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Decembre 2012
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Vœu déposé par les groupes U.M.P.P.A. et U.D.I. relatif au futur monument OPEX.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2012


 

Mme Fabienne GIBOUDEAUX, adjointe, présidente. - Nous passons maintenant à un v?u non rattaché, le v?u n° 187 qui est relatif au futur monument Opex. Je donne la parole à Mme Geneviève BERTRAND, pour une minute.

Mme Geneviève BERTRAND. - Merci, Madame la Maire. Le Conseil de Paris avait voté à l'unanimité en mars 2012 un v?u dont les termes étaient similaires au présent v?u, à la différence qu'il était prévu à l'époque d'implanter le monument aux soldats morts en opérations extérieures sur la place de Fontenoy. Il semble que l?Exécutif ait donné son accord au Ministre de la Défense pour l'installation de ce monument sur la place Vauban. Comme vous le savez, les Parisiens sont attachés à la préservation des grandes perspectives magistrales, qui sont l'essence de l'urbanisme à la parisienne, et le futur monument ne devra donc pas obstruer celles de l'axe Breteuil-Invalides. Les élus du 7e arrondissement appellent de leurs v?ux une concertation car celle-ci est également indispensable en matière mémorielle. André Malraux disait : "La plus belle sépulture des morts, c'est la mémoire des vivants." Et nous avons pu mesurer l'importance de cette concertation dans le cadre de l'implantation de la stèle en hommage aux goumiers. Les participants des conseils de quartiers l'ont particulièrement appréciée et ont ainsi apporté leur soutien à cette opération. C'est le sens de ce v?u qui, nous l'espérons, sera voté avec la même unanimité que celui adopté en mars dernier. Je vous remercie.

Mme Fabienne GIBOUDEAUX, adjointe, présidente. - Merci, Madame BERTRAND. Je donne la parole à Mme Catherine VIEU-CHARIER pour vous répondre.

Mme Catherine VIEU-CHARIER, adjointe. - Mes chers collègues, je suis un peu étonnée de ce v?u pour la bonne et simple raison que Mme DATI siège à la Commission d'appels d'offres du monument et que, évidemment, vous pensez bien que le jury de ce monument, et la Commission d'appel d'offres de ce monument, a été soigneusement pensé, que nous sommes entourés, les élus, de personnels du Ministère de la Défense, de personnels de l'armée, puisque nous avons dans cette commission, pour le nommer, M. le Gouverneur général militaire de Paris, le général CHARPENTIER. Je ne vais pas énumérer tous les gens qui sont là, mais vous imaginez bien que toutes ces personnes sont extrêmement raisonnables.

Nous avons le Ministère de la Culture aussi.

Donc, tous ces gens sont extrêmement raisonnables et, évidemment, ils sont tout à fait responsables aussi et ont l'intention de réfléchir à toutes les problématiques soulevées par le v?u présenté par Mme DATI. Je voudrais dire une chose : nous cherchons, dans un premier temps, aussi à associer les familles des disparus en OPEX, puisque ce sont les familles qui ont demandé très fort ce monument qui, me semble-t-il, est nécessaire puisqu'il va, au fond, rendre hommage à tous ceux qui sont morts pour la France depuis 1963 en opérations extérieures. Vous pensez bien que ce monument est chargé d'émotion, d'une très forte charge émotionnelle et que, en même temps, il n'est nulle intention de nuire au paysage parisien, notamment à la perspective des Invalides. Donc, je vous demanderai de retirer votre v?u, car nous travaillons en très bonne intelligence et nous n'en sommes qu'à la première partie de ce projet. Évidemment, il sera présenté aussi, je pense, à la population et aux familles plus tard, mais nous débutons le travail. Je préfèrerais que le v?u soit retiré.

Mme Fabienne GIBOUDEAUX, adjointe, présidente. - Madame BERTRAND, acceptez vous la proposition de Mme Catherine VIEU-CHARIER ?

Mme Geneviève BERTRAND. - Oui, je pense que les auteurs du v?u, Mme DATI et M. POZZO di BORGO, seront d'accord pour procéder comme vous le souhaitez.

Mme Fabienne GIBOUDEAUX, adjointe, présidente. - Je vous remercie. Le v?u n° 187 est donc retiré. 2012 DAC 794 - Appositions de plaques commémoratives relatives à la reconnaissance et la dénonciation des "zoos humains" qui se sont tenus à Paris à l'époque coloniale.

Mme Fabienne GIBOUDEAUX, adjointe, présidente. - Nous examinons maintenant le projet de délibération DAC 794. Il s'agit de l?apposition de plaques commémoratives relatives à la reconnaissance et la dénonciation de "zoos humains" qui se sont tenus à Paris à l'époque coloniale. Je donne la parole à Mme Danielle FOURNIER.

