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Fevrier 2013
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2013 DAC 35 - Apposition d'une plaque commémorative (3.000 euros) en hommage à Nicole de Hauteclocque, galerie du Conseil de Paris de l'Hôtel de Ville (4e).

Débat/ Conseil municipal/ Février 2013


 

Mme Pauline VERON, adjointe, présidente. - Nous examinons maintenant le projet de délibération DAC 35 relatif à l'apposition d'une plaque commémorative en hommage à Nicole de Hauteclocque. La parole est à M. GOUJON.

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Merci, Madame la Maire.

"Je vous adore?

Non, mais ce n?est pas?

? virgule?

J'aime Brigitte !

? de tout mon coeur, mais la France occupe encore la première place dans mon c?ur." Tel est le testament que laissa Nicole de Hauteclocque lors de la vague de démantèlement en 1943 du réseau de résistants auquel elle appartenait, faisant primer ainsi, sur son amour de mère, son amour de la France.

Un amour si puissant qu?il conduisit cette femme d'exception à conquérir, tout au long de sa vie, au prix de durs combats, les apanages jusqu'alors réservés aux hommes et pour ouvrir des droits nouveaux aux femmes, à une époque pas si lointaine où celles-ci n'avaient pas le droit de vote.

Gaulliste de guerre dès novembre 1940, Nicole rejoignit l?Armée de l?ombre du réseau Castille du colonel Rémy en tant qu?opératrice radio, transmettant, au prix de sa vie, les messages de Londres, symbole en cela de ces "petites mains de la Résistance", sans qui rien n'aurait été possible, qui discrètement ont connu tous les risques et à qui, finalement, on n'a pas assez rendu hommage.

Elle n'avait que 27 ans, elle élevait seule sa fille à Paris. Son époux, Pierre, futur Compagnon de la Libération, combattait aux côtés du Général, de même que son frère Marc de Saint-Denis, mais ni les arrestations, ni les perquisitions allemandes, ni la capsule de cyanure dont elle ne se séparait jamais ne lui firent renier son engagement qui la conduisit jusqu'aux combats pour la libération de Paris.

De ses faits d'armes, Nicole fut distinguée par la Croix de guerre, la Légion d?honneur à titre militaire, la Rosette de la Résistance, la Médaille de la France libre et, elle en était particulièrement fière, promue capitaine en 1945 pour états de service.

Ainsi s'achevait la première de ses conquêtes, en somme, celle d'avoir pu risquer sa vie, au même titre que les hommes, pour défendre son pays !

C'est ensuite à la demande personnelle et insistante, très insistante même, du Général de Gaulle, qu?elle fut amenée, un peu malgré elle, à ouvrir la voie à l'égalité des droits entre les hommes et des femmes en politique. Elle y accéda par le social, en dirigeant d?abord le Service social des Français libres, puis donnant une dimension publique à son dévouement par le droit de vote et d?éligibilité conféré le 21 avril 1944 aux femmes, elle accéda, à la requête du Général, en se présentant dans un arrondissement où elle fut élue "sous le même képi", comme elle aimait à dire, pendant 42 ans. Appartenant à cette première génération de femmes à avoir investi le champ politique, elle s'empara aussitôt de sujets jusque-là réservés aux hommes puisqu'elle occupa les fonctions de Rapporteur général du budget spécial de la Préfecture de police, puis d?adjointe chargée de la sécurité auprès de Jacques CHIRAC, où je fus amené à lui succéder en 1989. Bien plus, elle fut la seule femme, et l'unique, à devenir Présidente du Conseil de Paris en 1972 et 1973. Députée de la 18e Circonscription de Necker-Grenelle dès 1962, elle dut payer au prix fort son engagement, avec la disparition de sa fille unique, un jour de Noël alors qu?elle était Présidente du Conseil de Paris.

Il y a 20 ans quasiment jour pour jour, le 18 janvier 1993, s?éteignait Nicole de Hauteclocque, qu?un certain nombre d'entre vous ont connue - vous me le rappeliez il y a un instant, Madame VIEU-CHARIER -, et qui a laissé son empreinte non seulement dans les c?urs, et son petit-fils Jean-Marc, qui n?a pas pu être présent ce soir, car grippé, peut en témoigner - mais aussi dans l'histoire en tant que résistante et en tant que femme politique. Il est plus que légitime que la Ville de Paris lui rende aujourd'hui hommage en apposant une plaque commémorative dans la galerie du Conseil de Paris à l'occasion du centenaire de sa naissance et j'en remercie le Maire de Paris, un hommage à la hauteur de la reconnaissance que chacun doit avoir pour celle qui a contribué à libérer son pays, mais aussi à ouvrir la voie aux femmes dans la politique parisienne. Je n'oublie pas que je lui dois mon élection comme benjamin du Conseil de Paris. Aujourd'hui encore, je lui suis évidemment reconnaissant de sa confiance. J'ai beaucoup appris aux côtés de cette femme qui suscitait naturellement le respect, d'une grande autorité, d'une grande dignité dont elle ne s?est jamais départie, même dans les épreuves les plus dures, les plus cruelles qu'elle traversa et qui ne lui ont pas manqué. Justice lui est faite avec cette plaque qui sera apposée en présence du Maire de Paris dans la galerie du Conseil. Je vous remercie.

Mme Pauline VERON, adjointe, présidente. - Je vous remercie. Pour vous répondre, la parole est à Mme Catherine VIEU-CHARIER.

Mme Catherine VIEU-CHARIER, adjointe. - Mes chers collègues, il est certes tard, mais vous voyez, prendre du temps pour parler d'une grande dame, d'une très grande dame comme Nicole de Hauteclocque est vraiment un honneur pour nous tous, dans cet hémicycle.

Il est vrai qu?effectivement j'ai croisé Nicole de Hauteclocque quand j'étais aux côtés de Henri Malberg, président du groupe Communiste à l'époque. Je dois dire qu'elle inspirait un très grand respect et que les gens chuchotaient effectivement derrière elle tous ses faits d'armes et le fait qu?elle avait été la première femme à présider le Conseil municipal parisien.

Vous savez que, dans Paris, déjà, un jardin porte son nom dans le 15e arrondissement, c'est déjà extrêmement nécessaire pour que les gens puissent avoir en tête ce nom et que les jeunes générations puissent se rappeler qui fut Mme Nicole de Hauteclocque.

C'est vrai que le Maire de Paris a tenu à honorer Nicole de Hauteclocque parmi les grandes figures de la Municipalité parisienne et que, donc, son nom figurera auprès des grands noms des élus de notre Assemblée et je pense aussi à ceux du Comité parisien de Libération, notamment. J'ai enfin le plaisir de vous annoncer que cette plaque sera inaugurée le 8 mars, à l'occasion de la journée internationale des femmes et je pense qu'elle aurait été d'accord avec ce choix de la date. Je suis extrêmement honorée, émue et heureuse de vous annoncer que nous allons faire cette cérémonie avec beaucoup de c?ur, avec beaucoup d'affection. Je vous remercie.

Mme Pauline VERON, adjointe, présidente. - Merci beaucoup.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 35.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté à l'unanimité. (2013, DAC 35). Je vous remercie, nous avons bien noté la date du 8 mars.