement des solidarités de voisinage - d'ailleurs, on a même épaté les Québécois ! - entre les habitants de l'ensemble de l'arrondissement. Au 30 juin 2012, il y avait 340 accordeurs et 430 services échangés. De nombreuses actions collectives favorisant le lien et la mixité sociale ont aussi été mises en place. Un comité de vie associative a été créé, avec un développement important du partenariat, principalement social : le C.S.D.P., le C.A.S.-V.P., les centres sociaux, les associations locales. Tout cela a permis de mobiliser les habitants de tout le quartier politique de la ville qui en ont le plus besoin. Je vous propose donc, au vu de ces bons bilans et des résultats que nous pouvons constater sur le terrain, et j?en suis le témoin, de bien vouloir voter cette subvention, afin que les échanges de temps et surtout les valeurs qui sont portées par ce principe d?échange de temps, comme un meilleur vivre-ensemble, puissent perdurer sur nos quartiers, et plus largement encore. Je vous remercie.

M. Julien BARGETON, adjoint, président. - Et moi, je vous remercie pour la minute que vous avez rendue.

La parole est à Mme STIEVENARD.

Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe. - Monsieur le Maire, chers collègues, je remercie Léa FILOCHE de valoriser la première accorderie parisienne ouverte dans le 19e arrondissement il y a un an, au c?ur du quartier politique de la ville "Curial-Cambrai-Riquet-Stalingrad". Cette accorderie est un franc succès et nous sommes fiers de voir que d'autres villes souhaitent s'en inspirer, comme Bordeaux et Lille Métropole, qui lui ont rendu visite récemment. C'est une initiative très originale, dont le rapport coût/efficacité est particulièrement remarquable.

Dès le prochain Conseil de Paris, trois nouvelles accorderies seront lancées dans les 14e et 18e arrondissements et sur le territoire du Grand Belleville, à la croisée des 10e, 11e et 20e arrondissements. Elles renforceront la dynamique des solidarités de voisinage dans nos quartiers populaires parisiens, ce qui était souhaité par le Maire de Paris dans sa communication de mars 2011.

Les accorderies sont un outil innovant de lutte contre la pauvreté et l'exclusion. Elles mettent en relation des personnes d'âges, de catégories sociales, d'origines et de sexes différents. Grâce à l'échange de service qu'elles permettent, la qualité de vie des habitants accordeurs s'améliore et s'enrichit.

Je tiens à saluer leur engagement, car ils sont ainsi acteurs directs du bien vivre-ensemble de nos quartiers.

D'ores et déjà, nous comptons plus de 400 accordeurs en octobre avec déjà plus de 900 services échangés, soit de l'aide aux petits travaux, de l'entretien et du ménage, de l'aide au déménagement ou encore la garde d'animaux. 52 % des accordeurs vivent seuls, 10 % sont en situation de monoparentalité ; la moitié des accordeurs ont plus de 55 ans ; 41 % sont des salariés, 26 % des retraités et 16 % des personnes en recherche d'emploi.

10 à 15 personnes supplémentaires s'inscrivent chaque semaine et nous fêterons bientôt le 500e accordeur, je pense d'ici la fin de l'année.

L?accorderie favorise bel et bien la mixité sociale et intergénérationnelle et lutte efficacement contre l'isolement. La politique de la ville, en lançant ce dispositif, a donc pleinement joué son rôle d'innovation sociale, grâce à la mobilisation des acteurs associatifs que la Ville soutient. C'est le cas de la régie de quartier du 19e à laquelle s'est adossée l?accorderie. Je salue également le partenariat mené avec la fondation MACIF, ainsi que la décision récente de la Fondation Abbé Pierre de soutenir l?accorderie du 19e dès l'an prochain.

Donc, je vous invite à voter favorablement ce projet de délibération.

M. Julien BARGETON, adjoint, président. - Je vous remercie beaucoup pour ces explications.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DPVI 177.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté à l'unanimité et je vous en remercie. (2012, DPVI 177).