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Novembre 2012
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Conseil Général
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Vœu déposé par le groupe PCF/PG relatif aux biffins et revendeurs de rue d'objets issus de la récupération. Vœu déposé par l'Exécutif.

Débat/ Conseil général/ Novembre 2012


 

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Les v?ux nos 14 G et 14 G bis sont relatifs aux biffins et revendeurs de rue d'objets issus de la récupération.

La parole est à Mme Danielle SIMONNET, pour une minute.

Mme Danielle SIMONNET. - Mes chers collègues, avec les politiques d'austérité qui vont être menées nationalement, il faut être conscient qu'il va y avoir de plus en plus de vendeurs et d'acheteurs sur les marchés informels dans le Nord et le Nord-Est parisien.

A travers ce v?u, nous souhaitons exprimer que le projet spécifique de recyclerie expérimentale du quartier de la porte de Montreuil, dans le 20e arrondissement, avec l?association "Emmaüs Coup de Main", un projet d'entreprise d'insertion qui va avoir pour objectif d'intégrer des revendeurs de rue et qui se conçoit comme une réponse parmi d'autres au service de la régulation de l'espace public, en faveur de la valorisation sociale écologique d'objets auxquels on souhaite donner une seconde vie au travers du développement d'une économie du recyclage, est évidemment un projet à soutenir.

Maintenant, soyons conscients que ce projet, en mettant à disposition seulement une trentaine de contrats d'insertion, qui certes ont vocation à accueillir bien plus que 30 personnes, risque d'avoir un impact tel une goutte d'eau sur la situation et qu'il nous semble donc important de faire évoluer ce projet, en permettant notamment de créer un espace de vente directe en circuit court, pouvant contribuer concrètement à désengorger les marchés existants, en collaboration avec les associations de biffins, telles que "Sauve qui peut" et "Amélior".

Nous demandons qu'enfin l'étude réalisée par l'association "Aurore" sur les revendeurs de rue soit rendue publique, puisque nous l'attendons depuis plus d'un an et qu'elle a été d'ores et déjà bien financée par le Conseil régional.

Nous souhaitons aussi qu'avec cette étude, nous puissions enfin recommencer les concertations, tant au niveau parisien impliquant les mairies d'arrondissement concernées, qu'au niveau régional et francilien, pour que les expériences que nous avons déjà développées telles que le Carré des Biffins à la porte de Montmartre ou encore les 50 places dédiées à la vente d'objets de récupération au sein du marché aux puces de la porte de Vanves, ou bien aussi toutes les expérimentations menées par des associations d'intégration de biffins dans les vide-greniers, que toutes ces multitudes de solutions soient enfin encouragées et développées, parce qu?il nous semble important de sortir du statu quo.

Vous le savez comme moi, la répression ne règle rien, au contraire, il y a une situation extrêmement grave, subie non seulement par les riverains, mais aussi par les biffins, et il est important de résoudre cette question avant qu?il ne soit trop tard et que l'exaspération de certains riverains ne se traduise en événements comme nous avons pu en voir à Marseille sur d'autres sujets.

Vous savez que le racisme anti-pauvres, hélas, en ces périodes de crise, si les collectivités ne réagissent pas, est une menace réelle.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Mme Olga TROSTIANSKY a la parole.

Mme Olga TROSTIANSKY, vice-présidente. - Madame la Présidente, le v?u présenté par Mme SIMONNET et son groupe fait largement écho à celui que vous avez présenté, Madame SIMONNET, lors du Conseil de juillet dernier, auquel j'avais déjà apporté beaucoup de réponses.

