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Octobre 2012
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2012 DJS 235 - Subvention (607.315 euros) et convention avec le Paris Handball au titre de la saison sportive 2012-2013.

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2012


 

M. Julien BARGETON, adjoint, président. - Nous examinons le projet de délibération DJS 235 accordant une subvention et convention avec le Paris Handball. La parole est à M. Sylvain GAREL, pour un maximum de 5 minutes.

M. Sylvain GAREL. - Je vais essayer d'économiser notre temps.

Le Paris Handball est un club qui va recevoir, si par malheur on vote ces deux subventions, 900.000 euros : d'une part, une subvention de 600.000 euros et une offre de billetterie d'environ 300.000 euros, puisqu'il y a une part variable de plus ou moins 20.000 euros dans la subvention qui nous est proposée.

Je vous rappelle que Paris Handball a les mêmes propriétaires que le PSG et que c'est le groupe du Qatar, Sport investissement, qui est propriétaire de ce club, et le moins que l'on puisse dire est que ces propriétaires ont de gros moyens, puisqu'ils ont dépensé pas moins de 145 millions d'euros pour acheter des joueurs de football cet été, d'après certains journaux sportifs.

Donc j'imagine que nos 900.000 euros, qui représentent une espèce de pourboire qu'on leur donne, n'ont pas une utilité absolue pour la poursuite de leurs activités. Et comme l'argent est rare en ce moment, je pense qu'il pourrait être donné à d'autres personnes, en particulier au sport amateur qui a souvent beaucoup de difficultés, lui, à exister et à pouvoir travailler dans de bonnes conditions, simplement pour déplacer des joueurs, acheter des maillots, des ballons ou entretenir un stade. Je pense simplement que nous devrions nous abstenir de soutenir ce type de clubs sportifs professionnels ultra privilégiés, en rappelant aussi qu'en juillet, notre assemblée a décidé de quadrupler le tarif de location des équipements sportifs pour 1,6 million d'euros.

Là, on pourrait déjà récupérer presque 1 million d'euros. Avec ce que l'on pourra récupérer, je l'espère, en supprimant la subvention au PSG, nous pourrions éviter d'augmenter cette location d'équipements, simplement en supprimant la subvention à deux sports de milliardaires.

M. Julien BARGETON, adjoint, président. - Je vous remercie.

La parole est à M. ALPHAND, pour 5 minutes maximum.

M. David ALPHAND. - Merci, Monsieur le Maire.

Le handball, Monsieur GAREL, sport de milliardaires, là on repassera quand même ! Vous n'avez pas très bien conscience de la mesure de vos propos.

Puis je voulais vous dire aussi, Monsieur GAREL, je voulais également vous le dire, moi, je préfère les jeunes qui s'enthousiasment pour le sport, je préfère les jeunes qui pratiquent le sport quand ils le peuvent, je préfère les jeunes qui aiment se dépenser physiquement à ceux qui fument du cannabis ! Je vous le dis, Monsieur GAREL, parce que ce sont deux philosophies très différentes ! Oui, oui, oui, en termes d'éducation, Monsieur GAREL, on est très différent les uns des autres. Et cela apparaît, y compris sur des questions de subventions au handball !

M. Julien BARGETON, adjoint, président. - S'il vous plait, Monsieur GAREL. La parole est à l'orateur et à lui seul.

Monsieur ALPHAND, vous poursuivez.

M. David ALPHAND. - Alors précisément, Monsieur GAREL, on peut peut-être se retrouver sur la déontologie sportive. Et c'est aussi l'objet de mon intervention. Je le dis à M. VUILLERMOZ, je lui rappelle un rapport de la Chambre régionale des comptes d'il y a deux ans, portant sur les rapports entre la Ville de Paris et les clubs sportifs professionnels qu'elle subventionne. Et ce rapport de la Chambre régionale des comptes soulignait en particulier la faiblesse du contenu des conventions passées avec les clubs sportifs concernés. Alors, comme on sait, comme on connaît les problèmes très récemment rencontrés dans le domaine du handball, j'aimerais vous faire une proposition, Monsieur VUILLERMOZ, c'est d'assortir la subvention au club de handball, et plus généralement aux clubs sportifs subventionnés par la Ville de Paris, d'une charte de déontologie qui porte à la fois sur le respect de l'adversaire et sur le respect des règles du jeu, et également sur la question des paris sportifs. C'est un véritable risque aujourd'hui que court le sport professionnel et, de ce point de vue-là, je pense qu'avec M. GAREL on peut au minimum se retrouver sur la question. Je crois que la Ville de Paris s'honorerait à prendre des garanties en la matière, aussi bien en matière de handball, qu'en matière de football, qu'en matière de basket en particulier. Voilà la proposition que je vous fais, Monsieur VUILLERMOZ, qui peut s'appliquer dès cette année, ou dès ce mois même ou un peu plus tard, mais je crois que la Ville de Paris doit exercer un contrôle, jouer son rôle d'aiguillon - c'est le rôle de notre collectivité - en termes de respect des règles élémentaires de déontologie pour préserver le sport professionnel et plus généralement pour préserver l'éthique sportive.

