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Juillet 2004
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71 - 2004, DPA 200 - Transformation du site des anciennes Pompes funèbres de Paris situées 104, rue d'Aubervilliers (19e) en bâtiment à vocation culturelle. - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer un marché de maîtrise d'oeuvre faisant suite à une procédure de marchés de définition simultanés

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2004


M. Alain LHOSTIS, adjoint, président. - Nous passons à l'examen du projet de délibération DPA 200 concernant la transformation du site des anciennes Pompes funèbres de Paris situées 104, rue d'Aubervilliers dans le 19e en bâtiment à vocation culturelle. Autorisation à M. le Maire de Paris de signer un marché de maîtrise d'?uvre faisant suite à une procédure de marchés de définition simultanés.
M. Jean VUILLERMOZ va nous parler des Pompes funèbres d'antan.
M. Jean VUILLERMOZ. - Non, je ne parlerai pas des Pompes funèbres d'antan. Mais comme ce projet de délibération visait à autoriser la signature d'un marché de maîtrise d'?uvre avec le groupement constitué autour de l'atelier "Novembre", et à déposer les permis de construire et de démolir de l'opération, je voudrais à ce sujet réaffirmer un certain nombre de principes qui nous sont chers.
Je crois qu'il faut, premièrement, bien voir la vocation du 104 qui doit être le moteur du travail de questionnement du territoire par l'art. Il permettra un va-et-vient permanent qui contribuera à inventer l'avenir de la Cité. Il faut avoir pour ce projet l'ambition de réaliser un lieu de culture vivante du XXIe siècle correspondant à une nouvelle génération d'équipements artistiques et culturels dont le dialogue entre l'art, les pratiques culturelles et les territoires doit être permanent.
Cette ambition, à notre avis, doit reposer sur trois objectifs :
- premièrement, sa dimension territoriale : faire un signe fort aux habitants du quartier, aux Parisiens du Nord-est et de tout Paris, et avoir un rayonnement régional, national et international ;
- deuxième idée, la pluridisciplinarité culturelle et artistique. Associer danseurs, plasticiens, musiciens, artistes de rue, designers, comédiens, créateurs d'images, paysagistes pour ?uvrer à des projets communs selon des durées variables ;
- troisième idée, il me semble qu'il faut développer des activités économiques, mais avec des événements divers.
Ce qui implique des rencontres inédites et des échanges permanents à chaque étape du processus de création, aussi bien entre les artistes qu'avec les publics.
Le 104 est donc inscrit dans un territoire en évolution et en transformation, puisque différentes opérations sont en cours : des jardins d'Eole à la résorption de l'habitat insalubre, de l'aménagement du bassin de la Villette à la réhabilitation de la cité Michelet. Le 104 peut donc devenir une tête de réseau du quartier, et il deviendra ainsi un acteur urbain permettant régulièrement des interventions hors les murs.
La mission du 104 est donc, à notre avis, de répondre à toutes les séquences du processus de création dès la formation de la commande : définition du concept artistique, production, mise en ?uvre, diffusion, formation, observation, critique et évaluation.
Le projet artistique doit être au c?ur du dispositif du 104 sans exclusive sur sa nature. Il est porté par des équipes projets questionnant l'art et le territoire, et s'inscrivant dans l'échange, la porosité et le passage. Le centre de ressources doit être en situation de veille permanente sur les besoins des équipes qui peuvent utiliser des espaces successifs différents dans et hors le 104.
Je voudrais réaffirmer également que nous serons très vigilants pour que les activités à caractère économique qui se composent en deux fonctions, le commerce et le pôle événementiel économique, viennent bien en complémentarité des activités artistiques et pas autrement, c'est-à-dire que les activités de service et de commerce urbain devront non seulement ne pas dénaturer la mission artistique de l'équipement mais, au contraire, la renforcer. Les commerces devraient répondre aux nécessités des utilisateurs et visiteurs du 104, constituer un ancrage urbain pour la vie de quartier et être une ouverture sociale mais pas un pôle commercial supplémentaire dans le quartier.
Enfin, le projet du 104 doit se construire et vivre dans le dialogue. C'est un véritable enjeu. Ce dialogue doit se réaliser avec les habitants du quartier et du 19e, avec les artistes et avec les associations constituées. Il a commencé en particulier avec le conseil de quartier, la commission spécifique mise en place avec les associations lors du C.I.C.A. du 19e du 15 juin dernier. Il permettra donc de contribuer à déterminer la nature de l'équipement de proximité, des commerces, la façon de pénétrer dans le lieu pour que tous s'en sentent propriétaires, les exigences en termes d'accessibilité, d'ouverture à tous dans leur diversité.
