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Octobre 2012
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Vœu déposé par le groupe Communiste et élus du Parti de Gauche relatif au bizutage en milieu étudiant.

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2012


 

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Le v?u n° 67 est relatif aux bizutages en milieux étudiants. Je donne la parole au toujours étudiant Ian BROSSAT. Monsieur BROSSAT, le bizutage. Une minute pour le bizutage.

M. Ian BROSSAT. - Merci. Comme vous le savez, le bizutage est une plaie et il convient de lutter contre le bizutage, en particulier dans les grandes écoles et notamment dans les grandes écoles parisiennes qui sont particulièrement concernés par ce phénomène. Phénomène qui se pose partout en France d?ailleurs puisqu'à Lille, il y a encore quelques semaines, des événements particulièrement inquiétants ont eu lieu dans ce domaine. C'est la raison pour laquelle nous demandons que la Ville puisse s'adresser au bureau des élèves des grandes écoles parisiennes, afin de rappeler au Bureau des élèves que la loi s'applique dans ce domaine et lutter ainsi contre le bizutage.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Je donne la parole à M. GUILLOT qui va répondre.

M. Didier GUILLOT, adjoint. - Monsieur BROSSAT, cher Ian, mes chers collègues, vous nous alertez sur la persistance des pratiques de bizutage dans le milieu étudiant, malgré la condamnation pénale.

Il est évident, pour l?Exécutif municipal, que ces pratiques dignes d'un autre temps doivent être condamnées. Au-delà même de la gravité des actes, l'intégration dans un corps social - c'est bien de cela dont il s'agit, ce sont en tout cas les justifications que les auteurs des bizutages avancent - ne se décrète pas et ne se force pas.

La Ville de Paris, par le biais de sa politique de vie étudiante, travaille depuis longtemps l'accueil des étudiants. C'est une question sérieuse. Forcer un étudiant à subir ou à commettre des actes humiliants n'est pas un acte d'intégration. Forcer un étudiant à boire lors d'une soirée d'accueil non plus, c'est humiliant. Ces actes sont pénalement répréhensibles et je me félicite que Ségolène Royal les ait fait interdire en 1998 alors qu'elle était Ministre déléguée à l'Enseignement scolaire du gouvernement de Lionel Jospin.

Pour autant, quatorze ans après le vote de cette loi, certaines de ces pratiques perdurent, et vous nous avez cité quelques récents exemples qui nous ont tous émus.

Les politiques parallèles de prévention restent donc nécessaires. La Ville de Paris, par exemple, ne finance aucune soirée étudiante par le biais des subventions aux associations. Elle met par ailleurs à disposition des kits de prévention contre le "binge drinking" et l'abus d'alcool.

Enfin, lorsque les fonds de solidarité et de développement des initiatives étudiantes (FSDIE) des universités attribuent des subventions pour des soirées étudiantes, les représentants de la Ville de Paris demandent toujours que soit mise en place la prévention contre les conduites à risque.

Au-delà, il faut continuer à encourager les victimes de ces pratiques à porter plainte. Je veux d'ailleurs ici saluer l'étudiant de l'université Paris Dauphine, l'année dernière, qui a su trouver le courage de le faire, ainsi que le président de l'université, Laurent BATSCH, qui l'a soutenu dans cette démarche et a su prendre les mesures qui s'imposaient, de manière très ferme, pour sanctionner les auteurs de ces faits. Je donne donc un avis très favorable à ce v?u. Même si les écoles de la Ville de Paris n'ont pas été mises en cause dans de telles pratiques, je tiens à le préciser ici, j'adresserai volontiers à titre préventif un rappel des peines encourues en qualité d'organisateur de soirées aux Bureaux des élèves de ces écoles. Et nous nous associerons à la demande de mise en place d'une campagne nationale de sensibilisation sur le bizutage auprès de la Ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche. Je vous remercie.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci, Monsieur.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u avec un avis favorable.

Qui est pour ?

Contre ? Abstentions ?

Le v?u est adopté. (2012, V. 194).