Je voulais redire, Madame la Présidente, que ce sujet est très complexe. Depuis plusieurs années, nous travaillons à imaginer, à mettre en place des dispositifs permettant d'encadrer cette activité, tout en répondant à la demande légitime des riverains de bénéficier d'un usage normal de l'espace public. Plusieurs dispositifs différents sont déjà en place ou en cours de réalisation. Ils ont tous été réfléchis en fonction des spécificités des lieux de présence des vendeurs à la sauvette dans les arrondissements et demandent encore à être évalués. Vous souhaitiez avoir des informations sur le projet "Coup de Main", que je vous donne bien volontiers. Le permis de construire concernant l'espace d'apport volontaire sur le terre-plein de la porte de Montreuil a été obtenu le 18 octobre. Les travaux devraient débuter en janvier. Pour ce qui concerne la boutique rue Saint-Blaise, elle fonctionne bien, les associations et les riverains l'ont plutôt bien accueillie. Elle sert aussi pour le moment de lieu d'apport volontaire pour les habitants et propose des objets à des prix très modestes. A terme, un espace de vente directe permettra aux vendeurs à la sauvette et aux acheteurs d?y développer leurs activités en toute légalité, en lien avec les associations "Amélior" et "Sauve qui peut". L?association a des pistes pour l'entrepôt destiné à l'activité de recyclage. Par contre, votre v?u porte également sur l'abrogation de certaines mesures de la loi Lopsi 2 sur la fin des mesures transitoires pour les Roumains et les Bulgares. Je voulais simplement vous rappeler que le Gouvernement a d'ores et déjà quasiment doublé la liste des métiers ouverts à ces ressortissants, qui passent de 150 à 291, mais il y a évidemment une partie de ce que vous dites sur laquelle je partage vos préoccupations. Je voulais vous proposer de retirer votre v?u, parce que cela va vraiment au-delà des compétences de la collectivité parisienne, et vous proposer de voter le v?u sur les compétences parisiennes. Il y a une partie parisienne et une partie nationale, je propose à Mme SIMONNET et à son groupe de voter le v?u de l'Exécutif qui reprend largement une grosse partie des v?ux présentés par Mme SIMONNET.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Madame SIMONNET, acceptez-vous le v?u de l'Exécutif en remplacement de votre v?u ?

Mme Danielle SIMONNET. - Dans le v?u de l'Exécutif, un point me pose énormément problème, en une seconde : il n'est pas suffisamment fait de distinction entre la répression par les forces de police, qui est nécessaire à l'encontre des revendeurs de produits alimentaires et de produits issus du recel, et la répression qui nous semble totalement injuste en direction des chiffonniers et des revendeurs.

Nonobstant ce point problématique, il me semble qu'il y a une avancée conséquente à travers le v?u de l'Exécutif, qui est la reconnaissance de l'évolution nécessaire du projet de la ressourcerie à travers cet espace de vente directe et la volonté affichée que l'on progresse dans le développement de solutions alternatives, à l'image de ce que nous avons fait à travers ces autres propositions. Nous acceptons donc de retirer notre v?u et de souscrire à celui de l'Exécutif.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Merci.

Explication de vote de Mme MONTANDON. Vous avez la parole, Madame.

Mme Valérie MONTANDON. - Merci, Madame la Présidente.

Le v?u n° 14 bis va en effet dans le bon sens, mais nous vous rappelons que déjà depuis plus de trois ans et demi, le secteur de la porte de Montmartre est le carrefour, comme vous l'avez dit en effet, de vente illégale de denrées alimentaires périmées, mais surtout - et c?est beaucoup plus grave - de médicaments, de faux médicaments qui mettent en danger la santé des habitants.

M. Pierre-Yves BOURNAZEL, élu du 18e arrondissement, avait soutenu la mise en place du dispositif de Carré aux biffins et ne cesse de rappeler que les habitants vivant entre le boulevard des Maréchaux et les périphériques, comme ceux de la porte de Montmartre, ne doivent pas être considérés comme des Parisiens de seconde zone et méritent en effet une amélioration réelle de leur environnement.

Nous espérons que ce v?u se traduira par des résultats visibles sur le terrain. Merci.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Je mets aux voix, à main levée, le v?u bis déposé par l'Exécutif.

Qui est pour ? Qui est contre ?

Abstentions ?

Le voeu est adopté. (2012, V. 57 G).

2012 DJS 7 G - Subventions et conventions (56.000 euros) avec cinq associations gestionnaires de foyers de jeunes travailleurs