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Octobre 2012
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par le groupe U.D.I. relatif à la protection de la communauté juive à Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2012


 

M. Julien BARGETON, adjoint, président. - Le v?u n° 10 concerne la protection de la communauté juive à Paris. La parole est à Mme Lynda ASMANI, de l?U.D.I., pour une minute maximum.

Mme Lynda ASMANI. - Monsieur le Maire, Monsieur le Préfet, le samedi 6 octobre, a été démantelée une cellule terroriste, apparemment responsable de l?attentat à la grenade perpétré à l'encontre d'une épicerie casher à Sarcelles le 19 septembre dernier.

Ce même 6 octobre, on a aussi constaté des tirs de balles à blanc contre une synagogue d?Argenteuil. Ces événements surviennent, malheureusement, quelques mois après la dramatique affaire Merah. On assise aussi dans notre pays, qu'on le veuille ou non, à une montée de l'antisémitisme, véhiculée par des discours politico-religieux professés par des défenseurs de l'islamisme radical.

De même, un certain nombre de criminologues totalement indépendants s'inquiètent, et à juste titre, de l'interpénétration récente de réseaux criminels, notamment liés au trafic de drogue, et de cellules dihadistes composées de citoyens français.

Si nous nous félicitons que la Ville de Paris attribue tous les ans une subvention au Fonds social juif unifié pour participer à la protection et financer la protection des bâtiments communautaires, nous sommes quand même confrontés à une inquiétude fort légitime de nombreux Parisiens de confession juive mais aussi de l'ensemble de nos concitoyens, face à l'augmentation de l'antisémitisme et d'une forme d'insécurité et de menaces terroristes sur notre territoire, à Paris et notamment en Ile-de-France. Nous souhaiterions donc, Monsieur le Préfet, que vous puissiez confirmer au Conseil de Paris que des dispositions ont bien été prises ces derniers jours, dans le but de renforcer à la fois la protection de l?ensemble de nos concitoyens de façon générale et, en particulière, celle de la communauté juive, dans le respect, évidemment, de la discrétion due à vos opérations. Un dernier mot pour saluer tout de même l'ensemble du travail des forces de police effectué ces derniers jours. Merci.

M. Julien BARGETON, adjoint, président. - Je vous remercie.

C'est une minute, les v?ux non rattachés, quel que soit le sujet, je vous le rappelle. La parole est à Mme BROSSEL, pour vous répondre.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe. - Merci, Madame ASMANI, pour votre intervention.

Votre v?u est moins un v?u qu'une demande d'information auprès du représentant du Préfet de police. C'est la raison pour laquelle, d?une part, je vais lui passer immédiatement la parole afin qu?il puisse vous informer et que, d'autre part, je vous proposerai éventuellement de retirer votre v?u, considérant que les informations qui vous seront données seront certainement plus importantes pour vous et pour l'ensemble des Parisiens que le vote d'un v?u dans notre séance. Je vous remercie.

M. Julien BARGETON, adjoint, président. - La parole est à M. le Préfet de police.

M. LE REPRÉSENTANT DU PRÉFET DE POLICE. - Merci, Monsieur le Maire.

Vous connaissez, effectivement, Madame la Conseillère, Madame ASMANI, l?attachement de la Préfecture de police à veiller à la préservation des libertés publiques dans leur ensemble.

Parmi ces libertés, figure effectivement la liberté de culte, garantie par la Constitution, à laquelle la Préfecture de police veille particulièrement dans le cadre de ses missions quotidiennes.

Ces derniers mois, plusieurs événements, dont certains extrêmement dramatiques, ont conduit les pouvoirs publics à adapter leur dispositif de protection de certains lieux de culte, notamment les lieux de culte juifs, mais également des écoles confessionnelles, notamment des écoles juives.

Les plus hautes autorités de l'Etat, le Président de la République, le Premier Ministre, le Ministre de l'Intérieur, ont régulièrement renouvelé leurs instructions aux Préfets, afin de les inviter à tout mettre en ?uvre pour prévenir toute agression, mais également sanctionner avec la plus grande sévérité celles qui pourraient être constatées.