Au-delà, il va y avoir la détermination de la structure juridique du 104, du cahier des charges du délégataire, du suivi de ce qui se réalisera. Ce choix sera fondamental. C'est aussi pour cela qu'une structure de veille d'observatoire critique associant ces différents partenaires pourrait, à notre avis, se constituer.
Enfin, une mission du 104 devrait être aussi de mettre à disposition des ressources matérielles et humaines pour les événements en lien avec le territoire (les fêtes de quartiers, les spectacles de rue), donc un pont avec le quartier en terme de culture, d'intervention dans l'espace public et en création d'emplois et d'insertion. Cette structure nous paraît présenter beaucoup d'intérêt.
M. Alain LHOSTIS, adjoint, président. - Merci.
La parole est à M. Christophe GIRARD sur le projet pour sortir des murs, c'est plus facile pour la culture que pour les Pompes funèbres.
M. Christophe GIRARD, adjoint, au nom de la 9e Commission. - Je remercie beaucoup le président Jean VUILLERMOZ pour son intervention. En effet, grâce aux réunions que nous tenons dans le 19e, nous associons beaucoup les élus en particulier. Et j'associe ainsi Roger MADEC et Joël HOUZET, adjoint à la Culture, qui a pu en effet s'exprimer lors d'une réunion publique récemment organisée par le Maire. Il était intéressant d'entendre à la fois les associations mais également les habitants. Je dois dire qu'en sortant de cette réunion, à la fois les associations m'ont dit être non seulement rassurées mais enthousiastes, parce que s'il est vrai que s'il y a des questions, des réponses ont été apportées et qu'ensuite ils ont senti que ce projet était en effet une belle ambition. Je crois que le discours que le Maire de Paris, Bertrand DELANOË, a tenu ce matin sur les Halles pourrait tout à fait s'appliquer à l'esprit du 104, rue d'Aubervilliers, c'est-à-dire mission à la fois de service public - je sais qu'on mène ce projet comme un projet de service public, et je suis tout à fait d'accord avec vous, je crois que c'est l'état d'esprit de l'Exécutif - que l'activité économique, ô combien nécessaire, sera présentée en complémentarité et non pas en base de projet. Je crois que cela va de soi. Maintenant, on est à une phase évidemment importante puisque, à la fois l'architecte "L'atelier Novembre" a été désigné mais ensuite un certain nombre de priorités se dessinent, et encore une fois - comme je l'ai dit lors de cette réunion publique à la mairie du 19e - nous devrons choisir, trancher, donner une colonne vertébrale très claire, car il n'y a pas de projet culturel de cette importance si nous voulons de surcroît - comme vous l'avez très bien dit, Monsieur VUILLERMOZ - en faire une tête de pont que je ne dirai pas que de quartier parisien, mais une tête de pont de réseau voire régionale, voire nationale ou européenne, d'ailleurs avec le soutien de la Région.
Soyez donc tout à fait rassuré, mais je sais que vous l'êtes puisque nous échangeons régulièrement avec vous-même et votre groupe, et en particulier avec Joël HOUZET, l'adjoint à la Culture du 19e, aux côtés de Roger MADEC. D'ailleurs, dans les prochaines réunions, nous associerons également le maire du 18e M. VAILLANT, car je vous rappelle que le 104 est à la lisière du 18e, et qu'il ne s'agit pas pour les Parisiens simplement d'un projet local mais d'un projet parisien "Paris Capitale", qui s'inscrit également dans la politique de la ville. Et je salue le travail de ma collègue et amie Martine DURLACH, car en effet, là aussi, elle est impliquée, nous sommes impliqués collectivement. C'est un travail très complémentaire, avec un grand nombre d'autres adjoints.
Voilà. Merci beaucoup.
M. Alain LHOSTIS, adjoint, président. - Merci.
M. Christophe GIRARD, adjoint, rapporteur. - Si, si, j'ai dit la Région mais Mme de LA GONTRIE n'était pas là. J'ai parlé de la Région deux fois, mais vous n'étiez pas là.
M. Alain LHOSTIS, adjoint, président. - Et vous n'avez pas parlé du point éphémère à proximité qui pâtit un peu de... Pardon ! On en parlera plus tard.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DPA 200.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2004, DPA 200).