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Septembre 2010
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Conseil Municipal
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2010, Vœu déposé par le groupe Centre et Indépendants relatif à l'activité économique des bouquinistes. Vœu déposé par le groupe Centre et Indépendants relatif à l'entretien des boîtes des bouquinistes.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2010


 

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint, président. - Nous passons à l'examen des v?ux référencés nos 61 et 62 dans le fascicule, déposés par le groupe Centre et Indépendants, relatif à l'activité des bouquinistes.

La parole est à Mme Geneviève BERTRAND.

Mme Geneviève BERTRAND. - Si vous le permettez, je traiterai les deux à la fois.

Le charme des bords de Seine et l'attractivité culturelle tiennent en partie aux 217 bouquinistes répartis sur quelques trois kilomètres, qui proposent près de 300.000 livres anciens et contemporains.

Néanmoins, ces derniers subissent une crise économique d'ampleur tandis qu'ils ne parviennent plus à vivre du seul commerce des livres du fait de l'effondrement du marché du livre d'occasion, de la désertion des acheteurs provinciaux, qui étaient de grands amateurs, d?une clientèle constituée à 80 % de touristes, et du développement de la vente sur Internet.

Aussi, si le règlement les autorise à consacrer une et une seule de leurs quatre boîtes à la vente de souvenirs, tel un complément de rémunération, certains sont tentés de généraliser cette vente de colifichets. Les vrais bouquinistes, eux, consacrent leurs quatre boîtes, souvent fort belles, aux livres et à eux seuls.

La Mairie de Paris s'est engagée, par le biais de la Commission d'attribution des emplacements réservés aux bouquinistes, à faire revivre ce métier vieux de 400 ans, qui abrite de petits trésors de la culture française, en surmontant les défis économiques qu'il rencontre tout en faisant appliquer la réglementation.

C'est dans cette logique que le groupe Centre et Indépendants demande qu'un site "bouquinistesdeparis.fr" soit créé afin qu?il serve de vitrine à ces commerçants en référençant l?ensemble de leurs titres disponibles tout en leur permettant de vendre en ligne leurs éditions rares et recherchées.

Nous souhaitons que la Ville de Paris s'associe aux bouquinistes autant qu'il est possible et aide au financement de cette structure, en contrepartie de quoi les bouquinistes s'engageraient à respecter strictement la réglementation limitant la vente de bibelots.

Mme COHEN-SOLAL nous a signifié, en 2e Commission, qu?un lien existait entre le site "paris.fr" et les sites commerciaux propres de certains bouquinistes. Malgré nos recherches, nous n'avons pu entrer en communication.

De plus, ce que nous proposons va beaucoup plus loin, car nous pensons que la création d'un site unique indépendant de "paris.fr" fonctionnant sur le modèle d'une coopérative pourrait regrouper l?ensemble des références disponibles.

Voilà l'esprit de notre v?u.

Sur le v?u n° 62, relatif à la peinture des étals, il parle de lui-même.

Je vous remercie.

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint, président. - La parole est à Mme Lyne COHEN-SOLAL.

Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe. - Je voulais remercier Mme Geneviève BERTRAND de l'intérêt qu'elle porte aux bouquinistes parisiens parce que je pense que ce sont des commerçants qui sont extrêmement constitutifs de l'image de Paris.

Je dois vous dire que depuis que l'on parle un peu de cet ordre que la Mairie de Paris veut mettre sur les bouquinistes, je crois que je n'ai jamais répondu à autant d'interviews de journalistes étrangers sur ce sujet des bouquinistes : c?est vraiment un sujet de grande curiosité, de grand intérêt, et je trouve cela très bien parce que Paris est exceptionnelle avec ses bouquinistes. La Seine est le seul fleuve qui coule entre deux rangées de livres. Il y près de 400.000 bouquins sur les bords de la Seine et 216 bouquinistes qui sont là pour les vendre.

Je dois bien sûr confirmer ce qu'a dit Mme BERTRAND : on n'est pas bouquiniste par hasard, on est bouquiniste parce qu'on l'a voulu, parce qu'on a été candidat. Quand on est bouquiniste, on ne paie pas de loyer sur les quais de la Seine. En échange, bien entendu, on respecte le règlement auquel on s'est engagé puisqu'on signe une convention avec le Maire de Paris pour vendre des bouquins dans quatre boîtes. On a le droit d'avoir une boîte contenant autre chose que des bouquins, qui sont quelquefois des souvenirs.

Madame BERTRAND, là s'arrête le moment où je suis d?accord avec vous, parce qu'en fait je pense que vous n'avez pas très bien compté : il n'y a actuellement que 10 ou 15 % des bouquinistes qui ne travaillent pas conformément à cette règle. En effet, nous avons fait faire des vérifications régulières, et à chaque fois que nous envoyons des avertissements sous la signature du directeur de la DDEE, qui est dans la salle, on voit les choses se remettre d'aplomb pour la plupart d'entre eux.

