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Novembre 2012
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Conseil Général
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° 1 à convention avec l'association "Coordination Toxicomanie" (18e).

Débat/ Conseil général/ Novembre 2012


 

M. Christian SAUTTER, président. - Nous arrivons au projet de délibération DASES 479 G : subvention et avenant n° 1 à la convention avec l'association "Coordination Toxicomanie" domiciliée dans le 18e arrondissement.

C'est Mme DUBARRY qui interroge M. LE GUEN.

Madame DUBARRY, vous avez la parole.

Mme Véronique DUBARRY. - Merci, Monsieur le Président.

Je ne vous ferai pas l'affront de présenter l'association avec laquelle la collectivité parisienne travaille maintenant depuis des années. Non seulement tout le monde est censé connaître cette association et, pour ceux qui ne la connaîtraient pas, je vous invite fortement à lire le projet de délibération qui présente en long, en large, en travers et dans le détail l'ensemble des activités de la "Coordination Toxicomanie", 10e, 18e, 19e arrondissements, puisque c'est sur ces trois arrondissements qu'elle intervient maintenant.

Je voudrais, en revanche, revenir sur ce sujet qui a beaucoup agité la presse, en tout cas les médias d'une façon générale, et qui s'appelle les salles de consommation à moindre risque.

Nous avons eu ici même, il n'y a pas si longtemps, un long débat. Débat qui arrivait après un long temps d'étude et de travail collectif, auquel tous les groupes de ce Conseil ont participé. Il me semblait que nous avions tiré, appris un certain nombre de leçons sur la façon dont devait s'installer une salle de consommation à moindre risque, ce qu'elle apportait, et là je crois que tout le monde était d'accord et cela rejoint en partie ce projet de délibération, à savoir un mieux-être et un suivi sanitaire et social pour les usagers, c'est une chose, mais aussi un accompagnement et une médiation pour les riverains.

Et il me semblait que nous avions retenu, je le redis, un point important de ces travaux que nous avons menés ensemble, qui était que si une salle de consommation doit être installée quelque part, cela s'accompagne, cela se travaille ; c'est un travail délicat, long, partenarial, et c'est en tout cas un travail qui ne passe pas par des grandes déclarations dans la presse de ci, de là, avec des adresses qui sont jetées en pâture aux riverains. Loin de rassurer ces mêmes riverains et loin de mettre en place l'ensemble du dispositif, elles ne font au contraire qu'aviver un débat, aviver une blessure plutôt, lancer un débat sur de mauvaises bases et dans de très mauvaises conditions.

Je voulais simplement redire, à la fois mon souhait, le souhait de mon groupe, de voir une de ces structures, plusieurs de ces structures, s'ouvrir à Paris, et je voulais attirer notre attention collective sur le fait que cela ne pouvait pas se passer n'importe comment, cela ne pouvait pas se faire ni dans la précipitation, ni dans l'invective, ni dans l'instrumentalisation comme c'est le cas aujourd'hui. Cela doit se faire sereinement, collectivement, cela doit se préparer par des réunions publiques, par des explications pédagogiques.

Je crois que nous sommes loin de tout cela et qu'il est temps pour la collectivité parisienne, pour l'ensemble des élus des arrondissements concernés puisqu'on sait aussi - c'est aussi l'un des héritages de ce travail que nous avons mené ensemble - que ces salles de consommation doivent être installées là où il y a des scènes. Et le travail de la coordination "Toximanie 18" nous dit où elles sont, comment elles évoluent et nous devons donc nous reposer là-dessus.

Et nous devons nous reposer aussi sur les riverains pour leur expliquer. Je pense qu'un certain nombre d'entre eux sont déjà convaincus, non seulement de la nécessité d'ouvrir ce type de structures mais aussi qu'il ne faut pas les prendre "pour des imbéciles", au contraire nous devons nous appuyer sur l'expertise qu'ils ont de leur quartier, des rues dans lesquelles ils croisent des toxicomanes ou pas. Bref, c'est utiliser ce savoir-faire, cette intelligence et cette expertise et pas l'instrumentaliser et la retourner contre ces projets.

