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Septembre 2010
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2010, Vœu déposé par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés relatif aux créneaux d'utilisation des terrains de football et à la pratique du football féminin.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2010


 

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Nous passons à l'examen du v?u référencé n° 22 dans le fascicule, déposé par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés, relatif aux créneaux d'utilisation des terrains de football et à la pratique du football féminin.

La parole est à M. Pascal CHERKI, pour une minute.

M. Pascal CHERKI, maire du 14e arrondissement. - Très brièvement.

Il y a une équipe de foot féminin qui est la première section de foot féminin de France, le CA Paris, auquel est adjointe une section sportive dans un établissement scolaire de la porte de Vanves, au lycée François Villon. C'est une création récente qui marche très bien, dans un quartier populaire, avec du football féminin.

Dans le cadre de la préparation des tableaux de créneaux, nous avons demandé à la DJS, Direction que je connais bien pour l?avoir managée pendant sept ans, de pouvoir nous attribuer trois nouveaux créneaux.

Cette direction ne s'est pas mise en état de pouvoir organiser harmonieusement sur Paris la répartition des créneaux et nous nous sommes trouvés aujourd'hui dans une impasse.

Pourquoi ? Parce que deux de ces trois créneaux que nous avons demandés étaient attribués à la FSGT, contre laquelle je n?ai rien et je souhaite qu'elle prospère, mais quand même, pour du foot loisir, c'est-à-dire du foot d'adultes hommes à 7, franchement, ils auraient pu aller ailleurs ! Parce que nous, nous ne pouvons pas déplacer les filles ailleurs. C'est quand même plus compliqué.

Le troisième créneau étant attribué à un magnifique club qui s?appelle l?E.S.S., création récente, j?ai demandé de faire établir un constat d?huissier pour voir avec quel sérieux travaille la DJS maintenant. Je me suis rendu compte de quoi ? C?est que ce créneau était attribué à un club fantôme !

J'ai le constat de l'huissier.

Ce que je souhaite, c?est simplement de la justice et de l?équité pour ce club de football féminin et, puisque nous avons une nouvelle directrice à la DJS, je l?invite vraiment à reprendre en main sa Direction et les services qui s'occupent de cela !

Merci.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche et "Les Verts").

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci. Ce Conseil de Paris devient un prétoire, mais enfin !

La parole est à M. Jean VUILLERMOZ.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint. - Déjà, dans un premier temps, Monsieur le Maire, je vous signale que ce v?u n'a pas été déposé par le Parti socialiste, radicaux de gauche et apparentés, mais qu?il a été déposé par Pascal CHERKI et Hermano SANCHES RUIVO et qu'il a été adopté à la majorité du Conseil du 14e arrondissement, ce qui change un peu les choses.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Excusez-moi, je ne le savais pas !

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint. - Je ne cacherai pas, évidemment, en plus de ce qui vient d?être dit, mais j?y reviendrai, que ce v?u me pose un petit problème. Je tirerai seulement deux phrases des considérants.

La première phrase est : "Ces demandes ont été balayées d'un revers de main", ce qui voudrait dire en gros que je ne suis pas un démocrate !

(Rires).

Or, depuis le début de la mandature, je discute avec le maire du 14e arrondissement et son adjoint aux sports qui ont marqué leur volonté de récupérer tous les créneaux utilisés dans le 14e arrondissement par des clubs sportifs non locaux afin de les attribuer aux clubs de l'arrondissement.

Si je suivais votre raisonnement, l'unité parisienne serait mise à mal au nom des intérêts locaux, certes compréhensifs mais non moins surprenants, venant de votre part.

Là où le foncier est rare, s'est appliquée une conception du partage des équipements sportifs entre arrondissements, au nom de la solidarité qui, jusqu'à présent était prise en compte par tous. Comme vous le savez très bien, même si depuis 2001, nous avons commencé à rattraper le retard en termes d'équipements sportifs à Paris, les arrondissements centraux notamment seront toujours en déficit d?équipements sportifs de par leur configuration. Il faudra plus que cette mandature pour combler l'inégalité territoriale subie par les arrondissements du centre et du faubourg. Et notamment, et encore plus bien sûr, en ce qui concerne les terrains de grands jeux qui nous soucient par rapport à ce v?u.

Je rappelle que le CA Paris, qui est l'objet du v?u, est très fortement soutenu déjà par la Ville de Paris, avec une subvention que les 240 autres clubs de football lui envient, qui est de 100.000 euros. Ce n'est pas le moindre des soutiens, vous en conviendrez, c'est même la plus forte subvention versée par la Ville à un club de football de proximité. Fort de son développement, de son excellent travail, de son souhait depuis quelques mois de soutenir sa section féminine, les demandes de créneaux supplémentaires accordés au CA Paris sont loin d'être négligeables.

En effet, pour la saison 2009-2010, ce sont 19 heures supplémentaires qui ont été octroyées au CA Paris, réparties entre le lycée François Villon, facturées à la Ville environ 30 euros et que nous refacturons aux clubs au tarif Ville de Paris, soit environ 65 centimes d'euros l?heure, et le gymnase et le stade Didot, le stade Jules Noël mais aussi dans le 15e arrondissement le stade Emile Anthoine.

Une deuxième phrase m'a un peu choqué, sur le développement du sport féminin.

Je rappelle que, depuis le début de la mandature, j'ai mis en ?uvre la réforme des critères d'attribution des subventions allouées aux clubs sportifs. Vous savez qu'un critère de majoration a été établi, notamment pour le développement du sport féminin mais aussi pour le développement du sport dans les quartiers populaires dits politique de la ville.