Mme Danielle FOURNIER. - Merci. Quelques mots sur l'exposition coloniale de 1931 qui est la dernière des grandes expositions, des grandes manifestations organisées à Paris entre la fin du XIXe et le milieu du XXe siècle. Cette exposition est emblématique du colonialisme français. D'ailleurs, le Maréchal Lyautey était le commissaire général de l'exposition coloniale et il voulait exalter l'empire et affirmer, entre guillemets, "la mission civilisatrice et bienfaitrice" - on a retrouvé cela plus tard - "de la France sur ses colonies". En dépit de l'opposition de certains, il y a une centaine de canaques qui ont été présentés comme les "derniers sauvages polygames et cannibales", et qui ont été exhibés en même temps que l'exposition au bois de Boulogne. Ces zoos humains, parce qu?il faut appeler les choses par leur nom, vraiment honteux, scandaleux sont maintenant bien connus grâce aux travaux des historiens, comme Pascal BLANCHARD, grâce à la vulgarisation, je pense, au film d?Eric DEROO sur les zoos humains, justement. Je pense aussi à l'exposition qui s'est tenue au musée du quai Branly l'année dernière avec l'aide de la fondation Lilian THURAM. Bref, maintenant, les faits sont connus et on peut justement regarder le passé sans complaisance et voir qu'à l'époque aussi, cette exposition coloniale avait soulevé quelques marques d'opposition, notamment de la part des Surréalistes, et qu?une contre-exposition coloniale, sous le titre "La vérité sur les colonies" avait été organisée par la Ligue contre l'impérialisme et l'oppression coloniale, c'est-à-dire essentiellement la C.G.T.U. et le Parti communiste dans le 19e arrondissement. C'est pourquoi je suis vraiment contente de voir que sont posées trois plaques commémoratives : - l'une à la porte Dorée qui rappelle l'existence de l'exposition coloniale, avec le côté exhibition de plusieurs centaines de figurants indigènes, - une autre qui rappelle l'histoire que j'ai brièvement évoquée, de la centaine de canaques exhibés en 1931, - et une autre qui rappelle le courage d'un certain nombre qui ont osé, justement, faire une contre-exposition. Je suis très contente de rappeler ici la mémoire des Surréalistes, entre autres.

Mme Fabienne GIBOUDEAUX, adjointe, présidente. - Merci, Madame FOURNIER. Monsieur Alain LHOSTIS, vous avez la parole.

M. Alain LHOSTIS. - Je suis particulièrement heureux de soutenir ce projet de délibération dont j'avais demandé le dépôt il y a maintenant près de huit mois, reprenant la proposition de Pascal BLANCHARD, commissaire de l?exposition "Exhibition, l'invention du sauvage" présentée pendant plusieurs mois, avec un immense succès, au cours de l'année 2012 au musée du quai Branly.

Je dois dire aussi que c'était une proposition qui avait été faite dès 2006 au Conseil du 12e arrondissement par Alexis CORBIÈRE et qui avait été heureusement adoptée par le Conseil d?arrondissement mais qui n?était pas remontée au Conseil de Paris. Donc, il faut rendre aussi hommage à ce travail qui avait été fait déjà à ce moment-là par Alexis CORBIÈRE.

Il sera apposé trois plaques : porte Dorée, à l'entrée du Jardin d'acclimatation, et au n° 3, avenue Mathurin-Moreau, trois lieux symboliques, cela vient d'être décrit, du passé colonial et esclavagiste de notre pays. Je voudrais, à cette occasion, insister pour qu?un prolongement soit donné au magnifique travail de l?exposition du musée quai Branly. Actuellement, une exposition plus légère et à vocation pédagogique est présentée au Jardin d'acclimatation. Elle a été inaugurée en présence de Claudine BOUYGUES et Catherine VIEU-CHARIER, adjointes au Maire de Paris. Cette exposition mobile est visible jusqu'au 6 janvier, avec le soutien de la Ville. A l'occasion de cette inauguration le 21novembre, Lilian THURAM, qui parraine avec sa fondation l?exposition, a eu des mots très forts pour montrer le lien entre ces faits et les problèmes actuels de la société autour de l'immigration. Il a déclaré qu'il ne faut pas s'arrêter à la condamnation du racisme, mais qu'il convient de poser les enjeux en terme d'égalité de tous les citoyens. Il a souligné combien un regard lucide porté sur cette période permettrait d'aider à mieux nous comprendre et vivre ensemble. Aussi, compte tenu du fait que cette exposition s'interrompt le 6 janvier, je suggère que l'adjointe au Maire de Paris en charge de la vie scolaire et de la réussite éducative propose sans attendre aux collèges, comme je l'ai fait dans mon arrondissement, avec un certain écho, de se rendre à cette exposition dans le cadre d'un travail avec les professeurs d?histoire qui le souhaiteraient. Je soumets également l'idée aux maires d'arrondissement d'accueillir cette exposition localement, exposition itinérante, en 2013.

Mme Fabienne GIBOUDEAUX, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur LHOSTIS. M. Alexis CORBIÈRE s'était inscrit aussi sur ce projet de délibération.

M. Alexis CORBIÈRE. - Je serai bref. C?était juste pour féliciter cette initiative que nous avions lancée dans le 12e en 2006, initiative importante pour décoloniser le regard, comme le dit notamment l'historien Pascal BLANCHARD qui en est à l'initiative. Merci.

Mme Fabienne GIBOUDEAUX, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur CORBIÈRE. Je donne la parole à Mme Claudine BOUYGUES, pour répondre aux interlocuteurs.

Mme Claudine BOUYGUES, adjointe. - Merci, Madame la Maire.

Je ne vais pas être longue, dans la mesure où mes collègues ont dit tout ce qu'il fallait, vraiment.

Je me réjouis à mon tour que, avec Catherine VIEU-CHARIER, nous portions ce projet de délibération qui, effectivement, dans la période actuelle, marque la mémoire d'un certain nombre d'événements qui ont eu lieu dans notre pays et qui ne sont pas réjouissants ; c'est le moins que l'on puisse dire ! Donc, ces trois plaques seront installées et je pense que nous serons nombreux, au moment de leur installation, à commémorer ces événements. Je vous remercie.

Mme Fabienne GIBOUDEAUX, adjointe, présidente. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 794. Qui est pour ? Qui est contre ? Abstentions ? Le projet de délibération est adopté à l'unanimité. (2012, DAC 794).