Merci.

M. Julien BARGETON, adjoint, président. - Merci.

Je remercie les deux orateurs pour l'économie de moyens dont ils ont fait preuve, ils n'ont pas du tout utilisé leur temps de parole. Pour répondre, M. VUILLERMOZ.

M. Jean VUILLERMOZ. - Ecoutez, j'ai toujours les mêmes problèmes de différence politique avec Sylvain GAREL, c?est-à-dire que, moi, je n'oppose pas le sport de haut niveau et le sport de proximité. Tout le monde sait que le sport de haut niveau permet ou peut permettre à une grande partie des jeunes filles et des jeunes garçons de vouloir faire du sport. L'objet n'est pas de le mettre en opposition. Le problème de l'argent dans le sport, c'est une autre paire de manche. On est dans une société capitaliste, il y a évidemment beaucoup d'argent qui a pénétré le sport, tous les sports. Evidemment, c'est beaucoup plus important dans le football que dans les autres sports.

Dans le handball, les salaires des joueurs n'ont rien à voir avec les salaires des footballeurs, même peut-être avec les salaires des basketteurs, puisque le joueur qui touche le plus, doit percevoir autour de 10.000 euros par mois et 100.000 euros par an. C'est quand même dix fois moins ou cent fois moins que le footballeur.

Ni les salaires des joueurs, ni ceux des entraîneurs, ne sont à la même hauteur dans le handball que dans les autres sports. Là-dessus, je vais dans le sens de ce que disait M. ALPHAND.

Là où je ne vais pas dans le sens de ce que dit M. ALPHAND, c'est que, sur la subvention - je reviendrai après sur le marché de billetterie - Monsieur ALPHAND, vous devriez vous mettre en relation avec le président de votre groupe. En effet, tous les ans nous faisons une réunion qui permet d'établir si les conventions signées avec les clubs, ont été bien mises en ?uvre. Nous allons de plus en plus d'ailleurs vers des conventions qui ne sont plus pluriannuelles mais annuelles de façon à avoir une meilleure visibilité de ce qui se passe dans les clubs.

En ce qui concerne cette convention, je peux vous dire qu'elle s'établit sur la poursuite des actions en faveur de la formation des jeunes joueurs et des joueurs de l'équipe professionnelle. Dans le cas des équipes de handball, il faut, je pense, si l'on veut être sérieux, assurer le suivi professionnel après la fin de la carrière du joueur, puisque justement celui-ci n'a pas eu l'occasion, comme dans d'autres sports, d'amasser suffisamment d'argent pour assurer la suite de sa vie.

Ensuite, nous avons prévu dans cette convention de poursuivre l'activité de l'école de handball, puisqu'à côté du club professionnel, il y a beaucoup d'équipes amateurs, filles et garçons, qui obtiennent de très bons résultats. C'est donc prévu dans la convention que nous signons avec le club : il y a la participation des équipes du club aux compétitions de différentes catégories d'âge dans la ville, et enfin la participation aux animations sportives de la Ville, et notamment les O.M.S.

Cette convention que nous signons, Monsieur ALPHAND, n'est pas seulement sur le club professionnel, mais elle est en relation avec toutes les actions que ce club doit mener. Evidemment, c'est le cas pour tous les autres clubs professionnels, mais en particulier pour le handball qui rend vraiment de très bons services à l'ensemble des Parisiennes et des Parisiens. Sur le marché de billetterie, Monsieur GAREL, je crois qu'il ne faut pas le mettre au même niveau - Monsieur GAREL, c'est moi qui parle - que la subvention, puisque ce marché de billetterie va servir principalement pour acheter des billets, pour que l'ensemble des gamins et gamines et personnels éventuellement de la Ville puissent bénéficier de places pour aller voir les matchs. Il est vrai que, cette année, la situation du handball parisien va être nettement meilleure que les autres années, puisque vous savez que, les autres années, le club avait fini l'année avec un déficit de 300.000 euros, puis cette année de 800.000 euros. C'est pour cela que M. le président ONILLON est allé voir les Qataris, qui ont racheté le club. Je voudrais aussi vous dire que quand nous avons signé cette convention, nous l'avons signée avec le nom du Paris-Hand, et non pas avec le Paris Saint-Germain. Voilà ce que je voulais vous dire sur ce projet de délibération.

M. Julien BARGETON, adjoint, président. - Merci pour tous ces éléments.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DJS 235.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2012, DJS 235).