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Fevrier 2013
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2013 DDEEES 41 - DVD 19 - Convention d'occupation du domaine public pour l'occupation du Café Monde et Médias, situé place de la République (3e, 10e et 11e).

Débat/ Conseil municipal/ Février 2013


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons à l'examen du projet de délibération DDEEES 41 - DVD 19 concernant une convention d'occupation du domaine public pour l'occupation du "Café Monde et Médias", situé place de la République.

Je donne la parole à Mme Véronique DUBARRY.

Mme Véronique DUBARRY, adjointe. - Merci beaucoup, Monsieur le Maire.

C'est une intervention en forme d'interrogation, comme j'ai eu l'occasion de le faire lors du conseil d'arrondissement du 10e, pour répondre en cela à Mme CALANDRA.

Le renouveau de la place de la République va être un moment extrêmement important. Ce sera la première fois que nous aurons une place piétonne de cette envergure à Paris. La façon dont elle sera aménagée, dont elle va vivre est donc aussi extrêmement importante.

Nous savons qu?une place morte, sans activités commerciales, risque de devenir un lieu mort. Or, cela n'est absolument pas ce que nous souhaitons pour cette place. C'est donc un plaisir de voir ce projet de délibération et de voir que l'un des pavillons sera occupé, certes par une activité commerciale, mais bon?

M. LE MAIRE DE PARIS. - ? d'économie sociale et solidaire !

Mme Véronique DUBARRY, adjointe. - Oui, et c'est donc important.

Le projet qui a été retenu a du sens : un café "Monde et médias", avec des diffusions de journaux internationaux, sans que cela ne porte atteinte aux kiosquiers d'ores et déjà présents sur la place de la République. Ce type d'attention est aussi intéressant.

Cependant, c'est un pari ! Parce que on ne sait pas comment cela va marcher. On ne sait pas si cela va prendre, et c'est le risque inhérent à toute politique publique et c'est bien.

Sauf qu'en prenant en compte ce pari-là, il faut que nous soyons en capacité de mettre en place les mesures qui nous permettent de réfléchir dans le temps et voir comment cela évolue et se reposer des questions. Justement parce que c'est un pari, justement parce que c'est de l'innovation, il faut que nous mettions aussi les limites au dispositif. C'est celui-là en particulier, mais d'une façon générale dans toutes les politiques que nous menons.

La convention d'occupation que nous allons signer aujourd'hui est de neuf ans. Or, en neuf ans, il peut se passer beaucoup de choses. Il me semble que nous aurions dû mettre des clauses de revoyure, de réflexion sur un temps beaucoup plus court. Neuf ans me paraissent extrêmement longs pour ensuite revenir en arrière, se reposer des questions, se réinterroger tout simplement sur ce qu'est la place de la République, comment elle évolue, elle vit ou pas.

Voilà. J'avais un doute, un vrai doute sur la durée, sur ces neuf ans. J'ai aussi un doute - je ne vous le cache pas - sur le fait que ce soit, malgré la nature du projet dont j'ai dit qu'il était intéressant, le groupe S.O.S. qui ait été retenu, qui n'a pas vraiment de grandes compétences en matière de tenir un lieu de restauration, etc., bien qu?ils soient en train de mener une expérience à Saint-Denis, et que récemment ils aient, par leur service traiteur, gagné le marché de la restauration à l'Hôtel de Ville.

Il n'en reste pas moins que c'est quelque chose d'extrêmement compliqué, c'est un métier difficile sans aucun doute. Ce sont deux conditions qui font que je pense qu'on aurait pu se mettre un peu plus de noisettes de côté, je vais le dire comme cela, et se donner surtout les possibilités de se reposer des questions. Ce n'est donc peut-être pas forcément le groupe S.O.S. et, en tout cas, certainement pas neuf ans. Il faut se donner le temps de regarder à nouveau, encore et encore, car c'est de l'innovation et un nouveau projet.

