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Juillet 2004
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110 - 2004, DU 85 - DPVI 34 - Grand projet de Renouvellement urbain de la cité Michelet (19e). - Approbation du Projet de territoire

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2004


M. Eric FERRAND, adjoint, président. - Nous passons maintenant à l'examen du projet de délibération DU 85 - DPVI 34 concernant la cité Michelet.
J'ai deux intervenants : M. VUILLERMOZ et Mme JEMNI.
Monsieur VUILLERMOZ, vous avez la parole.
M. Jean VUILLERMOZ. - Merci, Monsieur le Maire.
La discussion et l'adoption de cette délibération sur le projet de territoire de la cité Curial-Cambrai est un moment important pour cette cité de 1.800 logements et ses 4.500 habitants ; habitants qui sont principalement des ouvriers ou employés de condition modeste et qui, pour beaucoup, habitent la cité depuis longtemps. Cela fait effectivement longtemps que ces habitants attendaient des travaux de requalification, de longues années pendant lesquelles ils se sont sentis oubliés et abandonnés à leur sort par la Ville de Paris et par l'O.P.A.C.
De ce point de vue, ni M. BULTÉ ni M. BARIANI ne me démentiront puisque, pendant trois ans, j'ai assisté une fois par an à des réunions de concertation sans qu'il ne se passe absolument rien de concret sur la cité.
Aussi, je pense que c'est une très bonne chose que cette cité ait été choisie pour faire partie du grand projet de renouvellement urbain. Elle en avait bien besoin, c'est une mesure de justice pour ses habitants.
Je veux dire aussi que le projet de territoire, par sa qualité, son ambition, le fait qu'il porte sur tout ce qui fait la vie des gens, me paraît de bonne augure pour répondre aux attentes fortes de ses habitants. Ce n'est pas un simple lifting qui est engagé, c'est une transformation en profondeur qui va vraiment lui donner un nouveau visage.
En me félicitant donc de ce grand projet de requalification de cette cité, je veux insister sur trois points. Premièrement, le grand projet de renouvellement urbain n'est pas constitué de promesses lointaines. Beaucoup sera réalisé dans la mandature, et il a commencé à entrer dans la vie. Les réalisations commencent à se voir, et c'est une bonne chose. Je pense aux premières résidentialisations de tours qui sont plutôt bien réussies et bien accueillies. Je pense aux opérations de voirie rue Curial et rue de Cambrai, à l'amélioration de la circulation rue Gaston-Teyssier ; aux aménagements du marché, rue de Crimée, à la plantation de palmiers qui a fait un peu événement dans la cité, ainsi qu'à la régie de quartier qui marche bien et qui s'occupe de l'entretien de la cité.
Après une légitime période de scepticisme, les habitants commencent à voir des changements, c'est une bonne chose qui aide à la crédibilité de l'ensemble du projet.
Deuxième point, comme élu du 19e arrondissement, comme président de la Mission locale de Paris Est, je suis persuadé qu'une des clés, dans les quartiers difficiles comme Curial-Cambrai, ce sont les questions d'emploi, de développement économique, de formation et d'insertion. Il faut savoir qu'à Curial-Cambrai plus de 20 % des habitants sont au chômage, qu'il y a plus de 400 jeunes sortis du système scolaire sans aucune formation.
Je trouve très bien que ce projet de territoire donne une grande importance aux propositions économiques avec un double souci : celui du développement économique en apportant de l'emploi, de l'activité économique dans cette cité qui est à deux pas des Magasins généraux, et également en développant le travail en réseau pour apporter des solutions aux chômeurs, aux personnes éloignées depuis longtemps de l'emploi, aux jeunes.
La création de la régie de quartier et le bon travail de l'équipe Emploi insertion, la coopération entre tous les acteurs, la mise en place d'un P.L.I. à l'échelle des 18e et 19e arrondissements vont dans ce sens.
Dernier et troisième point, la concertation. Ce soir, Madame la Maire, vous deviez être dans la cité Curial-Cambrai à une réunion publique avec le maire, Roger MADEC. C'est la troisième en deux ans, et je crois que c'est une caractéristique de cette opération de requalification. Elle se mène en concertation étroite avec les habitants, concertation organisée par l'O.P.A.C. pour la résidentialisation de chaque tour, concertation sur les problèmes de voirie avec l'organisation d'un référendum sur le caractère de la voie nouvelle traversant la cité - voie circulaire ou voie piétonne ; et concertation sur l'ensemble du projet sous différentes formes comme les réunions publiques et le journal du G.P.R.U.
Je crois donc que c'est comme cela, en associant pleinement les habitants, en les faisant acteurs de la reconquête de leur quartier, en jouant la transparence totale sur les problèmes liés à la pollution du site que l'on avancera avec la plus grande efficacité et la garantie de faire les meilleurs choix pour les habitants.
Je vous en remercie donc.
M. Eric FERRAND, adjoint, président. - Merci, Monsieur VUILLERMOZ.
La parole est à Mme JEMNI.