A Paris, la charge de mettre en place ce dispositif appartient effectivement au Préfet de police, qui, pour ce faire, je le dis, est en contact permanent, quasi quotidien, avec la communauté juive, avec leurs représentants, notamment le consistoire de Paris, et notamment son service de protection, le service de protection de la communauté juive, le S.P.C.J. Ces contacts quotidiens que nous avons au niveau du Préfet de police, au niveau du cabinet du Préfet de police, sont prolongés, relayés par des échanges réguliers de terrain entre les commissaires de police et les représentants des différents lieux de culte ou écoles. Après la mise en place d'une sécurisation renforcée pour faire suite aux événements dramatiques de Toulouse et de Montauban, un dispositif particulier avait été déployé pour s?assurer du bon déroulement des fêtes de la rentrée. C'est dans ce contexte qu'est intervenu, vous l'avez rappelé, le démantèlement d'une cellule terroriste le samedi et les jours qui ont suivi le samedi 6 octobre dernier. Conformément aux instructions des plus hautes autorités de l?Etat, la P.P. a été conduite à encore renforcer la protection, la surveillance, des bâtiments et édifices liés au culte israélite. Je le dis, puisque je travaillais ce week-end-là, de nombreux échanges sont intervenus dès le 6 octobre et pendant tout le week-end, de manière à ce que ce dispositif soit calibré et que des moyens soient immédiatement déployés pour cette mission sans aucun délai. Sur les sites les plus sensibles, définis en lien avec la communauté elle-même, des gardes statiques sont mises en place. Selon le degré de sensibilité, les gardes sont d'ailleurs effectuées par un, deux, trois, voire parfois plus, fonctionnaires de police. L'action de ces services est renforcée par des unités spécialisées, je pense au Laboratoire central, je pense à des équipes cynophiles. Sur l'ensemble des autres sites, les effectifs de police ont reçu l?instruction de renforcer leur surveillance par des rondes et patrouilles, par des prises de contact régulières avec leurs responsables. Deux éléments pour être tout à fait complet et pour terminer. D'abord, la P.P. assure une veille permanente sur, notamment, les sites Internet, de manière à détecter toute infraction à caractère antisémite qui serait commise par cette voie, afin que les poursuites adéquates soient engagées. La P.P. - c'est la Direction du renseignement - assure également une présence forte et mobilise un nombre important de fonctionnaires pour déceler toutes les menaces éventuelles, notamment les menaces terroristes, sur le ressort de la capitale et de l?agglomération parisienne, et je peux vous assurer que le moindre signal faible fait l'objet d'un examen tout particulier en cette période. Deuxième complément pour terminer, les fonctionnaires de la P.P., du point de vue judiciaire cette fois-ci, apportent un soin tout particulier aux procédures relatives à des agressions dont on peut supposer qu'elles présentent un caractère antisémite, l?ensemble de ces agressions nous étant, d?ailleurs, systématiquement et immédiatement signalé. Vous le voyez, Madame, la Préfecture met absolument tout en ?uvre et continuera à mettre tout en ?uvre, en lien avec les représentants de la communauté juive, pour que les Parisiens de confession juive mais au-delà, d'ailleurs, l'ensemble des Parisiens qui souhaitent pratiquer leur culte librement, puissent continuer à le faire sans inquiétude et en toute sécurité. Il en va évidemment de la préservation d'une liberté fondamentale et essentielle garantie par la République française.

M. Julien BARGETON, adjoint, président. - Madame ASMANI, devant ces explications, retirez-vous votre v?u ?

Mme Lynda ASMANI. - Oui. Merci, Monsieur le Préfet. Monsieur le Maire, je suis évidemment satisfaite et je remercie la Préfecture pour la transparence des informations ; évidemment, nous retirons le v?u.

M. Julien BARGETON, adjoint, président. - Je vous remercie.