Il y a donc une vingtaine d'emplacements - un peu plus peut-être, mais à peine -, qui ne répondent pas au règlement de la Ville de Paris.

Pourquoi voulons-nous faire en sorte que ce règlement soit respecté ? Si les touristes ou les Parisiens passent sur les quais de Seine pour acheter des bouquins et qu?ils rencontrent des Tour Eiffel en plastique fabriquées en Chine, lesquelles sont vendues à des Chinois de passage à Paris, ils ne reviendront plus chercher des bouquins. C?est donc très mauvais pour tous les bouquinistes si certains ne respectent pas les règlements.

D'où notre demande de respecter tout simplement le règlement, ce qui n?est quand même pas quelque chose d'excessif.

Je voulais vous dire d?autre part que vos v?ux sont intéressants mais qu?il nous est difficile de les prendre en l?état parce que la Ville de Paris ne peut pas participer à des sites commerçants.

Elle peut tout à fait, parce qu'elle l'a déjà fait lors des commissions avec les bouquinistes, leur demander de se mettre ensemble pour créer un site que la Ville de Paris soutiendrait, mais le jour où on arrivera à mettre ensemble tous les bouquinistes? Madame BERTRAND, je vous demande votre appui d'ailleurs, parce que les bouquinistes sont des personnages extrêmement intéressants, mais assez individualistes, et donc on a un peu de mal à les faire se rassembler autour d'un seul projet. Nous y travaillons.

Excusez-moi de dire les choses comme cela, mais faites-nous confiance ! Je ne peux pas prendre le v?u tel que vous l'avez écrit, parce qu'on n'a pas le droit de le faire, mais nous allons dans ce sens-là.

Je vous convie d'ailleurs, en tant que Présidente de la Commission culture, à venir avec nous dans ces commissions et peut-être que vous arriverez vous-même à convaincre plus les bouquinistes à faire quelque chose ensemble. Ils ont une façon de travailler un peu individualiste ; c'est comme cela, cela fait partie de leur charme aussi. On avance, mais on avance lentement dans ce sens.

Pour ce qui concerne la peinture de leurs boîtes, de la même façon, nous leur avons proposé de prendre en charge la peinture de leurs boîtes, ce qui veut dire que leurs boîtes seraient propriété de la Ville et qu'elle serait chargée de les entretenir.

Ils ne veulent absolument pas que la Ville soit propriétaire de leurs boîtes, ils veulent garder la propriété pour des raisons que je peux imaginer. Donc nous continuons à leur demander d'en prendre soin.

Nous allons voir s'il nous est possible de les aider davantage. M. MÉNARD et son service sont prêts à faire des efforts pour voir comment on peut les aider à résister ou plutôt à combattre les tags.

Il faut reconnaître que les boîtes des bouquinistes sont de véritables ardoises, sans doute la nuit, pour les tagueurs, mais c?est très laid, effectivement.

Nous avançons avec eux sur ce sujet comme sur les autres. Nous avons progressé aussi au sein de la commission d?affectation des places de bouquinistes afin de donner leur chance à des gens qui sont motivés, qui proposent de véritables projets, même modestes, dans le sens de la culture, puisque ce sont des diffuseurs de culture sur Paris.

Madame BERTRAND, je suis désolée de vous dire que je donnerai des avis défavorables à vos v?ux tels qu?ils sont écrits, mais dans l'esprit, nous sommes tout à fait d'accord, et je vous invite, évidemment, à venir, et je vous fais cette proposition officiellement, avec nous travailler avec les bouquinistes dans cette commission des bouquinistes, parce que je pense que nous ne sommes pas trop pour faire fructifier ce petit trésor que la Ville de Paris a sur ses quais et il nous faut avancer dans ce sens, surtout au moment où nous voulons réhabiliter les berges de la Seine et qu?ils seront parties prenantes.

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint, président. - Merci.

Madame BERTRAND, sur la base de ces explications, souhaitez-vous retirer vos v?ux ?

Mme Geneviève BERTRAND. - Juste un petit mot? Pour avoir conversé avec beaucoup de ces bouquinistes de toutes catégories ces temps derniers, je sais qu'ils sont indépendantistes et qu'ils tiennent à une forme de singularité, mais ils sont prêts à être sensibles à l'attention que la Ville leur porte de façon soutenue depuis quelques années.

Par conséquent, et je vous remercie pour vos offres de coopération, parce qu?il y a un aspect aussi culturel et pas seulement commercial, et peut-être plus culturel encore que commercial, avec l'accord de mon groupe, je retire les deux v?ux.

Merci.

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint, président. - Merci, Madame BERTRAND.