Mme Halima JEMNI. - Merci, Monsieur le Maire.
Le projet de territoire de la résidence Michelet qui est soumis à notre approbation marque à nouveau l'engagement de la Municipalité et de la mairie du 19e dans une politique volontariste de transformation urbaine et sociale de la Couronne parisienne.
Les habitants de ce quartier ont trop longtemps eu le sentiment d'être abandonnés, et notre ambition devait se montrer à la hauteur de l'enjeu.
Nous pouvons regarder avec fierté le résultat qui nous est présenté aujourd'hui. Je dis "nous" car ce document est le fruit d'un travail collectif avec l'O.P.A.C., le bailleur unique sur le site, mais aussi avec les différents adjoints sectoriels du Maire de Paris et la mairie du 19e qui se sont mobilisés sur ce dossier.
Le projet s'est bien sûr construit à partir d'un diagnostic. Sans tomber dans la caricature, il révèle une situation socio-économique préoccupante, notamment au regard du taux de chômage et du nombre de personnes couvertes par le R.M.I.
Il fait également apparaître que la configuration du site, dont les 17 bâtiments abritent plus de 4.500 habitants, induit un renfermement du quartier sur lui-même et suscite, puisque l'environnement urbain s'est dégradé, un sentiment d'abandon.
Le parti qui a été retenu a donc été celui d'un projet urbain très ambitieux au service d'un projet social qui l'est tout autant. La requalification urbaine permettra un retournement de l'image du quartier. La transformation de ce que l'on appelle encore aujourd'hui la "cité Michelet" en une résidence devra être achevée en 2007. Tous les équipements publics seront réhabilités ou reconstruits, qu'il s'agisse des écoles, du centre d'animation, des équipements sportifs. Toute la voirie sera reprise et les espaces verts seront réaménagés. J'ajoute que la surface globale d'espaces verts passera de 1.000 mètres carrés aujourd'hui à plus de 10.000 mètres carrés.
De nouveaux besoins criants l'échelle du quartier mais aussi de l'arrondissement seront satisfaits par la création d'un centre de planning familial, des crèches et d'une halte-garderie associative.
Le réaménagement de l'emprise occupée actuellement par le restaurant administratif devra également être l'occasion d'introduire de la mixité fonctionnelle et, en particulier, de l'activité économique.
Toutes ces transformations sont des nécessités absolues du point de vue urbain, mais elles seront également porteuses d'un message symbolique fort en termes d'identification des habitants. Elles permettront de casser cette représentation négative qu'ils se font d'eux-mêmes en se considérant comme des Parisiens de second rang. Bien sûr ce projet devra être complété et accompagné. De nombreuses actions sont déjà engagées dans le cadre de la politique de la ville et elles devront être amplifiées. J'en citerai quelques-unes.
D'abord sur la dimension économique. Depuis deux ans, l'environnement immédiat de la résidence Michelet a vu la création de plusieurs structures qui nous donnent les moyens de nos ambitions en matière d'emploi et d'insertion : une Maison du développement économique et de l'emploi, un Espace commerce et artisanat, une équipe emploi insertion et surtout une régie de quartier. L'insertion par l'activité économique doit être un objectif fort, qui se traduira par l'introduction de clauses sociales dans les marchés de la Ville et de l'O.P.A.C.
De même, la politique éducative et la prévention de la délinquance sont absolument essentielles. De nombreux projets sont en cours, notamment en matière d'accompagnement scolaire, de soutien à la parentalité, de prévention précoce et de prise en charge du décrochage scolaire.
Les quelques indicateurs dont nous disposons en matière sanitaire nous montrent que la santé doit également figurer au rang des priorités pour le quartier. Ils font état de situations individuelles alarmantes et nous espérons de l'Etat qu'il transforme ses paroles en actes, en travaillant avec nous sur cette question pour permettre l'ouverture d'une Maison de santé.
Enfin, je voudrais terminer ce panorama en évoquant la dynamisation de la vie locale, qui est un des enjeux, en tant que tel, du projet. Il passe par le travail réalisé au quotidien par l'Equipe du développement local et les associations de terrain, mais aussi par le soutien aux initiatives qu'a permis la création du Fonds de participation des habitants. La régie de quartier apporte également sa pierre à l'édifice, en suscitant des projets avec les habitants, autour de la convivialité et du "vivre ensemble".
Mais vous le voyez, le projet de territoire est un document de cadrage, qui permet d'avoir une vision globale de ce que nous voulons pour la résidence Michelet. Les habitants sont bien entendu partie prenante du projet. Ils participent régulièrement à des réunions publiques, comme celle qui est organisée ce soir, dans l'école du 84, rue Curial. Le local de concertation, qui va être ouvert sur le site à partir de vendredi, leur permettra également de venir s'informer, d'échanger et de faire des propositions.