Je réinsiste aussi sur le fait que, si nous voulons que cela ne marche pas, il est clair qu'il ne faut en ouvrir qu'une et qu'il faut l'ouvrir dans les conditions de ce débat faussé. Je souhaite, nous souhaitons, nous l'avons dit et il me semblait que c'était quelque chose de collectif et de partagé, nous souhaitons que cela fonctionne. Donc ouvrons-en plusieurs et faisons-le dans de bonnes conditions, c?est-à-dire avec un débat préparé et pas la veille ou l'avant-veille en disant : ça y est, on a trouvé une adresse, on ouvre une structure !

Je nous invite collectivement à un peu plus de sens des responsabilité, de sérieux dans cette affaire qui l'est et qui nécessite un débat le plus large possible et pas seulement par presse interposée. Je vous remercie.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Madame DUBARRY. Je donne la parole à M. Jean-Marie LE GUEN, adjoint à la santé.

M. Jean-Marie LE GUEN. - Je ne peux qu'approuver ce qu'a dit Mme Véronique DUBARRY, car il ne suffit pas simplement d'afficher un certain nombre de priorités, il faut ensuite avoir la volonté et la capacité de les mettre en ?uvre. De ce point de vue, l'ensemble des remarques de Mme Véronique DUBARRY, je les fais miennes.

Si vous le permettez, Monsieur le Président, juste pour compléter l'information de notre Assemblée, je voudrais lire quelques passages d'une information qui ne nous était pas parvenue jusqu'à présent et qui me semble importante.

Je vais donc lire une petite déclaration de la Ministre de la Santé.

"Il faut sortir de la vision caricaturale défendue par certains. En matière de prise en charge des usagers de drogue, la France s'est engagée depuis vingt-cinq ans dans une démarche de réduction des risques, il faut maintenant aller plus loin et lancer sur les sites sensibles des salles d'injection surveillées improprement appelées "salle de shoot".

Les détracteurs de ces structures les présentent comme des bars à "came" où tout un chacun pourrait se droguer en toute impunité. Cette vision caricaturale destinée à effrayer le public ne reflète en rien la réalité du dispositif. Les avantages en termes d'ordre public sont également démontrés. Dans certains secteurs, les usagers de drogue se regroupent (gares, squats, etc.) et sont à l'origine de nuisances (bagarres, bruit, seringues abandonnées). L'installation d'une salle d'injection pacifie les relations de voisinage, d'autant qu'un régulateur est dédié à un rôle de médiation pour éviter toutes incivilités.

Dans ce cadre, l'appui des collectivités locales est indispensable aux côtés des professionnels de santé et des travailleurs sociaux pour mener les concertations et la pédagogie indispensables.

Il est intéressant d'ailleurs de constater qu'en Suisse un référendum visant à interdire ces structures a été repoussé à 70 %, montrant bien l'adhésion de la population à une démarche de santé publique. S'il est un sujet où l'esprit partisan peut et doit s'effacer au bénéfice mutuel des usagers et de leurs proches, c'est bien la promotion de la santé publique."

Cette déclaration était celle de la Ministre de la Santé, simplement, c'était celle du Gouvernement précédent, Mme Roselyne BACHELOT.

Donc, je crois que, à nos collègues qui, en ce moment, sont en pleine réflexion, je peux faire parvenir, s'ils le souhaitent, la déclaration de Mme Roselyne BACHELOT, cela pourra en ce moment de débat leur aérer un peu les méninges et modérer peut-être un certain nombre de leur prises de position.

Merci.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Monsieur LE GUEN, pour ce rappel historique lui aussi.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 479 G.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

Une explication de vote de M. GABORIAU.

M. Pierre GABORIAU. - Juste pour dire que le groupe U.M.P.P.A. vote ce projet de délibération, sans se joindre en aucun cas à l'intervention de M. LE GUEN qui n'avait rien à voir avec ce projet de délibération. Nous le remercions de ses conseils mais nous souhaitons qu'il s'abstienne à l'avenir.

Merci.

M. Christian SAUTTER, président. - Chers collègues, nous sommes déjà un peu en retard.

Donc le projet de délibération est adopté à l'unanimité. (2012, DASES 479 G).