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Octobre 2012
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Examen des questions d'actualité. I - Question d'actualité du groupe "Union des démocrates et indépendants" sur le Grand Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2012


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je pense que c'est d?abord Mme SACHS qui nous interroge sur ce qu'elle veut.

Mme Valérie SACHS. - Merci, Monsieur le Maire.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous sommes là à vos côtés, parce que je vois que votre groupe n'est pas très mobilisé pour vous soutenir.

Mme Valérie SACHS. - Je le représente à moi toute seule, ça va !

Mes chers collègues, vous connaissez l'implication de notre famille politique dans le projet du Grand Paris depuis son origine grâce à l'impulsion et l'obstination de Christian BLANC.

Vous savez combien notre groupe, au Conseil de Paris, a soutenu et voté les initiatives de Paris.

Vous reconnaîtrez comme moi que le futur du Grand Paris est trop important pour la France et notre économie pour le réduire à un affrontement de clivages partisans.

Or, l'avenir de ce dossier, projet présidentiel par excellence, devait être assuré d'une absolue continuité car en matière d'attractivité, la sécurité politique et juridique est le critère fondamental qui garantit l'investissement dans le temps. Or, il n'en est rien.

Nous partons du constat évident que l'aménagement urbain n'a de sens qu?en lien avec le transport. Or nous constatons que, de fait, se dessine un Yalta métropolitain entre les deux acteurs majeurs du Grand Paris : Paris et la Région.

A Paris les grands projets architecturaux ; à la Région, la responsabilité du Grand Paris Express. Prendre le risque de séparer urbanisme et transport serait pour nous une faute politique, un constat d?échec.

Monsieur le Maire, le Gouvernement, votre majorité, vous-mêmes, êtes en train de perdre la vision d'ensemble en rejetant la vision d'origine mais sans y apporter une réflexion nouvelle.

La phrase maladroite de Cécile DUFLOT de ne pas faire du Grand Paris un Dubaï-sur-Seine renforce nos craintes. Si le Ministre en charge refuse la dimension d'attractivité internationale, alors le projet sera dénaturé.

Christian BLANC souhaitait garantir la société du Grand Paris contre les arbitrages politiques et budgétaires. La non-inscription du milliard d?euros dans les projections budgétaires 2013 est un sujet de mécontentement bien que la société du Grand Paris ait les moyens d?engager les enquêtes publiques et les premiers travaux. Comme le reconnaît Mme DUFLOT, l?échéance est 2015, date à laquelle la société du Grand Paris aura recours à l?emprunt.

Plus que l'aspect comptable, c'est le symbole qui est tragique.

Premièrement, c'est l'affirmation de vouloir rompre à tout prix avec l'ère de Nicolas SARKOZY, même s'il n'existe pas de plan B - encore une fatalité socialiste. Mais c'est aussi la volonté de faire comprendre à la société du Grand Paris qu?on limite désormais sa marge de man?uvre. Le Gouvernement prétend que le coût du projet serait à revoir, Mme DUFLOT déclarant que le budget a été visiblement sous-évalué par le Gouvernement précédent alors que nous savons tous que pour l'instant, la société du Grand Paris travaille au rythme prévu. Vous avez récemment déclaré que le Gouvernement précédent n'avait pas abouti dans toutes les études nécessaires et qu'il était donc normal d?en demander des complémentaires. Or, il serait bon de reconnaître que les études de la société du Grand Paris avancent sérieusement, et au rythme prévu par l'équipe BLANC. Si le tracé et l'implantation des gares sont confirmés, que pensez-vous de la tentation du Ministre d'étaler le Grand Paris ? Quelle est la position de Paris sur le séquencement du projet et l'ordre de priorité qui semblent retenus ?

M. LE MAIRE DE PARIS. - Il serait gentil de conclure, Madame.

Mme Valérie SACHS. - Enfin, quid des liaisons aéroports ?

L'épisode du milliard occulte l'ouverture du débat public sur la gouvernance, qui est le n?ud gordien dans la réussite ou l?échec à terme du Grand Paris.

Aussi, je répète notre opposition à votre proposition de transformer "Paris Métropole" en confédération métropolitaine. Mais avons-nous tous toujours l'ambition de simplifier le millefeuille administratif de la région capitale ?

Aujourd'hui, la place faite aux élus parisiens d?opposition est marginale. Vous avez supprimé la commission "Paris Métropole" et nous n'accepterons pas que ce thème soit d'office préempté par votre majorité pour asseoir la campagne municipale de votre successeur.

Évitons que le Grand Paris ne fasse sien l?interrogation perfide de Kissinger : "Grand Paris, quel numéro de téléphone ?" Aussi, j'invite Paris et ses élus à reprendre la main face au flottement et à l'amateurisme du nouveau Gouvernement. Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Ce n'est pas possible de dépasser à ce point. Je le dis à tous ceux qui vont vous succéder. Je ne l?accepterai pas. Pierre, il faut tenir dans les trois minutes. Vous avez la parole.

M. Pierre MANSAT, adjoint. - Ma réponse sera brève puisque l?essentiel de la question de Mme SACHS a porté sur le milliard, et c'est mon collègue Julien BARGETON qui répondra à cette question sur une autre question d'actualité.

Je rappellerai simplement deux points et donnerai une précision à Mme SACHS.

Tout d?abord, le Président de la République, en visite à l'Hôtel de Ville de Paris et dans son premier discours le jour de son investiture, rappelait la nécessité de faire émerger une métropole dynamique et durable s'appuyant sur les exigences des élus. C'est bien là le changement fondamental avec la période précédente : nous passons d?un projet conçu dans des cabinets ministériels à un projet qui partira de la volonté des élus de la Métropole. C'est bien la question majeure qui nous était posée. C'est à partir de là, d'ailleurs, que "Paris Métropole", ce rassemblement un peu exceptionnel de 200 élus de toutes tendances politiques, a décidé de lancer tout un débat public à l'échelle métropolitaine. C'est dans ce cadre d'ailleurs que, ce soir, nous tiendrons un débat à la mairie du 4e avec Anne HIDALGO et le Maire de Paris sur ces enjeux de la gouvernance métropolitaine.

La commission "Paris Métropole" n'a pas été supprimée, elle est d?ailleurs convoquée pour le mois de novembre. Les convocations sont parties la semaine dernière. Voilà, Monsieur le Maire, ce que je pouvais répondre à cette question d'actualité.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je vous remercie beaucoup, d'autant que nous reviendrons sur l'aspect transport à l'occasion d'une question posée par le groupe U.M.P.P.A.