La mise en ?uvre du projet s'échelonnera sur plusieurs années. Je dois dire que la mairie du 19e aurait préféré pouvoir évoquer un calendrier plus resserré. Mais le sous-sol semble avoir été pollué par les activités de l'usine à goudrons qui était implantée sur cette emprise avant la construction de la cité en 1968. Cette situation nous oblige à mettre en ?uvre une procédure complète et sûre de dépollution, dont nous ne connaissons pas encore précisément le calendrier. J'espère que l'Etat ne sera pas la seconde inconnue de l'équation et qu'il honorera jusqu'au bout les engagements qu'il a pris dans l'avenant G.P.R.U. du contrat de Ville. Le document qui est soumis à votre approbation servira en effet de base à la demande de co-financement qui sera adressée à l'Agence nationale de rénovation urbaine. Le désengagement de l'Etat sur les financements politiques de la Ville ne me rend pas optimiste, mais je ne peux pas croire que le sens de l'intérêt général ne transcende pas d'éventuels états d'âme politiques.
Car ce projet ambitieux nous engage collectivement, dans la durée, et nous devons le mener à bien pour faire vivre concrètement l'objectif de renouvellement urbain.
Je vous remercie.
M. Eric FERRAND, adjoint, président. - Merci, Madame JEMNI.
Je donne la parole à Mme DURLACH.
Mme Martine DURLACH, adjointe, au nom de la 5e Commission. - Oui, je vais être brève après Jean VUILLERMOZ et Halima JEMNI, pour simplement replacer ce projet de délibération sur la Cité Michelet, plus connue sous le nom de Curial-Cambrai dans le cadre du grand projet de renouvellement urbain que je co-pilote avec Jean-Pierre CAFFET. C'est donc en notre nom à tous les deux que j'interviens.
Cette cité Michelet vient au Conseil de Paris après la porte de Vanves et la porte de Clignancourt et avant 8 autres sites. Ce sont des mois de travail collectif et un partenariat important de la Ville, de la mairie d'arrondissement, de l'O.P.A.C. Et je voudrais remercier tous les auteurs de ce projet de territoire, notamment les chefs de projet de la D.U. et de la DPVI, le Secrétariat général, et je dois dire Roger MADEC et Isabelle ESCOFFIER qui, dans le 19e, se battent et ont soutenu ce projet.
Alors, tout n'est pas parfait et on voudrait faire encore mieux. Avec la politique de la ville, on ne transforme pas la vie des gens mais je crois qu'il y a des choses positives dans ce processus. Notamment, le travail de concertation. On a parlé des réunions publiques, du référendum ; et Roger MADEC est en ce moment dans une réunion publique sur le site. Je crois donc que cela c'est vraiment positif. Et puis, il y a eu un travail avec les enseignants et les parents d'élèves sur le terrain, animé par l'équipe de développement local et par les représentants de l'O.P.A.C. qui est à souligner.
La deuxième chose, c'est la qualité du projet social et économique, avec le souci d'implanter des emplois. Des emplois de proximité dans une politique de pieds d'immeuble qui m'est chère, pour laquelle nous avons fait une convention avec les bailleurs qui donne des résultats. A la place du restaurant administratif, avec des Magasins généraux et d'autres entreprises, on compte implanter probablement plusieurs centaines d'emplois, ce qui est important pour transformer la vie dans une cité.
Prévention et santé avec l'aide d'Alain LHOSTIS. Relogement du C.A.P.P., nouveau centre P.M.I., avec Gisèle STIEVENARD, crèche. Enfin, bref, il y a beaucoup pour la petite enfance. Ainsi nous sommes engagés dans un travail de longue haleine et dans un travail de crédibilité. Parce qu'au début, les habitants d'une cité comme ça, où les gens s'étaient sentis abandonnés, délaissés, il fallait voir pour croire. Ils commencent à voir et donc à croire : avec la réussite de la régie de quartier, des initiatives de convivialité comme les balcons fleuris avec l'O.P.A.C. qui ont rassemblé beaucoup de monde, l'implantation des palmiers et des résultats qui donnent confiance. Nous continuons la concertation avec l'ouverture d'une salle, cette semaine, qui sera un local de concertation rue de Crimée où les gens pourront venir s'informer et donner leurs avis surtout. Et puis nous avons une combativité - et je terminerai là-dessus - pour obtenir des co-financements de l'Etat et de la Région.
Nous allons présenter effectivement le projet Michelet à l'ANRU... Vous avez bien vu qu'avec cette agence de renouvellement urbain, M. BORLOO s'occupe beaucoup de la pierre mais peu de la vie quotidienne des gens. Et nous allons nous battre pour que l'aspect social, essentiel à ce projet, soit intégré et rentre à l'Agence de renouvellement urbain. C'est une bataille mais que nous allons mener de manière positive, pas pour polémiquer mais pour la gagner dans l'intérêt des habitants.
Merci.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, du Mouvement républicain et citoyen, communiste et "Les Verts").
M. Eric FERRAND, adjoint, président. - Merci, Madame DURLACH.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DU 85 - DPVI 34.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2004, DU 85 - DPVI 34).