Au-delà de la réforme des critères que je viens d'évoquer, notons l'événement "Femmes en sport" créé depuis 2009 et qui réunit plus de 1.500 participantes venues de tous les arrondissements.

A cet événement s?est ajouté un appel à projets doté de 4.000 euros par projet retenu et un trophée "Femmes d'avenir".

On peut citer aussi les créneaux supplémentaires accordés à l?E.S. 16 pour ses équipes féminines mais bien entendu également au C.A. Paris puisque la Ville a validé en grande partie les projets d?élargissement de la mairie du 14e.

La section basket féminin reprise par le stade français omnisport avait des créneaux dans le 14e arrondissement, on a été obligé de la reloger ailleurs.

Le R.C.P. XV, club de rugby, s?est vu octroyer des créneaux supplémentaires depuis 2008 pour ses équipes féminines, sans oublier la section de natation synchronisée du Stade français omnisport. A citer également les créneaux féminins en gymnastique mis en place par la filière sportive dans le 19e arrondissement, le soutien aux associations de sport féminin au gymnase Berlemont dans le 11e, le développement de la course "La Parisienne" qui est très ancrée dans le paysage parisien, l'évolution de l'équipe féminine du P.S.G. qui a joué pour la première fois au Parc des Princes - j'espère que ce ne sera pas la dernière - et évoquons enfin dans le domaine du hand le partenariat depuis 2009 avec la Ville d'Issy-les-Moulineaux pour soutenir la seule équipe de hand féminine professionnelle en Région Ile-de-France.

Enfin, et pour répondre, au nom de l'Exécutif sur votre v?u, je crois que les créneaux supplémentaires que vous sollicitez évincent des clubs d'entreprise.

Si c'est vrai que Paris appartient aux Parisiennes et aux Parisiens qui y habitent, je pense que Paris appartient aussi pour une part à ceux qui y travaillent.

Je vous propose de ne pas retenir votre demande de créneau du lundi soir au bénéfice du C.A. Paris, qui consisterait à faire disparaître le sport d?entreprise, qui n'existe déjà aujourd'hui qu'à la marge.

Sur les créneaux supplémentaires que vous sollicitez sur le C.A. Paris, je vous redis, comme je vous l?ai déjà dit dans mon bureau, que je suis d?accord pour le créneau du jeudi sur Jules Noël ainsi que pour le créneau du mercredi sur Emile Anthoine au détriment de l'E.S. 16, équipe également féminine, mais je vous refuse le créneau du lundi soir sur Jules Noël, dernier créneau restant pour des clubs d'entreprise.

Avec ces créneaux supplémentaires, le C.A. Paris bénéficiera au total de 22 heures supplémentaires depuis la saison 2009-2010.

Si on fait un effort sur le sport féminin, je suis d'accord sur le fait que la Ville doit donner un peu plus de créneaux pour le football féminin, toutefois j'estime également nécessaire que les clubs fassent un effort sur eux-mêmes pour justement développer ce qu?ils souhaitent, à savoir le sport féminin.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci, Monsieur le Maire.

Seriez-vous favorable au v?u n° 22 s'il était amendé ?

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint. - Je souhaite qu'il soit retiré. On a discuté suffisamment avec Pascal CHERKI pour qu?il puisse l?être.

S'il n'y a pas d'accord sur le dernier amendement que je souhaite, évidemment, je dis non.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Monsieur le Maire du 14e arrondissement, vous avez les données en main.

M. Pascal CHERKI, maire du 14e arrondissement. - Je ne marche pas au chantage.

La Mairie de Paris prend ses responsabilités. Si elle veut donner deux créneaux sur trois, qu?elle le fasse, c'est son affaire, mais je ne négocierai pas des créneaux contre le retrait d?un v?u.

La Mairie de Paris prend sa responsabilité, je n'ai jamais fonctionné comme cela en sept ans que j?ai été adjoint aux sports, en disant que, pour avoir ce que l?on veut, il faut retirer son v?u.

Soit l'adjoint aux sports considère que la demande est légitime mais qu'il ne peut la satisfaire que partiellement, alors il prend ses responsabilités d'adjoint, mais il n'y a pas de chantage.

Je maintiens mon v?u, l'Exécutif prendra ses responsabilités.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Monsieur CAFFET, vous avez demandé la parole ?

M. Jean-Pierre CAFFET. - Merci, Monsieur le Maire.

Puisqu'il est question que chacun prenne ses responsabilités, je vais prendre les miennes en tant que Président de groupe.

Je considère que dans cette affaire, dans laquelle je vais essayer d'être un médiateur, bien qu?apparemment mes capacités de médiateur ne soient pas illimitées, puisque selon l'expression, quand cela ne veut pas cela ne veut pas, pour ma part et au nom de mon groupe, je considère que Pascal CHERKI, dont la revendication peut être tout à fait légitime, ce n'est pas la question, a eu satisfaction pour deux créneaux sur trois qu?il avait demandés.

Je le réinvite à retirer son v?u et à renouer le dialogue avec l'adjoint aux sports, sans qu'il soit question, dans vos relations, de chantage.

Si Pascal CHERKI maintenait ce v?u, au nom de mon groupe, je ne le voterais pas. J'invite mon groupe à ne pas le voter, Pascal CHERKI en est parfaitement informé.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Parfait. On va maintenant mettre aux voix le v?u n° 22.

Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par M. Pascal CHERKI, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.