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Juillet 2004
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22 - Vœu déposé par MM. Gilles ALAYRAC, Jean-Bernard BROS et les membres du groupe socialiste et radical de gauche à M. le Maire de Paris relatif à la nomination d'un référent spécialisé sur les questions sectaires au sein de la Ville de Paris

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2004


M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Nous allons maintenant aborder le v?u référencé n° 1 dans le fascicule qui est relatif à la nomination d'un référent spécialisé sur les questions sectaires au sein de la Ville de Paris. C'est M. Gilles ALAYRAC qui l'a déposé avec M. BROS et les membres du groupe socialiste et radical de gauche.
Je donne donc la parole à M. ALAYRAC pour présenter ce v?u et Mme HIDALGO donnera le point de l'Exécutif.
M. Gilles ALAYRAC. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, la Ville de Paris s'est engagée dans une véritable mobilisation en vue de mieux informer nos concitoyens et de les protéger à l'égard de l'action prosélyte et nocive des mouvements sectaires qui sont à Paris de plus en plus audacieux dans leurs actions et leur propagande. Ces mouvements, nous le savons, avancent masqués derrière des causes très consensuelles : l'enseignement de la musique, de la philosophie, le soutien scolaire, l'éveil à la nature, la lutte contre les drogues.
Le Comité de pilotage municipal que préside Mme HIDALGO, le soutien aux associations, la mise en place d'une plaquette pour le personnel de la Mairie et le partenariat avec le Préfet de Paris témoignent, je crois, de la prise en compte par notre collectivité de la dangerosité du phénomène sectaire.
Les associations spécialisées sont les mieux placées pour lutter contre la manipulation mentale, défendre la famille et l'individu. En effet, parce qu'elles viennent en aide aux victimes, qu'elles travaillent en réseau, qu'elles recueillent les plaintes et les souffrances, elles sont en première ligne de cette action, et ce sont vers elles qu'il faut diriger nos efforts.
Lorsqu'elles apprennent une action quelconque émanant d'un groupement sectaire, ce sont ces associations qui ont besoin d'avoir un interlocuteur administratif unique et valable.
Je peux citer des cas où des associations m'ont dit avoir eu connaissance d'une demande de permis de construire d'une secte pour installer son local, d'une demande de réservation d'un amphithéâtre dans un grand hôpital parisien, d'une demande de visite d'un musée municipal et bien d'autres cas encore où les associations ont eu besoin d'un interlocuteur auprès de la Ville qui puisse soit empêcher l'action prosélyte, soit orienter l'information tant qu'il est temps vers le bon service.
Il est donc proposé par ce v?u de nommer un référent au sein des services de la Ville, chargé de jouer ce rôle d'interlocuteur compétent et formé, pour les associations spécialisées. En effet, mes chers collègues, la protection des victimes, l'alerte, l'information, la connaissance de ce milieu trouble nécessitent le discernement convenable nécessaire afin de prévenir, de mettre en garde, sans attiser les peurs mais sans non plus sous-estimer ce phénomène.
Je vous remercie.
M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Monsieur ALAYRAC.
Mme HIDALGO donne la position de l'Exécutif sur ce v?u.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe. - Merci, Monsieur le Maire.
Je voudrais remercier l'ensemble des groupes qui participent au Comité de pilotage pour la lutte contre les mouvements sectaires, dont nous savons qu'ils prolifèrent à Paris.
Nous avons mis en place un groupe avec, d'ailleurs, des représentants de l'Etat, avec les représentants des services municipaux et avec les associations. Il existe aujourd'hui quatre associations qui travaillent en ce sens sur Paris.
Nous nous sommes engagés au sein de ce Comité, et Gilles ALAYRAC l'a rappelé, à mettre en place, à créer un référent qui, au-delà du pilotage que j'assure sur un plan politique, serait un référent administratif au sein de la Ville qui, coordonnerait l'action des nos services.
De fait, le Secrétariat général assure aujourd'hui cette fonction. Mais aujourd'hui, nous ne sommes pas en mesure de donner le nom de référent puisqu'il faut que ce soit un fonctionnaire volontaire pour conduire cette action. Ce n'est pas une action que l'on conduit de façon tout à fait anodine et anonyme, puisque nous savons que les sectes, dès lors qu'elles repèrent quelqu'un qui, dans une administration, dans une responsabilité publique, lutte contre elles, les sectes exercent des pressions très fortes pour dissuader les personnes de lutter contre les mouvements sectaires.
Nous ne sommes donc pas encore aujourd'hui en mesure de dire quel sera le dispositif administratif pérenne. Nous travaillons à cela. Je suis donc d'accord avec le v?u, j'émets un avis favorable, mais sans pouvoir aujourd'hui apporter une réponse plus précise que cela. Simplement, dans les semaines qui viennent, dans les mois qui viennent, j'espère que nous aurons un fonctionnaire volontaire pour assumer, de préférence au sein du Secrétariat général, la coordination administrative de la lutte contre les phénomènes sectaires.
M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Madame HIDALGO.
Je mets aux voix, à main levée, ce v?u avec un avis favorable de l'Exécutif.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Qui s'abstient ?
Le v?u est adopté. (2004, V. 147).