C'était juste ce bémol que je voulais mettre, mais bien évidemment nous voterons ce projet de délibération.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je vais donner la parole à Lyne COHEN-SOLAL, mais vous m'inspirez quand même quelques remarques.

D'abord, on veut innover et on organise un concours, des compétitions, et l'entreprise qui gagne est une entreprise d'économie sociale et solidaire. Ensuite, vous dites qu'elle ne fait pas cela depuis vingt ans - je caricature à peine ce que vous dites -. Si on ne veut pas être conservateur, il faut aussi que des entreprises puissent se créer, innover, entreprendre et, dans d'autres cas, vous en défendez qui sont toutes jeunes, qui démarrent, et moi je suis pour la jeunesse, y compris des entreprises.

Dans le même temps, vous dites qu'il ne faut pas leur confier pour trop longtemps. Excusez-moi de vous dire que quand vous démarrez quelque chose avec les meilleures intentions du monde, il faut investir. Si vous ne laissez pas assez de temps - et neuf ans, ce n'est pas très long, croyez-moi -, je ne vois pas comment un entrepreneur peut investir, surtout dans un domaine qui est quand même beaucoup moins classique, et où la rentabilité n'est pas le seul critère pour persévérer.

Voilà, c'est une réaction spontanée de citoyen de base que je voulais vous donner, peut-être d'ex-entrepreneur, et aussi de ce que je vis de Paris. Quand on innove, il faut aussi un peu faire confiance. Puis, s'ils font des bêtises, croyez-moi, on corrigera. Comptez sur moi et puis sur nous.

La parole est à Mme COHEN-SOLAL.

Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire.

Vous avez déjà grandement répondu à Mme DUBARRY. Je voulais moi-même dire que je m'étonnais de son étonnement, parce que nous avons eu une très longue concertation avant d'attribuer, et d'écrire ce cahier des charges qui a permis l'attribution de ce marché.

Naturellement, sur la place de la République qui a été entièrement refaite et, vous l'avez dit, Madame, avec des soucis d'esthétique, de convivialité, etc., il était normal de garder le même esprit pour attribuer ce marché pour le café "Monde et médias".

Nous avons eu un cahier des charges écrit, il y a eu un appel à projets, nous avons eu quatre entreprises qui se sont présentées, cela a été étudié de manière extrêmement précise et soigneuse par nos services, et c'est la proposition du groupe S.O.S. qui a semblé la plus intéressante.

Il ne s'agit pas d'installer là un service public, mais d'installer un commerce qui organisera de l'animation, qui doit créer son attractivité et sa solidité. Donc, l'investisseur va mettre beaucoup d'argent, il va faire les aménagements intérieurs, il lui faut les moyens d'assumer toutes ses dépenses. Neuf ans ne semblent pas excessifs, au contraire.

Il faut aussi qu'il montre ce qu'il sait faire, c?est-à-dire que le traiteur marche très bien à Saint-Denis et il n'y a pas de raison que cette entreprise d'insertion ne marche pas place de la République. En plus, créer une animation intellectuelle demande aussi une mise en place un peu longue qui doit trouver son public.

Il nous a donc semblé important de donner aussi à cet entrepreneur, choisi pour des raisons extrêmement précises, tous les critères ont été étudiés de manière soigneuse, de montrer ce qu'il sait faire. Par conséquent, je suis un peu étonnée de votre étonnement, parce que nous proposons d'attribuer ce marché, comme nous le faisons pour tous les autres. Il doit ouvrir au printemps 2013, en même temps que la place sera livrée. Il doit démontrer ce qu'il sait faire et nous suivrons l'évolution de ce café "Monde et médias".

Je demande au Conseil de Paris d'approuver ce projet de délibération.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Mais d?ailleurs Mme Véronique DUBARRY a dit qu'elle l'approuvait ! Mais je suis un homme de rassemblement.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DDEEES 41 - DVD 19.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2013, DDEEES 41 - DVD 19).